6 Nations : la magie du Tournoi
Photo Panoramic

6 Nations : la magie du Tournoi

A un peu plus d’un an de la Coupe du Monde, joueurs et encadrement ont probablement déjà les yeux tournés vers cet objectif, et le Tournoi sera pour eux une sorte de répétition avant la grand-messe de l’ovalie prévue en septembre 2015. Mais pour n’importe quel amateur de Rugby, génération après génération, le Tournoi a toujours une saveur bien particulière. Plus d’un siècle en effet qu’on ne peut imaginer passer l’hiver sans sa présence, et si durant cette période le jeu n’a cessé d’évoluer comme le profil des joueurs, il est une chose qui n’a pas changé depuis 1910, c’est la ferveur des peuples anglo-saxons, celtes, gaëliques et latins.

A l’ère du professionnalisme et de la mondialisation du Rugby, les compétitions internationales se sont multipliées, que ce soit en Europe avec la H Cup qui fait aujourd’hui partie intégrante du calendrier, ou en hémisphère sud avec le Super 15, le Four Nations et bien sur la Coupe du Monde qui fait désormais office de référence dans le monde de l’ovalie. Mais si la domination planétaire de l’Australie, de la Nouvelle-Zélande et de l’Afrique du Sud est incontestable dans la durée, paradoxalement la magie qui entoure les rencontres du Tournoi des Six Nations n’a rien à envier aux chocs qui opposent chaque année Wallabies, All Blacks et Springboks. La raison de ce succès tient en un mot, la tradition. La tradition, un terme qui, même avec la révolution du professionnalisme opérée ces dernières années, revient souvent lorsque l’on évoque le Tournoi.

Ainsi, depuis 1910 et l’entrée de la France dans la compétition ( qui était jusque là disputée par l’Angleterre, le Pays de Galles, l’Ecosse et l’Irlande sous le nom de “Home Nations Championship” ), de nombreux symboles sont restés gravés en dépit des intérêts financiers et médiatiques qu’impose le sport contemporain. Du coup, au nom de cette sacro-sainte tradition, le système de bonus mis en place en championnat et en H Cup – afin de favoriser le jeu offensif – n’existe pas dans le Tournoi, tout comme le fait de départager les équipes qui terminaient à égalité de points ne date que de 1993.

Les matchs du Tournoi offrent surtout la particularité de voir des rencontres conviviales entre supporters malgré des rapports parfois tendus sur le plan historique entre certaines nations. Ainsi, sans que ce soit apparenté à du chauvinisme excessif, les fans viennent régulièrement au stade vêtus du maillot de leur équipe nationale et fraternisent dans les tribunes au son d’hymnes aussi célèbres que “Flower of Scotland”, “Swing Low, Sweet Chariot” ou “Hen Wlad Fy Nhadau” ( la terre de mes ancêtres ). Quel homme ayant déjà assisté à un France-Irlande n’a pas été parcouru par un inexplicable frisson d’excitation en entendant “Fields of Athenry” par exemple ?

Tout commence d’ailleurs par un chant dans le Tournoi. De Murrayfield à Flaminio en passant par Twickenham, une arène toute entière entonne son hymne national, l’âme de la patrie. Un hymne a capella, c’est une décharge électrique incommensurable qui se propage le long de l’échine dorsale. Un délicieux frisson d’impatience, une brève parenthèse intemporelle où tout un pays est fédéré contre un même adversaire. Il est bien souvent annonciateur de la température sur le terrain. Un hymne chanté rageusement par un pays revanchard est souvent un bon baromètre de l’entame de match qui annonce dès les premiers instants si la partie sera morne et fade, ou au contraire, excitante, enjouée et passionnante !

Les joueurs se présentent ainsi devant la tribune officielle, bras dessus, bras dessous. La longue chaîne humaine vibre, et se charge petit à petit d’adrénaline. Les supporters, ceux du stade comme ceux restés tranquillement derrière leur écran de télévision, emboîtent le pas de leurs joueurs. La foule toute entière est là pour donner force et courage à ses guerriers, dignes représentants de tout un peuple. Mais bien plus encore, pendant l’hymne, il n’y a plus de réelle distinction entre joueurs et supporters. Tous chantent leur amour pour leurs proches et pour leur sport. Au sein même de l’équipe, il n’y a plus d’individualités, juste les “meilleurs” joueurs d’une nation qui vont se battre pour leurs compatriotes.

Une atmosphère donc très festive et qui se prolonge après la rencontre avec la pratique rituelle de la troisième mi-temps, véritable institution du Rugby à XV qui, si elle est moins partagée par les joueurs depuis l’entrée en vigueur du professionnalisme, reste une tradition bien réelle pour tous les supporters.

Alors que le coup d’envoi de l’édition 2014 va être donné ce week-end, offrant la possibilité à tous les amoureux de ce jeu de rompre avec la grisaille hivernale en attendant les beaux jours du printemps, voici un bref aperçu de la relation qu’entretiennent chacune des équipes qui y participent avec le Tournoi.

Angleterre

Il y a plus d’un siècle, c’est ici, du temps de la reine Victoria, que furent codifiées les règles du Football-Rugby, deux disciplines à l’ADN commun. La légende raconte que le Rugby s’est distingué en 1823 au cours d’un match lors duquel un étudiant Anglais, un certain William Webb-Ellis, pris d’un soudain coup de folie, s’empara du ballon à la main et alla le déposer derrière le but adverse.

Contrairement à son voisin gallois, où il a trouvé un terrain fertile dans les milieux ouvriers, et notamment auprès des mineurs qui, rompus aux travaux physiques, ont découvert dans ce sport un terrain d’expression idéal, le Rugby anglais est longtemps resté réservé à l’élite du pays. Le Football était ainsi enseigné dans les collèges publics pour canaliser les élèves les plus virulents, tandis que la pratique du Rugby l’était dans les établissements privés, afin d’endurcir les brillants étudiants appelés à diriger les ouvriers. Un célèbre adage anglais distingue d’ailleurs les deux disciplines ainsi: “le Football est un sport de gentlemen pratiqué par des voyous, et le Rugby est un sport de voyous pratiqué par des gentlemen”.

Mais à Twickenham, le temple du Rugby anglais, où se pressent à chaque match les Rolls Royce seigneuriales, le jeu est rarement aussi flamboyant qu’à Auckland. Il se distingue avant tout par la discipline de ses joueurs et le culte des Anglais voué à la conquête. Rien d’étonnant d’ailleurs pour un pays qui a sillonné les mers du globe pendant des siècles à la “conquête” de nouveaux mondes. A Twickenham, la beauté du jeu n’est pas ce qui est recherché en priorité, mais le résultat, d’où ce Rugby en forme de bulldozer, une mêlée puissante et organisée prenant souvent le pas face à des énergies moins coordonnées. Ajoutez à cette mêlée une touche impériale et un buteur au sang froid pour concrétiser les périodes de domination au tableau d’affichage, et vous obtenez ce que le XV de la Rose s’est contenté de produire durant des décennies.

Pourquoi avoir choisi la rose comme emblème d’ailleurs ? Ils auraient pu en effet choisir les trois lions comme toutes les autres sélections anglaises, mais les dirigeants de la RFU (Rugby Football Union) ont opté pour un tout autre symbole. L’hypothèse la plus communément admise avance le fait que cette rose faisait référence au règne d’Henri VII qui mit fin à la guerre civile des “deux roses” (1455-1485), ruinant la féodalité anglaise à la fin du Moyen Age. Ce conflit avait opposé les maisons d’York et de Lancaster dont les emblèmes étaient respectivement une rose blanche et une rose rouge, cette dernière finissant par prendre le dessus sur la blanche.

On avance par ailleurs l’idée que Lawrence Sheriff, le fondateur de l’école de la ville de Rugby, reçut l’autorisation de la reine Elizabeth Ière d’utiliser la rose rouge comme emblème. Celle-ci devint donc logiquement la bannière de l’école de Rugby, ornant les chemises blanches des collégiens lorsqu’ils pratiquaient le Football-Rugby. La tenue qu’arboraient les joueurs Anglais lors de leur premier Test international en 1871 était donc en tout point identique à celle des collégiens de Rugby.

Sur le terrain, après avoir dominé le Tournoi des V Nations d’avant guerre, le XV anglais, victime de la concurrence du Football, à la popularité grandissante, a peu à peu disparu de l’échiquier mondial entre 1960 et 1990. L’avènement du professionnalisme et la médiatisation qui s’en est suivi a remis depuis l’équipe de Sa Majesté au devant de la scène avec en point d’orgue l’année 2003 où, après avoir réalisé son 12ème et dernier Grand Chelem, elle est devenue la première (et unique) nation européenne à s’octroyer la Coupe du Monde. Aujourd’hui, la fédération anglaise est la plus importante dans le monde avec plus d’un million de licenciés. Chaque victoire anglaise est désormais accompagnée par le fameux “Swing Low, Sweet Chariot”, ce chant gospel qui résonne dans Twickenham depuis que Chris Oti, joueur noir du XV de la Rose, a inscrit trois essais face à l’Irlande en 1988, récoltant ainsi un vibrant hommage.

Pays de Galles

A la différence de l’Angleterre, les fondations du Rugby gallois se trouvent donc au sein des couches populaires, notamment auprès des fils et petit-fils de mineurs, et il est ici le sport roi. Après d’harassantes heures passées à piocher dans l’étouffante obscurité de la mine, l’ouvrier gallois sortait éreinté de sa journée, et cherchait avant tout à se divertir, à se défouler. Le Rugby fut le principal moteur de ce divertissement, et apporta au coeur des gallois cette formidable passion qui s’insufflait peu à peu dans leur sang. De par la forte population ouvrière au Pays de Galles, le Rugby devint très vite le sport national. Un statut qui lui permit souvent de rivaliser avec la France ou l’Angleterre en dépit d’une population près de dix fois inférieure.

Le dragon qui apparait sur le drapeau gallois est l’un des plus vieux emblèmes du monde. Son origine remonte à l’époque arthurienne, il symbolise la force, le courage et la bravoure. Concernant le poireau, autre emblème du XV gallois, c’est une légende qui remonte à fort longtemps. S’agissant d’une légende, difficile d’avancer une date précise. On raconte qu’à l’époque où les Gallois livraient bataille aux Anglais, les uniformes n’existaient pas. Afin de se distinguer les uns des autres dans la terrible mêlée, les Gallois se seraient fait souffler par Saint David, le “saint patron” du Pays de Galles, de fixer à leurs casques des poireaux qui poussaient près du champ de bataille. Etant victorieux, les Gallois décidèrent alors d’adopter le poireau comme emblème national. Voila pour la petite histoire.

Le jeu gallois a toujours été axé sur l’offensive, c’en est même devenu une véritable spécialité. Les arrières gallois sont d’ailleurs enviés partout dans le monde, aujourd’hui encore. De grands et fins stratèges, des virtuoses de la passes vrillée, les explosives courses chatoyantes des ailiers, voila ce qu’est la philosophie du jeu et comment le Rugby est conçut au Pays de Galles. En faisant le jeu et le spectacle, les joueurs gallois sont en perpétuelle quête de reconnaissance. Ce jeu d’attaque représente à merveille le rêve du mineur, précédemment évoqué. Il est le parfait opposé du jeu anglais, si cher aux avants. C’est même assez étonnant, on pourrait penser que les gentlemen anglais se contenteraient davantage du jeu offensif, et les ouvriers gallois plutôt des tâches ingrates en mêlée mais non, au Rugby, les rôles pré-établis par la société sont renversés. Les arrières gallois sont mis en valeur, à l’inverse des avant anglais qui se contentent cette fois ci des rudes travaux de sape.

Les heures de gloire du Pays de Galles se situent principalement dans les années 1970 grâce à son quatuor des lignes arrières composé de Barry John, Gerald Davies, JPR Williams et bien sur Gareth Edwards, probablement le plus grand joueur qu’ait connu le Tournoi, et qui a d’ailleurs été statufié de son vivant dans les rues de Cardiff. Par la suite, avec la fermeture des mines de charbon durant les années Thatcher, de nombreux joueurs vont se tourner vers le Jeu à XIII, financièrement attrayant et la reconnaissance du Rugby gallois a coïncidé avec l’arrivée du professionnalisme. Depuis, les Choeurs gallois retentissent à nouveau dans le Millenium Stadium de Cardiff pour le plus grand bonheur de tous les passionnés de Rugby.

France

Importé au Havre en 1872 par des universitaires britanniques, puis pratiqué dans la capitale par une clientèle aisée, comme c’était le cas outre-Manche, le Rugby français a connu ensuite une double reconversion, géographique et sociologique. Des beaux quartiers de Paris, le Rugby s’est peu à peu délocalisé. Il s’est d’abord implanté à Bordeaux par la présence d’une colonie britannique active et bien insérée dans les milieux d’affaires girondins qui, en divulguant les pratiques sportives d’outre-Manche, allait susciter les vocations sportives locales. C’est ensuite grâce à la constitution d’un club omnisports, le Stade Bordelais qui, bénéficiant de l’appui des joueurs et des conseillers Britanniques, parvint à créer une méthode de jeu, à organiser une machine sportive susceptible de rivaliser avec les équipes parisiennes et ensuite de les dominer. Ces différentes composantes vont se greffer par des effets d’enchainements et d’interrelations pour faire de Bordeaux la capitale du Rugby français, le bastion à partir duquel ce sport britannique va se diffuser dans les départements voisins.

Il s’est ensuite très vite rependu sur l’ensemble du bassin aquitain, au Pays basque, dans le Midi, en Catalogne, dans le Languedoc, les Pyrénées, sur les bords de la Méditerranée, en Auvergne et dans les Alpes. Des vestiaires du bois de Boulogne aux bistrots de Narbonne, le jeu s’est ainsi “méridionalisé”, popularisé, se parlant avec l’accent de Toulouse, imprégné de cassoulet et abreuvé de vin de Corbières.

Longtemps décrié par les Britanniques pour sa brutalité, le Rugby français fût soupçonné de professionnalisme rampant à la fin des années 1920, et en 1931 la France fût finalement exclue du Tournoi des V Nations. Le Rugby tricolore semblait dès lors fragilisé. C’est alors qu’apparu le jeu à XIII, professionnel, peu développé jusque là dans l’hexagone. Ce rival, un temps baptisé “néo-Rugby” déferla sur le sud-ouest comme le discours de Martin Luther dans l’église catholique corrompue du XVIème siècle. C’est finalement la guerre, et l’une des ruses les plus nauséabondes du sport qui vont sauver le Rugby à XV…

Sous le régime de Vichy, le Maréchal Pétain fit saisir les fonds et les équipements des clubs treizistes, pour les confier aux clubs de Rugby “traditionnel”. Officiellement, tout cela s’inscrivait dans une volonté du gouvernement de restaurer les valeurs morales de la France et de mettre un terme à la professionnalisation du sport. Mais en réalité, le désir de tuer le Rugby à XIII ne venait pas des idéologues du régime. Des pressions furent exercées, quelques jours après l’armistice, par certains des plus hauts responsables de la FFR auprès de hauts fonctionnaires de Vichy, qui y avaient vu l’occasion de se débarrasser d’un rival dangereux… Probablement l’un des épisodes les plus douloureux du sport français.

Mais le Rugby français, inventé, “cuisiné” entre Garonne et Pyrénées, s’est heureusement distingué pour de bien meilleurs raisons. Au delà des valeurs familiales de solidarité et de respect qu’il incarne toujours, il s’est illustré par son audace et son imagination, ce que les Anglais ont baptisé le “French Flair”. On peut lui reprocher un style parfois brouillon et quelque peu désordonné ( lié probablement à son tempérament latin ), mais peu d’équipes sont capables de pointer un essai comme celui qu’inscrivirent les Bleus à Auckland en 1994, qui fût qualifié d’essai du siècle. Une culture de jeu qui, avant que Bernard Laporte n’inocule le virus de la défense aux internationaux tricolores, tranchait avec la rationalité des avants britanniques, et qui a souvent fait s’apparenter un France-Angleterre à une partie de gendarmes et voleurs. Puissent les voleurs échapper aux gendarmes samedi prochain…

Irlande

Bien que l’Irlande se passionne pour le Rugby depuis quelques années, elle n’a jamais traité cette discipline comme son cousin gallois. Il a longtemps été un sport parmi d’autres mais n’a jamais été le sport national, ses racines étant trop anglaises, trop protestantes. Comme le Football, il a d’ailleurs été longtemps interdit à Croke Park, le fief des sports gaëliques que beaucoup d’Irlandais lui préfèrent aujourd’hui encore, et a dû s’exiler dans le vieux stade de Lansdowne Road. Un stade vétuste mais chaleureux, qui a laissé place désormais à l’Aviva Stadium, beaucoup moins glamour.

L’un des grands avantages du Rugby est qu’il permet à l’Irlande d’avoir une reconnaissance internationale. Les autres sports disputés ici étant typiquement locaux, ils ne trouvent pas d’échos hors de l’île. L’Irlande ayant eu de très bons résultats ces dernières années, et faisant partie du Tournoi, elle est désormais solidement installée dans les 8 meilleures nations du Monde. Et quatre millions d’habitants qui prétendent à une victoire dans le Tournoi et à bien figurer en Coupe du Monde, ça n’est pas rien, et c’est une grande fierté pour le peuple vert.

Le Rugby permet aussi à l’Irlande, et c’est l’un des rares sports qui peut s’enorgueillir, de pouvoir battre les Anglais ! Et oui, toujours eux… Une performance de la sorte suffit largement à ravir pendant plusieurs semaines le public local. Cependant, il ne faut pas trop se fier à cette antipathie bien distincte, le public irlandais est avant tout célèbre pour l’immense respect qu’il a de l’adversaire, notamment dans les tentatives de tir au but. Un silence de cathédrale plane en effet à chaque fois sur la forteresse irlandaise, témoin intemporel de leur fair-play.

Si la belle Erin a connu quelques moments de gloire, elle le doit aussi au légendaire “fighting spirit” que ses joueurs peuvent pleinement exprimer dans ce sport, que ce soit dans la boue ou sous la pluie. Le courage est une qualité que doit posséder tout bon rugbyman. Seulement ici, elle est amplement décuplée. Les joueurs irlandais font preuve d’une énergie sans pareille sur le terrain. Chaque match remporté par l’Irlande semble mérité, tant les efforts déployés par les irishmens sont titanesques. En revanche, quand le XV du Trèfle perd, cela semble presque injuste, on se surprend à ressentir de la compassion envers ces XV irlandais fiers et courageux, qui ont donné tout ce que leur corps et leur âme leur permettait, mais n’ont pas été récompensés.

Le Rugby a aussi la particularité d’avoir su regrouper les joueurs républicains et unionistes sous le même maillot, catholiques et protestants, miracle propre au seul jeu à XV. Ici en effet, on ne fait pas de distinction entre Irlande du Nord et du Sud, un hymne a ainsi été composé pour fédérer les joueurs sous la même bannière, le fameux “Ireland’s call”. Auparavant, c’est le “God Save The Queen” qui était joué pour l’Irlande, un terrible affront pour le peuple celte et son Histoire.

Dans les moments de gloire du Rugby irlandais, il y a bien eu le fameux Grand Chelem de 1948 et quelques victoires partagées, mais dans le fond on peut dire que la période la plus faste de son histoire est actuellement en train de se terminer. De belles performances en H Cup pour ses provinces mais une équipe nationale souvent trop juste en Coupe du Monde pour concrétiser les rêves légitimes de cette génération. Certains anciens ont pris leur retraire, et n’ont presque rien gagné sur le plan international. O’Connell, O’Driscoll et consorts, les derniers tauliers, guideront cette jeune équipe jusqu’en 2015, et ce sera la toute dernière chance pour cette génération dorée. Croisons les doigts pour eux.

Ecosse

Plus d’un siècle avant que le Néo-zélandais David Kirk ne soulève la première Coupe du Monde de Rugby, c’est sur les hauteurs d’Edimbourg qu’a eu lieu en 1871 la première rencontre internationale de l’histoire. Elle opposa l’Ecosse à l’Angleterre et ce sont les hommes des Highlands qui eurent le privilège de s’imposer. Depuis cette date, aucune équipe ne pénètre sans crainte dans l’enceinte de Murrayfield au moment où les joueurs entonnent le “Flower of Scotland”, hymne de la résistance écossaise face à l’envahisseur anglais.

Pourtant, comme en Angleterre, c’est dans les universités privées de Glasgow ou d’Edimbourg que le Rugby s’est installé en Ecosse, afin qu’il reste une discipline propre à la bourgeoisie, et cela pour bien faire la distinction entre “gentlemen” et gens du peuple. Mais on peut dire qu’il y eut comme des “failles”. Le Rugby ne s’est pas limité à l’unique bourgeoisie universitaire, mais s’est répandu dans toute l’Ecosse. La région du Nord et des Ecossais “aisés” a bien évidemment été baignée dans le Rugby, mais c’est surtout au Sud du pays que le Rugby s’est véritablement développé. La région des Borders, chère aux agriculteurs et aux fermiers tels John Jeffrey, l’un des meilleurs joueurs écossais de l’Histoire, va véritablement démocratiser le Rugby en Ecosse. On eut alors deux Rugby pratiqués, au Nord celui qui se rapprochait de celui de l’Angleterre, et au Sud celui qui se rapprochait plus de celui du Pays de Galles.

La région des Borders est notamment la région fondatrice du Rugby à VII, cher désormais aux îles du Pacifique. Par la liberté et l’insouciance, elle a conduit à caractériser d’une certaine façon le jeu du XV du Chardon.

Pourquoi avoir adopté le chardon comme emblème ? Cette attribution remonte aux alentours du début du XIe siècle. Une vieille légende raconte que les Vikings tentèrent de conquérir l’Écosse. La nuit tombée, ils profitèrent de la pénombre pour attaquer une forteresse écossaise. Afin d’éviter de faire trop de bruit, ils ôtèrent tous leurs chausses. Hélas pour les Vikings, et tant mieux pour les Ecossais, les envahisseurs se piquèrent tous les pieds sur des étendues de chardon qui poussaient tout autour du château. La garnison fût alors immédiatement alertée par les cris de douleur des Vikings, le château et l’Écosse furent ainsi sauvés. Depuis ce jour, le chardon est l’emblème de l’Ecosse.

Pour revenir au jeu, là où les Gallois parlent vitesse et arrières, les Anglais pack et conquête, les Irlandais dépassement de soi et efforts titanesques, les Ecossais prônent une certaine liberté dans leur conception du Rugby. L’Ecosse est d’une grande polyvalence, en quelque sorte. D’excellents trois quarts, et de vaillants et courageux avants. L’amalgame Nord / Sud a finalement plutôt bien réussi au Rugby écossais. Et avec des pointures comme Townsend, Hastings et Paterson, l’Ecosse peut également se targuer de posséder ou d’avoir compté dans ses rangs d’excellents buteurs, de fins tacticiens au pied.

Le Rugby écossais a surtout brillé à ses débuts. Des années 1870 aux alentours de 1940, l’Ecosse a remporté l’essentiel de ses victoires dans le Tournoi et son premier Grand Chelem, en 1925. Une longue descente aux enfers s’en est suivi pour le XV du Chardon, jusqu’au milieu des années 1980, et l’avènement du champion que tout un peuple attendait depuis William Wallace : Gavin Hastings. Elle remporta ainsi le second Grand Chelem de son histoire en 1984. Mais le jour le plus marquant de l’Histoire du Rugby écossais fut incontestablement le 17 mars 1990. Après avoir remporté ses trois premiers matchs du Tournoi, elle s’imposa dans son antre de Murrayfied face à son ennemi ancestral, l’Angleterre, et réalisa ainsi un nouveau Grand Chelem. Mais si cette rencontre est restée dans toutes les têtes écossaises, c’est qu’à l’enjeu sportif s’est ajoutée une dimension politique ce jour là.Les joueurs des Highlands purent en effet entonner pour la première fois le “Flower of Scotland”, symbole de l’indépendance écossaise contre la tutelle des Anglais.

Depuis, le Rugby écossais est beaucoup plus à la peine, et le XV du Chardon n’a plus remporté le Tournoi depuis 1999. Les performances médiocres en Coupe du Monde s’enchaînent, et on tarde malheureusement à voir la relève écossaise. Devra-t-on encore attendre longtemps ? Espérons pour eux que non.

Italie

Bien qu’un jeu appelé “Calcio florentin” se rapprochant du Rugby actuel ait été disputé au Moyen âge, le Rugby a mis longtemps pour trouver sa place dans le cœur des Transalpins. Invitée en 2000 à rejoindre les autres équipes dans le Tournoi, devenu dès lors celui des Six Nations, la Squadra Azzura tarde depuis à confirmer les progrès qu’elle avait montré dans les années 1990 et qui lui avait permis d’accéder à la grand-messe du Rugby européen. Sa participation fut même remise en cause par certains pour absence de résultats. En quatorze éditions disputées, les Italiens ont ainsi récolté cinq cuillères en bois ( Tournoi sans aucune victoire ) et attendent toujours de remporter leur premier Tournoi. Un bilan très maigre mais qu’il convient de relativiser : les Français ont en effet attendu 38 éditions pour remporter leur premier Grand Chelem…

Epilogue

Pour chacun d’entre nous, passionnés ou non de Rugby, passer l’hiver sans assister au Tournoi est désormais impensable. Au cours du temps, il s’est ancré dans la mémoire collective comme étant LE rendez vous incontournable du début d’année, comme peut l’être le Tour de France cycliste au mois de juillet. Nous faisant revivre d’immortels souvenirs, nous en procurant de nouveaux. Dans nos esprits résonnent les mélopées entonnées par tous ces peuples, et sont ravivées ces formidables épreuves de force et de virtuosité ovale. Les passionnés repensent aux défaites les plus amères, aux humiliations du pays, tout comme aux victoires inespérées, aux triomphes sucrés au doux goût d’euphorie, et aux revanches à prendre. Tout le monde a un souvenir profond et intime avec le Tournoi. Qu’il s’agisse d’une après midi passée devant le poste avec ses amis, d’un déplacement mémorable dans un stade étranger, ou même tout simplement de la pure et simple joie d’une victoire, le Tournoi a toujours offert des moments magiques. Espérons simplement qu’avec l’évolution brutale de cette discipline, la magie continuera longtemps d’opérer…

  1. avatar
    30 janvier 2014 a 18 h 16 min
    Par Pennarbed

    Grandiose, merci !!!

    Sinon, vous pensez quoi de la composition annoncée par PSA ce matin ? Pas mal de sang neuf, notamment à la charnière, j’ai hâte de voir ça en tout cas.

    • avatar
      30 janvier 2014 a 21 h 44 min
      Par Cullen

      C’est sympa, merci.

      Contre les Anglais, c’est souvent un Rugby de tranchées, surtout avec les conditions climatiques prévues pour samedi. Du coup, la titularisation de Plisson ( que j’adore par ailleurs mais qui préfère souvent attaquer la ligne d’avantage qu’occuper le terrain au pied ), pas sur qu’elle intervienne au meilleur moment. Mais je suis impatient également de voir ce que va donner cette association avec Doussain.

      Pareil pour Flanquart qui, bien qu’important en touche, aime aussi participer au jeu alors qu’on aura peut-être davantage besoin des qualités de combattant de Maestri dans les rucks. A suivre.

      Sinon, je trouve que la composition a été annoncée un peu trop tôt, ça va permettre aux Anglais d’ajuster leur stratégie même s’ils préfèrent souvent appliquer un schéma de jeu bien précis que s’adapter à l’adversaire.

      Globalement dans ce Tournoi, j’attends de voir un plan de jeu se dessiner en vue de l’année prochaine, des automatismes commencer à se mettre en place, d’autant que les Bleus ont eu quinze jours pour se préparer, et qu’un groupe de 30 semble désormais plus ou moins défini. Mais au-delà de tout ça, je caresse le rêve de voir les joueurs du XV de France à nouveau capables de mettre un peu de folie dans leur jeu, qu’ils ne soient plus enfermés dans des schémas restrictifs dignes de l’ère Laporte, et que le “french flair” que Philippe Saint-André a bien connu en tant que joueur, retrouve enfin ses lettres de noblesse.

  2. avatar
    31 janvier 2014 a 18 h 59 min

    Vraiment super ! Merci pour cet article !

    PS : CULLEN était vraiment fou comme joueur ! Avec sa célébration quand il marquait :p

    • avatar
      2 février 2014 a 22 h 56 min
      Par Cullen

      Très peu de commentaires mais ceux qui sont laissés font chaud au cœur, merci. Tiens, si tu es amateur du personnage, voici un petit panel de ses actions. Perso j’ai un faible pour celle qui arrive à 1’30 où il donne le tournis à la défense australienne : http://www.youtube.com/watch?v=F-IpR7Zgzog

      Bon, sinon, pour revenir sur samedi soir, on a eu droit à un France-Angleterre assez classique au final. D’un côté, une équipe anglaise sans véritable génie ( mis à part peut-être Danny Care que le staff anglais a été bien inspiré de sortir…) mais pleine de maitrise, qui a récité ses gammes pendant 80 minutes, faisant simplement preuve d’une certaine naïveté dans les dernières minutes, alors qu’avec un peu plus d’expérience elle aurait probablement gardé le ballon au chaud et multiplié les pick n’go.

      De l’autre, une équipe française qui a pu compter sur sa belle étoile en première mi-temps avec deux essais inscrits grâce à l’audace de son jeune ouvreur mais surtout au rebond capricieux du ballon qui lui a été très favorable. Dommage simplement que Huget ait davantage pensé à poser pour la photo sur son deuxième essai parce qu’au lieu de plonger, il aurait pu faciliter la transformation, étant donné qu’il n’y avait plus de couverture anglaise dans l’en-but. Et puis on a eu la joie de ressortir de la cave où il était enfermé à double tour ces deniers temps le fameux terme “french flair” sur l’essai de Fickou ( qui, au passage, a eu la lucidité de feinter la passe pour aplatir entre les perches plutôt que transmettre la balle à l’aile, et risquer ainsi de devoir se contenter d’un match nul ).

      Alors je n’ai pas boudé mon plaisir samedi soir, l’émotion était trop forte au moment où, dans les dernières minutes du match, Gaël Fickou a fait taire le public anglais qui entonnait “Swing Low, Sweet Chariot” mais pour l’avenir, je crains que l’Angleterre ne dispose de bien plus de certitudes dans son jeu que nos petits coqs. J’espère me tromper mais il y a encore de très nombreuses zones d’ombres à corriger.

      Sinon, un dernier point qui ne concerne pas les Bleus mais qui a son importance. Faites que l’on confie désormais la réalisation du Tournoi à la BBC comme c’est le cas pour les matchs disputés sur le sol britannique… Je ne peux plus supporter la réalisation de Fred Godard avec ses gros plans incessants, ses changements d’angle en pleine action ( on n’a même pas vu la feinte de Fickou en direct… ) , ses pénalités filmées depuis la tribune présidentielle au lieu de mettre un cameraman derrière les poteaux, sans parler de l’habillage beaucoup moins esthétique que celui de la BBC, et surtout moins fourni ( absence de statistiques, pénalités réussies et ratés des buteurs à tels endroits du terrain, etc… ).

  3. avatar
    3 février 2014 a 18 h 45 min
    Par Gaston

    Bon j’arrive un peu la bataille pour venir commenter…

    Alors sur l’article en lui-même, merci, c’est vraiment très intéressant. Je me permets tout de même une remarque.

    Alors, autant annoncer la couleur tout de suite, je suis très loin d’être un spécialiste du rugby, je n’y ai jamais joué et je ne suis les compétition que depuis une petite dizaine d’année.

    J’ai quand même l’impression, que les différences de style de jeu, tiennent plus désormais du folklore. Quand je regarde le France-Angleterre de samedi, j’ai tendance à voir véritablement les même schémas. Pareil pour le Galles-Italie, le jeu flamboyant des Gallois a peut-être existé par le passé, mais maintenant…

    C’est sans doute la professionnalisation qui est passée par là, si une sélection veut être performante, elle est obligé de maitriser tous les compartiments du jeu. On arrive donc à une certaine uniformisation au plus haut niveau, car chaque équipe se doit d’avoir une ligne d’avants bien caustaude et une ligne d’arrière la plus créative possible.

    • avatar
      4 février 2014 a 12 h 19 min
      Par Cullen

      Pas mal pour un néophyte :-)

      De la même manière qu’en Football le kick n’ rush et le catenaccio ont disparu depuis que les clubs anglais et italiens n’alignent plus que des joueurs étrangers dans leur rang, que le Football “samba” de la Seleçao a peu à peu été remplacé par un jeu plus pragmatique du fait que les joueurs brésiliens évoluent pour la plupart en Europe, les particularismes sont en effet de moins en moins marqués en Rugby également.

      Depuis que des mécènes sont à la tête de clubs du Top 14, les équipes sont en effet composées de joueurs anglais, gallois, australiens, sud-africains, néo-zélandais ou encore argentins, si bien qu’on assiste effectivement à une certaine uniformisation du jeu mais pour reprendre l’exemple du kick n’ rush en Football, et bien on le retrouve encore très rependu en Grande-Bretagne, mais dans les divisions inférieures, preuve que l’on n’est jamais vraiment coupé de ses racines.

      Du coup, dans ce grand brassage ethnique et culturel, les identités de jeu n’ont pas complètement disparues, chacun conserve des gênes et un Anglais hésitera toujours plus qu’un Français ou un Gallois à relancer de ses 22 mètres. D’après moi, si les Néo-zélandais sont une référence dans le monde du Rugby, ils le doivent surtout à la mixité qui existe chez eux entre la rationalité des fils et petits-fils de colons britanniques et la folie créatrice du peuple maori, de même que le caractère brutal des Springboks est forcément un peu lié à l’Histoire sanglante de leur nation. Sujet passionnant à développer en tout cas.

  4. avatar
    5 février 2014 a 12 h 47 min
    Par Gaston

    Je comprends bien l’argument de l’afflux d’étrangers pour expliquer l’uniformisation du jeu, et je suis d’ailleurs d’accord avec toi.

    Néanmoins, on parle des sélections nationales là. Et en Europe, à part l’Italie et l’Ecosse, il ne me semble pas que la nationalisation de joueurs du sud soit vraiment répandu.

    Pour les deux sus-cité, on peut le comprendre par le faible réservoir de joueur national. Mais à part quelques Sud-Africains en France, puis quelques iliens qui apparaissent en Angleterre, j’ai quand même l’impression que ça reste un phénomène marginal.

    Donc plus que l’apport des sudistes, je pense que c’est vraiment le culte de la performance, inhérent à toute professionnalisation, qui pousse à devoir désormais être performant partout, et donc complètement gommer les spécificités nationales.

    Sauf en France, où j’ai l’impression que la faiblesse du jeu au pied reste fermement ancrée dans les mentalités.

    Mais attention, aucun jugement de valeur derrière tout ça, je ne connais pas le rugby d’antan pour le regrette. Je suis d’ailleurs bien content de la professionnalisation, qui personnellement m’a permis de bien plus m’intéresser à ce sport !

  5. avatar
    6 février 2014 a 11 h 04 min

    Merci pour cet article, très documenté!

    J’aimerai seulement revenir sur un point. Celui de l’hymne donnant un indice sur le début de match..
    Je pense qu’il est bon de préciser que parfois un hymne teinté d’une trop grande émotion traduit un début de match poussif de l’équipe concernée. Comme si cette dernière avait perdu de l’influx nerveux en s’époumonant à chanter sa fierté nationale! Mais il est vrai que cela peut aussi la sublimer, en tout cas nous sommes d’accord, une telle communion avec le public (et même la patrie tout entière) est tout sauf négligeable quant à l’implication sur le terrain (qu’elle soit positive: exaltante, ou négative: inhibante).

    Enfin en guise de conclusion effectivement, il me paraît pertinent de s’interroger “la magie va-t-elle perdurer?” car de la bouche d’éminents acteurs du rugby mondial le Tournoi ressemble de plus en plus, et bien trop à mon gout, à une simple étape, voir un laboratoire grandeur nature, sur le chemin de la coupe du monde! Il serait bien triste que cette dernière occulte le Tournoi. Elles peuvent toutes deux (WC et Tournoi) à mon avis cohabiter ensemble, j’espère qu’elles le feront en tout cas en harmonie dans les années à venir. Le Tournoi a une telle histoire, que vous venez si bien de parcourir, qu’il ne mérite pas de devenir un simple faire-valoir!

    Bravo pour cet article en tout cas, au plaisir de vous relire

    • avatar
      6 février 2014 a 12 h 26 min
      Par Cullen

      Merci. Je précise que l’objectif n’était pas de faire une comparaison avec le Football où l’on fustige souvent l’attitude de certains joueurs qui préfèrent murmurer la Marseillaise, ou même se contenter de l’écouter car le Rugby est un sport de combat collectif, et s’imprégner des paroles est souvent un moyen pour les joueurs de se transcender avant le coup d’envoi, ce dont n’ont pas forcément besoin les footballeurs.

  6. Pingback: Tournoi des 6 Nations 2015 : récit et perspectives - beIN SPORTS Your Zone - Partagez votre passion et votre expertise du sport

  7. avatar
    19 octobre 2015 a 20 h 33 min
    Par Guga57

    La Géorgie et la Roumanie mériterait de pouvoir y participer aussi…http://yourzone.beinsports.fr/rugby-debat-pour-ou-contre-un-tournoi-des-8-nations-avec-la-georgie-et-la-roumanie-98361/

  8. avatar
    7 juillet 2017 a 12 h 13 min
    Par Cullen

    Un autre de mes articles traitant de cette discipline : http://yourzone.beinsports.fr/rugby-histoire-quinze-france-legende-histoire-114302/

Laisser un commentaire

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>

Retrouvez Your Zone sur

Compatible Smartphone & Tablette

Iphone & iPad

Abonnez-vous à la Newsletter