Le XV de France de légende
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Le XV de France de légende

Après un énième match brouillon des Bleus, et face à la plus faible équipe d'Italie depuis qu'elle a intégré le Tournoi, il est devenu très difficile de prendre du plaisir en suivant le XV de France. L'occasion de se souvenir que d'autres générations ont, elles, réussi à nous faire rêver, et par l'intermédiaire de joueurs parfois exceptionnels. Diaporama des meilleures individualités ayant composé le XV de France depuis l'après-guerre.

Longtemps cantonné au monde amateur, le rugby a connu de profonds bouleversements depuis qu’il est passé professionnel. En l’espace de vingt ans, tout s’est brusquement accéléré à un rythme effréné. Les mordus de ce sport qui auraient vécu en ermite ces deux dernières décennies auraient d’ailleurs bien du mal à reconnaître aujourd’hui leur jeu, devenu un spectacle mondialisé.

L’image du “p’tit gros” placé au poste de pilier et du frêle jeune homme positionné dans le rôle d’ailier a vécu. Aujourd’hui, finies également les troisièmes mi-temps bien arrosées, les joueurs qui pénètrent sur la pelouse sont des machines préparées avec la plus grande minutie. Rien n’est laissé au hasard et le travail n’est plus basé uniquement sur le foncier et le jeu. Chaque équipe bénéficie d’un staff technique, composé de plusieurs entraineurs mais aussi de médecins, de kinés ou encore de nutritionnistes. Les sessions vidéo se sont multipliées et les séances d’entrainement sont découpées en activité à la fois spécifiques et collectives. La récupération, la diététique et le travail psychologique sont autant de paramètres qui font partie intégrante du rugby moderne, sans parler des séances de musculation quotidiennes.

Ces programmes d’entraînements, réglés comme du papier à lettre, ont permis aux joueurs d’aujourd’hui d’acquérir une parfaite condition physique, indispensable dans le rugby actuel pour produire un volume et une intensité de jeu suffisamment forts pour mettre l’adversaire en difficulté. Une intensité que l’on peut quantifier en temps de jeu effectif et qui est passé, en l’espace de vingt ans, de 30% à l’aube du professionnalisme à plus de 45% aujourd’hui en Top 14, et même proche de 50% en Rugby Championship. De même, le poids moyen d’un joueur français est passé de 86 kg en 1988 à 95 kg aujourd’hui.

Pour que le grand public adhère massivement à ce rugby contemporain, dans lequel les traditionnelles “boites à gifles” sont devenues proscrites, il a fallu faire évoluer les règles. Dès 1992, afin d’inciter les joueurs à privilégier le jeu de mouvement aux coups de pied de pénalité, l’essai fut récompensé d’un point supplémentaire. Les règles du rugby étant relativement complexes au départ, de nombreuses adaptations ont aussi été appliquées en conquête, réduisant petit à petit le nombre de touches et de mêlées. L’autorisation du “lifting” en touche, soit la possibilité pour le sauteur d’être porté par un coéquipier, fait partie des évolutions ayant changé la face du jeu. Jusque-là, deux touches sur trois étaient arrêtées (par l’arbitre) ou injouables. Aujourd’hui, ce secteur est devenu une vraie rampe de lancement. De même, lors du fameux quart de finale perdu face aux All Blacks en 2015, seulement 7 mêlées fermées ont été ordonnées car les joueurs de haut niveau multiplient les temps de jeu et font moins de fautes de mains qu’auparavant. Désormais, pour permettre aux trois-quarts de faire fructifier leur vitesse, leur adresse balle en mains, il faut avant tout gagner la bataille des rucks. De nouveaux profils sont dès lors apparus, les gratteurs, adaptés à ces phases de jeu très spécifiques et dans lesquelles, sans maitrise, il n’y a désormais point de salut.

Tous les changements qui ont émaillé les différentes phases de jeu à travers les ans n’ont pas été dictés pour autant dans le seul but de garantir un spectacle plus dense aux spectateurs, mais relèvent parfois de la tactique qui n’a, elle aussi, cessé d’évoluer. Le plaquage, indissociable du rugby, a ainsi bien changé. “Plaquez aux jambes !”, la sempiternelle recommandation que certains comme l’auteur de cet article ont connu dans les écoles de rugby semble aussi rétro que ceux qui l’ont en bouche autour des terrains. Aujourd’hui, pour être efficace, il faut plaquer le plus souvent au dessus de la ceinture pour bloquer à la fois l’adversaire et le ballon.

De même, le poste n’a plus vraiment d’importance aujourd’hui, la polyvalence oui. L’époque où Jean-Pierre Garuet trottinait d’une mêlée à l’autre est révolue. Désormais, on demande à un pilier de courir comme un trois-quart, et à un ailier de défendre comme un troisième ligne, une évolution particulièrement visible dans le cinq de devant, où les deuxièmes lattes ne se contentent plus de sauter en touche et batailler dans les regroupements mais sont aussi amenés à toucher beaucoup de ballons et participer au jeu. Le prototype moderne dans ce secteur est le All-Black Brodie Retallick, qui pourrait probablement jouer trois-quart centre. A part sur les phases de conquête, où il y a encore des tâches spécifiques, chaque joueur doit être dans la pluralité. Celui qui se trouve le plus près du joueur qui est plaqué doit aller déblayer, quel que soit son numéro. Celui qui arrive le premier sur un ruck doit également pouvoir remplacer le demi de mêlée. Automatiquement, le bagage technique du joueur a évolué.

Cette polyvalence a aussi entraîné une réduction des espaces, puisque désormais tous les joueurs se déplacent et se replacent en défense pendant 80 minutes ou presque, avec comme résultat la multiplication des temps de jeu et la prise du milieu de terrain pour déstabiliser à l’usure des défenses resserrées. Plus spectaculaire pour certains, le rugby est surtout devenu beaucoup plus stéréotypé.

Dans ces conditions, difficile de comparer le rugby à papa, inventé, “cuisiné” entre Garonne et Pyrénées, et celui d’aujourd’hui. Pour rendre hommage aux plus grands joueurs à avoir porté le maillot frappé du coq, il était donc indispensable de dresser deux équipes, une ayant évolué sous statut amateur, et une autre sous les astres du professionnalisme. Une en s’appuyant sur des images d’archives et une large documentation, une autre, à travers la propre vision de l’auteur qui, à quelques années près, a découvert ce jeu lorsque celui-ci est devenu professionnel.

Le XV de France de légende version “confit-foie gras” (1945-1995)

1 Amédée Domenech
Le Duc. Personnage truculent, providence des journalistes auxquels il fournissait des rations d’anecdotes, sa vie est un roman. Pupille de la nation, le rugby lui a évité la prison. Il a aussi tourné dans plusieurs longs métrages. Il était si rapide et si vif qu’il s’est retrouvé à l’aile face aux Anglais à Twickenham en 1961 pour soulager Dupuy, claqué, à une époque où les remplacements n’étaient pas autorisés. En inscrivant huit essais, il préfigura l’ère des piliers modernes. Domenech a aussi évolué une fois troisième-ligne centre, contre l’Australie, toujours en 1961.

2 Philippe Dintrans
Brave parmi les braves. Né pour être leader, il n’a jamais cessé d’insuffler à ses coéquipiers l’envie de se dépasser. Il montrait toujours l’exemple, étant souvent le premier au combat : dans les rucks, en percussion, au plaquage, repoussant les limites de la souffrance physique. Excellent lanceur en touche, il fit ses débuts en Nouvelle-Zélande, lors de la fameuse tournée de 1979, et resta titulaire indiscutable. Quand Jean-Pierre Rives se retira en 1984, il fut son successeur tout désigné et commanda le XV de France à 12 reprises. Victime d’une hernie discale en 1985, puis d’une blessure au tendon d’Achille en 1989, il sut revenir en bleu à chaque fois, malgré l’avis du corps médical.

3 Robert Paparenborde
Le chien de berger. Fils de cantonnier, il fut d’abord champion de France cadet de judo, pratiqua le handball (il fut international juniors) et l’athlétisme (poids, disque, javelot et relais 4×100 m) avant de débuter au poste de trois-quarts centre avec ses copains du lycée Louis-Barthou de Pau. Vite détecté pour ses qualités de vitesse et d’adresse, il évolua ensuite à l’aile de la Section Paloise, avant d’épaissir et de passer petit à petit pilier. International sur le tard – à 27 ans – il fut des Grands Chelems 1977 et 1981 dans un rôle de fidèle lieutenant auprès de Jacques Fouroux, puis de Jean-Pierre Rives, son ami. Redouté en mêlée fermée pour sa capacité à désaxer son vis-à-vis, il a aussi inscrit sept essais, preuve de son implication dans le jeu.

4 Benoit Dauga
Le grand Ferré. Comme ce paysan, colosse indestructible, qui s’illustra dans l’Oise durant la Guerre de Cent Ans. Benoit Dauga, ancien basketteur, a découvert le rugby par l’entremise des frères Boniface. Agile, principal pourvoyeur de balles en touche, il excellait aussi dans le jeu au large où sa vitesse de course, son adresse et son sens du timing faisaient merveille. Neuf fois capitaine du XV de France, il inscrivit 11 essais, ce qui est inhabituel pour un avant. Mais il fut surtout reconnu pour sa force de frappe. Les Sud-Africains, qui apprécient les hommes forts, lui vouent encore aujourd’hui un culte à l’égal de Meads, McBride et Du Preez, ses alter-ego des années 60-70. En 1971, à Durban, Springboks et Tricolores allumèrent la plus terrible bagarre jamais vue en match international. Il fallut la présence de ce géant pour que ce combat de rue ne tourne pas à l’avantage des Sud-Africains et surtout qu’il prenne fin. Leader aussi en troisième mi-temps, lors de laquelle à la fin de chaque banquet, il lâchait à ses coéquipiers : “Messieurs, la nuit est à vous !”

5 Lucien Mias
Docteur Pack. Ou l’intelligence mise au service de l’action. Ce chef de meute a réinventé le jeu d’avants autour du “demi-tour contact”, percussion puis protection du ballon pour l’offrir à un partenaire lancé. Une révolution technique et tactique. Il y a aussi associé ce qu’on appelle aujourd’hui “l’esprit commando”, essentiel pour décrocher le Graal ovale de son époque : battre les Springboks en série de Tests chez eux. Cet exploit, il le réalisa en 1958, dans ce qui reste le plus grand combat du XV de France, immortalisé dans l’ouvrage de Denis Lalanne. Après des débuts internationaux, cet instituteur de Mazamet arrêta sa carrière pour se consacrer à ses études. Devenu médecin, il retrouva le XV de France. Six fois capitaine entre juillet 1958 et avril 1959, il constitua une garde rapprochée de fidèles (Vigier, Quaglio, Mommejat, J. Carrère, Barthe) pour parvenir à ses fins. “Un bon pack, c’est une contagion !” lança-t-il. Avec ce cri de ralliement, la France remporta seule – enfin – le Tournoi 1959. En un an seulement, Lucien Mias laissa son empreinte. Indélébile.

6 Jean Prat
Mister Rugby. En 1955, fasciné par l’emprise que ce stratège et buteur avait sur l’équipe de France depuis son poste de troisième-ligne aile détaché partout et toujours présent au plus près de l’action, en attaque comme en défense, le pape des journalistes anglais, Pat Marshal adouba le Lourdais. Jean Prat personnifiait ce jeu aux yeux de ses inventeurs. La plus haute marque d’estime. Effectivement, jamais un joueur n’avait autant pesé au sein d’une équipe. En 1947, pour le retour de la France dans le Tournoi, ce joueur d’exception construisit et pérennisa un système de jeu dont il était le garant, basé sur la précision des passes afin de créer un décalage en bout de ligne, y ajoutant le coup de pied de recentrage pour faire rebondir l’attaque vers les avants placée dans l’axe. Seize fois capitaine, inspiré par le fair-play et la rigueur des Anglais, ce sportif accompli donna au XV de France ses premières lettres de noblesse : première victoire à l’extérieur dans le Tournoi (1948), premier succès à Twickenham (1951), première victoire contre les All Blacks (1954).

7 Jean-Pierre Rives
Casque d’Or. C’est ainsi qu’il fut surnommé par Roger Courderc, la voix du rugby. Parce qu’on ne voyait que lui sur le terrain. Son nom fut scandé au Parc des Princes dès sa deuxième sélection dans le Tournoi et son portrait se retrouva rapidement à la une des magazines people, ce qui n’était jamais arrivé auparavant à un rugbyman. La seule voie que ce tennisman contrarié connaissait s’apparentait à une ligne droite. Le premier au soutien, le premier au ballon, le premier à se jeter dans la fournaise des regroupements. D’un gabarit modeste pour un avant, il mettait la tête là où personne n’osait mettre les mains. Rives, le visage ensanglanté, est aujourd’hui une icône. Un joueur charismatique, première star du petit écran. Et pas seulement pour la couleur de ses cheveux mais surtout pour sa fougue et la portée de ses exploits. Capitaine à 34 reprises, il mena le XV de France à l’assaut de l’Eden Park d’Auckland le 14 juillet 1979, un match pour la postérité. Parfait gentleman, adulé par les Anglo-Saxons pour la finesse de ses reparties, il représente le meilleur du rugby français: correction, bravoure, talent.

8 Walter Spanghero
Sang de héros. Connu pour ses saillies et ses traits d’humour, “Oualtère” aimait à répéter: “Un match qui ne fait pas mal est un match raté”. C’est dire s’il aimait l’affrontement. Elevé à la dure au milieu de ses cinq frères, habitué aux rudes travaux de la ferme, il encaissait sur le terrain les coups comme personne, se forgeant une réputation d’avant généreux. Apprécié des médias mais parfois sanctionné par les dirigeants fédéraux pour son franc-parler, il est entré dans la légende lorsque son absence – au sein d’un XV de France à la dérive après dix défaites d’affilée – fut remarquée et regrettée en 1969 par le président de la République, Georges Pompidou. Devenue affaire d’Etat, la sélection du banni fut immédiatement entérinée. Il fut même promu capitaine au moment d’affronter les Gallois à Colombes. Avant protée, sa polyvalence ne fut jamais un frein. Il évolua avec le même bonheur deuxième-ligne et troisième-ligne aile, même si son poste de prédilection demeura troisième-ligne centre, pour diriger la manœuvre du pack.

9 Jérôme Gallion
Taureau aux sabots de vent. C’est ainsi que l’écrivain Jean Lacouture qualifia l’enfant chéri de Mayol pour ses débuts internationaux dans le Tournoi 1978. Trois sélections et déjà trois essais. Porté par des jambes de feu, fulgurant sur trente mètres, d’une rare intelligence, le Toulonnais avait tout pour plaire : pianiste par passion, dentiste de profession. Et le week-end, “match winner”. Après trois saisons sur un nuage, on lui reprocha ses excès d’individualisme à une poste où il était censé faire jouer les autres. Il claqua la porte. Et revint par intermittence.

10 Pierre Albaladejo
Monsieur Drop. Arrière à ses débuts internationaux mais barré par la concurrence, il se convertit à l’ouverture et, à 27 ans, revint en équipe de France. Contre l’Irlande, en 1960, à Colombes, il inscrivit trois drop-goals qui le firent entrer dans l’Histoire. D’autant plus qu’il en marqua deux autres contre l’Italie dans le match suivant. Son style, fluide, élégant et coulé, plut rapidement au public. Pendant quatre saisons, il sera l’inamovible ouvreur tricolore, distillant de longs coups de pied tactiques tout en sachant libérer ses centres par des passes sèches et précises. Son nom, imprononçable par les Anglo-Saxons, devint un signe de ralliement.

11 Patrice Lagisquet
Le label bleu. C’est ainsi que le coach tricolore Jacques Fouroux, pourtant porté sur le jeu d’avants, définissait cet ailier longiligne, rapide comme l’éclair, doté de crochets sidérants, qu’il a toujours sélectionné. Ancien athlète, le girondin devenu basque d’adoption a inscrit 20 essais avec le XV de France, dont il était l’arme offensive la plus tranchante. Dommage qu’il n’ait pas été aussi inspiré en tant qu’entraineur, et notamment lorsqu’il était aux côtés de Philippe Saint-André pour animer le jeu du XV de France.

12 André Boniface
L’archange du rugby. Surdoué à la technique individuelle impeccable, le visage et le corps de l’Apollon du Belvédère, il était surtout le premier joueur à s’être préparé comme un athlète. Entraînement quotidien, musculation et diététique, il pratiquait l’ascèse afin de mettre à chaque rencontre sa vélocité et sa fraîcheur physique au service du jeu de lignes (celui de Mont-de-Marsan et du XV de France) dont il était le phare. Sportif accompli (tennis, golf, athlétisme), il débuta à l’aile mais s’illustra au centre. Adepte du jeu d’attaque, maître dans l’art du cadrage-débordement et de la passe croisée, son association avec son frère Guy entre 1960 et 1966 donna lieu à des exploits retentissants, à l’image du succès contre les Gallois en 1965 à Colombes, resté dans les mémoires.

13 Philippe Sella
L’indestructible. Un hachoir en défense, une lame tranchante en attaque. Craint par ses adversaires, sans faille dans l’engagement, jamais soumis aux baisses de régime, d’humeur égale, il fut l’inaltérable homme de base du XV de France avec lequel il disputa trois Coupe du monde (1987, 1991 et 1995). Sa sélection fut indiscutable tellement elle était indispensable à l’équilibre de l’équipe. Athlète naturel formé au rugby à XIII, ce trois-quart centre au registre complet, auteur de trente deux essais en bleu, pouvait aussi évoluer trois-quarts aile ou arrière. Son crochet intérieur et ses plaquages désintégrants ne firent pas oublier ses percées rectilignes au cœur des défenses adverses ou ses interceptions, comme celle qui permit à la France, en 1986, de l’emporter à Twickenham, l’année où il inscrivit dans le Tournoi un essai contre chacune des quatre nations qui lui furent opposées. Percutant et accompli techniquement, il a changé à jamais les canons du poste, s’inscrivant comme le centre de référence. Il est le premier Français inscrit au Hall of Fame du musée de Twickenham.

14 Christian Darruy
L’Éliacin à réaction. C’est ainsi qu’il fut surnommé par l’écrivain Antoine Blondin. L’Éliacin, dans la Rome antique, était un enfant qui disputa les jeux du cirque. Gracile, ce pur sprinteur redoutait le contact avec l’adversaire. Il inscrivit trois essais contre l’Irlande en 1963 et celui de la victoire contre les Springboks à Springs, en 1964. Il en inscrivit 23 au total durant sa carrière. Capitaine, il remporta le Tournoi 1967 et envoya un télégramme au président de la République, le Général de Gaulle, avec ces deux mots: “Mission accomplie !”.

15 Serge Blanco
Le Pelé du rugby. Délié, étonnant et détonnant, survolant sans effort apparent son premier match en équipe de France juniors face aux Gallois en 1978, ce métis longiligne et crépu à la Jackson Five fut ainsi surnommé en référence au magicien brésilien du football par l’ancien flanker international devenu journaliste, John Taylor. Aucun attaquant sur la planète ovale n’a été aussi doué que le Biarrot pour la relance et l’esquive, la feinte et la course chaloupée. Décrié par certains pour ses carences défensives, Blanco, 17 fois capitaine du XV de France, buteur précis (233 points en matches internationaux), qui disputa deux Coupes du monde en 1987 et 1991, fut surtout l’expression la plus éclatante du French Flair. Son instinct et ses qualités naturelles lui permirent aussi de réaliser des exploits hors du commun, comme par exemple cet essai inscrit face à l’Australie en 1990 après cent mètres de course en solitaire. Blanco demeure aujourd’hui et pour quelques temps encore le recordman des essais inscrits (38) en équipe de France. Et il est resté fidèle à son club de toujours, le Biarritz Olympique, bien qu’il n’ait jamais pu être sacré champion de France avec le club basque.

Remplaçants : Gérard Cholley, Daniel Dubroca, Olivier Roumat, Michel Crauste, Pierre Berbizier, Jo Maso, Pierre Villepreux.

Le XV de France de légende version “paillettes et showbiz” (1995-2017)

1 Christian Califano
Le pilier du siècle. Capable d’évoluer indifféremment à droite ou à gauche, ce qui est rare pour un première-ligne international, “Cali” était particulièrement rapide et adroit balle en mains, et n’hésitait pas à intervenir dans la ligne de trois-quarts, au relais des attaquants. Considéré comme le prototype de l’avant moderne, polyvalent, dur au mal et véloce, il a inscrit pas moins de sept essais en matches internationaux. Il a également participé à deux Coupes du monde (1995 et 1999). Vainqueur de la première Coupe d’Europe avec le Stade Toulousain (1996), il a été recruté sous les couleurs des Auckland Blues en 2002, et est le seul Français à ce jour à avoir disputé le Super Rugby pour une province néo-zélandaise. Les Maoris, qui l’ont tatoué et adopté lors de son séjour, ont fait de lui leur ambassadeur en France.

2 Raphael Ibanez
Le talon d’or. Formé à Dax, c’est le baroudeur du rugby professionnel. Il est en effet passé par Perpignan, Castres, les Saracens et les Wasps de Londres, avec lesquels il fut champion d’Angleterre et d’Europe. Il est membre d’une grande famille de rugbymen. Son père était comme lui talonneur de Dax, il est le beau-frère d’Olivier Magne, et est marié à la fille de Claude Dourthe, la soeur de Richard. Capitaine dans l’âme, il a été champion du monde universitaire (1996) avant de commander (à 41 reprises) le XV de France lors des Coupes du monde 1999 et 2007. Entre temps, en 2003, il avait annoncé sa retraite internationale. Comme le footballeur Didier Deschamps avant lui, il a inauguré le Stade de France en 1998 à la tête de son équipe pour l’ouverture du Tournoi des V Nations, avant de remporter le Grand Chelem dans la foulée.

3 Sylvain Marconnet
Faute de carre. Les internationaux français avaient une semaine de repos avant de reprendre leur préparation pour le Mondial 2007. Sylvain Marconnet se fractura la jambe au ski. Forfait. Un crève-cœur pour ce première-ligne mobile, considéré à l’époque comme l’un des meilleurs au monde à son poste. Il demeure pour un temps encore le pilier français le plus capé, devant des références comme Nicolas Mas, Christian Califano ou encore Pieter de Villiers.

4 Abdelatif Benazzi
Le roi du Maroc. Premier et unique capitaine du XV de France, en 1996 et 1997 (Grand Chelem à la clé), à avoir porté avant cela les couleurs d’un autre pays, le Maroc en l’occurrence. Il fait partie de ces rares joueurs, comme Walter Spanghero ou André Herrero, qui furent sélectionnés en deuxième ou en troisième-ligne avec l’équipe de France et s’acquittèrent de leurs tâches avec la même intensité. Utilisé pour franchir les défenses au plus près de la zone de conquête grâce à sa masse physique, mais aussi pour capter les ballons dans l’alignement et le jeu aérien, Abdelatif Benazzi aura été l’indispensable poutre maîtresse du pack tricolore lors des Tournois, des Tournées, et surtout des Coupes du monde (1991, 1995 et 1999).

5 Fabien Pelous
Le totem. Mâchoire carrée, stature de commandeur, tempérament batailleur, Fabien Pelous a tout gagné dans sa carrière. Bouclier de Brennus avec le Stade Toulousain (1999, 2001), Coupe d’Europe (2003,2005), Grands Chelems dans le Tournoi (1997, 1998, 2002, 2004), Coupe de France (1998). Tout, sauf un titre mondial, malgré trois participations (1999, 2003, 2007). Pourtant, il avait goûté à ce titre avec les juniors (1992) et les universitaires français (1996) mais ils n’avaient pas la saveur du trophée Weeb-Ellis. Titulaire d’un diplôme de kinésithérapeute et d’un autre en management, il fut, avant Dusautoir, le recordman des capitanats en équipe de France (42). Il lui reste deux records, celui du plus grand nombre de sélections (118) et des Grands Chelems (4). Ancien footballeur, excellent gaucher, doté d’un bon jeu de tête, il avait tout pour faire carrière dans la balle ronde. Mais attiré par le contact, le combat et la vie de groupe entre copains, il a opté pour l’ovale. Le bon choix puisqu’il est considéré aujourd’hui encore comme l’une des références mondiales au poste de deuxième-ligne.

6 Olivier Magne
Le magnifique. Ancien skieur, celui qui succéda à Jean-Claude Skrela et Laurent Cabannes au poste de flanker, effectuait ses descentes dans la défense. Doué au pied comme à la main, il était également utilisé comme sauteur en fond d’alignement. Infatigable dévoreur d’espace pour être à la pointe de l’action ou au soutien, il a aujourd’hui quatre Grand Chelems à son compteur, remportés entre 1997 et 2004, et a inscrit 14 essais en Bleu, soit le record en équipe de France pour un membre du pack. International à VII, il a également disputé deux Coupes du monde en 1999 et 2003.

7 Thierry Dusautoir
Le leader maximum. Ce robuste défenseur, judoka de formation, détient depuis 2014 le record de capitanats, 51, en équipe de France, série en cours. Ce qui le place sur la plus haute marche, devant Fabien Pelous, Raphael Ibanez, Jean-Pierre Rives, Philippe Saint-André ou Jean Prat, excusez du peu. Il est entré dans le gotha un soir d’octobre 2007, au Millennium stadium de Cardiff, alors que deux mois plus tôt, il n’était même pas dans la liste des sélectionnés. Son surnom, “le destroyer noir”, lui a été donné par les journalistes néo-zélandais à l’issue du quart de finale contre les All Blacks où il asséna 38 plaquages, là-aussi un record. Depuis, il n’a cessé depuis d’être un briseur d’attaques, dans le sillage duquel se placent tous ses coéquipiers. Discret, altruiste, cet ingénieur de formation ne s’exprimait jamais aussi bien que dans l’action. Après avoir échoué d’un rien (8-7) en finale de la Coupe du monde 2011 contre la Nouvelle-Zélande, à Auckland, il disputa son troisième Mondial d’affilée. Le deuxième comme capitaine. Là encore, une distinction.

8 Imanol Harinordoquy
Le basque bondissant. Des mains de basketteur, un long rayon d’action, précieux dans le jeu aérien, dominant en touche. Capable, d’un geste, de résoudre une situation jugée inextricable et d’ouvrir le champ des possibles. Presque aussi bon en troisième ligne aile qu’en numéro huit, il avait surtout une présence rassurante tant il maîtrisait la technique de ces deux postes. Lui qui a disputé trois Coupes du monde (2003, 2007 et 2011) avait une spécialité (en dehors de détester les Anglais) : jouer le décalage le long de la ligne de touche, là où personne ne l’attendait. Ce qui lui a permit d’inscrire treize essais en équipe de France.

9 Fabien Galthié
L’orchestrateur. Lancé à 22 ans dans le grand bain international lors du Mondial 1991 pour remplacer Pierre Berbizier, le joueur formé à Colomiers, en banlieue toulousaine, détient toujours le record du nombre de Coupes du monde disputées avec le XV de France, avec quatre participations (1991, 1995, 1999 et 2003). Joueur subtil et filiforme toujours en quête d’absolu, il a connu tour à tour plusieurs entraîneurs nationaux, Dubroca, Berbizier et Laporte, et s’est inscrit à chaque fois dans leurs projets. Mais sa carrière s’est construite avec des hauts et des bas, un leadership et des blessures, des mises à l’écart et des retours lumineux. Capitaine à 24 reprises, il a remporté à la tête d’une équipe très offensive le premier Grand Chelem français du Tournoi des VI Nations en 2002.

10 Christophe Lamaison
Titou. Doté d’un sens tactique aiguisé, le joueur formé à Peyrehorade savait parfaitement doser le jeu, alternant l’attaque balle en mains et l’occupation au pied. Christophe Lamaison a notamment été l’auteur d’un match d’anthologie face aux All Blacks en demi-finale de la Coupe du monde 1999 à Twickenham, où il réussit pour la seconde fois de sa carrière ce qu’on appelle dans le jargon rugbystique un “full house”, à savoir inscrire au moins un essai, une pénalité, un drop et une transformation au cours du même match. Le numéro 10 reste néanmoins le poste qui fait le plus débat. C’est un des mystères du rugby tricolore, la France n’a jamais eu un très grand demi d’ouverture sachant s’imposer comme titulaire indiscutable sur une longue période. Avec 380 points inscrits avec les Bleus, il est d’ailleurs le deuxième meilleur performeur derrière Frédéric Michalak, mais loin des recordmen du monde Jonny Wilkinson ou Dan Carter qui ont inscrit chacun plus de 1000 points en équipe nationale.

11 Christophe Dominici
Une pile électrique. Des appuis explosifs, une accélération sidérante. D’un crochet, d’une feinte sur son aile, il était capable de déstabiliser toute une défense. Ancien footballeur, il aurait pu passer pro mais il s’est imposé au rugby comme finisseur. Meilleur marqueur français en Coupe du monde avec huit essais entre 1999 et 2007, ce joueur anachronique a prouvé dans une époque dominée par les joueurs de plus en plus costauds et davantage taillés pour le contact que pour l’esquive, qu’avec sa pointe de vitesse et ses crochets foudroyants, il avait toute sa place dans le jeu moderne malgré son modeste gabarit.

12 Yannick Jauzion
Le bonifieur. Le Tarnais a débuté par une victoire contre les Springboks à Johannesburg et terminé par une défaite humiliante contre les Italiens à Rome, la première de l’histoire du XV de France dans le Tournoi. Entre ces deux extrêmes, onze saisons à tutoyer les sommets, avec deux Grands Chelems (2004, 2010) et vingt essais inscrits. Une carrière placée sous le signe de l’excellence. Yannick Jauzion, solide défenseur doté d’un gabarit de troisième-ligne, a surtout été remarqué pour sa faculté à faire briller ses partenaires, attirant à lui les défenseurs pour mieux créer des espaces. Désigné meilleur centre du monde en 2005 par un jury de l’IRB, il a aussi été sacré trois fois champion de France et trois fois champion d’Europe avec Toulouse entre 2003 et 2012.

13 Aurélien Rougerie
L’enfant de Michelin. Son père, Jacques, était pilier international avec Montferrand. Sa mère, Christine Dulac, internationale de basket à Clermont. Lui est un immense attaquant, coqueluche du stade Marcel-Michelin. Depuis sa première licence avec Clermont en 1986 à l’âge de six ans, l’ailier de formation, reconverti en centre par son ancien entraîneur Vern Cotter, a passé plus de trente ans dans le même club. Capitaine tricolore en 2011, le grand blond a disputé trois Coupes du monde (2003, 2007 et 2011) et a inscrit 23 essais en bleu.

14 Vincent Clerc
Le gendre idéal. A l’origine demi de mêlée, sa pointe de vitesse lui a permis de mieux s’exprimer à l’aile. Il a connu une progression exponentielle puisqu’il est devenu le deuxième meilleur marqueur français, avec trente-quatre essais, juste derrière l’intouchable Serge Blanco. Celui qu’il inscrivit en 2007 contre l’Irlande à Croke Park, à la dernière seconde, permit à la France de l’emporter in extremis. Il a disputé les Coupes du monde 2007 et 2011, et remporté les Grands Chelems 2004 et 2010.

15 Jean-Luc Sadourny
Irréprochable. Davantage que Blanco ou Villepreux, le Columérin est aujourd’hui encore considéré par les Anglo-saxons comme le meilleur arrière français. Sûr sous les ballons hauts, précis dans ses dégagements et tranchant lors de ses relances, Sadourny était aussi discret dans les médias qu’il était essentiel au sein du collectif tricolore. Il fut également l’auteur du fameux “essai du bout du monde”, inscrit en 1994 contre les All Blacks à l’Eden Park d’Auckland, lors de la série de Tests victorieuse des Bleus.

Remplaçants : Nicolas Mas, William Servat, Lionel Nallet, Serge Betsen, Dimitri Yachvili, Frédéric Michalak, Thomas Castaignède.

  1. avatar
    15 mars 2017 a 16 h 31 min
    Par Cullen

    J’avais inséré une infographie pour que ce soit plus lisible mais ça n’a pas fonctionné… Si les modos me lisent et qu’ils peuvent faire quelque chose :-)

    • avatar
      20 mars 2017 a 9 h 24 min
      Par Cullen

      Je vous ai renvoyé la pièce jointe par mail comme vous me l’avez demandé mais elle n’apparait toujours pas dans l’article.

  2. avatar
    16 mars 2017 a 12 h 34 min
    Par Guga57

    Salut Christian ! Bah tu vois, toi aussi tu as succombé au plaisir (futile) des équipes de légende !!!

    Blague à part, superbe passage en revue des meilleurs rugbymen tricolores. Je me permets quand même 2-3 petites questions :

    1. Fred Michalak ne méritait-il pas une place de titulaire en tant que meilleur marqueur historique des Bleus ?

    2. Pas de Philippe Saint-André ??? Aurais-tu gardé une dent contre lui suite à son passage en tant que sélectionneur ? Parce que comme joueur, il était quand même énorme, non ?

    3. Pas non plus d’Emile N’Tamack ? ni même de Thierry Lacroix ? ou encore de Sébastien Chabal ? Je me doute déjà de ta réponse concernant Chabal (personnage plus médiatique que rugbystique…) mais pour les deux autres j’aurai tendance à dire qu’une place (au moins chez les remplaçants) aurait été méritée, tu ne penses pas ?

    • avatar
      16 mars 2017 a 17 h 03 min
      Par Cullen

      Salut Guga et merci pour ton commentaire.

      Bon d’abord, et même si c’était dit sur un ton humoristique, je n’ai pas fait de classement, j’ai simplement choisi les joueurs les plus marquants à chaque poste, et comme ça a longuement été expliqué, j’ai été obligé de dissocier deux époques bien distinctes.

      Ensuite, bien sur que Frédéric Michalak aurait pu figurer dans l’équipe (il est tout de même remplaçant) mais il a occupé deux postes en équipe nationale, le 9 et le 10, et n’a pas toujours été très convaincant à l’ouverture, notamment lors des grands rendez-vous (cf le France-Angleterre de 2003 en CDM où il a eu beaucoup de mal à soutenir la comparaison avec Wilkinson)

      Saint-André aussi pouvait postuler (d’autant qu’aux ailes, il n’y a jamais eu de véritables génies, absolument indiscutables) mais j’avoue ne jamais avoir été un grand fan du joueur, et comme tu le dis, inconsciemment ou non, au moment de faire des choix je devais avoir de la rancœur :-)

      Enfin, Thierry Lacroix aurait peut-être pu figurer également mais il a l’inconvénient d’avoir évolué à la fois dans l’ère amateur et professionnelle (et un peu plus dans l’époque amateur), et vu la concurrence à ce poste avant 1995, difficile d’évincer de cette liste les Boniface, Sella ou Maso. Pareil pour N’Tamack qui a connu les deux époques mais qui, sous la période actuelle n’a pas marqué autant les esprits que Dominici et Clerc, et n’avait pas non plus la polyvalence de Castaignède pour prétendre être sur le banc.

      D’une manière générale, il y a forcément une part de subjectivité et même avec 2 équipes, des grands noms peuvent avoir été oubliés ou victimes d’une concurrence importante. En vrac, on peut citer De Villiers, Brouzet, Laurent Rodriguez, Fouroux, Gachassin, Carrère, Skrela, Cabannes, Mesnel, Claude et Richard Dourthe, etc…

      • avatar
        20 mars 2017 a 18 h 47 min
        Par Guga57

        OK Christian, merci pour toutes ces precisions ! Tu n’as pas evoque Chabal par contre, tu penses quoi de lui ? Bon joueur quand meme ou grosse arnaque mediatique ?

  3. avatar
    17 mars 2017 a 17 h 25 min
    Par Cullen

    Après, pour s’amuser, on pourrait rebondir en dressant une équipe-type mondiale, là encore en séparant bien l’ère amateur et celle professionnelle. Ca pourrait donner ça :

    Avant 1995 : 1 Wilson Whineray (Nzl) 2 Sean Fitzpatrick (Nzl) 3 Syd Millar (Irl) 4 Willie-John McBride (Irl) 5 Colin Meads (Nzl) 6 Graham Mourie (Nzl) 7 Michael Jones (Nzl) 8 Morné du Plessis (Afs) ou Brian Lochore (Nzl) 9 Gareth Edwards (Gal) 10 Barry John (Gal) ou Hugo Porta (Arg) ou encore Michael Lynagh (Aus) 11 David Campese (Aus) 12 Mike Gibson (Irl) 13 Philippe Sella (Fra) 14 Gerald Davies (Gal) 15 Serge Blanco (Fra)

    Après 1995 : 1 Jason Leonard (Ang) 2 Keith Wood (Irl) 3 Gethin Jenkins (Gal) 4 John Eales (Aus) ou Brodie Retallick (Nzl) 5 Martin Johnson (Ang) 6 François Pienaar (Afs) 7 Richie McCaw (Nzl) 8 Lawrence Dallaglio (Ang) 9 Joost Van der Westhuizen (Afs) ou George Gregan (Aus) ou encore Augustin Pichot (Arg) 10 Jonny Wilkinson (Ang) ou Dan Carter (Nzl) 11 Jonah Lomu (Nzl) 12 Tim Horan (Aus) 13 Will Greenwood (Ang) 14 Shane Williams (Gal) 15 Christian Cullen (Nzl) ou Jason Robinson (Ang)

    Ca a de la gueule, non ?

    • avatar
      20 mars 2017 a 18 h 53 min
      Par Guga57

      Alors la je te crois sur parole ! Mais je dois bien avouer que mes connaissances rugbystiques sont tres largement inferieures aux tiennes donc je serai incapable de juger…

      Sinon tant qu’on est a parler de rugby, je reviens sur 3 petits themes d’actualite.

      1. Pas de fusion entre le Racing et le Stade Francais, bonne nouvelle non ? Perso je trouvai ca lamentable. En foot ce serait comme fusionner Chelsea et Arsenal non ?

      2. A quand un systeme de montee-descente dans le tournoi des 6 nations ? L’italie a encore une fois ete navrante cette annee, tandis que dans le 6 nations bis (la D2 europeenne en somme) la Georgie est mieux classe que l’italie au classement mondial et semble une equipe plus solide que les transalpins actuellement. Perso j adorerai voir la Georgie ou la Roumanie de temps en temps a la place des italiens dans le tournoi. Pas toi ?

      3. Pardonnes mon ignorance mais comment est-il possible que l’arbitre ait laisse jouer 20 minutes de temps additionnel lors du match France-Pays de Galles ? Les Francais crient au scandale car l’essai de penalite semblait s’imposer OK mais les Gallois ne peuvent-ils pas eux-aussi s’insurger contre des arrets de jeu aussi longs ???

      • avatar
        21 mars 2017 a 11 h 16 min
        Par Cullen

        Ca fait pas mal de questions tout ça :-)

        Pour Chabal, faut être honnête, il a beaucoup plus gagné en dehors que sur les terrains… Alors je ne connais pas l’homme personnellement mais le personnage public, lui, a fait beaucoup de mal au rugby et contribué quelque part aux dérives qui commencent à toucher ce sport. Après, le joueur en lui-même était quand même très moyen, il était brutal (on se souvient surtout qu’il a déboité la mâchoire d’Ali Williams) mais ne savait pas ou presque jouer au rugby. Transmettre le ballon dans le bon timing, faire jouer ses partenaires après contact, il n’a jamais su faire, et même pour plaquer, ce qui est la base d’un troisième-ligne, il n’était pas irréprochable. Il a surtout réussi à associer son attitude un peu barbare sur les terrains au look qu’il a adopté ensuite avec sa barbe mal taillée et ses cheveux longs. Ca a plu au grand public qui, à chacune de ses charges, poussait une clameur, un rugissement plutôt, mais ça n’a jamais trompé les vrais adeptes de ce jeu, qui voyaient en lui un joueur très largement surcôté.

        Ensuite, très heureux que la fusion entre le Racing et le Stade Français n’ait pas pu aboutir, mais – pour reprendre ce que j’ai écrit sur un précédent papier – si ce projet avait une chance de passer, c’est que – même s’il existe aujourd’hui encore quelques divergences culturelles, le Racing étant plutôt traditionnaliste et le Stade plus “original” -, ces différences ne sont plus suffisamment importantes. Un tel rapprochement serait inimaginable en football entre Lyon et Saint-Etienne par exemple, de même que le projet de fusion entre Biarritz et Bayonne n’a jamais vu le jour, alors que d’un point de vue économique, il semblait bien plus cohérent. Car plus que le rapprochement géographique, ce qui fait le sel d’un derby, c’est l’opposition de deux identités, de deux cultures. Et aujourd’hui le Stade Français et le Racing se ressemblent trop, ils évoluent tous deux dans les beaux quartiers de l’ouest parisien, et touchent la même catégorie de supporters, si bien que l’affluence dans les deux enceintes n’a jamais été énorme et que ce choc n’a jamais engendré la passion afférente à un derby classique.

        Concernant la mise en place d’un barrage dans le Tournoi, je suis évidemment contre, comme je suis contre la présence de l’Italie aujourd’hui et comme je suis contre l’introduction des bonus (qui n’ont d’ailleurs servi à rien cette année). Le Tournoi n’est pas une compétition internationale comme les autres, c’est une institution. Et plus qu’une compétition sportive, c’est avant tout un évènement sociétal, une succession de matchs amicaux qui reposent exclusivement sur la tradition. Ce qui a fait le charme du Tournoi, ce sont les tenues des joueurs longtemps respectées à la lettre jusqu’au revers des bas et que nos dirigeants actuels ont malheureusement un peu oublié, les pique-niques au champagne improvisés aux abords de Twickenham, les choeurs gallois qui retentissaient dans l’Arm’s Park (aujourd’hui le Millénium) ou encore les lâchés de coq sur la pelouse à chaque rencontre du XV de France. Cet esprit, on ne le retrouvera jamais à Tbilissi ou Bucarest (bien que les affluences y soient excellentes), et même si ces nations ont évidemment besoin de progresser, ça doit se faire via la Coupe du monde ou d’autres compétitions (des Tests-matchs contre les grandes équipes et pourquoi pas un championnat d’Europe en alternance avec le Mondial), mais sans qu’on touche au sacro-saint Tournoi.

        Enfin, concernant le dénouement de France-Pays de Galles, je suis peut-être un peu naïf ou trop respectueux des “valeurs du rugby” pour condamner Barnes, Owens ou Joubert, que beaucoup estiment systématiquement contre tout ce qui est français, mais je reste persuadé que les arbitres anglo-saxons, qui sont les plus nombreux à officier, n’ont simplement pas la même manière de juger l’attitude des joueurs dans les rucks que nos arbitres en Top 14, et que ces différences de sensibilité culturelles nous sont souvent défavorables. L’essai de pénalité est toujours très délicat à accorder à la dernière seconde, il fallait que Mr Barnes s’assure que ce n’était pas les joueurs français qui cherchaient à écrouler la mêlée, et les Gallois pouvaient s’insurger également sur le remplacement d’Atonio qui ne semblait pas blessé.

        PS : j’ai surement oublié d’autres joueurs dans mon XV virtuel mais il y en a un que je n’avais pas droit de zapper c’est O’Driscoll qui remplace du coup Will Greenwood.

        PS 2 : toujours pas d’infographie messieurs les modérateurs.

  4. avatar
    22 mars 2017 a 14 h 15 min
    Par Guga57

    Super, merci d’avoir pris le temps de repondre Christian ;)
    Deja, merci pour l’eclairage sur Chabal, je me repete mais je ne suis vraiment pas assez expert en ovalie pour fairce ce constat par moi-meme.
    Ensuite dans l’ensemble, je partage ton point de vue, y a juste au niveau du 6 Nations que je ne te suis pas. J’ai bien compris que pour toi, l’ideal serait de remettre l’Italie en D2 et de repartir sur un tournoi a l’ancienne, a 5 en somme. Mais bon, dans la mesure ouu ca n’arrivera certainement jamais, ne verrais-tu pas d’un bon oeil d’aller jouer a Bucarest ou a Tbilissi plutot qu’a Rome de temps en temps ? L’italie n’est pas plus legitime dans le Tournoi que la Georgie ou la Roumanie in fine… Donc sachant qu’on ne reviendra certainement jamais a 5… Enfin bref, moi j’adorerai un systeme de montee-descente (sans barrages).

    Sinon, pour finir sur France-Pays de Galles, y a un point que tu n’as pas eclairci. Comment se fait-il que l’arbitre n’est pas siffler la fin du match plus tot ? y a-t-il une regle en rugby qui oblige l’arbitre a ne pas siffler la fin des arrets de jeu tant que le ballon n’a pas change de camps ?

    • avatar
      22 mars 2017 a 18 h 11 min
      Par Cullen

      Au Rugby, il n’y a pas un temps défini d’arrêt de jeu comme au football. Une fois que la sirène a retenti à la 80ème minute, le match s’achève dès que l’action en cours se termine, que ce soit sur un en-avant, un joueur poussé en touche ou encore un essai inscrit (auquel cas on laisse le buteur tenté de le transformer). Mais si l’équipe qui possède le ballon obtient une pénalité, elle a trois possibilités. Tenter cette pénalité, chercher la touche ou demander une mêlée. Les Bleus avaient 5 points de retard, la pénalité ne suffisait donc pas. Si Lopez avait cherché la touche, l’arbitre aurait sifflé la fin du match, il ne restait donc que l’option de la mêlée. Et là, c’est à l’appréciation de l’arbitre. S’il estime que l’équipe qui a obtenu cette pénalité enfonce son homologue ou que l’adversaire cherche volontairement à l’écrouler, il peut siffler un essai de pénalité, mais dans le doute il a droit de la faire rejouer autant de fois qu’il veut, d’autant que les arbitres ont reçu des consignes lorsque cette situation se produit dans les arrêts de jeu et que l’équipe qui encaisse cet essai de pénalité ne peut dès lors plus revenir au score.

      Voilà, j’espère t’avoir aidé à y voir plus clair et merci d’avoir manifesté de l’intérêt à cet article, sinon je me serai senti bien seul :-)

      • avatar
        24 mars 2017 a 13 h 48 min
        Par Guga57

        Oui merci Christian, c’est tres clair (et tres complet) !
        Sinon pour l’article, peu de commentaires a part les notres mais deja 500 lectures en 10 jours ca montre que ton article suscite quand meme pas mal d’interet ;)

        • avatar
          24 mars 2017 a 17 h 18 min
          Par Cullen

          500 lectures, oui c’est pas mal mais on est quand même bien loin de ce à quoi on était habitué il y a quelques années, et bizarrement avant que le site ne soit repris par Bein Sport… http://yourzone.beinsports.fr/football-europe-les-limites-du-coefficient-uefa-75718/

          • avatar
            27 mars 2017 a 11 h 54 min
            Par Guga57

            ah bon ? le site a ete repris par Beinsports ? moi je pensais que Bein avait cree ce site… Perso je ne suis la que depuis 1 an et 1/2 donc je n’ai jamais connu les taux de frequentation des debuts du site…

          • avatar
            27 mars 2017 a 15 h 39 min

            Oui, ça s’appelait SportVox.

        • avatar
          27 mars 2017 a 17 h 12 min
          Par Cullen

          Pas tout à fait Fabrice, Sportvox c’était bien avant. Entre temps, quelques anciens de SV comme nous ont émigré sur un site qui s’appelait “Carnet de sport” qui a été repris depuis par Bein.

          • avatar
            28 mars 2017 a 15 h 59 min

            Ah oui, j’avais oublié les carnets… mais sportvox avait duré plus longtemps je crois. Si je me souviens bien j’avais découvert le lien via le site de l’Équipe.

  5. avatar
    23 mars 2017 a 20 h 30 min

    Merci Christian pour l’article, je l’ai lu avec intérêt, ainsi que la discussion avec Gustavo :P

    J’ai encore en mémoire l’essai de 100m inscrit par Blanco.

    Sinon j’ai une affection particulière pour les joueurs étant passé par Toulouse comme Califano et Pelous et Dusautoir :)

    • avatar
      24 mars 2017 a 17 h 16 min
      Par Cullen

      Merci Fabrice.

      Califano, que tu évoques, avait très bien illustré le changement lié au passage au professionnalisme. Très jeune, il avait été titulaire à Toulouse, à un poste où jusque-là il n’y avait que de vieux briscards. Et à ses côtés en première ligne, il y avait Claude Portolan, un pilier à l’ancienne, un peu “gras du bide”, qui trottinait d’une mêlée à l’autre, mais sans jamais ou presque participé au jeu. Quant à Dusautoir, je crois bien que c’est le seul qui soit encore en activité dans le XV que j’ai dressé mais son talent et sa motivation ne suffisent plus pour redresser un Stade Toulousain en pleine crise.

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