Antetokounmpo, un nom qui résonne sur toute la planète basket
Photo Panoramic

Antetokounmpo, un nom qui résonne sur toute la planète basket

Après une début de saison impressionnant, revenons sur les origines du "Greek Freak".

Giannis Antetokounmpo vient de loin. Le joueur des Bucks de Milwaukee a disputé son premier match du All-Star Game de la NBA, le match de gala de la ligue américaine de basketball, dans la nuit du dimanche 19 au lundi 20 février. Pourtant, il n’était encore, il y a quatre ans, qu’un basketteur amateur de deuxième division grecque. Un joueur à peine majeur, prometteur mais irrégulier. Tandis que ses coéquipiers se rendaient aux entraînements après une journée de travail, lui se faisait remarquer par ses absences. Gamin paresseux ? Non : fils de famille nombreuse trop occupé à faire survivre les siens.

Avec son grand frère Thanasis, Giannis grappille alors quelques euros dans les rues d’Athènes, en vendant aux passants des lunettes de soleil, des montres, des sacs à main ou encore des jeux. Des produits contrefaits, qui doivent permettre de garantir un repas du soir à la fratrie de quatre enfants, en complément des maigres revenus de baby-sitter et de bricoleur des parents. Quand la mission est accomplie, les deux aînés peuvent enfiler leurs baskets – une paire pour deux, au début.

Veronica et Charles Antetokounmpo, les parents, sont arrivés clandestinement en Grèce en 1991, en provenance du Nigeria. Giannis est né trois ans plus tard, découvrant une vie ponctuée par la peur des contrôles policiers, les changements d’adresse et la promiscuité, à quatre dans une chambre. Son salut, et celui des siens, vient d’une rencontre avec son futur entraîneur, Spiros Velliniatis, qui l’inscrit dans son club après avoir repéré son gabarit dans la rue. Il a alors 13 ans.

“Le monstre grec” découvre un nouveau monde

Petit à petit, défiant le destin, Giannis Antetokounmpo se fait un nom et se forge une réputation sur les parquets grecs. Il finit par taper dans l’œil des recruteurs américains, qui traversent l’Atlantique pour découvrir son potentiel. La NBA et l’équipe nationale lui tendent les bras, mais le phénomène est coincé en Grèce, car apatride. Ni une ni deux, le 9 mai 2013, il est naturalisé grec, en même temps que son frangin Thanasis, presque aussi talentueux. Les deux intègrent vite l’équipe nationale. Le mois suivant, Giannis est sélectionné par les Milwaukee Bucks, avec, à la clé, un contrat de quatre ans avec la franchise NBA.

En même temps que son grand frère, recruté par une équipe d’une ligue secondaire américaine, « The Greek Freak » découvre un nouveau monde. Pendant de longs mois, le temps que le reste de la famille obtienne le droit de le rejoindre aux Etats-Unis, Giannis Antetokounmpo doit être épaulé par son club. Ses coéquipiers lui meublent son appartement et l’aident à s’habiller, les pontes de la franchise lui apprennent à conduire et l’assistant vidéo lui prête sa voiture. Quand ses parents et ses deux petits frères arrivent enfin, il s’empresse de leur faire découvrir les smoothies et les emmène dans les rues de Milwaukee.

Des mains de 30 centimètres

En septembre dernier, Giannis Antetokounmpo a négocié un nouveau contrat de 100 millions de dollars. Un montant colossal, dû pas tant à son histoire hollywoodienne qu’à son talent sur le parquet. Comme le note USA TODAY, le Grec est le meilleur marqueur (23 points par match), le meilleur “rebondeur” (9), le meilleur passeur (5,5), le meilleur bloqueur (2) et le meilleur intercepteur (2) des Milwaukee Bucks. Il est le premier joueur de sa franchise depuis 1984 à être sélectionné en tant que titulaire au All-Star Game, avec les meilleurs joueurs de NBA.

Homme à tout faire sur le terrain, capable de jouer à tous les postes, “The Greek Freak” s’est vu confier la mène depuis l’année dernière par son entraîneur, l’illustre Jason Kidd, dix fois All-Star lorsqu’il était meneur. “Il dribble comme Tony Parker”, a salué le joueur français Nicolas Batum en 2015. Et pourtant, le joueur de 22 ans met une tête à “TP” et affiche des mensurations hors norme : 2,11 m, une envergure de 2,21 m et des mains de 30 centimètres, selon ESPN. Avec lui, les ballons de basket passent pour des ballons de handball.

Giannis Antetokounmpo a aussi le sens du spectacle, comme en témoignent ses apparitions fréquentes dans le “top 10″ des meilleures actions de chaque soirée NBA. Dernier coup d’éclat en date : le 11 février, lorsqu’il claque un dunk en prenant appui au niveau de la ligne de lancer franc.

Un acharné de travail

Giannis Antetokounmpo vient de loin, il dunk de loin et il ira loin. “Quand vous avez un joueur avec un tel talent, une telle éthique de travail, une telle attention au jeu, une telle humilité, vous avez tout pour avoir une superstar, prévient son coéquipier Jason Terry. Voici ce que nous avons devant nous.” “Il sait lire les gens et les situations, abonde l’assistant vidéo des Bucks, Ross Geiger, dans Sports Illustrated. C’est dû à son passé. Il ne pouvait pas perdre son temps à vous vendre quelque chose pendant cinq minutes si vous n’alliez rien acheter. Il devait lire en vous et passer à la suite.”

Et quand un match se passe mal, Giannis Antetokounmpo laisse ses coéquipiers filer à la douche et se réfugie dans la salle d’entraînement du club, où il rejoue, seul, chaque action ratée. “C’est comme cela que j’évacue la rage”, dit-il à Sports Illustrated. Il n’en sort parfois qu’au milieu de la nuit. Avec une motivation simple : dans la rue, dit-il, “les résultats n’étaient jamais garantis”, alors que “si je travaille ici, j’obtiens des résultats. C’est la meilleure des sensation.”

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