John Wall, espoir déjà déchu ?
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John Wall, espoir déjà déchu ?

Comme avant chaque draft, le jeu des comparaisons fuse et chaque nouveau prospect est comparé à une ou plusieurs stars actuelles. De quoi faire fantasmer les fans et nourrir les ambitions des GM. En 2010, un jeune meneur affolait les compteurs du côté de Kentucky et tout le monde l'annonçait comme un nouveau Derrick Rose alors que le n°1 des Bulls était en pleine bourre et en passe de devenir le plus jeune MVP de l'histoire. Les highlights du gamin prodige se jouent en boucle sur internet : dunks en transition, passes aveugles, contres, vitesse supersonique... Le meneur de jeu possède un QI basket très élevé pour son jeune âge et des qualités athlétiques impressionnantes. Le monde de la balle orange découvre alors John Wall. Washington, qui a récupéré le first pick cette année-là, se met à rêver d'un avenir radieux autour de cette pépite.

Au moment d’arriver en NBA, certains joueurs possèdent des qualités physiques hors du commun comme Lebron James ou Blake Griffin, d’autres ont un shoot soigneusement travaillé comme Curry… et puis il y a ceux qui ont une élégance, un flair, une classe, une science innée du jeu leurs permettant, très tôt, d’avoir la mainmise sur l’attaque de leurs équipes. A l’instar de Jason Kidd ou Steve Nash, John Wall est de cette trempe : un joueur complet, excellent passeur dans des systèmes ou en transition, doté de très bonnes qualités athlétiques et d’une excellente capacité à percer les défenses pour finir prêt du cercle. Mais, tout comme Kidd ou Nash, il dispose aussi d’un tir mi-distance très perfectible et d’un shoot à 3 points peu fiable. Un talon d’Achille qu’il compense par sa vitesse et sa vélocité.

6 ans après ses débuts dans la ligue, John Wall est une référence à son poste : 3 fois All-Star dont une fois en tant que starter, il n’a pas tardé à confirmer son immense potentiel et s’est imposé comme un playmaker de renom. 20 points, 10 passes, voila le tarif avec Wall. A l’image de Chris Paul, il fait partie de cette caste de meneurs pour qui distribuer le jeu est quelque chose de naturel. Comme le meneur des Clippers, il est régulier et est capable de mettre des cartons au scoring, en témoignent ses 52 points récemment contre le Magic d’Orlando. Bref, John Wall est une star mais, malheureusement pour lui, être une star ne suffit pas en NBA si l’on veut accrocher des titres.

John Wall : vrai chef d’orchestre ou soliste virtuose ?

D’après Norman Lebrecht, grand critique d’art musical : « ce que tous les grands chefs d’orchestre possèdent en commun c’est un charisme, une volonté, de hautes capacités d’organisation mentale, une grande solidité physique et psychologique, enfin une ambition impitoyable (…) »

Difficile de nier que J.Wall possède toutes les caractéristiques du parfait chef d’orchestre sur le papier. Pour celui qui a déjà sa marque signature chez Adidas, le charisme est dans son ADN. Toujours classe dans ses propos et dans son apparence, il est un personnage respecté et influent de la NBA. Parfois émouvant lors des interviews d’après-match où ses larmes dans la défaite témoignaient de sa sincérité vis-à-vis de ce sport et du respect qu’il porte aux fans et à ses coéquipiers, Wall a toujours été volontaire sur un parquet. Sans se cacher derrière ses coéquipiers ou son coach, il a toujours mouillé le maillot et n’a jamais fui ses responsabilités de franchise-player. Seul Chris Paul, concernant les capacités d’organisation, et Russell Westbrook, pour la solidité physique et psychologique, semblent supérieurs à Wall sur le poste de meneur aujourd’hui tant il est complet.

Nul doute que le natif de Caroline du nord est un grand chef d’orchestre, mais comme tout chef d’orchestre, la réussite de sa prestation passe aussi par les musiciens qui l’entourent. Le roster des Wizards, sans être exceptionnel, est pourvu de joueurs de qualité. Bradley Beal est fragile physiquement mais est un bon scoreur. Gortat, avec son expérience, fait le métier dans la raquette et tourne en double-double. Markieff Morris et Otto Porter sont des joueurs tout à fait honorables pour former un cinq majeur, en théorie, compétitif. Surtout que l’équipe se connait : cela fait des années que ces joueurs évoluent sous la même tunique et, qui plus est, ont un vécu très respectable dans la conférence Est.

Présent en play-offs deux années de suite en 2014 et 2015, les Wizards avaient même “sweepé” les Raptors au premier tour avant de chuter en 7 matchs en demi-finale contre les Hawks. Mais depuis un an et demi, plus rien. L’équipe ne propose plus grand chose et fonctionne sur courant alternatif. Beal a souvent été absent et les pertes de Paul Pierce et Néné Hilario se ressentent dans la gestion des fins de match. C’est là que John Wall est dorénavant attendu. Il doit, à l’entame de sa 7ème saison, faire preuve d’un leadership plus important, à hauteur de son statut en NBA. Cela passe par plus d’implication en défense sur des séquences-clés, rentrer de gros tirs en fin de match pour l’emporter ou se mettre à l’abri, et surtout arriver à créer une cohésion autour de lui.

Et c’est ça qui fait le plus défaut à cette franchise à l’heure actuelle. L’équipe ne s’entend pas et ça se voit. Avant même le début de la saison, Marcin Gortat avait déclaré que l’équipe possédait le pire banc de la ligue. Sympa… Pour ne rien arranger, John Wall et Bradley Beal, les deux stars de l’équipe, ne peuvent pas se voir en peinture. Rajoutez à ça un coach comme Scott Brooks, qui semble avoir montré ses limites, et vous obtenez une des équipes les plus décevantes pour son irrégularité après 30 matchs joués.

Peut-on vraiment parler de déception ?

A 26 ans, lorsque l’on est meneur en NBA, on ne peut plus être considéré comme un jeune joueur surtout quand on est, dès son année rookie, la star de l’équipe comme ce fut le cas pour Wall. Joueur très précoce, il est le deuxième plus jeune joueur à avoir réalisé un triple-double derrière Lebron James et il a effacé Chris Paul des tablettes lors du Rising Star Challenge avec 22 passes décisives. Rien que ça.

Un constat concret et objectif peut alors être dressé : avec 18,3 points et 9 passes de moyenne en carrière, 2 campagnes de play-offs et 3 nominations au All Star Game, Wall a confirmé son potentiel au plus haut niveau.

Et ce n’est pas tout : sa progression continue et il tourne cette saison à 24 points, 9,5 passes et shoote désormais à 45,3% contre 43,1 en carrière et 34,1% à trois points contre 32,1 en carrière. Sans avoir l’adresse de Petrovic, Wall progresse sur ce qui est son plus gros point faible, et il est de plus en plus efficace avec un per à 23,8 contre 19,1 en carrière.

Sur le plan individuel, il est très difficile de lui reprocher quoi que ce soit tant il est talentueux, complet et en constante progression. A l’inverse de son ancien coéquipier à Kentucky Demarcus Cousins qui, malgré son talent, a un comportement exécrable et n’a toujours pas joué un match de post-season, JW2 peut difficilement être plus irréprochable qu’il ne l’est depuis 6 ans maintenant. L’espoir semble encore permis alors qu’il a au moins 10 ans de carrière devant lui pour retourner en play-offs et y jouer les premiers rôles.

Après une progression intéressante pendant 4 ans, les Wizards font du sur place dans une conférence pourtant très accessible à l’heure où des équipes, pourtant plus faibles il y a 2 ans comme Milwaukee ou Charlotte, proposent de très bonnes choses. Il est temps de revoir le plan de bataille du côté de Washington… et pour John Wall de voir plus clair sur ses ambitions de carrière. Cela va sûrement passer par des trades mais qui possède aujourd’hui dans l’effectif une cote assez élevée pour être échangé contre un ou plusieurs joueurs intéressants ? Bradley Beal ? Aucune équipe ne voudra assumer son contrat faramineux au risque de perdre de bons joueurs et de récupérer un élément souvent blessé et très irrégulier.

Ou alors est-ce à John Wall de quitter la capitale ? Cela permettrait aux Wizards de récupérer de très bons joueurs en échange pour reconstruire autour de Beal et du jeune Kelly Oubre Jr. Surtout, John Wall pourrait rejoindre une équipe plus ambitieuse. Doit-il reformer le Big Three de Kentucky avec Cousins et Bledsoe comme ce fut évoqué dans la presse ? Bien que pétrie de talent, cette association a tout de la très mauvaise idée vu la composition de Cousins et Bledsoe.

La patience, comme très souvent, semble être la clé de cet épineux dossier. Avec Wall, les Wizards possède un diamant qu’il ne reste plus qu’à faire briller et rien n’est joué à l’Est où les débats sont plus que jamais ouverts pour gagner sa place en play-offs.

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