James Harden : le potentiel MVP passé au crible
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James Harden : le potentiel MVP passé au crible

Proche d’être élu MVP l’an passé, James Harden a de réelles chances d’obtenir la statuette cette saison. Mais au-delà de cette distinction individuelle, le barbu souhaite avant tout gagner... et il affiche en ce début de saison un niveau de jeu exceptionnel que nous allons passer au crible.

James Harden porte les Rockets

Les Rockets ont démarré très fort cette nouvelle saison, malgré la blessure de la recrue phare de l’été : Chris Paul. Toujours portée vers l’attaque, l’équipe de Mike D’Antoni convertit pour l’instant ces performances en victoires, occupant la première place de la Conférence Ouest à égalité avec les Warriors.

En l’absence de Chris Paul, James Harden a encore élevé son niveau de jeu pour être meilleur marqueur (31,1 points) et meilleur passeur (9,8 passes décisives). Scoreur racé, Harden est devenu à la surprise générale meneur de jeu la saison passée. Cette transition s’est parfaitement déroulée, et en attendant de voir dans la durée son association avec Chris Paul, intéressons-nous en profondeur au jeu du Texan.

Un shooteur de loin

A l’image de son équipe, qui tente 53,1 % de ses tirs à 3 points (première de cette catégorie, loin devant les Mavs à 38,8%), James Harden n’hésite pas à dégainer longue distance. Plus de la moitié de ses shoots sont des tirs primés. C’est une des raisons pour lesquelles il score beaucoup. Mais il n’est pas un joueur de catch-and-shoot. Ce type de tir ne représente qu’un quart de ses tentatives longue distance. Preuve qu’il aime toucher la balle, son pourcentage de réussite à 3-points augmente avec le nombre de dribbles.

Comme vous pouvez le constater sur cette infographie, Harden possède un meilleur pourcentage de réussite après plusieurs dribbles. Il a besoin de se mettre en rythme avant de shooter. Mais cela est surtout dû au fait qu’il marque énormément de step-back à 3-points, après une série de dribbles le plus souvent. Depuis le début de saison, il a tenté 30 step-back à 3 points pour 16 réussites (53,3%), ce qui est plus que correct. De plus, le step-back est un des shoots les plus difficiles à contrer, ce qui en fait une arme redoutable pour le Barbu tant elle est maîtrisée.

Mais la menace lointaine ne vient pas de partout. En effet, il suffit de regarder le pourcentage de shoots pris dans les corners (gauche et droit) pour s’apercevoir que James Harden ne shoote jamais de ces positions. Cela coïncide avec le fait qu’il attaque le panier en dribble, ce qui est impossible à faire depuis les corners. De plus, la plupart des tirs pris dans les corners sont des catch-and-shoot, ce que ne fait pratiquement jamais Harden et c’est pourquoi il délaisse tant les bords du terrain.

Un attaquant solitaire

On ne peut pas dire de James Harden qu’il joue tout seul. Ce serait oublier ses presque 10 passes de moyenne. Néanmoins, le Barbu n’a besoin de personne pour marquer et cela se voit dans les chiffres. 80% de ses paniers inscrits n’ont pas fait l’objet d’une passe décisive. Cela s’explique d’abord par le fait qu’il a souvent la balle en main (Usage Rate de 36,1 % : il occupe donc plus du tiers des possessions), il est donc moins susceptible de recevoir une passe décisive. De plus, il aime bien jouer en isolation (29,2 % de ses possessions, le plus haut pourcentage de la ligue), la circulation de balle étant donc par définition nulle. C’est sur cette phase de jeu qu’il effectue avec brio son step-back dévastateur observé auparavant.

Une zone intermédiaire délaissée

La zone intermédiaire est totalement délaissée par le barbu texan. Celle-ci étant peu rentable, il préfère l’éviter. La prise de décision est simple : le drive ou le shoot à 3-points mais jamais de tir périphérique. Cela est saisissant si l’on regarde le graphique suivant :

Harden prend donc ses shoots soit dans la raquette, soit derrière la ligne à 3-points. Cette répartition lui permet d’être très efficace, car les jump-shots à mi-distance rapportent autant de points qu’un lay-up mais avec un pourcentage de réussite nettement inférieur.

Une présence déterminante

Il est possible de mesurer l’impact offensif d’un joueur avec son Offensive Rating. Cette statistique représente le nombre de points marqués par une équipe (ramené sur 100 possessions) lorsqu’un joueur donné est sur le terrain. James Harden possède un offensive rating de 115.0, ce qui signifie que les Rockets scorent 115 points sur 100 possessions lorsqu’il est sur le terrain. Il possède le 4ème meilleur rating offensif de la ligue (parmi les joueurs ayant joué 10 matchs ou plus avec minimum 25 minutes de moyenne). Les 3 joueurs devant lui sont Kevin Durant, Stephen Curry et son coéquipier Trevor Ariza.

Véritable facilitateur

Ayant beaucoup la balle en main, Harden distribue de très nombreuses passes décisives. Il donne 48 % des passes décisives de son équipe, le plus haut pourcentage de toute la ligue. Touchant beaucoup la gonfle (36 % du temps !), il accapare toute l’attention, permettant à ses shooteurs de se démarquer. Sa qualité de passe et sa vision du jeu font le reste. C’est ainsi que la majorité de ses assists sont données à ses tireurs de loin. Comme vous pouvez le voir sur le graphique ci-dessous, 19 % de ses passes décisives sont à destination d’Eric Gordon et 17,2 % pour Ryan Anderson. Le seul joueur recevant beaucoup de passes sans savoir shooter de loin est Clint Capela. Ceci est logique, Harden trouvant très facilement le Suisse après un pick lorsqu’il roule vers le panier.

Un très bon joueur de pick-and-roll

Avec sa capacité à manier le ballon comme personne, et à dégainer de partout, James Harden est le prototype parfait du joueur de pick and roll. Il est le 4ème joueur qui en effectue le plus dans la ligue, avec environ 12 possessions par match (40 % de ses possessions). S’il n’est pas dans le top 3 de la ligue, il score sur plus d’un tiers de ses pick-and-roll (36 % exactement), et inscrit près d’un tiers de ses points sur ce type de jeu (9.1 pts par match).

Cependant, il est pour l’instant bien moins performant que la saison denière avec seulement 0.78 points par possession (contre 1.01 l’année dernière). Il doit aussi améliorer son adresse, de seulement 36% après pick-and-roll, ainsi que prendre plus soin du ballon. En effet, il perd le cuir sur 1 action sur cinq (22.7 % du temps exactement), ce qui est trop pour un joueur de son calibre.

Et la suite ?

Comme vous avez pu le voir, James Harden est un joueur très complet. Formidable attaquant, il délaisse totalement la zone intermédiaire pour se concentrer sur les drives ou le shoot longue distance. Maitrisant à la perfection le step back, il use aussi beaucoup du pick and roll avec Clint Capela. Sa dangerosité attire la défense ce qui laisse ses coéquipiers ouverts. Excellent passeur, il ne se gêne alors pas pour les servir et sa double menace (tir/passe) le rend très difficile à défendre.

Epaulé depuis peu par Chris Paul, le barbu va devoir s’adapter à la présence de l’ancien Clipper. Ce duo a montré quelques connexions intéressantes et il faudra un peu de temps avant d’entrevoir les possibilités offertes par cette association. Une chose est sûre, avec un Harden à ce niveau-là, les Rockets peuvent viser loin, très loin…

Antoine Bossard

  1. avatar
    27 novembre 2017 a 19 h 13 min

    Merci, excellent analyse bien appuyée par les stats et graphiques.

    • avatar
      28 novembre 2017 a 19 h 27 min

      Merci beaucoup de votre commentaire. Content que mon article vous plaise. Cordialement, Antoine Bossard.

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