Foutez-lui la paix !
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Foutez-lui la paix !

Cette semaine, la cycliste française Pauline Ferrand-Prevot a fait le buzz sur les réseaux sociaux. Pour une fois, ce n'est pas grâce à un titre mondial de cyclo-cross, de cross-country ou de l'épreuve sur route, mais "à cause" d'une sortie médiatique courageuse où elle se livre sur son spleen du moment en ce qui concerne le vélo et la vie de sportice de haut niveau, dévoilant aux yeux une fragilité touchante. Et si à la place de lui jeter la pierre comme s'amusent à le faire certains, on lui foutez la paix ?

25 aout 2016 : les confessions touchante de PFP

Après son échec des JO de Rio où elle n’est pas parvenue à décrocher de médaille (26ème de la course en ligne sur route et abandon en VTT), la française a cette semaine surpris son monde en décidant de vider son sac sur les réseaux sociaux, via sa page officielle Facebook où elle se livre sans concessions dans une longue lettre ouverte sur son mal-être et sa déception. En guise de conclusion, la triple championne du monde (cyclo-cross, cross country, route) termine en ces termes : “Ces JO ont été le résultat d’une année de galère. “Abandonner c’est perdre”, finalement cette phrase conclut bien ce samedi 20 août 2016. Je voulais finir cette course dont j’ai tant rêvé, mais mon corps ne pouvait plus. C’était vraiment impossible pour moi. On abandonne pas les jeux, je le sais, mais là le mal est plus profond. Bien plus profond…Je suis extrêmement déçue, il n’y a pas de mots pour exprimer cela. Je quitte la course en pleure, et je rentre direct au stand. Je ne pense pas à passer en zone mixte pour expliquer mon abandon aux journalistes, c’est vraiment la dernière chose à laquelle tu penses dans ces moments là. C’est dur à encaisser depuis samedi. Tout le monde permet de donner son avis, ou de juger. Mais je tenais à m’expliquer. Je termine ma saison sur un abandon. Je ne sais pas quand je remonterai sur un vélo. Le vélo était ce que j’aimai le plus faire, mais c’est devenu mon plus grand cauchemar.”

Le constat est alarmant, tout du moins quant à son avenir proche dans l’univers du sport professionnel. Mais il a le mérite d’être touchant, bouleversant même dans un milieu où il n’est pas permis aux sportifs de haut niveau de se plaindre, trop privilégiés qu’ils sont vis à vis des citoyens “normaux” que nous sommes qui ne leur pardonnent pas le moindre écart de comportement, de langage ou d’humeur. Mais tous ces sportifs, aussi champions qu’ils sont, sont avant tout des être humains, des hommes et des femmes avec leurs joies, leurs peines, leurs espoirs et leurs doutes. Pour la plupart ils n’ont pas eu une adolescence “normale”, trop formatés à devenir les champions de demain par un (sur)entrainement qui ne laisse pas la place aux loisirs et expériences des ados “normaux”. Quoi de plus normal alors, quand quelques années plus tard le sportif en question – ici Pauline Ferrand-Prevot – alors qu’il a tout gagné ou presque à seulement 24 ans se pose de sérieuses questions quant à la suite à donner à sa vie ? Une carrière de sportif de haut niveau ne dure que quelques années, pour un cycliste la moyenne se trouve entre 10 et 12 ans la plupart du temps, laps de temps durant lequel il se donne les moyens de parvenir à des objectifs de résultat. Pour PFP, en seulement 5 ans (elle est passée professionnelle en 2011 à seulement 19 ans), la française – qui court depuis 2012 pour les couleurs des néerlandais de la Rabobank – s’est déjà construit un palmarès qui en fant la cycliste française la plus complète de l’Histoire. Autrement dit, elle n’a plus rien à prouver à personne car son armoire à trophées parle pour elle, que ce soit sur la route (2 fois championne de France en ligne et en CLM, championne du monde, Flèche Wallonne, 2ème du Giro), en cyclo-cross (2 fois championne de France et championne du monde) et bien sûr en VTT/cross-country (3 fois championne de France et championne du monde) ce qui lui vaudra les honneurs d’être élue deux fois “championne des championnes françaises” par le journal l’Équipe en 2014 et 2015. Excusez du peu. Ne lui manque que l’Or Olympique, ce qui explique peut-être que l’échec de Rio ait été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase d’une jeune femme qui semble être arrivée à un stade de sa vie où elle a besoin de s’identifier autrement que comme une championne de vélo. Exister en tant que femme tout simplement, certainement encouragée par le fait que son compagnon le double champion olympique Julien Absalon ait lui aussi plus ou moins fait comprendre que sa carrière approchait à grand pas de son crépuscule.

Le burnout chez le sportif de haut niveau, un tabou ?

Si elle semble donc souffrir du processus de burnout – oui cela n’arrive donc pas que dans les PME françaises -, ce terme qui signifie “épuisement à la fois émotionnel et physique” reste encore très tabou dans l’univers du sport pro, alors qu’il faut considérer qu’il s’agit bel et bien de leur métier et non d’un loisir, métier qui n’est pas ou plus forcément une passion pour tous les athlètes. Mais alors ce burnout, d’où provient-il ? A première vue, il peut être le résultat d’un surentrainement, lui-même le résultat d’une balance inadéquate entre charges d’entraînement et périodes de récupération, nécessitant un arrêt plus ou moins durable de l’activité physique, ce que semble ici souhaiter PFP qui avoue ne pas savoir ”quand elle va remonter sur un vélo”. Au-delà d’un volume d’entraînement trop intense, certains spécialistes rapportent un déséquilibre entre la charge de stress total (physiologique, psychique et social), la récupération totale et la tolérance individuelle au stress chez les athlètes de haut niveau. Ainsi le stress n’aurait pas qu’une composante sportive mais quotidienne, tenant compte des événements de vie et des facteurs personnels. On y revient, tous ces champions sont aussi des êtres humains, comme vous et moi. Cependant, le surentrainement – comme le surmenage pour un salarié dans une entreprise – ne peut pas être la seule composante du burnout. En effet, les deux concepts semblent liés mais fondamentalement différents. Tentatives d’explication. Le burnout du sportif se définit comme “un état d’épuisement extrême et généralisé, s’apparentant à une dépression sévère, ayant un impact sur le devenir et la vie des sportifs”. Autrement dit,  il prend la forme d’un état dépressif majeur, associé à une aversion pour la pratique, imposant son arrêt. C’est pour cela que la française semble à ce jour complètement dégoûtée par le vélo : “le vélo était ce que j’aimais le plus faire, mais c’est devenu mon plus grand cauchemar”. L’image associée à cet état pourrait prendre l’allure d’une “explosion en plein vol”. C’est d’ailleurs par ces termes que l’entraîneur de la française a jugé la performance de sa pouliche lors de l’épreuve VTT des Jeux. A ce stade, l’évitement de la situation sportive et de tout ce qui y fait référence apparaît comme un paramètre discriminant, contrairement au sur-entraînement où le sportif a tendance à augmenter ses charges d’entraînement pour compenser la baisse des performances. La barrière entre les deux peut d’ailleurs parfois être difficile à cerner. Il est probable que pour rattraper son retard de préparation – elle a longtemps été blessée cet hiver – PFP a augmenté de manière trop exponentielle ses séances d’entrainement pour espérer être prête pour Rio. Ce sur-entraînement aura donc débouché sur cette explosion en plein vol, qui pourrait à son tour être annonciatrice d’une interruption définitive de la carrière. La plupart du temps, le sportif victime d’un burnout retrouve sa santé physique et psychique en stoppant sa carrière, parvenant à s’épanouir par d’autres voies que le sport de haut niveau.

Si elle remonte sur un vélo et retrouve le chemin des podiums, ce sera tant mieux pour le cyclisme et sport français, avec comme objectif probable une médaille lors des JO de Tokyo en 2020. Elle n’aura alors que 28 ans. Mais si son bonheur passe par une nouvelle page de sa vie construite loin des routes et des chemins cyclistes, il faudra alors respecter le choix de ce petit bout de femme qui a déjà tant donné pour le sport français. Alors juste un conseil, foutez-lui la paix et laissez-là vivre sa vie comme elle l’entend.

Geoffrey Lieutaud / @Geoffrey2b

  1. avatar
    30 août 2016 a 8 h 35 min
    Par PELCAT René

    Chapeau pour l’article. C’est l’une des premières fois que je vois une analyse objective de la détresse d’une athlète. Un athlète qui perd c’est un humain triste et déçu, cela a été très bien expliqué. Félicitions et laissons le temps à Pauline qui va se refaire une santé et nous étonnera encore, si elle le souhaite. Repose toi Pauline c’est le seul conseil

  2. avatar
    30 août 2016 a 8 h 52 min
    Par GOMIS

    BONJOUR ELLE SATURE . LAISSER LA SE REPOSER ELLE REVIENDRAS. BISOUS JM.

  3. avatar
    30 août 2016 a 8 h 52 min
    Par andrieux

    Monsieur Lieutaud bonjour,
    Je dois reconnaître que, si je me précipitais, j’aurais tendance à vous déclarer que cet article est en parfait accord avec mon sentiment sur ce sujet.
    Sauf que, sans prétention aucune, coïncidence médiatique ? Recoupement de mêmes informations, articles, mémoires sur le sujet ?
    Il y a quand-même beaucoup de similitudes avec ce que j’ai pu écrire moi-même sur mes différentes pages (Catacyclisme66, Cycliste pour la Vie, Regroupement de Cyclistes Féminines, et d’autres ou en réponse à d’autres sujets identiques), ou encore sur ma page personnelle.
    Dois-je croire à une simple coïncidence, à une vision commune du problème ? J’en ai envie et j’en reste là et vous salue. J’ai l’habitude de signer par :
    “On ne nous dis pas tout !” (Patou).

    • avatar
      30 août 2016 a 11 h 47 min
      Par lalali

      Paranoïa? égocentrisme?

  4. avatar
    30 août 2016 a 9 h 44 min

    Bonjour Andrieux,

    Je peux comprendre votre questionnement, je viens d’aller faire un tour sur les pages que vous citer et effectivement la question est abordée. Je vous dirais simplement de croire en ma bonne foie, je ne suis pas du genre à plagier mes collègues, il vous suffira de jeter un œil à mes 42 autres articles déjà parus ici, dont beaucoup traitent de cyclisme qui est ma passion, pour vous apercevoir que – sans prétention aucune moi non plus – mon expertise sportive, cycliste et humaine est assez importante pour ne pas avoir à m’inspirer de ce qui a déjà était fait sur tel ou tel sujet ;)
    Au plaisir de vous lire !

  5. avatar
    30 août 2016 a 11 h 12 min
    Par Amiral

    Étonnant comme la partie copié-collé ne contient pas du tout de fautes quand le reste est absolument illisible.

    • avatar
      30 août 2016 a 11 h 47 min
      Par ballion

      Exact! Mais il y en a quand même une ou deux ^^

  6. avatar
    30 août 2016 a 11 h 41 min
    Par vuillemin estelle

    L’idée du papier était bonne… la syntaxe, la grammaire et l’orthographe, beaucoup moins.

  7. avatar
    30 août 2016 a 11 h 42 min
    Par lalali

    Ok pour l’article, mais par pitié relisez-vous ça pique les yeux sérieux !

    • avatar
      30 août 2016 a 12 h 00 min

      Désolé d’avoir “piqué les yeux” de tout le monde, la prochaine fois je ne bâclerai pas le processus de relecture ;) en attendant je vous encourage à vous lancer dans le journalisme sportif, vous avez l’air tous très compétents, ça serait dommage de ne pas nous faire partager votre talent !

  8. avatar
    30 août 2016 a 12 h 40 min
    Par Amiral

    Ne pas prendre les remarques, qui plus est justifiées, dans le but d’élever son niveau, prouve bien votre degré d’implication et de compétence.

    • avatar
      15 septembre 2016 a 17 h 49 min
      Par Julien Deschamps

      … qui plus est justifiées… Aïe, aïe, aïe….

  9. avatar
    30 août 2016 a 13 h 54 min

    Je fais ça pour mon plaisir, pas pour la gloire et je ne demande rien en retour, je ne suis pas journaliste, un simple passionné donc on se calme un peu hein ;) vous n’êtes pas obligés de me lire. A bon entendeur salut

  10. avatar
    31 août 2016 a 21 h 27 min
    Par M. birdy

    Personne n’aiment lire ou écrire des fautes d’orthographe, et les critiques faciles sur ces fautes sont probablement issue de gens qui n’écrivent pas. Les autres ont l’expérience et l’humilité de se taire.

    • avatar
      1 septembre 2016 a 10 h 08 min

      Merci ça fait du bien de lire quelqu’un comme vous :) Respects du matin M.Birdy !

  11. avatar
    14 septembre 2016 a 13 h 50 min
    Par Julien Deschamps

    Le français est une langue difficile et pour certains ‘très difficile’… À qui la faute? C’est facile de critiquer, mais écrire le français correctement n’est pas donné à tout le monde, c’est un fait! Et il n’y a pas assez de place à l’Académie française pour loger les critiqueurs tels qu’Amiral, Ballion, Estelle, Lalali…
    Bonne journée à vous tous!

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