LeBron James sur la pente descendante ? Le peuple veut la tête du Roi
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LeBron James sur la pente descendante ? Le peuple veut la tête du Roi

Il domine la NBA depuis près d'une décennie. Il n'a plus raté les finales depuis 2011. 8 finales jouées, 3 gagnées avec à chaque fois le titre de MVP des finales, 3 titres de MVP de saison régulière. LeBron James est considéré comme le meilleur joueur du monde depuis très longtemps. Trop longtemps, pour certains. A 32 ans, le King n'a jamais semblé aussi fort et complet, mais il n'a jamais semblé aussi loin d'un nouveau titre de champion. La fin d'un règne ?

Si vous êtes résident de la ville de Cleveland, vous vous souvenez parfaitement de votre dimanche 19 juin 2016. Le jour où les Cavaliers ont décroché le premier titre NBA de leur histoire. Le jour où une équipe a remonté un déficit de 3-1 pour la première fois dans l’histoire de la ligue nord-américaine. Le jour où LeBron James est devenu une légende vivante de la NBA. Son statut de meilleur joueur du monde était établi depuis longtemps, mais il lui manquait ça. Ce titre de champion chez lui, ce contre sur Andre Iguodala à la fin du Game 7 qui restera comme une des plus grandes actions des années 2010. Aujourd’hui, James n’a jamais été aussi complet. Aussi fort. Donc jamais aussi dominant ? Pas vraiment. Les signes laissant percevoir un déclin sont nombreux, et ils ne tiennent pourtant pas de sa responsabilité. La colère du peuple monte, la révolution approche et le Roi risque de passer à la guillotine.

Meilleur joueur du monde ? Pas pour tout le monde

Personne ne conteste la polyvalence de LeBron James, qui a explosé la saison passée. Il a battu ses records de rebonds (8,6) et de passes décisives (8,7) par match en saison régulière et a écrasé son record de triple-double sur une saison (13). Et pourtant, il a été éclipsé de la course au MVP, la faute à de stratosphériques Russell Westbrook et James Harden, au four et au moulin dans leur franchise. Pire, LeBron a fini quatrième derrière Kawhi Leonard au classement de Most Valuable Player. Alors que Michael Jordan lui-même a déclaré cet été que l’ailier des San Antonio Spurs était le meilleur two-way player actuellement, le Roi de Cleveland ne peut qu’être dépité. Il est de plus en plus contesté individuellement. Pas dans son équipe bien sûr, mais dans l’ensemble du monde du basket. Ses détracteurs l’accusent de profiter d’une conférence Est au niveau abyssal pour se retrouver chaque année en finale NBA. Il est vrai qu’il faut remonter à 2013 pour voir une équipe de l’Est (le Miami Heat de… LeBron James) décrocher le meilleur bilan en saison régulière. En 2016/2017, les trois premières places étaient trustées par l’Ouest (Warriors, Spurs, Rockets).

Des questions peuvent donc émerger. Si San Antonio jouait à l’Est, LeBron disputerait-il les finales chaque année ? Ou seraient-elles la propriété d’un Kawhi Leonard ou d’un Kevin Durant, qui aurait pu prendre la route qui mène à Boston l’été dernier ? Ah oui, Kevin Durant. On l’oublierait presque tant il est difficile de ressortir un seul joueur du collectif des Warriors, mais c’est bien lui, l’assassin des Cavs lors des finales 2017. Dans les deux dernières minutes du Game 3, KD inscrit 7 points dont un trois points donnant l’avantage aux Warriors, et leur permettant de mener 3-0 dans la série. Il sera par la suite récompensé d’un titre de MVP des finales. LeBron aura tout tenté, devenant même le premier joueur de l’histoire à terminer une série de finales NBA en triple-double de moyenne, mais il a perdu. Les gens voient Kawhi meilleur, Durant le bat, Westbrook prend les récompenses. Que reste-t-il alors à celui qu’on surnommait l’Élu lors de son arrivée en NBA en 2003 ? Les récompenses collectives. Les bagues de champion. LeBron James est à l’apogée de son niveau de jeu mais, paradoxalement, vacille d’un point de vue de la reconnaissance en tant que meilleur basketteur au monde. Peut-il récupérer ce titre honorifique et s’inscrire un peu plus dans la légende en allant chercher le Graal ?

Sa franchise au bord du naufrage

A l’heure actuelle, la réponse semble vraisemblablement être non. LeBron s’effondre collectivement, dans le sens où son équipe semble en voie de régression tandis que des prétendants au titre se sont renforcés cet été. En dépit d’excellentes performances en mai et juin 2017, James n’a pas pu résister au rouleau compresseur qu’est cette superteam des Golden State Warriors. La référence, ce sont eux. Il faut les abattre, et la NBA l’a bien compris. Conséquences : Paul George rejoint OKC et Russell Westbrook. Les Houston Rockets sacrifient plusieurs joueurs pour acquérir Chris Paul et l’allier à James Harden. Même les Minnesota Timberwolves vont tenter le coup en chopant Jimmy Butler. A tout cela, les Cavaliers répondent en signant… José Calderón et Derrick Rose. Leur effectif déjà vieillissant va repousser les limites de la moyenne d’âge d’une équipe. Le meneur espagnol de 35 ans trouvera dans l’Ohio Kyle Korver (36 ans, prolongé de 3 ans cet été) et Richard Jefferson (37 ans) pour de bonnes parties de scrabble. Mais le coup fatal qui a secoué toute la NBA a été l’annonce du souhait de Kyrie Irving de quitter la franchise.

S’il est, pour l’instant, difficile pour les Cavs de trouver une équipe avec laquelle réaliser un échange crédible, il semble inévitable pour LeBron James de devoir accepter le départ de son meneur All-Star. A moins d’un énorme retournement de situation (et de veste de la part d’Uncle Drew), les Cavs seront moins forts l’année prochaine. Toujours champion à l’Est ? Le doute est permis étant donnée la bonne gestion des Boston Celtics, finalistes de la conférence Est la saison passée et qui ont accueilli Gordon Hayward dans leur effectif. Avant d’en arriver à des conclusions hâtives, il serait bon d’observer la fin de l’intersaison, le déroulement de la saison régulière et le début des playoffs. Mais aujourd’hui, en regardant la situation critique des Cleveland Cavaliers, un titre de champion de conférence Est représenterait déjà une réelle réussite. Mais ce serait pour être la victime d’une boucherie face aux guerriers de la baie d’Oakland qui ont conservé tous leurs bons éléments et en ont même ajouté (Omri Casspi, Nick Young). Et si ce ne sont pas eux, ce sera donc une équipe qui a réussi à terrasser cette armada de basketteurs ! Clairement, le King ne fera pas revenir ses Cavs dans la cour royale dès l’année prochaine.

LeBron vieillit bien. Il s’adapte, évolue, et nul doute qu’il pourra rester à ce niveau vertigineux pendant encore 2-3 ans, au moins. Oui mais voilà, il ne peut pas tout faire. Un joueur très fort ne vaut pas quatre joueurs très forts. Son contrat arrivera à son terme dans un an et il devra alors faire un choix. Rester dans sa ville, celle qui lui voue un culte, qui ne vit que par lui et pour lui ? Ou s’offrir une pige ailleurs, sous le soleil de Californie (Lakers, Clippers) ou au sein du Madison Square Garden (Knicks) ? LeBron est un compétiteur, on ne peut pas l’imaginer se prélasser à Cleveland pour boire de la limonade et vivre une fin de carrière dans l’ombre. Soit une grande équipe reviendra à lui, soit il ira la chercher ailleurs. LeBron est un Roi sans couronne aujourd’hui. Son retour sur le trône semble difficile sur le court terme, mais comme l’avait dit Rudy Tomjanovich, ancien coach des Houston Rockets : « Ne sous-estimez jamais le cœur d’un champion ».

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