Pour les Girondins et le Stade Chaban-Delmas, une page se tourne
Photo Panoramic

Pour les Girondins et le Stade Chaban-Delmas, une page se tourne

Inauguré pour la coupe du monde de 1938 en France, le Stade Jacques Chaban Delmas (anciennement Parc Lescure) à depuis été l'antre du Football Club des Girondins de Bordeaux. A l'heure où le stade vit ses dernières heures avec les Girondins replongeons nous dans 5 matchs qui ont fait vibrer plus qu'un stade toute une ville.

Le Stade Chaban-Delmas est et restera pour tout les supporters bordelais comme le théâtre de beaucoup de souvenirs liés au club du scapulaire. Les titres, les exploits européens, les derby, mais aussi les luttes contre la relégation, les éliminations européennes cruelles, les contre performances. Mais plus encore son tunnel qui mène aux vestiaires long de 108 mètres reste une particularité européenne, ou cette série d’invincibilité de 38 ans contre le rival marseillais étaient des caractéristiques inhérentes au club. A l’orée de l’inauguration du nouveau stade fin mai, les ultras du virage Sud ont lancer une grande opération : “Adieu Lescure” pour récolter des fonds afin de réaliser un tifo géant pour le dernier match du club dans son stade de toujours. Ce changement est pour le club comme pour la ville l’occasion de rentrer dans une nouvelle ère, revenons donc sur 5 grands matchs des Girondins à Chaban, pour l’éternité dans nos souvenirs.

 

24 avril 1985 : Coupe des Clubs Champions, demi-finale retour – Bordeaux / Juventus Turin (2-0)

L’arrivée de Claude Bez à la présidence des Girondins en 1978  et celle d’Aimé Jacquet deux ans plus tard en tant qu’entraîneur va faire basculer vers les sommets des Girondins habitués au milieu de tableau. Le club retrouve la coupe d’Europe en 1981, 11 ans après sa dernière aventure européenne. Les Girondins apprennent le haut niveau, successivement éliminés en UEFA par Hambourg en 1982, Craïova l’année d’après puis Leipzig en 1984, l’année où ils remportent enfin le championnat. En 1985 les Girondins débutent en C1 mais se hissent dans le dernier carré de la après une qualification héroïque en URSS aux tirs au but contre Dniepropetrovsk. Se dresse face à eux la grande Juventus de Trapatoni, le match allé à Turin se solde par une défaite 3-0, la défense bordelaise étant incapable de contenir un Michel Platini des grands soirs. Malgré tout, 15 jours plus tard le Parc Lescure est plus rempli que jamais, 40 000 personnes (un record d’affluence qu’on espère voir être battu dans le nouveau stade) se pressent pour supporter des Girondins condamnés à l’impossible pour accéder à une finale de C1. Impossible ou presque pour Battiston, Tresor, Tigana, Giresse et Lacombe qui composent à l’époque l’équipe de France gagnante de l’Euro 84. Les Girondins rentrent dans le match tambour battant mais la défense de la Juve à l’expérience contient bien les assauts Bordelais. Mais leur jeu défensif ne suffit pas à empêcher Dieter Muller de tromper Zoff d’une frappe en pivot à la 25e minute libérant alors tout le stade en apnée. Les Bordelais toujours avec la maitrise du ballon, n’arrivent pas à mettre plus en difficulté la Juve, et rentrent aux vestiaire avec un but d’avance. En seconde mi-temps les Turinois adoptent la même stratégie attentiste et se contente d’hacher le jeu, le temps jouant pour eux. Bordeaux se fatigue mais ne perd pas espoir lorsqu’à 10 minutes du terme, Patrick Battiston reçoit le ballon aux 30 mètres et décoche une frappe “Breitneresque” qui heurte le montant avant de rentrer dans le but. 2-0, et Bordeaux s’offre 10 minutes pour croire en son rêve et emmener la Juve en prolongation. Le stade pousse, mais ni Tigana, ni Lacombe parviennent à arracher ce but, la Juve ne craquera pas et les Girondins échouent de peu au terme d’un match où ils auront dominé de bout en bout.

 

19 mars 1996 : Coupe de l’UEFA, quart de finale retour – Bordeaux / Milan AC (3-0)

L’équation est simple avant ce quart de finale retour, les Girondins défaits 2-0 à San Siro et moribonds en championnat, n’ont plus que la coupe d’Europe pour rêver. Personne n’est alors prêt à parier sur eux contre l’immense Milan AC de Fabio Capello, sa pléiade de stars, et sa récente la Ligue des Champions. Le défi est de taille pour une équipe que Gernot Rhor à repris depuis 1 mois, qui lutte pour éviter la relégation et qui a commencer la saison par la Coupe Intertoto au mois de Juillet. Les milanais surs d’eux et suffisant arrivent à Bordeaux sans imaginer les 90 minutes qu’ils vont vivre, le stade plein à craquer ne demande qu’à s’enthousiasmer et la jeune garde bordelaise formée par Lizarazu, Zidane, Witschge et Dugarry (rarement tous alignés) va écrire sa légende. Les Girondins entrent dans le match de la meilleure des manière et bousculent les milanais, dès le quart d’heure de jeu, Lizarazu déborde coté gauche et adresse un centre que Tholot reprend victorieusement pour ouvrir le score. Chaban Delmas exulte tandis que les Milanais se crispent à l’image de Marcel Desailly. Lui et Baresi n’auront de cesse de cerner Zinedine Zidane pour tenter de museler des Bordelais virevoltants. Au retour des vestiaires les marines et blancs continuent d’attaquer, et c’est finalement sur un coup franc de Zidane, dévié par l’arbitre que Dugarry reprend le ballon et double la mise, l’espoir passe définitivement du coté Girondin et toute une ville commence à entrevoir l’exploit. Les Bordelais jouent libérer sans rien à perdre, et à l’heure de jeu Witschge, Lizarazu et Zidane combinent coté gauche pour finalement décaler Christophe Dugarry qui à l’entrée de la surface frappe et trouve la lucarne de Mario Ielpo pour la 3-0. Bordeaux tient sa qualification, et le jeune attaquant originaire de Lormont est le héro de tout une ville. Les 30 dernières minutes sont irrespirables, et Gaetan Huard sera décisif par deux fois en repoussant George Weah tout prêt de briser le rêve girondin. Fin du match, Maldini, Baresi, Albertini et autres rentrent aux vestiaires têtes basse tandis que Michel Platini, Aimé Jacquet ou Alain Juppé fêtent cet exploit colosal en tribune. Cette qualification historique est un des plus beaux exploits du foot français, les survivants de la coupe intertoto qui contre toutes attentes sortent un des plus grand club de la décennie. Le gardien milanais Sebastiano Rossi avait pourtant déclarer avant la  confrontation : “En Europe Bordeaux n’existe pas”.

 

30 janvier 1999 : Division 1, 22ième journée – Bordeaux / Marseille (4-1)

Ambiance électrique en ce dimanche soir hivernal, la rivalité Bordeaux/OM revit et change d’ère en cette fin de siècle. Une décennie après les batailles pour le titre entre Claude Bez et Bernard Tapie, Bordeaux et Marseille se retrouvent seuls en tête du classement. L’OM des champions du monde Dugarry, Pires et Laurent Blanc, est leader avec trois points d’avance sur les hommes d’Elie Baup et tout les yeux sont rivés sur ce match qui pourrait déjà décider de l’issu du championnat. Chaban Delmas est plein à craquer et l’ambiance monte d’un cran lorsque les marseillais présents perturbent la minute de silence en l’hommage de Claude Bez. Le match débute, et c’est véritablement une démonstration de jeu collectif que vont réaliser les Bordelais, portés par un quatuor Micoud/Benarbia/Laslandes/Wiltord au sommet de leur art. Wiltord ouvre le score de la tête à bout portant des la 13e minutes profitant d’une passe décisive en ciseau de Laslandes. 3 minutes plus tard c’est Johan Micoud qui reçoit le ballon au 20 metres feinte toute l’apathique défense marseillaise et ajuste Porato d’un plat du pied. Même pas 20minutes de jeu et Marseille est déjà sous l’eau. Quelques minutes après c’est Lilian Laslandes qui est à la conclusion d’un mouvement collectif magnifique, avant que Benarbia centre pour Wiltord qui profite d’une sortie manquée de Porato pour s’offrir un doublé et couler l’Olympique de Marseille. 4-0 à la demi heure de jeu, le stade est en fête alors que Rolland Courbis sur la touche assiste impuissant au naufrage de ses troupes. Au final les Girondins l’emportent sans discutions 4-1 et frappent un grand coup en reprenant la tête du classement. Les deux équipes resteront dos a dos jusqu’à l’ultime minute de la dernière journée avant que Pascal Feindouno marque dans le temps additionnel et donne un 5e titre de champion de France aux Girondins lors d’un épilogue entré dans la légende. Le titre sera aussi fêté ce soir là, à 3 heures du matin lorsque les joueurs en rentrant de Paris furent accueillis par 40 000 personnes dans un Parc Lescure qui n’avait jamais connu telle fête.

 

21 octobre 2009 : Ligue des Champions, 3ieme journée des phases de poules – Bordeaux / Bayern Munich (2-1)

Pour la 3ième journée de la phase de groupes les Girondins de Bordeaux reçoivent l’ogre munichois de Louis Van Gaal. C’est la première fois que le Bayern Munich revient à Bordeaux depuis la douloureuse finale de Coupe de l’UEFA en 1996. Les Bordelais de Laurent Blanc, champions l’année passé ont une équipe séduisante qui joue les premiers rôles en championnat et semble armée pour enfin prendre sa revanche sur le Bayern mais aussi sur la Juve son autre adversaire du groupe (et ancien bourreau européen). Le stade affiche complet, le parfum de la C1 flotte sur Bordeaux et le match des hommes au scapulaire commence de manière offensive, pas tétanisés par l’enjeu les Girondins se procurent une première grosse occasion par Fernando. Mais pas le temps de souffler, les bavarois sur leur première incursion obtiennent un corner que Daniel Van Buyten dévie sur le pied de Ciani qui marque contre son camp. C’est la douche froide pour Bordeaux qui se repasse les désillusions récentes contre Chelsea, Liverpool ou la Roma. Mais les Girondins repartent à l’attaque et sont même dominateurs, Chamakh, lancé par Gourcuff manque une belle occasion et quelques minutes plus tard c’est Wendel qui alerte le gardien sur un coup franc lointain. Le Bayern plie et rompt à la 27ième minute de jeu sur corner, Ciani se rattrape et reprend le ballon d’une madjer aussi improbable que salvatrice. A peine le temps de remettre le ballon en jeu que Thomas Müller, 20 à peine, reçoit déja son deuxième carton jaune suite à un tacle par derrière. Le Bayern va jouer à 10 pendant 1 heure et Bordeaux entrevoit déja sa douce revanche sur le passé. La délivrance intervient 5 minutes avant la pause, Wendel enroule un coup-franc dans la surface, que Marc Planus reprend après un rebond pour tromper Butt sur sa gauche, 2-1, Bordeaux domine un Bayern incapable de répondre. L’équipe des futurs champions du monde (Lahm, Schweinsteiger, Klose …) ne reviendra pas et offrira même par deux fois un pénalty aux Girondins en fin de match, Gourcuff se prend pour Zidane mais voit sa panenka arrêter avant que Jussiê repose le ballon aux 9 mètres et voit Butt réaliser une nouvelle fois l’arrêt, empêchant le score de tourner à la démonstration. Bordeaux envoie un message fort et sortira invaincu et meilleure équipe de cette phase de poule, se payant le luxe de battre encore le Bayern chez lui (0-2) avant de se faire éliminer par l’OL en quart de finale, perdant seulement 1 seul match sur toute la compétition. Rageant.

 

30 août 2012 : Barrages retour de la Ligue Europa – Bordeaux / Etoile Rouge de Belgrade (3-2)

Dernier grand souvenir européen, les Girondins reçoivent l’Etoile Rouge de Belgrade pour le droit de disputer la Ligue Europa, le match allé s’étant terminer sur un score nul et vierge, les Girondins jouent déja leur saison sur cette rencontre et sur le banc Francis Gillot est tendu. En cette soirée estivale, un peu plus de 20 000 personnes sont massées en tribunes, le virage nord étant fermé par l’UEFA pour des raisons de sécurité. Les 500 serbes présent donnent de la voix et ils ont raison, le match s’emballe assez vite au contraire de la précédente rencontre. Les deux équipes jouent vers l’avant et les occasions se multiplient des deux cotés du terrain. Bordeaux se fait de plus en plus présent mais ne convertit aucune de ces 4 énormes occasions, heurtant même la transversale par Maurice-Belay à la demi-heure de jeu. Ces occasions manqués se payent, à 30 secondes de la mi-temps, Bogdanovic s’enfonce dans l’axe de la défense, Henrique tacle le ballon qui s’envole en chandelle, Bogdanovic sans se poser de question le reprend de volée et lobe Carrasso resté impuissant. Ce but fait l’effet d’un coup de poignard, les Girondins sont condamnés à marquer deux fois pour se qualifier. Et dès le retour des vestiaires c’est en partit chose faite, Maurice-Belay intenable sur son couloir, crochète et centre pour Yoan Gouffran qui reprend de la tête et envoie le ballon au fond des filets. Belgrade reste dangereux et heurte même la barre transversal sur une merveille de coup franc. Bordeaux s’emploie à attaquer mais à l’heure de jeu Nicolas Maurice-Belay reçoit un deuxième jaune et rentre aux vestiaires. Ce rouge n’empêche pas dix minutes plus tard, Jussiê de reprendre victorieusement de la tête un coup franc d’Obraniak et de qualifier virtuellement les Girondins. Chaban-Delmas chavire et commence à nerveusement surveiller le chronomètre. Les Serbes poussent mais leurs frappes ne trouvent pas le cadre avant la 89ième minute. Suite à un ballon mal dégager dans la surface, Mikic égalise à bout portant achevant alors ce qu’il reste d’espoirs bordelais. Le banc de touche de l’Etoile Rouge et les 500 ultras présent exultent, la partie semble terminer. Avec deux minutes de temps additionnel il reste une dernière occasion aux girondins, sur une longue ouverture, Gouffran prolonge de la tête pour Obraniak, le défenseur se troue et manque son dégagement, Obraniak touche le ballon dans la surface mais le gardien Bajkovic arrive lancé et le percute, Mark Clattenburg l’arbitre anglais siffle pénalty. Tout le stade exulte et attend que Gouffran se présente. Nerveux, Francis Gillot reste assis sur son banc sans regarder l’attaquant transformer son penalty. C’est un immense soulagement au coup de siffler final, après un scénario incroyable les Girondins se qualifient à l’arrachée.

  1. avatar
    28 mars 2015 a 18 h 05 min

    Beaucoup de souvenirs, on aurait pu évoquer le Bordeaux/PSG de 2009 avec le chef d’oeuvre de Yohann Gourcuff, ou encore celui de cette année, et une victoire 3-2 arrachée.

    Il y a aussi les déceptions continentales, le quart de final contre Lyon en 2009 et une ambiance tout simplement énorme, les souvenirs aussi de la réception de Galatasaray, Lisbonne ou Francfort qui par leurs supporters ont à chaque fois électrisé le stade, par leur chants, fumigènes, nombre et passion.

    Les habitués du stade ont je suis sur encore plus de souvenirs, anecdotes et d’histoires.

Laisser un commentaire

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>

Retrouvez Your Zone sur

Compatible Smartphone & Tablette

Iphone & iPad

Abonnez-vous à la Newsletter