Leicester City : du rêve au cauchemar ?
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Leicester City : du rêve au cauchemar ?

Champion d'Angleterre à la surprise générale lors de l'exercice 2015-2016, la belle histoire de Leicester City avait émerveillé l'Europe entière et fait l'effet d'une énorme sensation, tant la bataille en Premier League ces dernières années semblait réservée aux équipes du "Big Four". Les Foxes sacrés en mai dernier étaient alors plongés dans un rêve aussi dingue qu'imprévisible. Depuis, le retour aux affaires est délicat et le réveil brutal pour une équipe désormais aux portes de la zone rouge.

Qu’il semble déjà loin ce lundi 2 mai 2016. En cette soirée de printemps, tous les regards étaient braqués à Londres, plus précisément à Stamford Bridge où Chelsea, qui n’avait plus rien à espérer après une saison chaotique, recevait Tottenham. Tout autre résultat qu’une victoire de la bande à Pochettino offrirait à Leicester City son premier titre de champion. Eden Hazard marquait le but du 2-2, synonyme de match nul, mais surtout de sacre pour le club de l’Est des Midlands. Les Spurs voyaient leurs rêves s’envoler au moment même où les Foxes voyaient les leurs s’exaucer.

Champions d’Angleterre avec 10 points d’avance sur le dauphin Arsenal, qui s’est permis au passage d’envoyer Tottenham sur la dernière marche du podium, les hommes de Claudio Ranieri ont alors écrit l’une des plus (voir la plus belle) belles histoires de la Premier League. Le lendemain de titre est néanmoins délicat : huit mois plus tard, les Foxes sont englués à la 16ème place du classement à seulement un point du premier relégable Hull City. Explications.

Pire champion de l’histoire

13 défaites, 6 matchs nuls et seulement 5 victoires après 24 journées de Premier League, le constat est sans appel : Leicester est tout simplement le pire champion en titre de l’histoire. Un triste record qui était jusqu’à présent détenu par le club d’Ipswich Town (lors de la saison 1962-1963).

A l’heure où les cadors du championnat, absents de la course au titre la saison dernière (on pense notamment à Chelsea et Manchester United), refont surface et arpentent le haut du classement, Leicester City connaît une chute libre qui ne semble pas prendre fin, tant la spirale négative semble s’être installée depuis maintenant plusieurs semaines.

Dans la continuité d’une descente aux enfers entamée depuis plusieurs mois, on note également que les coéquipiers de Jamie Vardy n’ont pas remporté le moindre match de championnat en déplacement cette saison (9 défaites et 3 nuls en 12 matchs joués à l’extérieur). Autre statistique qui n’a rien de rassurante, les Foxes n’ont pas marqué le moindre but en Premier League depuis le début de l’année civile. Un bilan chaotique pour une équipe qui vient d’enchaîner 4 défaites consécutives en championnat. Inquiétant.

Une baisse de régime et un collectif dans le doute

Si des individualités avaient émergé la saison dernière, c’est avant tout son mental à toute épreuve qui semblait caractériser cette équipe, qui s’était distinguée par un esprit de solidarité incroyable, notamment dans le sprint final où ils n’ont jamais flanché au point d’écœurer la concurrence. Un groupe soudé et une alchimie parfaite entre vieux briscards ayant connu les années en Championship et joueurs inconnus portés par une certaine insouciance avaient permis d’obtenir un résultat optimal et allant bien au-delà des espérances.

Depuis, l’euphorie a rapidement disparu et l’état d’esprit ne semble plus être aussi conquérant. Le 4-4-2 de Ranieri n’est plus une inconnue pour la plupart des équipes de Premier League et le jeu de contre-attaque prôné durant l’exercice 2015-2016 est devenu trop prévisible, au point d’être inefficace. En parallèle, les individualités ne connaissent pas la même réussite que la saison dernière et c’est toute une équipe qui est désormais plongée dans le doute.

La connexion Mahrez-Vardy moins éloquente

Symbole de ce manque de confiance, le duo Mahrez-Vardy dont le rendement cette saison est clairement décevant. Attendus après avoir offert quasiment à eux-seuls le titre de champion à Leicester, leur entente depuis le début de l’année est nettement moins productive.

Les statistiques de Jamie Vardy, auteur seulement de 5 buts en 21 matchs de championnat cette saison, en témoignent. Le natif de Sheffield est bien loin de ses standards de la saison passée (24 buts en 36 matchs). Malgré une générosité toujours aussi importante dans les appels de balle et autres replis défensifs, celui qui vient de fêter ses 30 ans ne connait plus la même efficacité. Or c’est celle-ci qui lui avait permis d’intégrer l’équipe d’Angleterre et d’accrocher une place parmi les 23 Anglais présents à l’Euro 2016.

Autre joueur très attendu cette saison, Riyad Mahrez. Élu meilleur joueur de la Premier League en mai dernier, l’Algérien connait à l’instar de ses coéquipiers des difficultés sur le plan individuel. L’ancien Havrais peine à faire la différence sur son côté droit et ses dribbles sont moins dévastateurs face à des défenseurs avertis. Auteur de 17 buts et 10 passes décisives lors de la saison 2015-2016, l’ailier droit est nettement moins à son avantage cette saison (3 buts pour 3 passes décisives en 22 matchs).

Si le secteur offensif des Foxes est en panne, l’arrière-garde apparaît également friable et loin d’offrir de véritable assurance. A l’image du dernier match de championnat perdu à domicile face à Manchester United (0-3), la charnière centrale Morgan-Huth ne semble plus donner autant de garanties. Impériaux et intraitables dans les duels il y a encore quelques mois, les deux colosses trentenaires apparaissent désormais lourds et empruntés. Souvent battus dans l’impact, un domaine censé constituer leur point fort, le danger s’opère constamment face aux véloces attaquants du championnat anglais qui n’hésitent pas à prendre la profondeur. Une forteresse imprenable devenue au fil des mois très fébrile.

Un mercato estival mal géré

Et comment ne pas parler du départ de N’Golo Kanté vers Chelsea pendant l’été ? Orphelin de l’international français parti rejoindre les Blues d’Antonio Conte, Claudio Ranieri n’a pas su trouver de successeur à l’ancien Caennais, parti faire les beaux jours de Stamford Bridge où il est déjà devenu indispensable. Le joueur qui a récupéré le plus de ballons en Premier League l’an dernier a laissé un énorme vide au King Power Stadium, où sa capacité à ratisser et à casser les lignes permettait de bonifier tout un collectif.

Forts de leur titre de champion d’Angleterre l’été dernier, les dirigeants étaient à la base réticents à l’idée de recruter lors du dernier mercato estival. Pas question de faire de grosses folies sous peine de bouleverser l’effectif ayant terminé en tête du championnat. La direction s’est chargée de blinder Vardy et Mahrez, les deux grands artisans du sacre tous les deux courtisés par Arsenal.

Ranieri était tout de même désireux d’étoffer l’effectif à l’approche de la saison. Le club a finalement été assez actif sur le marché des transferts avec pas moins de 6 arrivées. Mais le résultat est pour le moment loin de donner satisfaction. A titre d’exemple : recruté pour compenser le départ de N’Golo Kanté, l’ancien Niçois Nampalys Mendy n’a pour l’instant pas convaincu le coach italien. Perturbé par une blessure à la cheville en début de saison, il n’a disputé que 4 matchs en Premier League jusqu’à maintenant, prenant fréquemment place sur le banc.

Recruté pour 30 millions d’euros (transfert le plus cher de l’histoire du club), Islam Slimani suscite également quelques interrogations outre-Manche. L’ancien buteur du Sporting Portugal ne s’est pas encore véritablement adapté au style de jeu plus direct pratiqué en Premier League. Egalement gêné par des blessures à répétition, l’attaquant algérien n’a joué que 13 matchs de championnat pour 5 buts. Annoncé partant en Chine pour le Tianjin Quanjan cet hiver, le cas du Fennec souvent à l’infirmerie depuis son arrivée en Angleterre semble également préoccuper Ranieri.

Le mercato estival s’avère donc pour le moment trop peu rentable. On pourrait aussi inclure l’attaquant nigérian Ahmed Musa, arrivé en provenance du CSKA Moscou et auteur de prestations moyennes, ou encore le défenseur espagnol Luis Hernández (ex-Sporting Gijón) transféré cet hiver à Málaga six mois seulement après son arrivée.

La Ligue des Champions comme bol d’air

C’est le paradoxe d’une saison bien compliquée pour Leicester. Au bord de la zone de relégation en Premier League, le champion d’Angleterre est pourtant toujours en course en Ligue des Champions. Pour leur toute première participation à la compétition phare européenne, les coéquipiers de Christian Fuchs sont parvenus à se hisser en huitièmes de finale où ils affronteront le FC Séville.

En attendant, les hommes de Ranieri sont également toujours en course en FA Cup après leur victoire sur Derby. Une étape avant de se replonger dans la course au maintien dès dimanche face à Swansea avec la nécessité d’engranger des points afin de s’éloigner de la zone rouge. Après avoir connu la bataille pour le titre la saison dernière, la seconde partie de saison 2016-2017 s’apparente plus que jamais à une lutte pour le maintien chez les Foxes.

  1. avatar
    10 février 2017 a 12 h 53 min

    ça suffit pas d’être champion d’Angleterre, il faut l’assumer et les Foxes n’arrivent pas à assumer leur statut

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