PSG – Milan AC (1995) : Weah a-t-il levé le pied ?
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PSG – Milan AC (1995) : Weah a-t-il levé le pied ?

1995 est l’année Weah. Meilleur buteur de la Ligue des Champions avec le PSG, George Weah est transféré au Milan AC à l’été quelques mois avant d’être élu Ballon d’Or européen. Une polémique navrante relayée par certains accusa à l’époque le virtuose du Liberia de ne pas se donner à fond face aux Rossoneri de Fabio Capello, lors de la demi-finale de la C1 1995.

L’Histoire débute le 17 août 1995 à Milan lors du trophée Luigi Berlusconi, lever de rideau entre la Juventus Turin de Marcello Lippi, détentrice du Scudetto, et le Milan AC de Fabio Capello, ogre des saisons passées en Italie comme en Europe. Le cygne d’Utrecht, Marco Van Basten fait ses adieux au football sur la pelouse de San Siro.

Comparé par Adriano Galliani à Léonard de Vinci, le fils spirituel de Johan Cruyff abdique face à sa blessure à la cheville. Ce sont les chirurgiens qui ont mis fin à ma carrière, pas les défenseurs du Calcio, a souvent expliqué Marco Van Basten, qui joua son dernier match professionnel le 26 mai 1993 à Munich, lors de la grande finale européenne opposant le Milan AC de Fabio Capello à l’Olympique de Marseille de Raymond Goethals.

Quelques mois plus tôt, en décembre 1992, Marco Van Basten recevait son troisième Ballon d’Or, lui qui venait alors de se blesser dans un match de Serie A face au Calcio.

Symbole d’élégance, attaquant racé et prolifique, Van Basten était le meilleur attaquant du Vieux Continent, meilleur joueur du monde ayant succédé au pinacle du football à Diego Armando Maradona.

Il était utopique de vouloir l’égaler, malgré une concurrence acharnée en Europe :

-  Hristo Stoïtchkov, Ballon d’Or 1994 après son titre de meilleur buteur de la World Cup américaine, clé de voûte de laDream Team barcelonaise de Johan Cruyff entre 1990 et 1995 avant un transfert raté à Parme. Le gourou néerlandais avait réussi l’exploit de tirer la substantifique moelle de ce soliste virtuose venu du Bulgarie dans le collectif le plus abouti en Europe.

-  Jean-Pierre Papin, figure de proue du Marseille de Bernard Tapie, artisan des grands succès du club phocéen entre 1986 et 1992 avant son transfert vers le Milan AC de Fabio Capello à l’été 1992.

-  Romario, artiste brésilien venu de Rio de Janeiro, meilleur buteur des Jeux Olympiques d’été de 1988, terreur des surfaces entre 1988 et 1993 avec le PSV Eindhoven, avant de venir triompher en Catalogne sous les couleurs du FC Barcelone

-  Roberto Baggio, premier violon de la Juventus Turin depuis 1990, profil de neuf et demi, orfèvre de la technique tel Michel Platini quelques années plus tôt avec la Vecchia Signora.

-  Darko Pancev, alchimiste yougoslave capable de marquer à tout moment avec l’Etoile Rouge, champion d’Europe des clubs en 1991.

-  Dennis Bergkamp, héritier désigné de Van Basten à l’Ajax Amsterdam avant de prendre la route du Calcio à l’Inter Milan en 1993.

-  Rudi Völler, renard des surfaces redoutable à l’AS Rome entre 1987 et 1992 avant de succéder à Papin à Marseille entre 1992 et 1994

-  Ian Rush, idole du kop de Liverpool, redoutable buteur des pelouses de la Perfide Albion, parti une saison à la Juventus (1987-1988) à la suite de l’isolement des clubs anglais après le Heysel

-  Gianluca Vialli, fer de lance de la Sampdoria Gênes jusqu’en 1992, année où il rejoignit Roberto Baggio dans le Piémont à la Juventus

-  Jürgen Klinsmann, complice de Völler sous les couleurs de la Mannschaft, successivement détonateur de l’Inter Milan, de l’AS Monaco puis de Tottenham Hotspur

-  Eric Cantona, ouvre-boîte de Manchester United en 1992-1993 et talisman d’Alex Ferguson dans la reconstruction des Red Devils.

-  Gary Lineker, redoutable canonnier avec Everton, Barcelone ou encore Tottenham

-  Bebeto, petit gabarit connaissant la consécration avec le Deportivo La Corogne, Pichichi 1993 avant de former un inoubliable tandem offensif avec Romario lors de la World Cup 1994.

-  Gabriel Batistuta, véritable goleador dans la tradition de Mario Kempes, artificier numéro 1 de la Fiorentina entre 1991 et 2000, succédant en Toscane à Giacomo Antognoni et Roberto Baggio, autres orfèvres ayant enchanté la cité des Médicis.

-  Ian Wright, fine gâchette avec les Gunners d’Arsenal où il arrive en 1992

-  Stéphane Chapuisat, redoutable buteur suisse faisant la pluie et le beau temps en Bundesliga avec le Borussia Dortmund

-  George Weah, débarqué du Cameroun en 1988 en Principauté de Monaco. Protégé d’Arsène Wenger jusqu’en 1992 sur le Rocher, le Libérien explose avec le PSG entre 1992 et 1995 avant de connaître la consécration en Lombardie.

En 1992-1993, Marco Van Basten, curieux paradoxe alors que sa cheville est son talon d’Achille, atteint son climax personnel entre l’été et l’automne. 13 buts dans le Calcio et 6 buts en Ligue des Champions soit 19 buts, dont 18 marqués entre septembre et novembre 1992, dans un Milan AC invaincu depuis mai 1991 en Italie et détenteur duScudetto 1992.

Calcio

-  3 buts contre Pescara (victoire 5-4 du Milan AC), dimanche 13 septembre 1992 (2e journée de Serie A)

-  1 but contre l’Atalanta Bergame (victoire 2-0 du Milan AC), dimanche 20 septembre 1992 (3e journée de Serie A)

-  2 buts contre la Fiorentina (victoire 7-3 du Milan AC), dimanche 4 octobre 1992 (5e journée de Serie A)

-  2 buts contre la Lazio Rome (victoire 5-3 du Milan AC), dimanche 18 octobre 1992 (6e journée de Serie A)

-  4 buts contre Naples (victoire 5-1 du Milan AC), dimanche 8 novembre 1992 (9e journée de Serie A)

-  1 but contre Ancône (victoire 3-1 du Milan AC), dimanche 9 mai 1993 (30e journée de Serie A)

Ligue des Champions

-  2 buts contre l’Olimpia Ljubljana (victoire 4-0 du Milan AC), mercredi 16 septembre 1992

-  4 buts contre l’IFK Göteborg (victoire 4-0 du Milan AC), mercredi 25 novembre 1992

Deux matches font pencher la balance du jury du Ballon d’Or européen de 1992 en faveur de Marco Van Basten et au détriment du Bulgare Hristo Stoïtchkov, ceux de Naples et de Göteborg. Avec deux quadruplés de pur génie, l’ancien joueur de l’Ajax rappelle à toute l’Europe qu’il est l’un des meilleurs attaquants de l’Histoire, l’un des joueurs les plus décisifs vus sur une pelouse, au sens du but redoutable, tels Silvio Piola, Ferenc Puskas, Alfredo Di Stefano, Pelé, Eusebio, Luigi Riva, Gerd Muller, Johan Cruyff, Kevin Keegan, Karl-Heinz Rummenigge, Zico, Michel Platini ou encore Diego Maradona …

A noter que peu de joueurs réussiront après Van Basten un quadruplé en Ligue des Champions : l’Italien Simone Inzaghi (en mars 2000 avec la Lazio Rome contre l’OM), le Croate Dado Prso (en novembre 2003 avec Monaco contre le Deportivo La Corogne), le Néerlandais Ruud Van Nistelrooy (en novembre 2004 avec Manchester United contre le Sparta Prague), l’Ukrainien Andrei Shevchenko (en novembre 2005 avec le Milan AC contre le Fenerbahçe Istanbul), l’Argentin Lionel Messi (en 2010 avec le FC Barcelone contre Arsenal), l’Allemand Mario Gomez (en mars 2012 avec le Bayern Munich contre le FC Bâle), le Français Bafétimbi Gomis (en décembre 2011 avec Lyon face au Croatia Zagreb), le Polonais Robert Lewandowski (en avril 2013 avec le Borussia Dortmund contre le Real Madrid) et le Suédois Zlatan Ibrahimovic (en octobre 2013 avec le PSG contre Anderlecht). Roi de Catalogne, d’Espagne et d’Europe avec le Barça, l’Argentin Lionel Messi s’offrira même un quintuplé en 2011 face au Bayer Leverkusen.

Loin d’être plébiscité en 1992 pour son troisième Ballon d’Or, Van Basten rejoint cependant dans le gotha Johan Cruyff et Michel Platini, autres pensionnaires du sanctuaire des triples Ballon d’Or. Il faudra attendre 2011 et Lionel Messi, nourri du nectar et de l’ambroisie, pour voir une telle prouesse renouvelée. En 2014, l’autre titan des années 2010, Cristiano Ronaldo, rejoint ce panthéon après avoir pérennisé les exploits sous le maillot blanc du Real Madrid.

Lors de cette même saison, George Weah accomplit ses premiers exploits en Europe avec le PSG en C3, face au PAOK Salonique (2 buts à l’aller, 1 but au retour), à Naples (2 buts à l’aller), Anderlecht puis au Real Madrid (1 but au retour). Le PSG d’Artur Jorge s’incline en demi-finale face à la Juventus de Roberto Baggio (1 but de Weah à l’aller), qui gagnera cette Coupe de l’UEFA 1993 contre le Borussia Dortmund.

Meilleur buteur du club parisien en D1 avec 14 buts, George Weah franchit un palier tout comme le PSG, dauphin de l’OM en championnat de France et vainqueur de la Coupe de France 1993 (finale gagnée 3-0 face au FC Nantes).

En 1993-1994, George Weah, tout comme David Ginola, Bernard Lama, Alain Roche ou Paul Le Guen, est un des artisans majeurs du titre de champion de France gagné par le PSG (le deuxième après celui de 1986), alors que Rai a rejoint la capitale en provenance du Sao Paulo FC.

En 1994-1995, alors que Luis Fernandez remplace Artur Jorge sur le banc parisien, Weah va faire une saison à la Ronaldinho 2002-2003. Véritable intermittent du spectacle, plantant des banderilles à nombre de rivaux européens de taille (Spartak Moscou, Bayern Munich et surtout FC Barcelone), le Libérien ne pourra porter l’estocade au Milan AC de Fabio Capello.

Mais avec 8 buts en Coupe d’Europe (seulement 7 buts en championnat de France), le Libérien a frappé un très grand coup en Europe.

-  1 but contre le Vac FC Samsung (victoire 3-0 du PSG au Parc des Princes)

-  1 but contre le Bayern Munich (victoire 2-0 du PSG au Parc des Princes)

-  1 but contre le Dynamo Kiev (victoire 2-1 du PSG au stade Republikanski)

-  1 but contre le Dynamo Kiev (victoire 1-0 du PSG au Parc des Princes)

-  1 but contre le Bayern Munich (victoire 1-0 du PSG au stade Olympique)

-  2 buts contre le Spartak Moscou (victoire 4-1 du PSG au Parc des Princes)

-  1 but contre le FC Barcelone (match nul 1-1 du PSG au Nou Camp)

Le champion de France 1994 n’a pas eu une saison comparable à celle du champion d’Italie et d’Europe 1994. George Weah, tout comme les internationaux français et le Brésilien Valdo non retenu par Carlos Alberto Parreira, n’a pas joué la World Cup américaine. Seul un joueur de l’effectif parisien a fait le voyage aux Etats-Unis, le Brésilien Rai, frère cadet de Socrates et ancienne idole du Sao Paulo FC. Capitaine de la Seleçao brésilienne à son arrivée aux Etats-Unis, Rai marque un penalty contre la Russie au premier tour, mais terminera la Coupe du Monde sur le banc, le brassard étant repris par Dunga.

Alors que la jeune génération du FC Nantes (celle des Loko, Makélélé, Karembeu, NDoram, Pedros et Ouédec) domine la D1 devant un surprenant Olympique Lyonnais entraîné par Jean Tigana, le PSG cède son titre de champion de France dans une élite orpheline de Marseille relégué en D2 par la DNCG.

Sur tous les fronts, le club parisien gagne les deux Coupes nationales : la Coupe de France 1995 face à Strasbourg, et la nouvelle Coupe de la Ligue (victoire en finale contre Bastia) qui vient surcharger le calendrier français.

Au printemps 1995, après l’exploit contre la Dream Team de Barcelone orpheline de Romario (reparti en janvier 1995 à Rio de Janeiro au sein du club de Flamengo) et en perte de confiance après une défaite historique 5-0 contre le Real Madrid (triplé d’Ivan Zamorano en écho au triplé de Romario un an plus tôt lors d’une victoire 5-0 des Blaugranas), le PSG part avec la faveur des pronostics contre le Milan AC.

Le club de Silvio Berlusconi a connu une saison mouvementée, la plupart de ses cadres, à l’exception du Français Marcel Desailly, du Monténégrin Dejan Savicevic et du Croate Zvonimir Boban, ayant disputé la World Cup américaine.

En vacances seulement lundi 18 juillet au lendemain de la défaite en finale contre le Brésil, les internationaux transalpins de la Squadra Azzurra vont être victimes de l’usure du pouvoir sous les couleurs des Rossoneri : Paolo Maldini, Franco Baresi, Roberto Donadoni, Demetrio Albertini, Alessandro Costacurta, Daniele Massaro ou encore Mauro Tassotti.

Trois joueurs étrangers quittent la Lombardie à l’été  1994 alors que Ruud Gullit, après un an d’exil à Gênes, revient à Milanello : Jean-Pierre Papin part au Bayern Munich, Florin Raducioiu à l’Espanyol Barcelone, Brian Laudrup aux Glasgow Rangers.

Mais Gullit, dès le mois d’octobre 1994, repart sous les couleurs de la Sampdoria pour y termine la saison dans un Calcio dominé par la Juventus Turin et Parme. Sans Scudetto depuis 1986, la Vecchia Signora revit alors qu’elle restait dans la nostalgie des années Platini et Boniek …

En Ligue des Champions, la défense du titre du Milan AC est périlleuse, le champion d’Europe tombant de Charybde en Scylla. La jeune génération de l’Ajax Amsterdam, celle des Litmanen, Kluivert, Overmars, Seedorf et autres Davids, encadrée par Danny Blind et Frank Rijkaard, inflige deux défaites à un club loin du niveau stratosphérique atteint lors de la finale d’Athènes, quand le onze de Fabio Capello avait surclassé 4-0 le Barça de Johan Cruyff. Favorite, la Dream Team catalane avait été impuissante face à des rouages milanais pleins d’huile. Arrogant, Johan Cruyff avait affiché sa confiance excessive avant le match, surmotivant des Lombards orphelins de Costacurta et Baresi. Une charnière centrale inédite Nava / Maldini avait muselé la meilleure paire offensive au monde, Romario / Stoïtchkov, le Brésilien et le Bulgare marquant 11 buts en World Cup américaine (5 pour Romario, 6 pour Stoïtchjkov).

Le succès 3-0 contre le Casino Salzbourg est une victoire à la Pyrrhus car l’UEFA retire les points au Milan AC, le gardien autrichien ayant été victime de jets de bouteille de la part des tifosi de San Siro. Les tribunes italiennes ont franchi le Rubicon, l’épée de Damoclès tombe donc de façon immédiate de la part de l’UEFA.

La blessure persistante de Marco Van Basten, malgré le brillant intérim de Marco Simone et la prise de pouvoir de Dejan Savicevic comme joueur décisif du club, n’ajoute rien à l’ambiance morose du Milan battu pour la deuxième année consécutive en finale de la Coupe Intercontinentale contre Velez Sarsfield, vainqueur de la Copa Libertadores et successeur au palmarès du Sao Paulo FC. Décembre 1994 est un mois terrible pour Silvio Berlusconi qui doit également quitter la présidence du Conseil Italien.

Milan se qualifie de façon laborieuse pour les quarts de finale de la C1, deuxième derrière l’Ajax dans le groupe D. LeScudetto 1995 est déjà perdu, la Juventus et Parme caracolant en tête du Calcio. Loin du cavalier seul des saisons 1992, 1993 et 1994, le Milan AC n’est plus du tout maître en Italie, victime de l’érosion mentale de ses cadres.

Janvier et février permettent aux Rossoneri de remonter au classement vers les places européennes et de vaincre Arsenal en Supercoupe d’Europe. En mars, le Milan AC se mue en phénix et élimine le Benfica Lisbonne en quarts de finale de la C1.

Comme tous les grands clubs, le Milan a été programmé par Fabio Capello pour atteindre son zénith au printemps.

Hégémonique entre 1992 et 1995, Milan va affronter l’une des sensations de la saison européenne avec l’Ajax, le PSG de George Weah, que les rumeurs envoient en Lombardie.

Viscéralement attachés à Marco Van Basten, les journalistes italiens savent que la blessure contre laquelle le Néerlandais se bat depuis 1992-1993 a presque sonné le glas de ses espoirs de rejouer un jour au football.

Le magicien Van Basten devra abdiquer à l’été 1995, laissant un goût d’inachevé, comme Diego Maradona pour sa fin de carrière italienne.

Tonitruant en Coupe d’Europe, le Libérien George Weah dispose de toutes les qualités de l’attaquant moderne, celle que le Brésilien Ronaldo portera au pinacle par la suite : technique, vitesse, puissance, jeu de tête, placement, sens tactique …

Mais le Milan AC, tel un bulldozer, va imposer sa férule à un PSG inexpérimenté et qui va échouer pour la troisième année consécutive en demi-finale européenne (après 1993 en C3 contre la Juventus Turin puis 1994 en C2 contre Arsenal).

Certains accusent George Weah de lever le pied. Certes, le Libérien quittera le PSG fâche avec Michel Denisot pour cause de différends financiers. Le président du PSG ne souhaitait pas le laisser partir à Milan, avec qui Adriano Galliani et Fabio Capello avaient déjà fait signer un contrat.

Orphelin de Van Basten, les Rossoneri n’ont guère d’autres alternatives même s’ils vont profiter du manque d’osmose entre Marcello Lippi et Roberto Baggio pour arracher le Ballon d’Or 1993 au rival de la Juventus : le champion du monde Romario reparti au Brésil en janvier 1995, Hristo Stoïtchkov viscéralement attaché à Barcelone malgré de fortes tensions avec Johan Cruyff, Eric Cantona suspendu avec Manchester United mais soutenu par Alex Ferguson, Jürgen Klinsmann déjà âgé de 31 ans avec Tottenham Hotspur, Dennis Bergkamp en perte de vitesse avec l’Inter Milan …

Certes, George Weah quittera le Parc des Princes à la mi-temps de l’ultime journée de championnat contre Le Havre, laissant un mot en anglais à ses coéquipiers dans le vestiaire du PSG. Victime du racisme des hooligans parisiens, Weah, inspiré par le fossoyeur de l’apartheid, Nelson Mandela, avait quitté le PSG loin d’un hommage qu’il aurait pourtant mérité …

Certes, George Weah ne marque aucun but à la défense milanaise où Franco Baresi a retrouvé toute son autorité. Mais la faillite du PSG est collective, tactique où Fernandez perd son bras de fer contre Capello, technique face au velours qui habite les pieds de Savicevic, mental car Milan bénéficie d’une expérience colossale et d’un appétit digne de Pantagruel revigoré par une saison en dents de scie, physique car l’écart en termes de matches joués va peser lourd dans la balance (malgré le turnover instauré par Luis Fernandez).

Grand professionnel, Weah a travaillé d’arrache-pied, tel un stakhanoviste, pour s’imposer en Europe dès 1988 à son arrivée à Monaco. Recruté par Arsène Wenger sur les conseils de Claude Le Roy qui l’avait vu évoluer au Cameroun avec le Tonnerre Yaouné, Weah doit faire face à la redoutable concurrence de l’Anglais Mark Hateley et de l’Argentin Ramon Diaz. Le Libérien va sortir vainqueur. Encore irrégulier jusqu’en 1990, George Weah progresse avec l’arrivée du Portugais Rui Barros : la vitesse et la puissance du Libérien, associées à la technique du virtuose portugais, font un cocktail explosif pour Monaco qui atteint la finale de C2 en mai 1992, perdue contre le Werder Brême.

Transféré de Monaco à Paris, Weah franchit encore un palier dans la capitale, multipliant les buts de grande classe avec le PSG. Son tir dans la lucarne d’Oliver Kahn contre le Bayern, le 23 novembre 1994 est resté dans toutes les mémoires.

Après trois saisons au PSG, Weah ressent naturellement le besoin de se fixer un nouveau défi. Avec panache, il relève le challenge du Milan AC, plus grand club du monde à l’époque sous l’égide de Fabio Capello. Le trident offensif Weah / Baggio / Savicevic fait du club lombard le favori suprême de la saison 1995-1996 pour le championnat d’Italie comme pour la Coupe UEFA, malgré de redoutables rivaux nationaux (la Juventus Turin de Del Piero, Vialli, Deschamps, Ravanelli et autres Jugovic, le Parme de Zola, Stoïtchkov, l’Inter Milan d’Ince, Bergomi, Roberto Carlos ou encore la Lazio Rome de Boksic) ou européens (le FC Barcelone d’Hagi, Guardiola, Figo, Prosinecki et Popescu, le Bayern Munich de Klinsmann, Papin, Matthaus, Sforza, Helmer et Ziege, et le Manchester United de Cantona, Giggs, Schmeichel, Cole).

Le Milan AC vit une fin de cycle sans le savoir : profitant de la campagne européenne qui mobilise la Juventus, le club de Fabio Capello retrouve le Scudetto mais vit son chant du cygne sur le Vieux Continent, éliminé par Bordeaux avec un Zidane étincelant. Quelques mois plus tard, alors que Capello est parti au Real Madrid à l’été 1996, le Milan AC d’Oscar Tabarez est éliminé par les Norvégiens du Rosenborg Trondheim en phase de poules passant au purgatoire. Milan n’a jamais vécu dans une tour d’ivoire mais le recrutement de 1996 fut désastreux, Edgar Davids et Michael Reiziger ne s’intégrant pas du tout à l’effectif des seigneurs tels que Franco Baresi, Paolo Maldini, Marcel Desailly et autres Alessandro Costacurta.

Dès son arrivée au Milan AC pour un transfert qui fait l’évènement du mercato estival de 1995, Weah tutoye la perfection et s’attire tous les superlatifs : premier but contre Padoue après seulement 6 minutes de jeu pour son premier match dans le Calcio, but d’extraterrestre avant la Lazio Rome, un an avant son chef d’œuvre en septembre 1996 face au Hellas Vérone : un but d’anthologie digne de Diego Maradona en 1986 face à l’Angleterre, mais ponctué d’une accélération digne d’Usain Bolt … Le Calcio de l’époque, par son niveau stratosphérique que ce soit techniquement, physiquement ou tactiquement, séparait le bon grain de l’ivraie … Gladiateur des pelouses, alchimiste du but, Weah passa l’examen avec une insolente facilité, cannibalisant les pelouses italiennes et s’inscrivant dans la légende des grands buteurs milanais, après le Suédois Gunnar Nordhal, le Néerlandais Marco Van Basten, avant l’Italien Filippo Inzaghi et l’Ukrainien Andrei Shevchenko.

Sans surprise, Weah est élu Ballon d’Or 1995 après de tels débuts sur les chapeaux de roue en Italie, Eldorado du football européen à l’époque, profitant aussi du nouveau règlement ouvert aux joueurs non européens, celui qui aurait certainement vu un plébiscite pour Diego Maradona (Naples) en 1986 et Romario (FC Barcelone) en 1994, tous deux meilleurs joueurs des Coupes du Monde 1986 et 1994.

Par son apothéose milanaise et son Ballon d’Or 1995, le Libérien George Weah a crédibilisé les joueurs africains en Europe, même si le gardien camerounais Thomas N’Kono avait réussi à rester titulaire pendant une décennie à l’Espanyol Barcelone.

Héritier des Roger Milla, Rabah Madjer et autres Abedi Ayew Pelé, George Weah va ouvrir la voie à bien d’autres joueurs africains par la suite : Samuel Eto’o (FC Barcelone, Inter Milan, Chelsea), Didier Drogba (Marseille, Chelsea, Galatasaray), Yaya Touré (FC Barcelone, Manchester City) ou encore Michael Essien (Lyon, Chelsea, Real Madrid, Milan AC).

  1. avatar
    20 janvier 2015 a 16 h 22 min

    George Weah n’a rien à se reprocher sur cette double confrontation européenne PSG – Milan AC, même si le contrat était en cours de négociation voire déjà signé avec Adriano Galliani et Ariedo Braida …

    Le Libérien a porté le club parisien en Europe en 1994-1995, et comme Ronaldinho plus tard entre 2003 et 2005 au Barça, il a pris une nouvelle dimension encore plus importante après un transfert dans un géant du football européen.

  2. avatar
    20 janvier 2015 a 17 h 56 min

    C’est marrant, l’article n’a que peu à voir avec le titre… ;-)

    Du coup, je ne sais toujours pas s’il a levé le pied ou pas.

  3. avatar
    20 janvier 2015 a 18 h 16 min

    @general,

    Cette partie de l’article en parle, après je peux comprendre que tu sois resté sur ta faim.
    Je n’ai pas analysé a posteriori les videos des 2 matches d’avril 1995, mais pour moi Weah était un professionnel, contrat signé ou en cours de négo avec Milan AC, je ne vois pas pourquoi il aurait balancé des matches pour le PSG, surtout après 2 demi-finales européennes perdues de peu en 1993 face à la Juventus Turin, et 1994 contre Arsenal. Sans parler du fait que le PSG a perdu collectivement, la défense milanaise était à son zénith, et physiquement, tactiquement, techniquement, le onze de Capello bien au dessus de Paris.

    EXTRAIT

    Certains accusent George Weah de lever le pied. Certes, le Libérien quittera le PSG fâche avec Michel Denisot pour cause de différends financiers. Le président du PSG ne souhaitait pas le laisser partir à Milan, avec qui Adriano Galliani et Fabio Capello avaient déjà fait signer un contrat.

    Orphelin de Van Basten, les Rossoneri n’ont guère d’autres alternatives même s’ils vont profiter du manque d’osmose entre Marcello Lippi et Roberto Baggio pour arracher le Ballon d’Or 1993 au rival de la Juventus : le champion du monde Romario reparti au Brésil en janvier 1995, Hristo Stoïtchkov viscéralement attaché à Barcelone malgré de fortes tensions avec Johan Cruyff, Eric Cantona suspendu avec Manchester United mais soutenu par Alex Ferguson, Jürgen Klinsmann déjà âgé de 31 ans avec Tottenham Hotspur, Dennis Bergkamp en perte de vitesse avec l’Inter Milan …

    Certes, George Weah quittera le Parc des Princes à la mi-temps de l’ultime journée de championnat contre Le Havre, laissant un mot en anglais à ses coéquipiers dans le vestiaire du PSG. Victime du racisme des hooligans parisiens, Weah, inspiré par le fossoyeur de l’apartheid, Nelson Mandela, avait quitté le PSG loin d’un hommage qu’il aurait pourtant mérité …

    Certes, George Weah ne marque aucun but à la défense milanaise où Franco Baresi a retrouvé toute son autorité. Mais la faillite du PSG est collective, tactique où Fernandez perd son bras de fer contre Capello, technique face au velours qui habite les pieds de Savicevic, mental car Milan bénéficie d’une expérience colossale et d’un appétit digne de Pantagruel revigoré par une saison en dents de scie, physique car l’écart en termes de matches joués va peser lourd dans la balance (malgré le turnover instauré par Luis Fernandez).

  4. avatar
    20 janvier 2015 a 20 h 39 min

    Nan, mais j’ai lu l’article Axel, le seul truc c’est que j’ai trouvé que le sujet du titre était traité en surface…. Comme tu dis, c’est super dommage de pas avoir revisionner les matchs pour dire ce que t’en pense!

    Je venais de lire les articles de Stifler sur la méthode de Bielsa avec moult photos et insistance sur le sujet traité dans l’article, du coup, mon référentiel était plutôt élevé.

    La bonne année cependant!

  5. avatar
    20 janvier 2015 a 23 h 46 min
    Par Cullen

    Je n’ai pas trop compris non plus où tu voulais nous amener… Sur la double confrontation de 1995 ( j’ai eu la chance d’assister aux deux rencontres – http://yourzone.beinsports.fr/supporters-celtic-glasgow-park-7154/ ), je n’ai pas vu un écart si important que ça. Le PSG avait même dominé les débats à l’aller avec un pénalty oublié pour une faute de Panucci sur Ginola. Au final, la différence s’était faite sur un détail, si Ginola avait trouvé le cadre au lieu de la transversale à la 85ème minute, Boban n’aurait probablement pas marqué dans les arrêts de jeu sur un contre. A partir de là, la physionomie du match retour à San Siro aurait pu être toute autre. Enfin, avec des si…

  6. avatar
    21 janvier 2015 a 13 h 15 min

    Hello general,

    Cela m’aurait pris trop de temps de revoir les 2 matches, 3h une fois, 6h voire 9h si tu veux être sur de tout disséquer.

    Mon point était plus de défendre Weah qui pour moi est resté pro avec Paris, encore une fois contrat signé ou pas avec Galliani et Braida.

    Quant à l’AC Milan, ils étaient au-dessus à tous les niveaux, expérience, physique, tactique, technique. Victoire logique, et la faillite de PSG fut collective, pas juste Weah.

    Je me souviens qu’à San Siro, Rai et Weah était toujours quadrillés par 3 milanais tant le placement et le physique des Rossoneri était meilleur.

    Je ne dis pas que la victoire au Barça était un trompe l’oeil mais la Dream Team de Cruyff n’était plus au top niveau, Romario parti, Stoitchkov en froid avec le Mister avant de partir à Parme, équipe démotivée après 4 Ligas consécutives entre 1991 et 1994.
    Et sortie d’une poule faible avec le MU de Cantona et Ferguson pas encore mature sur le plan européen, plus Galatasaray et IFK Goteborg. Bref aucun cador pour ce Barça 94-95 avant les 1/4 de finale et le vrai duel contre Paris.

  7. avatar
    21 janvier 2015 a 14 h 35 min

    Autre point, l’article explique pourquoi Weah était le seul attaquant vraiment capable de convenir au Milan AC. J’ai oublié Davor Suker dans l’article mais FC Séville n’était pas PSG, le Croate n’avait pas encore la cote qu’il eut avec ses 3 buts à l’Euro 96.

    Quant à Weah, il n’aurait pas convenu à Cruyff dans la Dream Team barcelonaise, restait peu d’autres concurrents : Juventus, Real Madrid, Manchester Utd, Parme ou Bayern Munich.

    Mais l’AC Milan écrasait tout à l’époque en Europe, référence absolue …

  8. avatar
    9 mai 2018 a 23 h 24 min
    Par Allez paris

    Ce n’était plus le grand Milan mais malgré tous Paris n a pas existé au match retour ,savicevic avait mis le feu au PSG à Milan par contre le PSG n’a pas dominé Milan à Paris et c’est même le Milan qui méritait de prendre l’avantage en seconde période ,le PSG avait joué en contre à domicile et panucci n’est pas le tassoti , boban n’est pas rickjard , etc etc par contre Desailly et savicevic étaient énorme

  9. avatar
    9 mai 2018 a 23 h 27 min
    Par A!lez Paris

    Le PSG ne veut jamais payer ce qu’il promet et dehu comme weah pourront le direA

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