Les Spurs trop justes ?
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Les Spurs trop justes ?

Bien installés dans une saison presque parfaite, les Spurs ont cependant montré quelques limites contre les deux autres grands favoris, Golden State et Cleveland. Quelques défaillances individuelles, une difficulté à tenir physiquement et forcément, une part de bluff due à la saison régulière peuvent expliquer ces défaites.

Parole à la défense

Meilleure défense de la Ligue, les Spurs doivent absolument réussir à s’appuyer sur leur force première, même face aux favoris. Ce ne fut pas vraiment le cas lors de la défaite contre Cleveland (117pts encaissés) et encore moins face à Steph Curry&co (120pts). Bien sûr, tenir ces deux formations sous les 100 points relève de l’exploit. Mais il en va de la survie de San Antonio lors des joutes de playoffs. Impossible qu’ils puissent remporter une série si les matchs s’envolent autour des 115 points de moyenne. A commencer par Tony Parker qui n’a jamais réussi à tenir Stephen Curry ou Kyrie Irving. Le Français doit absolument relever ce défi quitte à être moins présent en attaque. Les deux meneurs sont plus jeunes et explosifs que lui et surtout entraînent tout le monde avec eux dès qu’ils ont l’avantage. Surtout, cela permettrait de laisser Kawhi sur Klay ou Lebron, ce qui représente déjà un travail à temps plein. A Parker de faire les ajustements s’il en est encore capable.

Maîtres du temps

Placer les duels sur demi-terrain où offensivement, le collectif s’épanouit pleinement. Cela permet dans le même temps d’éviter de se faire aspirer dans une course perdue d’avance contre les athlètes des Cavs ou Warriors. Dans leur duel annoncé en finale de conférence contre Golden State, les Spurs n’auront pas le choix. Ils ont montré leur incapacité à tenir la fougue de la jeunesse d’Oakland – comme tout le monde d’ailleurs – et ne pourront exister qu’en cas de rencontres disputées sur un rythme plus lent. Pour cela, ils doivent assurer un repli défensif sans faille, arrêter les drives d’Irving, James ou Curry pour les obliger à attaquer en 20 secondes. Sur transition, les shooters des Warriors se gavent et ne ratent rien. Et que dire de Lebron ou Irving, simplement impossibles à stopper une fois lancés. Enfin, ralentir le rythme aiderait les ouailles de Pop’ à utiliser leur match-up le plus favorable : Lamarcus Aldridge.

Réveil obligatoire pour LMA 

On arrive ainsi au levier le plus important de la progression de ces Spurs. Aldridge est un go-to-guy, un franchise player. S’il convient de saluer ses efforts pour se fondre dans le collectif texan, lui ne doit pas oublier le joueur qu’il est et montrer qu’il reste l’un des meilleurs postes 4 de la planète. Seulement, contre Cleveland, il a clairement perdu son duel face à Kevin Love pourtant loin d’être un grand défenseur. L’ancien Wolve terminant à 21pts (à 8/13) avec un gros impact en 1ère mi-temps. Aldridge se contentant de 15 unités alors qu’on pouvait s’attendre à le voir martyriser Love. Contre Golden State, le naufrage fut collectif mais là-encore, Lamarcus n’a pas pesé le moins du monde avec 5 points au compteur. Lors des playoffs, il faudra aux Spurs un Aldridge très fort, capable de dominer ses vis-à-vis, de récolter des fautes et de servir de point de fixation pour libérer les shooters.

Danny blues 

Depuis qu’il a rejoint San Antonio, Danny Green s’est fait une réputation de sniper exceptionnel, une menace constante derrière la ligne primée. Ce n’est malheureusement pas le cas cette année où sa panne d’adresse ne semble pas trouver de répit. Bon défenseur, il n’offre plus cette variété offensive très complémentaire avec les styles plus en percussion de Parker ou Leonard. Surtout que mis à part Mills et le vieillissant Ginobili, le roster ne compte plus vraiment d’autres spécialistes longue-distance.

Des Spurs Tim-orés

Il y en a quand même un qui n’a connu que la victoire contre les Cavaliers et aucune rouste depuis. C’est l’éternel Tim Duncan. Alors oui, il est vieux, ne peut plus tenir 40 minutes mais tout de même, les Spurs ne sont pas les mêmes sans leur leader. Avec Duncan, c’est toute la défense qui est rassurée de compter un rempart inamovible dans la peinture, le rebond est également bien plus sécurisé. Sans compter l’adresse à 5-6 mètres en attaque qui libère un peu plus Aldridge. Bref, il ne sert à rien de s’étendre, les Spurs n’iront jamais bien loin sans Tim Duncan. Et plus que toute autre chose, l’état de santé de la star reste le point-clé de l’avancée des Texans en playoffs. Qui plus est face aux mastodontes précités.

 

Le grand bluff ?

Ces deux larges défaites ont marqué les esprits mais ont aussi soulevé un paquet d’interrogations. C’est que chacun connaît maître Popovich et son amour de la saison régulière. Clairement, le stratège a déjà un plan en tête bien précis pour affronter les Warriors. Clairement, il n’en a rien dévoilé lors de leur première confrontation. Dès que le match a tourné, Pop’ n’a pas cherché à insister et a plié les gaules. Il se moque bien du bilan de son équipe alors que les Warriors courent, eux, après le fameux record des Bulls. L’intensité et la motivation s’en ressentent forcément lors de la saison régulière. Vu qu’il reste trois confrontations, il a en plus de quoi faire quelques essais. Voir ce qui pourrait déranger (un peu) Steph Curry, ralentir Draymond Green voire enrayer le collectif de la Baie. Possible que les Spurs tentent un peu de zone, modifient les duels défensifs, jouent le small-ball – Parker, Mills, Green, Kawhi, Aldridge/Duncan – ou au contraire, le tout à l’intérieur – Parker, Kawhi, Diaw, Aldridge, Duncan – possible aussi que le bluff se poursuive et que l’on ne sache rien des intentions du futur coach de TeamUSA. En playoffs, l’heure ne sera plus au cache-cache et c’est seulement à ce moment que là que nous saurons si les Spurs sont les malins de l’histoire ou s’ils n’avaient simplement aucune réponse à apporter à l’équation Golden State.

  1. avatar
    8 février 2016 a 18 h 31 min

    J’aime bien ton dernier paragraphe.

    En effet les meilleures équipes savent que le trophée se gagne en playoff et non en saison régulière.

    Avec un maître stratège comme Popovich, impossible d’exclure une défaite concédée pour des raisons stratégiques.

  2. avatar
    9 février 2016 a 17 h 38 min
    Par rookix

    c’est toujours compliqué de lire la stratégie de Popovich! Mais je ne vois pas les spurs arriver sans un plan face aux warriors…

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