Peugeot et la malédiction des coureurs étrangers sur le Tour de France (1923-1989)
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Peugeot et la malédiction des coureurs étrangers sur le Tour de France (1923-1989)

Dans sa longue histoire avec la petite reine, la firme de Sochaux Montbéliard a remporté plus de fois le Tour de France cycliste que sa rivale Renault, mais plus jamais avec un étranger entre 1923 et 1989, pas plus avec Tom Simpson, Eddy Merckx, Hennie Kuiper, Phil Anderson, Stephen Roche que Robert Millar.

Dans sa très longue histoire, l’équipe cycliste Peugeot a gagné neuf fois le Tour de France (Louis Trousselier en 1905, René Pottier en 1906, Lucien Petit-Breton en 1907 et 1908, Philippe Thys en 1913 et 1914, Firmin Lambot en 1922, Bernard Thévenet en 1975 et 1977), sans oublier le succès de Roger Pingeon en 1967 avec l’équipe de France dans un Tour par équipes nationales mais le maillot jaune portait un maillot Peugeot pendant le reste de la saison. Certains furent sur le podium avec leur équipe nationale bien que courant pour Peugeot le reste de l’année, tels les Belges Stan Ockers (dauphin de Coppi en 1952) ou Ferdinand Bracke (3e en 1968). A ces 9 maillots jaunes gagnés entre 1905 et 1977, l’équipe cycliste de la marque au lion ajoute trois succès dans la Vuelta, dont celui de Roger Pingeon en 1969, Ferdinand Bracke en 1971 (recordman de l’heure en 1968 à Rome).

L’équipe concurrente Renault, elle, a remporté six fois la Grande Boucle, quatre fois avec Bernard Hinault (1978, 1979, 1981 et 1982), et deux fois avec Laurent Fignon (1983 et 1984), les six fois sous l’égide du même directeur sportif, Cyrille Guimard, qui avait conquis le maillot jaune en 1976 également avec Lucien Van Impe (équipe Gitane Campagnolo). Le Losange a aussi conquis deux fois le Giro (Bernard Hinault en 1980 et 1982) et deux fois la Vuelta (Bernard Hinault en 1978 et 1983).

Peugeot fut associée plusieurs fois à des sponsors secondaires tels que Dunlop, BP, Michelin ou encore Shell, avant de céder le sponsoring principal en 1987 à la firme Z de vêtements pour enfants créée par Roger Zannier.

Peugeot a donc gagné six fois le Tour avec des coureurs français, et trois fois des cyclistes belges, mais aucun succès Peugeot de l’après-guerre n’a été l’œuvre d’un coureur étranger, le Belge Jan Adriaenssens terminant 6e en 1959 loin derrière Federico Bahamontes, alias l’Aigle de Tolède.

La malédiction commence avec Tom Simpson qui décède tragiquement en 1967 sur les pentes rocailleuses du Mont Ventoux. Certes le Britannique participe à ce Tour de France avec l’équipe nationale de Grande-Bretagne mais il est un coureur Peugeot. Fort d’un palmarès fourni sans être colossal (champion du monde sur route 1965, Paris Nice 1967, Milan San Remo 1964, Tour des Flandres 1961, Bordeaux- Paris 1963, Tour de Lombardie 1965), celui qui prétendait fumer de la marijuana, comme les quatre garçons dans le vent de Liverpool, avait pour ambition d’être le premier coureur issu du Royaume-Uni à gagner la Grande Boucle (Simpson ayant fini 6e du classement général en 1962). Il faudra attendre 2012 pour voir un coureur de Sa Majesté sacré sur le Tour de France avec Bradley Wiggins maillot jaune devant Chris Froome (lauréat en 2013), même si les deux sont nés hors de la Perfide Albion (à Gand en Belgique pour Wiggins, à Nairobi au Kenya pour Froome). Cela n’a pas empêché Wiggins de brandir fièrement l’Union Jack à l’arrivée aux Champs-Elysées, tel Lance Armstrong avec le drapeau du Texas ou la bannière étoilée américaine selon les années de son septennat d’imposture.

Le scandale de la mort de Tom Simpson dans le Géant de Provence brise l’omerta du cyclisme en matière de dopage mais la boîte de Pandore se refermera jusqu’en 1998 avec l’affaire Festina, une équipe roulant sur cycles Peugeot pour l’anecdote, même si quelques démons tentent de sortir de la boîte avant 1998, comme l’affaire Delgado en 1988. Le décès tragique de Simpson le 13 juillet 1967 n’est donc pas suffisant pour porter l’estocade à l’engagement de Peugeot dans les pelotons cyclistes, juste une banderille pour le lion …

L’équipe de Gaston Plaud perd ensuite fin 1967 celui qui va devenir le Keyser Söze du cyclisme, le Cannibale des pelotons, qui va imposer une implacable hégémonie au cyclisme professionnel entre 1968 et 1975 avant que l’usure du pouvoir ne le rattrape.

Eddy Merckx a débuté en 1965 sa carrière chez Solo Superia, mais n’avait pas l’attention d’attendre gentiment son tour sur un strapontin pendant que son aîné Rik Van Looy accumulait des couronnes sur son trône de roi des classiques de printemps. Deux crocodiles dans un marigot, c’est un de trop comme le prouveront d’autres explosives cohabitations (Hinault – Fignon en 1983, Hinault / LeMond en 1985-1986, Riis – Ullrich en 1996-1997, Armstrong – Contador en 2009, Wiggins – Froome en 2012), et le plus jeune des deux fauves affamés de victoires s’en va.

Le Pantagruel en herbe qu’est le jeune espoir bruxellois signe donc chez Peugeot en 1966, et remporte sa première grande victoire professionnelle, Milan San Remo en 1966, alors qu’il n’a pas encore soufflé ses 21 bougies.

En 1967, Merckx impose sa férule de nouveau sur Milan San Remo, remporte Gand – Wevelgem ainsi que la Flèche Wallonne avant de conquérir le maillot irisé à Heerlen. Champion du monde des professionnels trois ans après son sacre à Sallanches fin 1964 chez les amateurs, Merckx est donc un espoir plus que prometteur, même s’il a échoué en montagne dans le Giro. Pour certains observateurs, le Belge est condamné à ne pas gagner le maillot rose ou le maillot jaune et à se contenter d’un festin sur les classiques, tandis que d’autres voient déjà un destin digne de Fausto Coppi ou Jacques Anquetil pour cet ogre qui ne cesse de monter en puissance.
Loin de rester utopiques, les victoires dans les grands Tours (France, Italie, Espagne) vont se multiplier pour Merckx entre 1968 et 1974 mais pas sous le maillot blanc à damiers de Peugeot, sous celui rouge et blanc de Faema puis celui havane et bleu de Molteni.

Future clé de voûte des équipes Faema puis Molteni, figure de proue du cyclisme européen, Eddy Merckx quitte en effet Peugeot en 1968, car refus de la marque d’engager des coéquipiers pour épauler le virtuose champion bruxellois comme leader unique de l’équipe. Gaston Plaud n’a pas su détecter l’incroyable potentiel du champion de Woluwé-Saint-Pierre, dont les qualités sont légion : endurance exceptionnelle, récupération diabolique après l’effort porté à son pinacle, refus viscéral de la défaite malgré des circonstances défavorables en course, stakhanovisme dans l’entraînement, appétit colossal et boulimique de victoires sur toutes les courses du calendrier …

Plaud va s’en mordre les doigts, car tous les contemporains de Merckx vont subir son insolente supériorité, de Gimondi à Poulidor en passant par Zoetemelk, Thévenet, Ocaña, Van Impe, Fuente ou encore Pingeon.

Le hiatus entre Plaud et Merckx tient sur le fait que le jeune Belge veut devenir leader unique de Peugeot dès 1968. Or Peugeot met un veto irrévocable à cette demande, puisqu’elle tient déjà un leader en la personne de Roger Pingeon maillot jaune du Tour de France 1967 avec l’équipe de France … Le succès de Pingeon dans le Tour de France 1967 est une victoire à la Pyrrhus car elle va aveugler la direction de l’équipe Peugeot …

De plus, Plaud pense que Merckx a raté bêtement des succès sur le Tour des Flandres puis le Tour de Lombardie en s’étant dispersé au printemps puis à l’automne 1967 dans des épreuves sur piste. Encore trop jeune aux yeux de Plaud, Merckx franchit donc le Rubicon en exigeant d’être leader unique de Peugeot en 1968, ne voulant pas revivre l’expérience de 1965 face à Rik Van Looy.

C’est cependant superbement ignorer qu’Eddy Merckx s’attire déjà tous les superlatifs comme héritier désigné d’un certain Jacques Anquetil, qu’il tutoye déjà la perfection à seulement vingt-deux ans, mais Plaud pense que le Belge a laissé passer l’occasion unique de réaliser la quadrature du cercle, la saison magistrale. Cette saison parfaite conceptualisée par Gaston Plaud, Eddy Merckx la réalisera en 1972 : défaite certes sur Paris-Nice mais victoires dans Milan – San Remo, la Flèche Wallonne, Liège-Bastogne-Liège, sur le Giro, sur le Tour de France, sur le Tour de Lombardie et pour finir le record de l’heure sur le vélodrome de Mexico pour parachever son œuvre.

Le directeur sportif n’a pas compris que Merckx ne tire pas encore la quintessence de ses fabuleuses capacités physiologiques et mentales, lui qui va devenir l’alpha et l’omega du cyclisme pendant un septennat de domination au zénith, lui qui sera plébiscité par beaucoup comme meilleur coureur de tous les temps malgré la comparaison avec le mythe Fausto Coppi. Peugeot et Plaud perdent donc un joyau unique, un diamant brut qui va leur tailler des croupières sur le Tour de France 1969, Roger Pingeon étant dauphin (pour Peugeot) d’un certain Eddy Merckx qui gagne son premier maillot jaune avec panache, creusant le plus grand écart vu depuis un certain Fausto Coppi en 1952.
Bien entendu, le Cannibale a rejoint la péninsule italienne où les équipes transalpines vivent dans la tradition des grands leaders : Alfredo Binda, Gino Bartali, Fausto Coppi …

Les années 70 voient Peugeot triompher avec Bernard Thévenet (1975 et 1977) et venger la perte cruelle de Merckx fin 1967. Le destin est cruel avec Gaston Plaud remplacé par Maurice de Muer directeur sportif entre 1975 et 1982 de l’équipe Peugeot. Plaud ne gagnera donc jamais le Tour de France comme directeur sportif, ce qu’il aurait pu faire s’il avait conservé dans son effectif un certain Eddy Merckx. Ce dernier, loin de commettre le péché d’orgueil, avait les moyens de conquérir un sixième maillot jaune en 1975 et dépasser Jacques Anquetil pour devenir seul recordman des victoires dans le Tour de France. Le coup de poing reçu au Puy-de-Dôme sonne le glas de ses espoirs, en quelques kilomètres dans la montée de Pra-Loup, Merckx passe du Capitole à la Roche Tarpéienne, d’abord distance par son vieux rival Felice Gimondi puis par celui qui sera son bourreau au palmarès, Bernard Thévenet. Perdant sa seconde peau, le maillot jaune, Merckx retrouve son maillot irisé qu’il arborera sur le podium des Champs-Elysées où il sera félicité en tant que dauphin par le président Valéry Giscard d’Estaing. Vainqueur d’étape à Pra-Loup, Thévenet enfonce le clou le lendemain en s’échappant dans col de l’Izoard, passant seul dans la Casse Déserte et en allant triompher dans la ville fortifiée de Briançon. En cela, le coureur bourguignon imite Eddy Merckx mais aussi et surtout son idole de jeunesse, Louison Bobet. Loin de courir en épicier, Thévenet a encore un peu plus mis d’éclat à son maillot jaune, le scalp de Merckx la veille n’étant pas suffisant à assurer un écart définitif. Le Bourguignon récidivera en 1977.

Hennie Kuiper, dauphin de Bernard Thévenet en 1977, rejoint l’équipe Peugeot en 1978 mais dans un peloton orphelin de Merckx parti à la retraite après avoir été rattrapé par l’inexorable érosion du temps. Pas de chance pour le coureur néerlandais champion olympique 1972 à Munich puis champion du monde 1975 à Yvoire, le sport cycliste fonctionne par ères de domination. A Gino Bartali ont succédé Coppi, puis Bobet, Anquetil et Merckx. Vient ensuite Hinault avant que LeMond, Indurain et Armstrong ne lui succèdent dans la longue liste des titans, puisque certains maillots jaunes n’ont pas droit à ce qualificatif faute de domination suffisamment durable sur le sport cycliste, tels Koblet, Gimondi, Ocaña, Ullrich, Pantani, Contador ou Froome.

Ironie du destin, Kuiper manque sa chance à l’été 1980, la meilleure saison d’Hinault qui voltige sur le Giro et le championnat du monde mais abandonne à Pau sur le Tour de France, par la faute de son genou blessé. La Grande Boucle a perdu son soleil et c’est Joop Zoetemelk qui hérite du maillot jaune, Kuiper étant dauphin comme en 1977, après une quatrième place en 1979 derrière le trio Hinault / Zoetemelk / Agostinho.

En 1981, le jeune irlandais Stephen Roche signe chez Peugeot et gagne Paris-Nice dès 1981 avant que son compatriote Sean Kelly n’aligne sept victoires consécutives (1982-1988) dans la course à soleil, avant de partir chez La Redoute en 1984 puis Carrera en 1986. Roche sera 3e du Tour de France 1985 derrière l’aigle bicéphal de l’équipe La Vie Claire, Bernard Hinault / Greg LeMond, avant d’égaler l’exploit unique de Merckx en 1974, le triplé Giro – Tour- Mondial en 1987.

Quatre ans avant ce Grand Chelem du vélo, Stephen Roche termine 13e du Tour de France 1983 pour sa première participation, Grande Boucle orpheline d’Hinault et gagnée par Laurent Fignon qui pérennise les victoires pour Renault, la cinquième en six ans après les quatre succès du Breton entre 1978 et 1982. Peugeot a vécu une édition 1983 très frustrante puisque Pascal Simon a perdu un maillot jaune conquis avec brio dans l’étape de Bagnères-de-Luchon, sous une canicule terrible. Se brisant la clavicule dans l’étape suivant sa prise de pouvoir, Pascal Simon abandonne dans l’étape de l’Alpe d’Huez quelques jours plus tard. L’épaule en charpie, agonisant presque de douleur sur sa machine, le Français est allé au bout de son courage pour honorer la Toison d’Or qu’il devra laisser la mort dans l’âme à son compatriote Laurent Fignon. La grand-messe de thermidor ne s’offre donc plus à Peugeot, malgré le bel espoir français représenté en juillet 1983 par Pascal Simon.

Quant à l’autre coureur anglophone de l’équipe Peugeot, l’Australien Phil Anderson, il s’est révélé dès 1981 en portant le maillot jaune avant de terminer 10e au classement général. Vainqueur de l’Amstel Gold Race en 1983, Anderson accumule ensuite les accessits sur la Grande Boucle : 5e du Tour en 1982, 9e en 1983, 10e en 1984, 5e encore en 1985, Phil Anderson ne gagnera jamais le Tour de France, le pays des kangourous devant attendre Cadel Evans en 2011 pour conquérir le maillot jaune.

L’Ecossais Robert Millar termine lui 4e du Tour de France en 1984, dont il finit meilleur grimpeur, avant de confirmer par une 11e place sur la Grande Boucle 1985. Le grimpeur britannique manque surtout un beau succès sur le Tour d’Espagne en 1985, non soutenu par Peugeot sur la Vuelta dans l’étape de Ségovie, où une coalition d’Espagnols torpilla les chances de l’Ecossais, offrant sur un plateau le maillot amarillo à Pedro Delgado qui remonta miraculeusement six minutes de retard sur le coureur britannique dans cette étape le menant dans sa ville natale. Après les succès des Français Bernard Hinault en 1983 et Eric Caritoux en 1984, les Espagnols avaient à cœur de laver l’affront en 1985. La polémique d’une entente cordiale entre équipes ibériques fera couler beaucoup d’encre dans L’Equipe et La Gazzetta dello Sport.

Encore dauphin sur la Vuelta en 1986, Millar part chez Panasonic en 1986 et 1987, terminant dauphin de Stephen Roche sur le Giro 1987. De retour chez Z Peugeot en 1989, Millar sera un précieux porteur d’eau pour Greg LeMond en 1990. Le Britannique finira tristement sa carrière dans l’équipe du Groupement en 1995, emporté par le scandale de cette équipe venue de nulle part et sponsorisée par la secte pyramidale de Jean Godzich, à la façon des chaînes de Ponzi ou des arnaques de Bernard Madoff à Wall Street. Tout comme Luc Leblanc ou Graeme Obree, Millar laissera ses illusions dans l’aventure du Groupement. L’Ecossais refera parler de lui quelques années plus tard, en 2007, ayant changé de sexe et se nommant Philippa York.

1986 marque la fin de l’équipe Peugeot de Roger Legeay, qui devient Z-Peugeot entre 1987 et 1989. Le constructeur de Montbéliard devient sponsor secondaire …

Ironie du destin, l’année où le nom Peugeot disparaît complètement du nom du sponsor, l’équipe Z remporte la victoire avec Greg LeMond sur le Tour de France 1990, pour le troisième maillot jaune du champion américain, avec des coureurs français témoins de la dernière équipe Peugeot (comme sponsor principal) en 1986 : Bruno Cornillet, Jérôme Simon, Ronan Pensec et Gilbert Duclos-Lassalle. L’équipe Z deviendra ensuite Gan en 1993 puis Crédit Agricole en 1998.

Au-delà de la malédiction de Peugeot avec ses coureurs étrangers entre 1923 et 1989 sur la Grande Boucle, on remarquera que beaucoup de marques ont gagné le Tour de France avec des coureurs étrangers : les équipes italiennes Faema et Molteni ont triomphé avec le Belge Eddy Merckx (1969 avec Faema, 1970 avec Faemino, 1971, 1972 et 1974 avec Molteni), l’équipe italienne Carrera avec l’Irlandais Stephen Roche (1987), l’équipe belge ADR avec l’Américain Greg LeMond (1989), les équipes françaises La Vie Claire (1986) et Z (1990) avec le même LeMond, l’équipe française Bic avec l’Espagnol Luis Ocaña (1973), l’équipe française Gitane Campagnolo avec le Belge Lucien Van Impe (1976), les équipes américaines Discovery Channel avec l’Espagnol Alberto Contador (2007) et BMC avec Cadel Evans (2011), l’équipe allemande Deutsche Telekom avec le Danois Bjarne Riis (1996), l’équipe kazakhe Astana avec l’Espagnol Alberto Contador (2009) et l’Italien Vincenzo Nibali (2014), l’équipe danoise CSC puis Saxo Bank avec l’Espagnol Carlos Sastre (2008) puis le Luxembourgeois Andy Schleck (2010 sur tapis vert).

D’autres équipes de marque ont aussi gagné avec des coureurs locaux : l’équipe française Saint-Raphaël avec Jacques Anquetil (1962, 1963, 1964), l’équipe italienne Salvarani avec Felice Gimondi (1965), l’équipe française Ford avec Lucien Aimar (1966) malgré un sponsor américain via la firme automobile de Detroit, l’équipe hollandaise Ti-Raleigh avec Joop Zoetemelk (1980), l’équipe française Renault avec Bernard Hinault (1978, 1979, 1981, 1982) et Laurent Fignon (1983, 1984), l’équipe espagnole Reynolds puis Banesto avec Pedro Delgado (1988) et Miguel Indurain (1991, 1992, 1993, 1994, 1995), l’équipe allemande Deutsche Telekom avec Jan Ullrich (1997), l’équipe italienne Mercatone Uno avec Marco Pantani (1998), l’équipe américaine US Postal avec Lance Armstrong (1999, 2000, 2001, 2002, 2003 et 2004), l’équipe américaine Discovery Channel avec Lance Armstrong (2005), l’équipe espagnole Caisse d’Epargne avec Oscar Pereiro (2006 sur tapis vert) malgré un sponsor bancaire français, l’équipe britannique Sky avec Bradley Wiggins (2012) et Chris Froome (2013).

  1. avatar
    10 juin 2015 a 16 h 38 min

    Quelle erreur colossale de Gaston Plaud d’avoir laissé Eddy Merckx filer en Italie à partir de 1968 …

    In fine, ni Simpson, ni Merckx, ni Roche, ni Anderson, ni Millar n’ont pu gagner le Tour de France sous le maillot Peugeot.

    Et du côté du team Renault, LeMond partant dès 1985 rejoindre Hinault à La Vie Claire.

  2. avatar
    11 juin 2015 a 17 h 05 min

    Effectivement, Plaud devait se coucher chaque soir en se disant “Quel con !”. Mais les cas similaires (grand talent laissé filé) arrivent tout de même pas trop rarement je pense (quoique que je n’en aie aucun en tête).

    Aussi, on ne peut pas le blâmer d’avoir voulu conserver comme leader le vainqueur expérimenté du Tour par rapport à un jeune prometteur. Après tout ces derniers abondent, sans pour autant tous devenir des titans comme Merckx.

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  4. avatar
    11 juin 2015 a 19 h 16 min

    Salut Fabrice,

    Cyrille Guimard avait laisser filer LeMond fin 1984 chez Tapie / Koechli mais j’ignore si c’était volontaire ou si LeMond avait cédé aux sirènes des salaires de Tapie, étant champion du monde 1983 et 3e du Tour de France 1984, et condamné à être joker de luxe chez Renault de Laurent Fignon, son aîné d’1 an seulement mais double maillot jaune en 1983 et 1984 …

    Sinon, pas d’autre exemple en tête en cyclisme mais je me souviens que PSG avait refusé Trezeguet en 1995, l’Inter avait refusé Franco Baresi, et Monaco / Cannes avaient loupé Ronaldo (le Brésilien) au tout début des années 90.

  5. avatar
    14 juin 2015 a 17 h 47 min

    Bel article. J’avoue que je ne connaissais pas ce détail de l’histoire (sans jeu de mots pourri).

    Sinon, sur Hinault et Lemond en 86, j’ai vu ce documentaire de P Chêne, franchement pas mal. A priori Guimard n’a pas pus s’aligner sur Tapie mais c’est quand même lui qui avait été chercher Lemond.

    Je le recommande:

    https://www.youtube.com/watch?v=fkszNRQDbRU

  6. avatar
    15 juin 2015 a 8 h 56 min

    Salut Mocte,

    Oui merci pour le lien sur Hinault / LeMond je regarderai ça, Tapie a joué le coup de l’inflation des salaires. Avec Hinault superstar, trentenaire et contesté par Laurent Fignon fin 1983 chez Renault, ainsi que Greg LeMond dans une logique américaine au sein d’un sport européen, cela ne pouvait que marcher pour les attirer au sein du team La Vie Claire.

    Pour Merckx sinon, les Italiens ont compris son potentiel et Vincenzo Giacotto recréa la structure en vigueur chez Bianchi, tout pour le campionnissimo, comme avec Coppi une fois le débat tranché avec Gino Bartali via le doublé Giro – Tour 1949 réussi par le virtuose du Piémont.

    Ironie du destin, Giacotto qui avait attiré le Cannibale chez Faema en 1968-1969 (Faemino en 1970) mourut le 10 juillet 1970, jour du triomphe du Belge au Mont Ventoux, où il eut du mal à finir sur le Géant de Provence, asphyxié par la chaleur après avoir éparpillé ses rivaux au Chalet Reynard, et salué la mémoire de feu Tom Simpson sur la stèle mortuaire …

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