XV de France, c’est grave docteur ?
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XV de France, c’est grave docteur ?

Battue de 10 points à Dublin, l'équipe de France affiche des lacunes inquiétantes après trois matchs. Trois rencontres aux cours desquelles les Bleus n'ont marqué que deux petits essais. Inefficacité offensive, manque d'imagination, erreurs chroniques, le chantier semble encore long pour Guy Novès.

Et de deux. Deuxième défaite en trois matchs pour le XV de France dans ce tournoi des 6 Nations 2017. Après les Anglais, ce sont des Irlandais d’un réalisme et d’une efficacité terribles qui ont donné la leçon aux hommes de Guy Novès (19-9 à Dublin).

Ce faux-pas à Dublin pose de nombreuses questions et le Tournoi semble déjà perdu. Il suffit de voir, et cela fait très mal de le dire, comment les Anglais ont su relever la tête après leur déception au Mondial pour se rendre compte du travail qu’il reste à parcourir au XV de France pour revenir au niveau des meilleurs.

Des regrets. Des regrets. Des regrets.

Nous sommes à la 18e minute de jeu. Devant depuis peu, l’équipe de France a l’occasion de prendre le large. Remi Lamerat franchit la ligne mais l’essai est refusé pour un en-avant de Gael Fickou… comme un symbole de ces fautes de main répétées par les hommes de Guy Novès, incapables de terminer leurs actions. Combien de passes manquées, combien d’en-avants insupportables, combien de sorties de balles ralenties, combien de mauvais choix ? Tout cela est récurrent. Trop.

Et puis il y a les fautes : des erreurs de débutants, inconcevables au niveau international, qui coûtent des points et laissent tranquillement s’installer les adversaires. Manque de concentration, suffisance, impossibilité de se contenir, peu importe : la récurrence de ces situations, match après match, pose clairement la question du travail effectué par les joueurs et le staff, qui se disent pourtant conscience de ces lacunes.

Vite, l’imagination au pouvoir

Jouer ne fait pas tout. On peut se féliciter des envies de jeu de cette équipe, des intentions que le sélectionneur veut mettre en place, tant cela nous change des années Laporte, Liévremont et PSA. Mais rarement, trop rarement, cette équipe fait parler son flair. Refusant de sortir de leur schéma, par peur ou par incapacité, les Bleus sont capables d’enchainer les temps de jeu sans avancer d’un mètre.

Il y eut bien cet éclair de Baptiste Serin, qui tenta quelques fois de mettre de la vitesse dans le jeu des Bleus. En vain. Trop peu d’imagination, trop peu d’alternance face à une défense irlandaise de fer. Combien avons-nous vu de cadrages-débordements ? Combien de renversements de jeu, combien de coups de pieds par-dessus la défense?

Aucun. Et la messe était dite. Pour s’en sortir dans les matchs à venir, il faudra à cette équipe plus de liberté dans le jeu, plus de créativité et plus de prises de risque… au risque justement de ne pas progresser et de donner des arguments de poids aux détracteurs de Guy Novès et de son projet. Et ça, le rugby français n’en a pas besoin à 2 ans et demi du mondial japonais…

Picamoles et le reste du monde

Une fois de plus, il a crevé l’écran. Louis Picamoles a été de tous les (trop rares) bons mouvements de l’équipe de France, arrachant même quelques ballons précieux. Le joueur de Northampton semble être le seul leader de cette équipe, qui en manque cruellement. Que dire de Guilhem Guirado, capitaine invisible à l’heure de la nécessaire révolte, ou de Scott Speeding, bien mis sous pression par les Irlandais et qui avait pris l’habitude d’être beaucoup plus tranchant ?

Au sortir de cette triste prestation, Guy Novès semblait agacé et les joueurs aussi. Le président de la Fédération a annoncé de nouvelles mesures, salutaires, pour protéger l’Equipe de France.

Gageons que cela sera suffisant.

Réponse dans 15 jours, à Rome.

 

 

  1. avatar
    28 février 2017 a 12 h 03 min
    Par Cullen

    Après 4 ans de Rugby indigeste, on s’est à nouveau enthousiasmé devant le jeu proposé l’an passé en Argentine ou encore à l’automne dernier face à l’Australie ou la Nouvelle-Zélande (les fameuses défaites encourageantes). Alors il faut pas (une nouvelle fois) jeter le bébé avec l’eau du bain, et si les deux derniers matchs n’ont en effet pas été très convaincants, laissons Guy Novès et son staff faire leur travail. Le chantier est immense mais ça on le savait au sortir du dernier Mondial désastreux.

    Laporte propose aujourd’hui de mettre en place des contrats fédéraux mais nous n’avons pas la même structure organisationnelle ni la même culture que les Argentins, les Australiens ou les Irlandais. La plupart des nations qui ont eu recours à ce procédé fonctionnent avec des franchises, ce qui n’est pas une tradition chez nous, et les Anglais, eux, s’appuient sur Twickenham dont ils sont propriétaires pour financer ces contrats et indemniser les clubs, ce qu’on ne peut pas se permettre. Il faut donc s’inspirer de ce qui marche à l’étranger faire avec nos particularismes. Voici quelques pistes de réflexion établies au lendemain du naufrage des Bleus face aux Blacks et qui sont encore parfaitement valables aujourd’hui : http://yourzone.beinsports.fr/rugby-xv-de-france-post-coupe-monde-un-champ-de-ruines-98652/

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