Jimmy Butler : le véritable patron des Wolves
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Jimmy Butler : le véritable patron des Wolves

Arrivé de Chicago cet été pour faire passer un palier aux jeunes loups du Minnesota, Jimmy Butler s’est parfaitement acclimaté. Ne cherchez plus le mâle alpha de la meute, ce n’est ni Andrew Wiggins, ni Karl-Anthony Towns, mais bien l’ancien Bull.

Une arrivée marquée par des objectifs clairs

Il est nécessaire de faire un petit rappel des faits. Les Bulls sortent de plusieurs saisons difficiles et sont éliminés au premier tour l’an passé par les Celtics (malgré une belle résistance et un scénario difficile avec la blessure de Rondo). Dwyane Wade n’apporte pas autant que prévu et des tensions apparaissent pendant la saison, alors qu’il critique ouvertement ses coéquipiers. Le front-office des Bulls décide donc d’entamer la reconstruction en tradant sa pièce maitresse : Jimmy Butler. Multiple all-star, il est échangé aux Wolves en compagnie du 16ème choix de la draft (Justin Patton) contre Kris Dunn, Zach Lavine et le 7ème choix de la draft (Lauri Markkanen).

Pour Minnesota, la situation est inversée. La fin de cycle et le début de reconstruction des Bulls correspondent à la fin de la reconstruction des Wolves, qui a amené Andrew Wiggins et Karl-Anthony Towns. L’objectif est clair : faire retrouver les playoffs à une franchise qui en est orpheline depuis 2004. Butler doit apporter son expérience (notamment de la post-season) aux deux jeunes talents, Andrew Wiggins, et Karl-Anthony Towns, qui ont entamé leurs 4ème et 3ème saisons dans la ligue. Objectif : qu’ils découvrent enfin la joie de jouer après la mi-avril.

Un impact conséquent

A un peu plus de la moitié de la saison, les Wolves pointent à la 4ème place du classement à l’ouest, derrière les indéboulonnables Warriors, Rockets et Spurs. L’équipe de Tom Thibodeau possède un bilan de 29 victoires pour 18 revers, avec de très bonnes prestations à domicile notamment (18 victoires et 6 défaites) et des voyages corrects (bilan presque à l’équilibre de 11 victoires pour 12 défaites).

L’attaque a légèrement progressé depuis l’an passé avec un offensive rating passé de 108.1 à 110.5. Idem pour la défense avec l’indice qui est passé de 109.1 à 106.4. Si l’on s’intéresse de plus près à l’équipe, on voit une nette différence dans l’approche des matchs, qui est aisément imputable à Jimmy Butler. En effet, les jeunes équipes ont tendance à se relâcher lors des matchs à l’extérieur, surtout en défense. Les Wolves encaissaient 111.5 points sur 100 possessions hors du Target Center, contre 106.6 dans leur enceinte. Cette saison, cette mauvaise habitude semble avoir disparue, Minnesota concédant sensiblement le même nombre de points à domicile (DEF Rating de 106.4) qu’à l’extérieur (DEF Rating de 106.3).

Parole à la défense

Il faut aussi rappeler que c’est grâce à cela que Butler a gagné son temps de jeu en début de carrière. Drafté en 30ème position, il s’est de suite imposé comme un excellent défenseur, capable d’éteindre les meilleurs scoreurs. En plus de ses qualités naturelles de défenseur, il connaît parfaitement le système défensif de Tom Thibodeau pour lequel il a joué sous les couleurs des Bulls.

Ainsi, Butler possède le deuxième meilleur defensive rating de son équipe avec 103.7 points encaissés sur 100 possessions (à égalité avec son ancien coéquipier aux Bulls Taj Gibson) derrière Tyus Jones. Mais contrairement au jeune meneur, lui joue majoritairement contre les starters et possède surtout un temps de jeu deux fois supérieur. Cela montre bien que son impact défensif ne se montre pas que dans ses statistiques individuelles, mais bien qu’il entraîne toute l’équipe dans son sillage.

Sa hargne est aussi symbolisée par son nombre de ballons déviés (3.6 par match, soit le troisième meilleur total) et le nombre de duels gagnés lorsque le ballon est au sol (1.8 par match, soit le deuxième meilleur total). Là où des stars rechignent à plonger sur un ballon perdu, lui est souvent le premier dessus. Il est le modèle parfait à suivre sur le plan de la combativité, ce qui sera important dans l’expérience prochaine des playoffs.

Patron dans le crunch

Plus expérimenté que ses comparses Wiggins et Towns, c’est logiquement Butler qui aimante tous les ballons dans les situations clutch (ici, une différence de 5 points ou moins dans les 5 dernières minutes d’une rencontre). Minnesota, qui avait du mal dans ses situations l’an passé (15 victoires pour 29 défaites dans cette situation), s’est nettement amélioré avec 13 victoires et 11 défaites dans des cas similaires.

Butler est le joueur qui joue le plus dans ce moment (devançant de peu Wiggins, Towns et Teague). Surtout, il prend les choses en main et est le meilleur marqueur avec 4.4 points de moyenne, loin devant les 2.2 de Wiggins ou l’unique point par match d’un Towns fantomatique.

Butler : une présence hors terrain pour encadrer les louveteaux

Mais l’apport de Butler est aussi ultra-important hors du terrain. Il permet à Wiggins et à Towns d’accélérer leur développement extra-sportif (hygiène de vie, exigence). Cela a été particulièrement visible après la défaite concédée face à un Magic pourtant en grande difficulté le 16 janvier dernier. Voilà ce qu’il avait déclaré :

“Je suis content qu’on ait perdu. On est venu ici sur nos grands chevaux, pensant que nous étions une grande équipe, mais on a rien fait pour l’instant. C’est une bonne chose pour nous.”

Cette prise de parole montre l’exigence que Butler veut inculquer à ses coéquipiers, exigence nécessaire pour atteindre le très haut niveau. C’est d’autant plus vrai cette année, alors que n’importe quelle équipe peut vous battre sur un match.

Butler s’est donc imposé comme le leader évident des Wolves sur le terrain et en dehors, malgré la présence de deux coéquipiers très talentueux. Il est la touche finale d’une reconstruction bien menée qui va (sauf cataclysme) permettre à Minnesota de retrouver les play-offs. Défenseur, clutch, leader, Butler est la pièce maitresse de l’effectif de Tom Thibodeau.

Le regard est donc maintenant tourné vers l’avenir avec un franchise player dans son prime, et deux des plus grands talents de la NBA moderne qui arrivent progressivement à maturité. Si cette année ne sera sans doute pas l’année du titre, elle peut néanmoins marquer le retour pour un bon moment de Minnesota sur le devant de la scène, et pas que pour les highlights mais pour les résultats…

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