Memphis Grizzlies : l’année du titre ?
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Memphis Grizzlies : l’année du titre ?

Auteur d'une saison solide jusqu'ici, Memphis détient le 2ème meilleur bilan de la très relevée conférence Ouest. Toujours très impressionnants dans le basket rigoureux qu'ils pratiquent, les Grizzlies apparaissent comme un prétendant très sérieux au Larry O'Brien Trophy cette année.


Une raquette dominante

Depuis des années maintenant, le jeu de Memphis commence d’abord à l’intérieur avec une des meilleurs raquettes de la ligue, le duo Gasol-Randolph. Offensivement très complices, ils partagent bien le ballon et ont à leur disposition un arsenal offensif autant dos au panier que face au panier. Ils réalisent tous les deux une très bonne saison avec des lignes de stats impressionnantes : 18,2 points, 49,6% de réussite, 8 rebonds, 3,7 passes et 1,8 contre pour Gasol et 16,5 points, 48,7% de réussite, 11,7 rebonds pour Randolph.

Si elle manque un peu de verticalité, cette raquette est très solide au sol. Lors des playoffs, le basket se ralentit, la verticalité importe moins et c’est surtout le combat physique qui permet de gagner des matchs. On sait que ces deux-là incarnent à merveille le nom de Grizzlies qui a été donné à la franchise. Ils ne reculent jamais devant les défis et  sont toujours là pour laisser trainer les coudes et intimider leurs adversaires. Ce duo joue avec intensité et montre l’exemple en défense, qui est le domaine de prédilection des Grizz.

Une défense de fer

L’adage est connu : “l’attaque fait gagner des matchs, la défense fait gagner des titres”.

Avec la raquette, c’est le second secteur d’excellence de cette équipe qui défend le plomb depuis des années (cf. Jacques Monclar). La défense se joue d’abord en équipe et le système défensif de Memphis est bien en place, notamment les systèmes d’aide. En terme de points encaissés, avec 95,7 points, Memphis est la meilleure défense de la ligue.

Tous les joueurs du 5 peuvent défendre leur position individuellement. Mike Conley fait le nécessaire, Courtney Lee est un bon défenseur et le frontcourt (Gasol, Randolph, Green) est d’une densité incroyable et peut défendre sur n’importe quel frontcourt NBA.

Sur le banc, il faut souligner et ne pas sous-estimer l’impact du formidable energizer que représente Tony Allen. S’il peut mettre quelques paniers en attaque, Allen excelle surtout dans la défense et peut changer le cours d’un match en défendant sur les meilleurs poste 2 ou 3 de la ligue. C’est un monstre physique qui n’a peur de rien et de personne et qui peut détruire les meilleurs joueurs en entrant dans leur tête (Kevin Durant s’en souvient).

Un Meneur sous-estimé

Mike Conley peut être comparé à Jeff Teague. Il est meneur d’une des meilleures équipes de la ligue mais est pourtant peu mis en lumière, voir même sous-estimé. Ces deux joueurs ont cela en commun.

Auteur une fois de plus d’une saison remarquable avec 16,5 points (39,4% à 3 points) et 5,3 passes de moyenne, il est un membre important du trio qui porte cette équipe. Toujours présent en fin de match, il ne recule pas devant ces responsabilités et n’hésite pas à prendre des shoots dans les moments décisifs.

Il apparait clairement comme décisif puisqu’il occupe la position de meneur, qui est la plus importante dans le basket, et que son équipe gagne. Son manque d’exposition et de reconnaissance vient probablement du fait qu’il n’évolue pas dans un grand marché, Memphis étant une ville relativement petite à l’échelle américaine. Pourtant, il évolue au sein d’une conférence où le niveau des meneurs est hors du commun (Westbrook, Parker, Paul, Lillard etc…) et il est vraiment très rare qu’il soit dominé par son adversaire direct.

L’attaque : un système bien rodée et bien organisé

Ce n’est un secret pour personne, les Grizzlies ne jouent pas un basket flamboyant. Cependant, peu importe l’adversaire, Memphis va chercher à jouer son basket en attaque. Il y a 3 principes dans son basket d’attaque. Ralentir le jeu, aller au bout des possessions et mettre le ballon dans la raquette afin de s’appuyer sur son jeu intérieur. C’est un basket précis, ne laissant que peu de place pour le doute. Memphis joue d’abord de manière intelligente en appuyant sur les mismatchs qui peuvent faire mal à l’adversaire.

Avec les 3 monstres (Green, Randolph et Gasol) présents sur le frontcourt, il y a tous les soirs un duel favori pour les Grizz qui iront appuyer là-dessus pour sanctionner leur adversaire jusqu’à forcer une modification du système défensif. Avec les prises à 2, les ballons peuvent ressortir sur l’extérieur où il y a quand même la présence de quelques snipers avec Carter, Conley et l’ami Lee (45% à 3 points cette saison, 2ème au classement du pourcentage à 3 points derrière l’intouchable Kyle Korver).

Pour conclure, l’attaque parait très équilibrée. Tous les joueurs du 5 sont à 10 points ou plus. La raquette est brillante, la ligne arrière adroite et le poste 3 en la personne de Jeff Green est solide. L’acquisition de ce dernier représente très certainement le meilleur trade effectué au sein de la NBA cette année. Les Grizzlies ont récupéré un ailier ultra-athlétique passé par Boston et Oklahoma qui aurait très certainement pu avoir une meilleure carrière sans l’opération à coeur ouverte subie il y a maintenant 3 ans. Green, qui est un poste 3 naturel, donne à cette équipe la dimension athlétique qui lui manquait des cotés du terrain. C’est un scoreur fiable qui peut faire des différences dos au panier face à beaucoup de postes 3 qu’il domine tant par son physique que par ses qualités athlétiques. Il tourne à 12 points de moyenne depuis son arrivée à Memphis et semble s’être parfaitement bien intégré à son nouvel environnement.

Un groupe expérimenté avec un esprit tour droit venu des années 90

Ce qui caractérise Memphis quand on les voit jouer, c’est le coté dur. Memphis pratique un basket de muerte (dixit Monsieur Monclar) tout au long de la saison. C’est une équipe qui n’hésite pas à mettre des beignes avec une mentalité de dur au mal, et qui ne se laissera marcher sur les pieds par personne. Le coté dirty est d’ailleurs incarné à merveille par Z-BO et Allen, qui sont très souvent borderline sur certaines actions qui nous rappellent les années 90, quand la NBA n’était pas encore aseptisée et que le trash-talking et les coups bas étaient légions. Memphis a cette mentalité d’équipe bagarreuse, ce qui permettra de compenser le manque de talent dans cette équipe sans superstar.

Quand on regarde l’effectif, que l’on en fait l’analyse, un autre point est frappant : l’expérience qui caractérise cette équipe. Le trio Gasol-Randolph-Conley a déjà vécu plusieurs campagnes de playoffs avec quelques jolis scalps à sont actif. En 2010-2011, Memphis finit 8ème et élimine les Spurs au premier tour, eux qui avaient le meilleur bilan de toute la ligue. En 2012-2013, Memphis atteint la finale de conférence. Ces années-là, les effectifs étaient un peu juste avec un manque d’expérience dans les phases finales. L’effectif compte désormais de meilleurs joueurs de complément, qui ont déjà vécu des campagnes de playoffs (Lee, Carter) ou même gagné des titres NBA (Allen, Udrih).

Cette revue d’effectif nous amène à penser qu’il ne fera pas bon croiser la route de Memphis en avril prochain…

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