Roger Federer, le crépuscule d’une icône
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Roger Federer, le crépuscule d’une icône

La lumière s’éteint, petit à petit. A l’instar des couchers de soleil qui s’étirent à l’infini lors des soirées d’été, l’obscurité finit toujours par l’emporter. Et nous, candides que nous sommes, avions fini par oublier que Federer était aussi un mortel, et que la lumière finirait par s’éteindre. L’obscurité, nous n’y sommes pas encore. Mais l’annonce du forfait de Roger pour les JO de Rio, et pour le reste de la saison, a incontestablement jeté un voile de pénombre.

Une de mes proches, à qui j’annonçais la blessure de Roger Federer en février dernier, m’annonça d’emblée la couleur : une arthroscopie, ça sent mauvais, très mauvais. Les nécrologies sportives du maestro suisse ne vont pas manquer de fleurir au cours des prochains jours. Et comme la vocation d’un journaliste sportif est désormais de ne vendre que la vérité d’aujourd’hui et non celle d’hier, et donc d’avoir le nez dans le guidon sans mise en perspective, beaucoup verront en Djokovic la bête noire du génie de Bâle, et en Raonic son exécuteur final. Il faudra donc des nostalgiques béats dans mon genre pour se rappeler d’une (désormais) autre époque, il y a une dizaine d’années…

Mais commençons par le début.

 

Les prémices (décembre 1998 – juillet 2001)

Champion du monde juniors en 1998, le jeune Roger fait réellement ses premières armes sur le circuit professionnel en 1999. Et ne tarde pas à frapper un coup immense : en février, à Marseille, il fait chuter en 3 sets Carlos Moya, tenant du titre de Roland Garros, et qui n’est qu’à quelques semaines de devenir n°1 mondial. La majorité des observateurs voient alors poindre la relève, incarnée également par Hewitt et Safin (révélés l’année précédente), mais aussi par Ferrero et par le Belge Xavier Malisse. Premiers coups d’éclats en Coupe Davis, premier (et dernier) titre en challenger à Brest à la fin de cette même année 1999 : la progression de Roger est régulière, et son relâchement, son tennis d’esthète, n’échappent à personne. C’est du côté de la tête qu’il y a encore du travail à accomplir : encore « chien fou », Roger laisse échapper trop de points cruciaux, trop de matchs à sa portée, s’énerve, s’emporte, se ravale. Bref, il ne parvient pas encore à canaliser son énergie.

En Grand Chelem, ses principaux faits d’armes sont un huitième à Roland Garros en 2000, puis un quart en 2001, où l’expérimenté Alex Corretja le domine à chaque fois. Ainsi qu’une belle performance aux JO de Sydney, où il héritera de la place la place honorable mais vaine, la 4ème. Mais le jeune loup se fait de plus en plus régulier, et l’exploit rode…

A Wimbledon 2001, Roger entre dans l’histoire en mettant fin à la fabuleuse série de Pete Sampras, septuple vainqueur du tournoi et quadruple tenant du titre, au bout de cinq sets magnifiques. D’aucuns ont rétrospectivement vu dans ce match la passation de pouvoir entre les deux maîtres du Centre Court, celui des années 90 et celui des années 2000. C’est doublement faux : héros fatigué, Sampras n’est alors plus en lutte pour la première place mondiale, alors que Federer commence à frapper aux portes du Top Ten. Sur cette rencontre, l’un n’est déjà plus le maître, et l’autre ne l’est pas encore.

 

L’attente (juillet 2001 – novembre 2003)

Ce qui est certain, en revanche, c’est que cette victoire sur Sampras agit comme un électrochoc pour le jeune Federer, qui prend alors pleinement conscience de son potentiel, et des efforts nécessaires dans sa vie quotidienne pour faire fructifier au mieux son talent extraordinaire ; finis les emportements inutiles, finies les attitudes démissionnaires, finies les heures passées à jouer devant un écran…

En huitièmes de finales de l’Australian Open 2002, Tommy Haas, de 3 ans son aîné, monstre de rigueur tactique et de discipline, dompte de justesse le prodige à l’issue d’un splendide match à suspense, le plus beau de cette édition. S’ensuit une première finale en Masters 1000, à Miami 2002, contre Agassi, puis une victoire, la première, à Hambourg 2002. Marat Safin, alors en lutte pour la première place mondiale, est expédié en trois petits sets.

Mais les rechutes sont encore nombreuses : en Grand Chelem, ses sorties prématurées face à Arazi et Horna à Roland Garros (respectivement en 2002 et 2003), sa défaite cuisante au 1er tour de Wimbledon 2002 face au jeune Mario Ancic (son cadet de 3 ans) un an après son exploit face à Sampras, témoignent d’un manque de régularité flagrant, et lui valent de nombreuses critiques. Le prodige de Bâle a désormais 22 ans, va-t-il enfin se donner à fond de la première à la dernière balle d’un match ?

A Wimbledon 2003, Federer ouvre enfin son compteur en Grand Chelem. Lors de cette édition, la chute dès le 1er tour de Lleyton Hewitt, puis la défaite d’Agassi en huitièmes, laissent définitivement ouverte la succession de la génération Sampras. Andy Roddick en demis, puis Mark Philippoussis en finale, ne parviennent pas à prendre un set à Roger, dont le tennis gracieux frappe les esprits cette année-là. Mais cette année 2003, année de transition par excellence, lui propose deux rivaux : Ferrero a lui aussi ouvert son compteur en Grand Chelem à Roland Garros, et Roddick ne tarde pas à en faire autant à l’US Open. Prime à la régularité, l’Américain s’assure de la première place mondiale à l’issue du tournoi de Bercy, et c’est en tant que n°2 mondial que l’Helvète se présente au Masters, débarrassé de la pression d’une lutte pour la première place en fin d’année…

 

Le pouvoir despotique (novembre 2003 – novembre 2007)

Les deux matchs contre Agassi lors de ce Masters 2003 symbolisent très bien la gestation du monstre : vaincu sur le fil en poules, le vétéran américain voit un adversaire métamorphosé lui faire face lors de cette finale expédiée en 3 petits sets ; tous les problèmes qu’il lui a posés quelques jours plus tôt, Federer y a trouvé une solution, grâce à son jeu protéiforme. Dans sa besace se trouvent les solutions à tout ce que ses adversaires peuvent lui proposer, il suffit de passer à autre chose quand la situation l’appelle. Avant tous les autres, le public de Houston voit se matérialiser sous ses yeux une domination écrasante du jeu de Federer sur ceux de ses adversaires.

Ce n’est que le début d’un long règne, entamé à l’ordinateur au lendemain de la victoire de Roger à l’Australian Open 2004. 11 couronnes du Grand Chelem, sur les 16 possibles, tombent dans l’escarcelle du Suisse entre 2004 et 2007. Hors Roland Garros, la seule « vraie » défaite du maestro est à mettre au crédit de Marat Safin, le seul probablement à rivaliser de talent avec lui, au terme de l’un des plus beaux matchs de la décennie, à l’Australian Open 2005. Mentionnons également une défaite sur le fil en finale du Masters 2005 face à David Nalbandian, mené de deux sets, qui profite ensuite de l’écroulement physique de Roger suite à l’une des rares blessures qu’il aura eues à affronter au cours de sa carrière.

Pour le reste, les journalistes sont songeurs lorsqu’il a laissé filer le score d’un set jusqu’à 5-5, et médusés en cas de perte d’un set… Le joug Federer (environ 10 titres et 5 défaites par an pendant cette période) est aussi durable qu’écrasant. Ses principaux rivaux sont lâchés : Hewitt ne marque que 6 jeux en finale de l’US Open 2004, Roddick ne fait pas mieux à l’Australian Open 2007, l’édition du sommet d’épure de Roger, au cours de laquelle il ne lâche aucun set.

Un caillou, cependant, se place durablement dans sa chaussure : Roland Garros. En 2004, Roger s’incline en 3 sets face à un Kuerten à la hanche fragile mais qui revisite son génie tactique le temps d’un match. Mais surtout, à partir de 2005, une force de la nature, un compétiteur hors normes, trouve l’unique faille dans le jeu de Federer : il n’aime pas jouer à hauteur d’épaule. Le jeune Rafael Nadal, qui réserve parfois un deuxième terrain dans le prolongement du premier afin de faire passer ses lifts par-dessus le grillage sans déranger personne, dompte le Maître à trois reprises, le privant du Grand Chelem. Le trublion espagnol se montre même menaçant à Wimbledon où, passé un tour de chauffe en 2006, il pousse le Roi aux cinq sets lors de la finale 2007, grande répétition du chef-d’œuvre de l’année suivante.

 

La lutte (janvier 2008 – janvier 2013)

En janvier 2008, Roger est mis sur le flanc par une mononucléose. Sérieusement affaibli, il sort miraculeusement vainqueur d’un vaillant Janko Tipsarevic à l’Australian Open, avant de s’incliner logiquement face au jeune Djokovic en demi-finale. Un petit grain, à peine visible à l’œil nu, vient enrayer la sublime mécanique : Roger est désormais un peu plus lent et un peu moins endurant, et c’est avec cette nouvelle réalité qu’il devra désormais composer. L’ogre de Majorque, après l’avoir fusillé en finale de Roland Garros, le cueille dans son jardin anglais, à l’issue d’une finale devenue un grand classique, et enfonce le clou à l’Australian Open 2009, au terme d’une nouvelle finale en 5 sets.

N°2 mondial, le Suisse reste toutefois l’incontestable dauphin du nouveau Roi espagnol. Et à la faveur d’une première blessure de son rival, c’est fort logiquement que Roger récupère son trône en 2009. En triomphant enfin à Roland Garros tout d’abord, face au bourreau de l’ogre blessé, Robin Soderling ; en récupérant sa couronne de Wimbledon, ensuite, face à un Andy Roddick auteur du plus beau match de sa carrière, perdu 15/13 au 5ème set, puis son titre à l’Australian Open en janvier 2010. Seule la victoire à l’US Open 2009 lui échappe bêtement face à Juan Martin Del Potro. Manquant d’attention lors du tie-break du 4ème set, le Suisse s’écroule physiquement au 5ème, se privant d’un probable « Roger Slam » analogue à celui que nous venons de célébrer avec Djokovic.

Désormais recordman des victoires en Grand Chelem avec 16 couronnes, Federer ne peut alors empêcher les prises de pouvoir de Nadal en 2010 et de Djokovic en 2011. Gavé de confiance, le Serbe marche sur l’eau cette année-là, mais Roger le prive d’un probable premier titre à Roland Garros en lui marchant dessus en 4 sets en demi-finale, revisitant son génie créatif le temps d’un match. Par la suite, Nadal et Djokovic vont s’affronter à quatre reprises en finale des Grands Chelems, reléguant le Suisse à la 3ème place. Mais le maestro, dont la perte de vitesse dans ses déplacements est désormais visible sur le terrain, reste en embuscade derrière le duo de tête. Et à la faveur d’une nouvelle blessure de Nadal lors de Wimbledon 2012, il s’offre une nouvelle et splendide victoire sur Djokovic en demi-finale, avant de dompter Murray en finale, portant à 17 le nombre de couronnes majeures. Redevenu n°1 à l’ordinateur, Roger reste dans les hautes sphères du jeu l’espace de quelques mois, disputant face à Novak une magnifique finale du Masters 2012, perdue en deux sets serrés. Mais Andy Murray, inamovible dernière roue du Big Four jusque-là, s’offre sa première victoire sur le maestro en Grand Chelem en demi-finale de l’Australian Open 2013.

 

La lente chute (janvier 2013 – juillet 2016)

Cette défaite face à l’Ecossais inaugure le début du véritable déclin pour Federer. Blessé au dos au printemps 2013, il n’est désormais plus en mesure de lutter pour la première place mondiale. Compensant son lent vieillissement par une connaissance érudite du jeu, c’est désormais sous le signe de l’attaque à outrance (parfois proche du bluff) qu’il obtient des résultats honorables lors des tournois majeurs. Il reprend des couleurs en 2014-2015, disputant trois finales à Wimbledon et à l’US Open, toutes perdues face à Novak Djokovic.

Mais sa perte progressive de vitesse et de résistance physique le condamne désormais face au Serbe, et le rend vulnérable à la puissance de la génération suivante désormais arrivée à maturité. Victime d’une blessure au genou nécessitant une arthroscopie en février 2016, il se retire presque totalement de la saison régulière, pour la première fois de sa carrière. A Wimbledon, il mobilise ses ressources mentales encyclopédiques pour retourner une situation compromise face à Marin Cilic en quart de finale, avant de plier sous les coups de Raonic en demi-finale. Nous ne le reverrons plus d’ici l’année prochaine…

Débarrassons-nous d’emblée d’une comparaison largement répandue avec la sortie réussie de Pete Sampras à l’US Open 2002, que beaucoup auraient souhaitée pour Roger. En 2002, le haut niveau masculin n’était verrouillé ni par un Big Four raflant pratiquement tous les titres qui passent, ni par un n°1 mondial perdant un seul match par trimestre. Pete était en chute libre, et ses sorties sur le circuit se soldaient par des défaites qui suscitaient la compassion. L’Américain s’est certes revisité le temps de cet US Open, mais ce fut pour mieux mettre fin à une série de défaites indignes de son talent et de sa carrière. En 2012 à Wimbledon, Roger Federer est encore le n°3 mondial inaccessible au commun des joueurs de tennis, il compte une victoire au Masters et plusieurs dans les « 1000 », et sa victoire le ramène d’ailleurs sur le trône de l’ATP. Tant que le plaisir subsistait et qu’il continuait à donner du fil à retordre aux meilleurs joueurs du monde, je ne vois pas pourquoi il aurait dû s’arrêter.

 

Rafa, Djoko et les temps de passage

La carrière de Roger Federer ne va pas manquer de susciter un grand nombre de commentaires et d’analyses sur l’exercice du pouvoir en tennis. Un constat s’impose : Roger a exercé une domination nettement plus forte, et souvent plus durable, que ses prédécesseurs que furent Connors, Borg, McEnroe, Lendl et Sampras ; et cette domination n’a été interrompue que par deux autres qui lui sont comparables, celle de Nadal puis celle de Djokovic.

A mon sens, il est incontestable que la gestation d’un n°1 mondial est étroitement liée à la lutte pour la suprématie au cours des années qui précèdent sa prise de pouvoir. A l’orée des années 2000, Roger incarne, pas seul, une relève générationnelle à Sampras et Agassi. Au cours de cette période, les deux géants américains se disputent le sceptre du tennis avec Kafelnikov, Kuerten, et les jeunes Safin et Hewitt arrivés à maturité avant le Suisse. La place de n°1 mondial, tant convoitée, n’est pas inaccessible.

Lorsque Safin, Hewitt, Ferrero et Roddick, les véritables rivaux générationnels de Roger, voient un train leur passer dessus au tournant des saisons 2003 et 2004, ils sont alors au sommet de leur carrière et n’ont aucun moyen d’améliorer substantiellement leur jeu afin de pouvoir rivaliser avec le Suisse.

En revanche, les jeunes Nadal, Djokovic et Murray, âgés de 16-17 ans à ce moment-là, voient émerger un n°1 mondial qui a placé la barre à une hauteur jamais vue jusque-là. En termes d’entraînement, de discipline, d’alimentation et d’organisation, ils ont le temps d’assimiler et de s’approprier cette nouvelle référence. Monstres de talent, de courage et de détermination, ils vont faire leurs premières armes au plus haut niveau dans l’ombre tutélaire de ce n°1 mondial plus despotique que les autres. Et par ailleurs, les règles de participations obligatoires sur les « 1000 » et les Grands Chelems vont les conduire à affronter régulièrement le monstre (jusqu’à 6-7 fois par an), et à mesurer leurs progrès et leurs insuffisances.

La génération des Nishikori, Dimitrov, Gulbis et autres Raonic, quant à elle, est arrivée à maturité plus tard ; et elle a vu se dresser, non pas un monstre, mais une hydre à trois têtes cannibalisant absolument tout. Sans oublier les « seconds couteaux » de la génération précédente, les Davydenko, Ferrer, Soderling, Berdych, Tsonga et autres Wawrinka, ne parvenant pas à rassembler les éléments physiques, techniques et mentaux pour troubler durablement l’hégémonie du Big Four, mais n’en restant pas moins d’inamovibles membres du Top Ten. Le niveau de discipline quotidienne qu’a atteint Federer, c’est Djokovic qui en est aujourd’hui l’héritier, ce qui donne d’ailleurs lieu à de passionnants reportages sur l’alimentation et les doses d’entraînement du Serbe. De manière plus ou moins consciente, les joueurs nés entre 1988 et 1991 ont renoncé devant l’obstacle, mais ils ont pour circonstance atténuante d’avoir fait face à un obstacle plus haut que jamais dans l’histoire du tennis.

C’est à la lumière de cette réalité que doit être examinée l’actuelle suprématie de Novak Djokovic. Avec des temps de passage qui ont longtemps suscité l’ironie, notamment par rapport à son rival Nadal qui n’a qu’un an de plus que lui, le Serbe, n°1 incontestable de l’année 2011 et qui a mis ensuite trois ans à s’accoutumer au manque d‘air qui caractérise le sommet de la hiérarchie tennistique, exerce depuis un an et demi une domination en tous points comparable à celle de Roger dans les années 2000. Mais les raisons en sont radicalement différentes. Débarrassé d’un Federer vieillissant et d’un Nadal usé physiquement, flanqué d’un Murray voué à rester son éternel second, soumis à une concurrence loin de mimer celle que lui ont offerte le Suisse et l’Espagnol, le Serbe peut enchaîner les titres au kilomètre. Imprégné de standards organisationnels et diététiques directement hérités du maestro, Novak se porte, à 29 ans, aussi bien que d’autres champions plus précoces, notamment ceux des années 80-90 qui ont atteint leur sommet entre 21 et 23 ans.

Au-delà de son talent inouï qui aura éclaboussé les 15 dernières années, Roger Federer a bien apporté sa pierre à la grande histoire du jeu, avec des standards en termes d’organisation et de récupération qui ont poussé le professionnalisme à des niveaux de discipline et de rigueur inconnus jusqu’alors.De ce point de vue, Djoko n’est donc pas sa bête noire, mais son successeur. Et à tous ceux qui contesteront ma version des faits, à savoir qu’à partir de janvier 2008 il n’a plus jamais retrouvé l’intégralité de sa vitesse naturelle, je prescris le régime suivant :

  •  la demi-finale de l’Australian Open 2005 perdue contre Marat Safin ;
  •  la finale de Rome 2006 perdue contre Rafael Nadal ;
  •  et la finale de Wimbledon 2007 gagnée contre le même Nadal.

Il nous restera Youtube, et les milliers de coups magiques dont il nous a gratifiés. Reviens-nous vite Roger. Et continue à te faire plaisir, et à nous faire plaisir, et pourquoi pas sur les courts du monde entier, même s’il n’est plus question de suprématie tennistique en ce qui te concerne.

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  2. avatar
    29 juillet 2016 a 13 h 34 min

    Le défi de Federer va être de revenir en 2017 avec un classement au delà du top 10, il ne pourra compter que sur ses demi-finales à Melbourne et Wimbledon en 2016, cela fait bien peu de points.

    Car en 2013, il n’est jamais tombé plus bas que 8e avant de revenir 2e fin 2014.
    A 35 ans, le Suisse a un sacré défi devant lui, mais il ne voudra pas arrêter sur une blessure c’est plus qu’évident. Cela va lui redonner encore un peu d’appétit pour 2017 voire 2018 !

  3. avatar
    29 juillet 2016 a 13 h 35 min

    Très bel article qui retrace très bien la carrière du maestro.
    Je suis d’accord avec toi sur la “rupture” de début 2008, non seulement cette mononucléose l’a diminué et lui a peut-être couté un titre du grand chelem (rappelons nous fin 2007 qu’il écrasait encore le circuit collant à Nadal 6/4 6/1 au Masters). Cette période charnière voit Roger vivre 2 choses inhabituelles :
    - il va prendre l’eau dans ses F2F avec Nadal, pas une victoire jusqu’à Madrid 2009.
    - il va commencer à rencontrer des problèmes face à Djokovic et Murray
    - il va perdre face à des adversaires face à qui il ne perdait pas : c’est criant en 2008, Stepanek à Rome, Blake aux JO, Roddick à Miami, Fish à Indian Wells notamment alors que le Roger 2004-2007 ne perdait quasiment que contre Nadal et encore sur terre battue…
    La cuirasse est bel et bien fissurée et le monstre créé n’est plus.

    Mais la période que tu qualifies de “lutte”, je la trouve très belle dans la carrière de Roger, ses titres à Flushing 2008, Roland 2009, Wimbledon 2009, Australian 2010 et Wimbledon 2012 sont magnifiques, à chaque fois il passe à coté de la défaite, semble humain et le bonheur de le voir gagner est encore plus fort.
    - US Open 2008 : 5 sets face à Andreev en 1/8
    - RG 2009 : 5 sets face à Haas et Del Porto, 4 sets tendus face à Acasuso
    - Wim 2009 : finale gagnée 16/14 au 5e face au pauvre Roddick
    - Ausrralian 2010 : mené 6/2 3/1 par Davydenko avant de ressusciter en quarts
    - Wim 2012 : revient de 2 sets à rien face à Bennet au 3e, puis se blesse au dos en 1/8 face à Malisse

    Ma seule nuance concerne ce que tu qualifies de “lente chute”, si en effet 2013 reste une annus horibilis, 2014/2015 restent 2 superbes années où seul un Djokovic cosmique l’empêchent de gagner ce 18e GC. En 2014, il fait un comme back étonnant, gagne 5 titres et la Coupe davis + Finale à Wim perdue 6/4 au 5E face au Djoker, finale au Masters (forfait), et gagne à Cinci notamment. En 2015, ce sont 6 titres et encore 2 finales en GC perdus face au serbe. Et au passage des périodes où il joué magnifiquement bien au tennis, je me rappelle de Shanghai 2014 et Dubai 2015 où il écoeure Djokovic, de l’été 2015 avec la découverte du SABR, du match décisif de Davis Cup face à Gasquet, de sa 1/2 face à Murray à Wim 2015 etc.

  4. avatar
    29 juillet 2016 a 14 h 41 min
    Par Enzo29

    Merci pour ton commentaire, et pour le compliment !

    Pour la “lente chute”, je t’accorde que le terme est discutable. En fait, je qualifie de “ruptures” l’hiver 2008 et le printemps 2013 dans la carrière de Roger, deux moments où il a des pépins de santé, et où il semble un peu plus emprunté à son retour, et ce de manière définitive.

    2014 et 2015 sont deux saisons un peu particulières selon moi. Nadal est out après son 9ème titre à RG, Murray se remet doucement d’une opération au dos, le Big Four est largement entamé. Roger est certes n°2 mondial par moments, mais Djoko est quand même nettement au-dessus de lui. D’ailleurs, la finale 2014 de Wimbledon est davantage, selon moi, un exploit du maestro qui pousse son rival aux 5 sets après avoir sauvé une balle de match, plutôt qu’une opposition entre deux forces réellement égales. En 2015, les SABR de Roger, franchement c’est du réchauffé, ça marche contre Gasquet sans doute, mais le Dkoker est au-dessus de ça…

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      29 juillet 2016 a 17 h 41 min

      Il est vrai qu’on peut nuancer les saisons 2014 2015 au vu de l’absence régulière au top de Murray et Nadal mais en termes de niveau de jeu, Roger a été vraiment excellent en 2015, pour moi au dessus de 2014 ou en effet, les 5 sets à Wim tiennent un peu du miracle.
      Mais pour 2015, je persiste ça reste du pt de vue tennistique une grande saison. Il gagne Brisbane face à Raonic, et a un accident de parcours face à Seppi à l’AO, mais sans avoir mal joué ce jour là je trouve.
      Puis il fait un enchainement Dubai/ Indian Wells de haute volée, dominant nettement le serbe aux Emirats puis collant des roustes à Raonic et Berdych en Californie. A Wimbledon, il réussit un des plus grands matchs de sa carrière en 1/2 face à Murray mais s’incline sans discussion en finale face au Djoker.
      Enfin, le pt culminant de sa saison restera son été US, entre Cinci et l’US, il ne perd pas son service jusqu’à la finale et évolue à des hauteurs qu’il n’a plus connu depuis au moins 2012. Son parcours à Flushing est magnifique et la finale bien que perdue en 4 sets, et vous pouvez la revisionner, il est tout près du serbe, il a des occasions de break incalculables et il ne lui manque par grand chose pour gagner chacun des sets du match. Et ce, face à un Novak au sommet de son art sur dur, c’est dire la performance. Tt ça pour dire que malgré son âge, il a encore jusqu’à il y a peu, évolué à un niveau incroyable.

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    30 juillet 2016 a 11 h 18 min
    Par Guga57

    Difficile de dire si Federer arrivera à réintégrer le Top 5 en 2017… Perso je pense qu’il se donnera encore 2 ans pour tenter de gagner encore un Wimbledon ou une Masters Cup. En bref, je le vois tirer sa révérence au terme de la saison 2018, il aura alors 37 ans.

    Et puis je pense que RF a également en tête de participer à la 1ère édition de la Laver Cup (qui devrait devenir l’équivalent tennistique de ce qu’est la Ryder Cup au golf) en 2017, d’autant plus qu’il est à l’origine de ce projet.

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      30 juillet 2016 a 14 h 20 min
      Par Enzo29

      Salut Guga,

      Je ne pense pas que Roger ait désormais une quelconque réintégration du Top 5, voire du Top 10. Pour cela, il faudrait qu’il joue régulièrement, et je doute que son dos et ses genoux le lui permettent. En revanche, il se donnera sans doute des objectifs très précis, en particulier Wimbledon, et disputera quelques tournois avant pour retrouver le rythme de la compétition.

      Le problème de ses objectifs désormais, c’est qu’ils sont suspendus à sa santé. Les JO de Rio figuraient bien en rouge à son calendrier cette année…

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    30 juillet 2016 a 15 h 41 min
    Par Aurélien

    ” face à un Andy Roddick auteur du plus beau match de sa carrière, perdu 15/13 au 5ème set, puis son titre à l’Australian Open en janvier 2010.”

    Il s’est conclu à 16/14.

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    30 juillet 2016 a 20 h 51 min
    Par the sampras

    Malgré son palmarès énorme, Rodgeur a raté quelques victoires en Grand Chelem bêtement et plusieurs défaites (dont certaines après avoir eu des balles de match) ont sans doute laissé un goût très amer au suisse.
    Australie 2005 contre Safin, avec victoire quasi certaine en finale contre Hewitt sur qui il avait l’ascendant.
    Us open 2009 contre Del Potro qu’il doit gagné en 4 sets.
    Les 2 demis contre Djoko en 2010 et 2011 avec balles de match, même si c’était après 2 finales contre Nadal. Au passage ça manque de n’avoir jamais eu un Nadal-Federer à New York.
    Et je rajouterai un match hors grand chelem qui a peut être eu des conséquences sur le plan mental : c’est la finale à Rome en 2006. Nadal n’a pas encore à mon avis l’ascendant qu’il prendra petit à petit au fil du temps. Federer joue ce jour là un grand match et passe tout près de la victoire (2 balles de match). La confiance et la conviction qu’il pouvait battre Rafa sur terre battue en 5 sets lui auraient fait un bien fou avant RG. Une défaite très dure car il ne se retrouvera plus jamais aussi proche de l’espagnol sur terre battue.

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      1 août 2016 a 10 h 27 min
      Par Enzo29

      Entièrement d’accord avec toi Pete. La finale de Rome 2006 est LE chef d’oeuvre visuel de la rivalité Nadal-Federer (à Wimbledon, la surface se prête moins à la stratégie et aux échanges plus longs). Et en effet, Roger aurait fait le plein de confiance s”il avait gagné ce match, notamment en vue de RG où Rafa n’était alors pas encore invincible.

      Et gros regret, effectivement, de ne pas avoir assisté à un Federer-Nadal à l’US Open. La surface, assez rapide, aurait sans doute été plutôt favorable à Roger, mais l’avantage psychologique aurait été évidemment à l’Espagnol.

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    30 juillet 2016 a 23 h 00 min
    Par cullen

    J’adore le genre de remarque écrite par Aurélien… On dirait que le gars se plait à venir souligner une infime “erreur” qui n’a absolument aucune incidence sur le récit de l’auteur alors qu’il serait probablement bien incapable d’écrire un papier de cette qualité, sans prendre le temps de remercier ce dernier pour la lecture proposée. Je suis actuellement en vacances, je ne vais donc pas m’attarder, mais je tenais néanmoins à féliciter l’auteur pour cet article, à la fois sur la forme et sur le fond, que j’ai pris énormément de plaisir à survoler. A bientôt…

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      1 août 2016 a 10 h 22 min
      Par Enzo29

      Merci Cullen ! En l’occurrence Aurélien a raison, même si en effet c’est anecdotique…

      Au plaisir de vous lire tous les deux !

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    31 juillet 2016 a 2 h 28 min
    Par Nicolas

    Il y a des choses bien plus grave que l’état de santé de federer ,vous êtes un peu trop dépendant de ce que l’ont vous dit.

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      31 juillet 2016 a 18 h 57 min
      Par the sampras

      celle là elle est collector
      oh les gars vous avez bien compris j’espère, il y a des choses plus graves que l’état de santé de Federer.
      Je te demanderais bien de nous faire la liste Nicolas mais j’ai peur qu’elle soit un peu longue.

  10. avatar
    1 août 2016 a 13 h 09 min
    Par Stefan E

    Excellent article, que je garde précieusement, car l’analyse est très bonne, avec le recul d’une carrière de 18 ans déjà pour Fed. Et je ne me souvenais même plus du 16-14 à Wim en 2009, alors que j’ai gardé le match ! Je me souviens surtout des 50 aces de Fed, face à une des meilleurs serveurs de sa génération il n’a jamais aussi bien servi je pense dans toute sa carrière… Carrière qui n’est pas finie au demeurant, même si je me demande si c’est réellement possible de faire un coup d’éclat en 2017, vu le niveau actuel du top 5… Et, alors que Federer est le maître absolu de l’indoor, même au Masters, le ralentissement de la surface. Une remarque aussi : il me semble que la clé du tennis actuel est le retour (il suffit de regarder Djoko), et il me semble que c’est là que Federer a perdu le plus depuis 2008-2009 (notamment finale US open contre Del Potro). Et par la suite contre Djokovic je suis à chauqe fois surpris de voir à quel point il a du mal à le retourner,; évidemment le n°1 mondial masque bien son service, mais c’est bien un problème de réflexe.

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      1 août 2016 a 14 h 07 min
      Par Enzo29

      Salut Stefan,

      Très bonne remarque concernant le retour de service, c’est bien l’un des points sur lesquels Roger a commencé à souffrir à partir de début 2008, gagnant beaucoup moins de matchs rapides car parvenant moins souvent à retourner le service de son adversaire. C’est bien une perte de réflexes qui en est à l’origine.

      Un autre signe fort est le tennis de plus en plus offensif de Roger au fil des années. Je ne pense pas qu’il ait fait de réels progrès dans ce secteur du jeu au fil de sa carrière, en revanche c’était un bon moyen de raccourcir les échanges et d’éviter les rallyes en fond de court, qui l’usaient plus vite que son adversaire.

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        1 août 2016 a 15 h 31 min
        Par STEFAN E

        Je pense quand même qu’Edberg (mon pseudo montre que je l’appréciais en tant que joueur) lui a redonné de bons schémas tactiques et même une amélioration technique à la volée (ou il lui a fait se remémorer) : il est plus près du filet et beaucoup plus propre qu’en 2006-2010 (et même après au temps d’Annacone je n’étais pas totalement convaincu). Tactique hélas qu’il n’arrive pas vraiment à appliquer contre les meilleurs retourneurs… sauf sur les surfaces vraiment rapides Cincinnati et Dubaï 2015 par ex.) évidemment :-( …

        • avatar
          2 août 2016 a 10 h 12 min
          Par Enzo29

          Tu as raison, Edberg l’a aidé à concevoir des schémas tactiques autour du jeu d’attaque. Mais d’un point de vue technique, Federer a toujours été un super volleyeur. J’ai d’ailleurs enragé pendant des années lors de ses matchs contre Nadal, de ne pas le voir monter davantage au filet, alors que c’était clairement une porte de sortie pour lui…

  11. avatar
    5 août 2016 a 21 h 13 min
    Par Name

    Excellent article!

    C’est difficile de mettre par écrit ce qu’on ressent quanf Federer joue à son meilleur niveau.

    Visionnez le 2ème set de son match contre Roddick à l’open d’Australie en 2007 pour en avoir une idée.

    Toute bonne chose a néamoins une fin sur cette terre.

    Keep it up Roger!!

    Esperons qu’on entendra encore souvent cette phrase en 2017: Game, Set, Match, Federer!!

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      7 août 2016 a 23 h 17 min
      Par Enzo29

      Name, dans l’article j’ai volontairement cité trois matchs de sa grande période où le pire de ses adversaires lui faisait face. Mais si tu cherches le chef d’oeuvre, en effet la demi-finale de l’OA contre Roddick est peut-être le meilleur choix.

      Je me souviens d’une stat hallucinante sur le premier jeu de service de Roddick : 12 points, dont un ace. Un seul deuxième service (point perdu). Restent 10 premières balles dans le terrain, dont 9 avaient dépassé les 200km/h. Roger avait relancé les 10 premières balles.

      Andy ne pouvait même pas compter sur son service pour gagner des points…

  12. avatar
    9 août 2016 a 19 h 33 min
    Par Elvis

    Le véritable déclin a commencé en 2016 avec les blessures à répétition qui le force à rater des tournois majeurs.

    2013 ne fut qu’un intermède car Roger réussit à retrouver une belle forme en 2014-2015.

    Mais 2006 est certainement sa meilleure année.

    Je suis abasourdi quand les journalistes sportifs nous font croire que l’année 2011 du Djoker est la meilleure de tout les temps après celle de McEnroe en 1984.

  13. avatar
    11 septembre 2016 a 21 h 00 min
    Par Maillart

    Bonsoir

    Très bon article, hélas bien trop de lucidité… Je resterai un fan éternel du suisse. Et si aucun membre du Top4/5 actuel n’atteignait la finale de l’Open d’Australie, de Wimbledon et de l’US Open ? Je rêve du grand chelem calendaire pour Rodgeur. Mais bon, je rêve…

    Pour moi, son chez d’oeuvre aboslu c’est la finale de Roland Garros 2009, et le tie-break complètement inoui avec je ne sais plus combien d’aces de RF…

  14. avatar
    30 janvier 2017 a 16 h 33 min
    Par jossbou

    Intéressant à lire après la victoire de Roger à l’open d’Australie 2017… Il faudrait ajouter un nouveau paragraphe “La résurrection” !

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