Le Tournoi des VI Nations doit-il être réformé ?
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Le Tournoi des VI Nations doit-il être réformé ?

Quatre mois après le naufrage des Bleus à Cardiff, une nouvelle édition du Tournoi a démarré ce week-end. Mais la dernière Coupe du Monde qui s’est soldée par un troisième sacre des All-Blacks a peut-être été un tournant pour l’avenir de la discipline. Plusieurs évènements ont en effet marqué cette campagne, et nombreux sont ceux qui souhaitent en profiter pour réformer le Rugby européen, à commencer par son plus bel ambassadeur, le Tournoi des VI Nations. Quels sont les faits importants qui ont conduit certains à vouloir ainsi innover ? Quelles propositions méritent réellement d’être examinées ? Au final, le Tournoi peut-il vraiment être réformé ?

Nouveaux formats de compétition ?

La huitième Coupe du Monde de l’Histoire qui s’est déroulée en Angleterre et au Pays de Galles va probablement laisser des traces. Le temps de jeu effectif est en effet passé de 27 minutes en 1995, pour la première édition dite “professionnelle”, à près de 45 minutes l’automne dernier. Les raisons de cette hausse sont à aller chercher du côté des phases de conquêtes – mêlées et touches – dont le nombre a fortement baissé en vingt ans. Le jeu en mouvement, indispensable pour déborder des défenses de mieux en mieux organisées, a du coup considérablement évolué depuis deux décennies, avec davantage de passes, de rucks et au contraire, moins de jeu au pied. La preuve d’un Rugby tourné vers l’offensive ? Pas forcément. En se penchant d’un peu plus près sur les chiffres, on s’aperçoit en effet que les grosses écuries ne sont pas les principales responsables de la multiplication de ces temps de jeu. A l’inverse, ce sont plutôt les équipes de bas de tableau qui ont densifié leur attaque et élevé leur niveau de jeu. Une situation qui s’explique en partie par la présence de plus en plus importante de joueurs des “petites nations” dans les championnats européens et d’hémisphère sud, à l’instar des Japonais, dont la brillante campagne va permettre de développer le marché du ballon ovale sur le continent asiatique, et surtout des Géorgiens, très nombreux dans le Top 14.

Dès lors, le débat autour de l’élargissement de l’actuel Tournoi des VI Nations à un septième pays, quinze ans après l’ouverture à l’Italie, a été relancé. Une perspective que ne pouvait qu’encourager le sélectionneur néo-zélandais des Lelos, Milton Haig : “C’est sans doute une chose pour laquelle je milite publiquement à chaque fois qu’on me donne l’opportunité de le faire.Une chose pareille est absolument cruciale pour notre développement, parce que dans le long processus pour devenir une nation compétitive, c’est le genre de compétition que nous avons besoin de jouer.” Et le coach de citer forcément l’exemple de l’Argentine intégrée au Rugby Championship (ex Four Nations) aux côtés de la Nouvelle-Zélande, de l’Afrique du Sud et de l’Australie, et dont la progression est considérable depuis. “On peut voir le chemin accompli par cette équipe. Nous aimerions avoir cette opportunité. Nous comprenons qu’il s’agit d’une décision très difficile à prendre pour les six nations, mais je pense que cela ferait progresser le jeu dans sa globalité et cela ouvrirait un grand marché en Europe de l’Est“, assure-t-il encore.

Le calendrier européen est déjà très chargé, voire saturé. Difficile dans ces conditions d’ajouter deux journées supplémentaires au Tournoi (à VII, dans un format calqué sur le modèle actuel, outre un match en plus, chaque équipe serait exemptée durant une journée comme c’était le cas du temps des V nations). Certains imaginent dès lors plutôt la mise en place d’un match de barrage entre le dernier du Tournoi “A” et le vainqueur du Tournoi “B” (baptisé European Nation Cup) qui regroupe actuellement la Géorgie, la Roumanie, la Russie, le Portugal, l’Allemagne et l’Espagne, voire carrément un système de montée/relégation qui libèrerait une date supplémentaire. L’Italie et l’Ecosse auraient sans doute du souci à se faire mais ce système aurait l’avantage de promouvoir de nouvelles nations, d’apporter du sang neuf, mais aussi d’apporter un intérêt au Tournoi B et à la lutte pour éviter la dernière place dans le Tournoi A.

Maintenant, cette perspective est loin de faire l’unanimité. D’une part, le système de montées/descentes priverait les fans des nations historiques de confrontations qui ont lieu chaque année depuis plus d’un siècle. Peut-on en effet imaginer une seconde disputer un Tournoi sans le fameux Crunch ? Une édition sans entendre retentir “Flower of Scotland” contre l’Angleterre ? Une édition sans Galles-Angleterre ? Sans Irlande-Ecosse ? Impossible à envisager pour les nations en question. Lorsque la France fut conviée à rencontrer les quatre “Home Unions” en 1910, un journaliste londonien parla de “Five Nations Tournament”. Cette appellation eut un tel succès qu’elle entra dans le langage commun mais sans jamais être admise par les dirigeants de l’International Rugby Board. Pour eux, cette opposition entre les cinq nations n’était qu’une compétition virtuelle, une succession annuelle de matchs amicaux qui reposait exclusivement sur la tradition. Aucun classement n’a ainsi officiellement été établi, aucun titre ni trophée n’a été décerné jusqu’en 1993. Jean-François Tordo, capitaine des Bleus cette année-là, fut le premier à le brandir.

D’autre part, l’absence de relégation enlève de la pression aux équipes engagées. Si l’on mettait en place ce procédé, ce serait une catastrophe sportive et économique pour la ou les fédérations touchées. Du coup, au lieu de chercher leur salut par le jeu comme l’a fait l’Ecosse avec succès depuis quelques années, on aurait de bonnes chances de voir les équipes de queue jouer pour ne surtout pas perdre et serrer le jeu au lieu de tenter de prendre du plaisir et d’en donner par la même occasion à leurs supporters. Pas sur que le public y gagne vraiment.

Il existe cependant d’autres possibilités de voir les équipes du tournoi B progresser en affrontant plus régulièrement celles du tournoi A, sans toucher au sacro-saint Tournoi. Déjà, en imposant un certain nombre de Test-matchs dans l’année entre ces équipes. On affronte souvent les Iles Fidji, les Samoa ou les Tonga mais bizarrement jamais la Géorgie ou la Roumanie. L’IRB pourrait parfaitement mettre en place une sorte de cahier des charges imposant à chaque fédération de programmer des rencontres face à des équipes de différentes catégories ( classement, situation géographique, etc…)

Ensuite, on pourrait imaginer mettre en place un vrai championnat d’Europe qui, suivant le modèle du Football, serait disputé tous les quatre ans, en alternance avec la Coupe du Monde. Trois ans de suite, on conserverait de manière classique un Tournoi des VI nations et une European Nation Cup (dont il faudrait juste changer le format, car elle joue actuellement son système de montée/relégation sur deux ans). Mais à deux ans de la nouvelle Coupe du Monde, ces deux compétitions laisseraient place à un vrai Euro de Rugby. Pour éviter les jeux de massacre, les seules équipes sélectionnées seraient celles du Tournoi des VI Nations et celles de la division 1A. L’organisation de l’épreuve serait attribuée à un seul et même pays et, sans rentrer dans les détails d’une compétition qui reste pour l’instant très utopique, on pourrait néanmoins imaginer quatre poules de 3, les premiers de chaque poule qualifiés pour les demi-finales. Le format idéal serait d’avoir 4 poules de 4 et de qualifier les deux premiers de chaque groupe pour des quarts de finale, sauf que le Rugby européen est organisé par groupes de six et que le niveau des équipes dégringole tellement vite qu’il serait dangereux de faire s’opposer les joueurs de la division 1B aux professionnels du VI nations. Déjà qu’un Allemagne-Pays de Galles ou un Espagne-Irlande risquerait d’être compliqué pour certains, on n’ose pas imaginer ce que ça donnerait contre les équipes de la 1B qui ne jouent jamais l’accession à l’étage supérieur.

D’autres militent pour le maintien du Tournoi des VI Nations, mais en modifiant le format de la compétition. Cette frange plus conservatrice qui souhaite que les “historiques” continuent à faire leur tambouille dans leur coin, veut surtout remettre l’équipe de France au centre des préoccupations et que l’on s’inspire pour cela d’un modèle qui marche, celui de l’Argentine. Tout le monde semble d’accord avec ça mais dès qu’il s’agit de faire des concessions, les présidents de clubs sont souvent bien moins enthousiastes. Certains aimeraient ainsi en finir avec la coupe d’Europe qui peine à passionner les foules et ne concerne que quelques clubs de l’élite, pour donner davantage de place au XV tricolore. Pour cela, ils préconisent un Tournoi des VI Nations disputé en matchs allers retours, comme ça se fait dans l’hémisphère sud à travers le Championship. Reste à savoir qui paierait les joueurs dans un système comme celui-ci car les clubs ne peuvent pas laisser indéfiniment leurs meilleurs éléments à disposition du sélectionneur, cela nécessiterait donc la mise en place de contrats fédéraux mais à condition bien sur que la FFR ait les moyens financiers pour ce faire.

Enfin, certains regrettent simplement l’absence d’une finale officielle entre les deux meilleures équipes à l’issue des cinq journées de compétition. Alors bien sur une spécificité propre au Tournoi agit comme un frein à la mise en place d’un tel évènement, le fait que le “Grand Chelem” reste l’objectif majeur pour n’importe quelle équipe engagée. On pourrait néanmoins prévoir l’organisation d’une telle finale, uniquement dans le cas où aucune formation ne parviendrait à réussir cet exploit, le premier au nombre de points recevrait alors naturellement le second.

Instauration d’un système de bonus ?

La mise en place de telles récompenses dans la compétition serait une petite révolution aux conséquences sportives sans doute plus anecdotiques mais à l’impact symbolique néanmoins très controversé. L’image conservatrice et folklorique du Tournoi est paradoxalement le meilleur atout de ceux qui en organisent sa marchandisation. L’instauration récemment envisagée d’un système de points de bonus dans la compétition fait débat. Détail de règlement anecdotique ? Au contraire, cette question renvoie à l’identité même du Rugby, tiraillé entre son histoire et son image traditionnelle d’une part, son évolution récente et sa place en tant que produit médiatique d’autre part.

Si les règles du jeu en lui-même changent souvent, et si aucun classement n’a officiellement été établi jusque 1993, pour tout amateur de Rugby, le trophée du Tournoi des Six Nations est décerné à l’équipe qui engrange le plus de points dans la saison, deux points étant accordés pour une victoire, et un pour un match nul. Si cela changeait, le championnat rassemblant la crème du Rugby européen ne se contenterait plus de décerner le “Grand Chelem” à l’équipe ayant gagné tous ses matchs et la “Cuillère de bois” à l’équipe les ayant tous perdu, mais récompenserait certainement d’un point de bonus offensif les orgies d’essais et d’un point de bonus défensif les défaites sur le fil. Le tout serait destiné à favoriser l’attaque et à relancer le spectacle parfois ingrat que peut proposer un Ecosse-Irlande un dimanche après-midi de mars sous la pluie d’Edimbourg ou même – ne soyons ni chauvin ni amnésique – un France-Galles un samedi soir frisquet de février à Paris.

Ces intentions louables se heurtent depuis des années à l’opposition de plusieurs familles traditionalistes qui n’y voient aucun progrès, à l’image du directeur du Tournoi, John Feehan. En 2010, il faisait valoir quelques arguments de poids: “Plus d’un million de spectateurs viennent voir les matchs, le taux d’affluence dans les stades est de 100%, et l’audience TV est la plus importante dans le Rugby mondial en dehors de la Coupe du Monde. Les revenus sont plus importants que ceux de n’importe quelle autre compétition annuelle!” Si le big boss du plus ancien championnat international de Rugby était si véhément, c’est parce que le système des points de bonus avait déjà fait ses preuves et menaçait : les phases de poule de la Coupe du Monde de Rugby et des deux coupes d’Europe prévoient déjà bonus offensifs et défensifs, tout comme le font la plupart des championnats nationaux.

Le Tournoi est en fait la dernière compétition internationale de Rugby à XV qui ne les prévoit pas, mais si les dirigeants de l’IRB ont résisté jusqu’ici, il y a une pression pour faire comme tout le monde, en particulier des partenaires commerciaux. Le spectacle total auquel rêvent certaines instances dirigeantes, mais surtout les chaînes de télévision et les sponsors, c’est le tournoi des grandes nations de l’hémisphère sud. Mis en place sous l’impulsion du mastodonte médiatique Rupert Murdoch, le “Tri-Nations” devenu “The Championship” depuis l’intégration de l’Argentine en 2012 fait complexer l’hémisphère nord chaque été depuis 1996 par son jeu rapide et puissant, et ses statistiques impressionnantes. En réalité, il suscite autant l’enthousiasme de ceux qui l’érigent en modèle de spectacle et de jeu d’attaque que la gêne de ceux qui déplorent ses largesses défensives, sa médiocre popularité et souhaitent préserver les caractéristiques traditionnelles du tournoi hivernal européen.

Pour fermer le ban, Feehan affirmait, toujours en 2010, que les points de bonus ne changeaient rien et n’avaient pas de réel intérêt. Sur ce point, il n’avait pas complètement tord mais un peu quand même. En suivant la logique à l’œuvre dans le système de points de bonus classique, un vainqueur de Grand Chelem qui gagnerait tous ses matchs sans bonus offensif pourrait être dépassé au classement par une équipe qu’elle aurait battue mais qui aurait engrangé les points de bonus… Ce qui aurait pu arriver en 2002, année où l’Angleterre fait pleuvoir les essais tandis que la France gagne laborieusement ses matchs. Sauf qu’à la suite de la rencontre décisive entre les deux équipes, ce sont les Bleus qui empochent le Grand Chelem grâce à une victoire 20 à 15, une marge minime qui, avec le système de points de bonus aujourd’hui discuté, aurait offert un point de bonus et le gain du Tournoi à l’Angleterre… Une hérésie pour ceux qui veulent sauver le Tournoi de papa.

Si les positions ont évolué depuis en Europe, un pays ne semble pas accueillir cette perspective avec enthousiasme, la France. Ici, on n’a d’yeux que pour le Grand Chelem et les mesures incitatives ont peu de poids face au contre-exemple répulsif de 2002. “Je suis peut-être de la vieille école mais je ne me sentirais pas à l’aise si une équipe qui a remporté le Grand Chelem venait à perdre le Tournoi parce qu’une équipe a plus de points grâce à ce système. Si cela devait arriver, je me sentirais trahi…” La vision “conservatrice” de Philippe Saint-André traduirait-elle donc un souci de justice ? Pas seulement, car il serait aisé d’y répondre en proposant un système de bonus qui assurerait la victoire finale à l’équipe réalisant le Grand Chelem. La question est en fait bien plus sensible que la justice, une notion toujours bien souvent mise à mal en Rugby. Elle touche d’abord à l’identité du Tournoi. En effet, celui-ci n’a pas deux ans, il a cent ans d’histoire derrière lui et modifier ainsi son format serait contraire à l’esprit de la compétition.

L’esprit du Tournoi existe bel et bien, et c’est surement, davantage que son niveau sportif, son meilleur atout. Lorsque les dirigeants des VI Nations cherchent des moyens de moderniser la compétition, ils oublient que c’est précisément son charme vieille-école qui le rend si unique dans le sport mondial. Le Tournoi des VI Nations est unique notamment pour ses traditions qui l’ enracinent dans le passé.Il n’y a rien de mieux que d’aller en Écosse et de voir les joueurs de cornemuse qui jouent sur le toit du stade. Du côté de Londres, Dublin ou Cardiff, d’autres spectacles font vibrer la corde émotionnelle en faisant revivre au spectateur le Tournoi du XIXe siècle. Celui-ci a pourtant bien changé, accueillant d’abord à contrecœur les Français, puis les Italiens encore quelques décennies plus tard. Les stades mythiques d’autrefois ont été modernisés ou abandonnés mais, avec ou sans points de bonus, le Tournoi passionne toujours les foules, et constitue pour les fédérations de Rugby des nations participantes un succès économique et une manne financière colossale.

Il y a dix ans, pour préserver et développer cette ressource, la direction du Tournoi avait choisi de faire passer la compétition de cinq à six équipes, permettant de jouer non plus deux mais trois matchs par week-end. Personne n’y trouve plus rien à redire. La tradition a bon dos, surtout lorsqu’elle arrange les instances dirigeantes, et celles-ci s’arrangent volontiers avec celle-là lorsque la pression des partenaires les invite depuis 2004 à programmer des matchs en prime time… Le débat actuel permet sûrement de relativiser les implications des mesures incitatives proposées pour rendre le jeu plus spectaculaire, mais il nous invite surtout à rire un peu d’un Rugby dont les tentatives de “modernisation” masquent le conservatisme, l’élitisme et les intérêts financiers bien réels des nations dominantes, derrière le côté gentiment désuet de notre bon vieux Tournoi. Et pourtant, avec ou sans points de bonus, les rituels de cette compétition folklorique continueront sans doute encore longtemps de nourrir nos rêves d’amateurs.

Il y a quelques dizaines d’années encore, on était certain qu’il serait toujours là, inchangé, chaque année de janvier à mars, tant que le ballon serait ovale, tant que la Manche nous séparerait des Anglais. Le “Tournoi”, comme l’appellent ses fidèles avec affection, c’est le cœur historique d’un jeu inventé par les Anglais et dont la maîtrise absolue a échoué sur une petite île du Pacifique moins peuplée que l’Auvergne, un jeu auquel les Américains perdent régulièrement contre les Samoans et auquel l’équipe de France peut joyeusement écrabouiller son homologue espagnole selon un taux de probabilité proche de 100%. Illustrant ces paradoxes et stéréotypes savoureux dont se délectent joueurs, entraîneurs, spectateurs et journalistes, les moindres ajustements demandés provoquent invariablement des polémiques. Car le Tournoi n’est pas une compétition comme les autres, c’est une institution. Et on ne touche pas comme ça à un tel Monument.

Durant des décennies entières, des rituels immuables ont pu être observés. La couleur des tenues respectée à la lettre, jusqu’au revers des bas, les matchs joués à Twickenham précédés d’un pique-nique au champagne, les chœurs gallois qui résonnaient dans l’Arm’s Park, donnant la chair de poule à n’importe quel téléspectateur, ou encore chaque match du XV de France accompagné d’un lancer de coq sur la pelouse. Or, de nombreux impairs ont été commis ces derniers temps, le plus souvent à des fins purement commerciales, comme les rencontres disputées en nocturnes ou les maillots subissant de plus en plus d’outrages, celui porté samedi par nos petits coqs étant assez édifiant. Alors bien sûr, en adaptant aux VI Nations le barème de classement des autres compétitions et en acceptant au sein du Tournoi de nouvelles nations, les “historiques” donneraient au Rugby un visage plus moderne et universaliste, mais est-ce vraiment son rôle ? Les Américains cherchent-ils à tout prix à étendre la pratique de leur Football ? Non, comme le Base-ball, c’est leur identité culturelle qui est représentée à travers cette discipline, et ils ne souhaitent pas forcément le conjuguer à toutes les sauces, et risquer ainsi de le dénaturer. Pour le Tournoi c’est la même chose, il est hors du temps, et même si le Rugby venait à se développer dans de nouvelles contrées, ce qui est souhaitable par ailleurs, on ne doit pas pour autant y toucher.

  1. avatar
    9 février 2016 a 12 h 47 min

    Rien à ajouter tant je partage la conclusion de cet article et tout le trajet suivi, qui est très équilibré (j’aurais été incapable de tant de retenue, pour moi on ne touche pas au tournoi et on revient aux 5 nations).

    Bravo CriCri !

    Sinon, fin de carrière pour l’asperge rousse et verte, j’ai nommé Paul O’Connell, dit Paulo Quenelle.

    Bernard Laporte tousse, l’Irlande pleure, salut l’artiste !

    Il nous reste encore Alun Wyn-Jones !

    • avatar
      9 février 2016 a 16 h 27 min
      Par Cullen

      Salut Zancky et merci !

      J’avoue que dans le tas, bien que je sois assez conservateur (sans forcément être de droite), il y a une idée qui me séduit assez, celle d’une vraie finale. Comme c’est écrit dans l’article, on continuerait à sacraliser le fameux “Grand Chelem” qui reste le graal absolu mais si (et seulement si) aucune équipe ne parvient à le réaliser, on met en place une finale une semaine après la dernière journée (pas simple au niveau logistique j’avoue) à l’issue de laquelle on remet le trophée au vainqueur. Mais ce serait probablement une entorse déjà trop importante à la tradition.

      Sinon, pas étonnant qu’il s’arrête le géant vert vu comment il s’est envoyé toutes ces années. On loue souvent le fighting spirit irlandais, O’Connell en était surement un de ses meilleurs ambassadeurs. Bon rétablissement à lui.

      • avatar
        9 février 2016 a 17 h 05 min

        Le rugby a beaucoup changé, et c’est normal, on n’arrête pas l’évolution, ce serait ridicule. Après on a le droit de réfléchir au sens de l’évolution.

        Par contre, dans ce rugby en évolution, je pense que ce qu fait le charme (pas la force, pas l’intérêt, le charme) du tournoi, ce sont ses traditions : amical, sans bonus, avec des “pays” qui ont des démographies disproportionnées…

        Les Ecossais devraient en avoir marre d’être humiliés depuis 25 ans dans un sport qui n’est même pas le leur, mais, non, c’est sans doute un des derniers endroits où une équipe écossaise existe encore vraiment.

        Pour le reste, y’a la coupe du monde.

  2. avatar
    10 février 2016 a 17 h 01 min
    Par Cullen

    Pour ceux qui ont été intéressés par la lecture mais qui sont encore un peu sceptiques, voici un petit complément sur le Tournoi : http://yourzone.beinsports.fr/rugby-6-nations-la-magie-du-tournoi/

  3. avatar
    10 février 2016 a 20 h 53 min

    Salut Christian, merci pour l’article, toujours un régal à lire.
    Le tout est bien équilibré, et regorge de bonnes idées.

    Moi j’aime particulièrement l’idée un Euro de rugby tous les 4 ans. Cela ouvre les portes aux autres nations européennes en laissant le VI nations intact, 3 ans sur 4, ce qui est pas mal.

    Et l’autre spécificité que tu peins à travers l’article, c’est bien sûr le petit côté folklorique du Tournoi. Je pense que c’est un plus d’avoir une compétition qui a su garder son charme malgré la professionnalisation. Donc je suis réticent à l’idée d’avoir un système de bonus ou même une finale s’il n’y a pas de Grand Chelem.

    Si le succès populaire et financier sont au rendez-vous, je ne vois pas pourquoi il faudrait changer juste pour changer, tant que les équipes s’y investissent à fond naturellement.

    • avatar
      11 février 2016 a 10 h 32 min
      Par Cullen

      Merci Fabrice.

      Effectivement l’idée d’un Euro serait un bon compromis, de cette manière on ne toucherait pas au Tournoi dans sa forme actuelle (excepté une année sur quatre où il ne serait pas disputé) et on aurait l’ouverture souhaitée par certains aux nations émergeantes. Maintenant, ce serait hautement symbolique, les écarts de niveau sont encore très importants, suffisamment en tout cas pour que les “gros” se retrouvent à chaque fois dans le dernier carré pour disputer le titre.

    • avatar
      11 février 2016 a 15 h 37 min

      Oui mais au moins aux 4 ans les petites nations auraient une vraie compétition pour se jauger, avec à terme des parcours-surprise possibles jusqu’en quarts ou en demies, comme on voit parfois en foot (ex. la Corée du Sud en demies à la CDM 2002; je sais il y avait des problèmes d’arbitrage).

  4. avatar
    27 mars 2016 a 12 h 57 min
    Par barca09300

    le systeme de l’integration des bonus défensifs et offensifs seraient interressant car cette annee on a vu l’irlande , le pays de galles et l’angleterre qui aurait pu prendre le bonus offensif contre l’italie

  5. avatar
    19 septembre 2016 a 20 h 52 min
    Par barca09300

    Moi j’aimerais voir un genre de mini-championnat tout les 4 ans entre les équipes suivantes (Afrique du Sud, Angleterre, Argentine, Australie, Ecosse, France, Irlande, Italie, Nouvelle-Zélande, Pays de Galles) ça serait bien je pense

    • avatar
      6 octobre 2016 a 12 h 12 min
      Par Cullen

      Ce serait en effet très sympa. L’IRB avait d’ailleurs réfléchi à une compétition similaire dans les années 90’, calquée sur le Tournoi des V nations à l’époque, avec la Nouvelle-Zélande, l’Australie, l’Afrique du Sud, la France et les Lions britanniques, et disputée à la place des Tournées (été et automne). Mais pour une raison que j’ignore, le projet n’a jamais abouti.

  6. avatar
    20 octobre 2016 a 17 h 04 min
    Par BARCA09300

    okay

  7. avatar
    6 novembre 2016 a 19 h 13 min
    Par BOUDEAU

    Au lieu de se poser la question de la place de l’Italie, pourquoi ne pas envisager un barrage entre le dernier du Tournoi des VI Nations et le premier du Tournoi B , même si les dirigeants géorgiens semblent opposés.

  8. avatar
    13 novembre 2016 a 16 h 42 min
    Par barca09300

    le mieux se serai de creer un tournoi a 9 nations en rajoutant la géorgie la roumanie et la russie

  9. avatar
    17 décembre 2016 a 17 h 50 min
    Par Cullen

    Bon bah voilà, une page se tourne avec l’adoption des bonus offensifs/défensifs dans le Tournoi. Pour une fois qu’une compétition ne succombait pas aux sirènes du “toujours plus”, je trouve cette décision risible. La beauté du Tournoi trouve justement son origine dans le charme de son conservatisme. Ce n’est pas un championnat classique mais une série de match nation contre nation où seule la victoire compte, et rien n’est plus beau que de gagner d’un point à Twickenham par exemple.

    Maintenant, quelle sera la prochaine étape ? L’ouverture à d’autres nations ? La mise en place d’un barrage ? Un championnat d’Europe comme il est organisé dans les autres disciplines ? Ce jour là, la magie du Tournoi aura vraiment disparue.

  10. avatar
    23 décembre 2016 a 21 h 40 min
    Par barca09300

    je trouve que c’est une bonne decision d’avoir rajouter les bonus defensifs et offensifs

  11. avatar
    26 janvier 2017 a 21 h 51 min
    Par barca09300

    le mieux ca serait de faire un barrage entre le dernier du 6 nations a et le 1er du 6 nations b

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