XV de France : un champ de ruines
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XV de France : un champ de ruines

Après quatre ans de désillusions, d’échappatoires et de promesses non tenues, le XV de France n’a donc pas réussi à sublimer son jeu pour renverser les champions du monde en titre. Les Bleus ont même reçu la plus grosse claque de leur Histoire en Coupe du Monde, la plus lourde défaite enregistrée par une sélection en phase finale depuis la création de l’épreuve en 1987. L’occasion d’établir les responsabilités de chacun, de se pencher sur les réformes à entreprendre et de se projeter sur l’avenir du Rugby français.

Les images ont tourné en boucle. Une semaine avant la rencontre face aux All Blacks, les médias nous ont abreuvé de reportages rappelant les exploits passés du XV de France au moment d’affronter ces mêmes hommes en noir. Mais à force de se rattacher à la seule et unique “glorieuse incertitude du sport”, certains ont oublié que les exploits étaient par définition rares et précieux. Et surtout, en 1999, les Bleus avaient quelques certitudes, ils restaient sur deux Grands Chelems consécutifs dans le Tournoi des V Nations, dont celui de 1998 qui fut probablement l’un des plus abouti du XV de France en terme de jeu. Quant à 2007, si le jeu était moins flamboyant, les hommes de Bernard Laporte pouvaient néanmoins s’appuyer sur des convictions et l’équipe avait quelques références également, ayant remporté le Tournoi à deux reprises (2004 et 2006) avant son Mondial.

Le constat était donc bien différent cette fois-ci. Depuis la prise de fonction de Philippe Saint-André en 2011, les Bleus n’ont en effet jamais fait mieux que quatrième lors du Tournoi et n’ont pas brillé davantage durant leurs tournées. Alors comment a-t-on pu imaginer une seconde qu’une équipe aussi moribonde puisse battre cette formidable machine à gagner néo-zélandaise ? Le naufrage des Bleus, à Cardiff, est quelque part un mal pour un bien pour le Rugby français. Les calendriers surchargés, le turnover permanent dans l’effectif tricolore, l’absence d’idée de la part des dirigeants, il fallait une marée noire, un désastre contre les All Blacks (neuf essais encaissés) pour mettre en lumière un système encore plus exsangue que son équipe fanion.

Bien qu’il ait tenté de minimiser son implication, en pointant du doigt le système, il est vrai, absurde, la responsabilité de Philippe Saint-André est totalement engagée. Passons sur son manque de charisme, sa communication désastreuse poussant certains observateurs à faire le lien avec Raymond Domenech (qui lui a tout de même emmené ses Bleus en finale de Coupe du Monde…), PSA a, surtout, multiplié les erreurs d’appréciation. Des erreurs partagées, encouragées même, par son staff, Patrice Lagisquet pour les arrières et Yannick Bru pour les avants. Si le départ de Lagisquet est une excellente nouvelle aujourd’hui, tant il fut une erreur de casting pour avoir proposé un jeu aussi famélique que lorsqu’il était entraineur de Biarritz, la reconduction de Yannick Bru pour quatre ans aux côtés de Guy Novès, malgré la faillite du pack tricolore (dominé en mêlée, en touche, sur les rucks…), interroge… Ce staff a fait le choix d’un Rugby sécuritaire, basé sur le physique des joueurs – incarné par une troisième ligne pas suffisamment complémentaire et surtout par le trois quart centre Mathieu Bastareaud à qui il a été exclusivement demandé d’aller tout droit taper dans les défenses – quand toutes les sélections, des plus modestes aux plus prestigieuses, ont privilégié l’option du jeu.

Avec une équipe dépourvue d’organisation collective et donc limitée balle en mains (seulement 1,77 essai par match en moyenne), les Bleus ont passé leur temps à subir pendant quatre ans. Le bilan est calamiteux, le pire d’un sélectionneur depuis plus de trente ans. Seulement 20 succès en 45 matchs, soit 44,5% de victoires pour PSA quand aucun de ses prédécesseurs n’étaient descendus sous les 60%… Au passage, la France a concédé son record de points contre l’Angleterre (55) et la Nouvelle-Zélande (62). Sous ses ordres, les Bleus n’ont donc jamais terminé mieux qu’à la quatrième place du Tournoi (ses devanciers en ayant tous gagné au moins un…) et se sont montrés incapables de battre les All Blacks (5 défaites) mais aussi le Pays de Galles (4 échecs) ou l’Irlande (4 défaites et 2 nuls). Voilà pour les chiffres.

Le staff de l’équipe de France s’est surtout trompé dans le “projet de jeu” à mener. Saint-André et ses adjoints ont eu une idée fixe, prendre des athlètes pour en faire des joueurs de Rugby. Cette feuille de route, ils l’ont appliqué à la lettre, cherchant en vain les perles rares (plus de 80 joueurs sélectionnés), consacrant les trois mois passés ensemble cet été uniquement à la préparation physique, et pour un résultat pathétique. Les Bleus ont été dominés dans le combat par l’Irlande, dans la vitesse et l’endurance par les Néo-Zélandais. Et quand ils ont essayé de jouer, ils ont étalé la pauvreté de leur organisation (avec 17 charnières utilisées, comment pouvait-il en être autrement…) et le manque de talent de leurs leaders techniques. Fallait-il tenter le pari Frédéric Michalak, usé par les blessures à 33 ans et connu pour sa faculté à passer à côté lors des matchs décisifs ? Alexandre Dumoulin avait-il le niveau pour disputer une Coupe du monde ? La réponse est tombée, identique pour les deux joueurs : non. La faute à l’idée fixe de Patrice Lagisquet, écarter François Trinh-Duc et Maxime Mermoz. Deux joueurs imprévisibles et audacieux mais aussi deux caractères bien trempés. Vu l’ampleur du désastre, prendre Pierre à la place de Paul n’aurait surement rien changé au problème, mais l’équipe de France a manqué d’allant et de personnalité. Aucun Bleu n’a osé initier une rébellion ou, au moins, une remise en question. Un troupeau de moutons. Un constat qui met en lumière la faillite des rares leaders supposés, soucieux de ne surtout pas perdre leur place au sein du XV de France, souvent générative de luxueux contrats publicitaires. Dusautoir, Papé, Mas ou encore Michalak, aucun n’a ainsi essayé de contester l’autorité du staff, se contentant de lâcher prise en deuxième mi-temps face à ces Blacks.

Ceci étant, il serait très injuste de mettre tout sur le dos de PSA, le problème vient surtout du système français, tiraillé depuis des années entre un championnat devenu source de profits importants et une équipe nationale qui reste la principale vitrine du Rugby français. Aujourd’hui la LNR est toute puissante et privilégie le Top 14 à la sélection. Et ce qui compte le plus pour les clubs, c’est d’engranger des recettes de billetterie (donc jouer un maximum), vendre au mieux le “produit” à une chaîne cryptée, et ne pas prendre trop de risque sur le terrain afin d’éviter la relégation. Ça donne des cadences infernales pour des joueurs éreintés, un recours abusif aux étrangers au détriment des jeunes Français et des enjeux qui priment régulièrement sur le jeu. Le verdict est dès lors sans appel. Le XV de France n’étant pas la priorité, il n’est plus en mesure de lutter à armes égales avec la quasi-majorité des nations qui ont fait de leur sélection la seule vitrine de leur Rugby.

Chez la plupart de nos concurrents (Australie, Nouvelle-Zélande, mais aussi Irlande, Pays de Galles ou, récemment, Argentine), les joueurs sont sous contrat avec leur fédération. Ces contrats, qui les bloquent généralement pour 4 ans (l’intervalle entre deux Coupes du Monde) s’accompagne le plus souvent par un engagement dans une franchise au sein de ligues fermées, sans montée ni descente, un système qui fait la part belle au Rugby offensif, à la vitesse, à la technique individuel et au rythme endiablé. Des fédérations qui veillent à ce que leurs pépites puissent récupérer et ne succombent pas aux cadences infernales. En Angleterre, où le système est à peu près le même qu’en France, la Fédération, grâce au trésor de guerre fourni par Twickenham, propriété de la RFU, dédommage grassement les clubs pour qu’ils laissent leurs meilleurs éléments à la disposition du sélectionneur. Le projet de construction du grand stade, censé, une fois le crédit remboursé, devenir la machine à cash de la FFR, va dans ce sens sauf que son coût est exorbitant (plus de 600 millions d’euros) pour un retour sur investissement prévu, au mieux, d’ici à une trentaine d’années…. Ce qui sur, c’est qu’il faut des réformes en profondeur. L’ampleur du désastre appelle à l’urgence et le conservatisme des dirigeants de la Fédération associé au pouvoir financier entre les mains des clubs laisse craindre que rien ne change.

Tout ou presque doit donc être repensé sans pour autant détruire les racines et particularismes du Rugby français. En effet, depuis samedi dernier, on entend absolument tout et n’importe quoi, des propositions faites dans la précipitation et le plus souvent inspirées de ce qui est pratiqué en hémisphère sud, mais qui ne correspondent pas toujours avec notre sensibilité culturelle. Or, la “culture club” a toujours été très forte dans le Rugby français et nombreux sont ceux qui ne souhaitent pas se priver du Top 14 et de ses phases finales au charme irremplaçable sous prétexte que la France a subi une déroute. En effet, tandis que le championnat anglais a été disputé pour la première fois en 1987 seulement, le Bouclier de Brennus était remis au champion de France, le Racing, dès 1892. Avant d’obtenir l’accord des Britanniques pour intégrer le Tournoi des V Nations, le championnat était d’ailleurs le seul moyen pour le Rugby d’exister en France, ce qui a débouché sur de nombreuses querelles de clochers. Et la puissance actuelle du Top 14 est quelque part le fruit de cette spécificité française, les clubs ayant souvent été le reflet d’une ville et d’une industrie. Et depuis que le Rugby est passé professionnel, la culture d’entreprise s’est encore raffermie et les clubs sont de plus en plus gérés par des financiers, conscients du potentiel économique qu’offre cette discipline. Du coup, tandis que les clubs anglais, encore très conservateurs, évoluent toujours dans des stades bucoliques aux ambiances assez feutrées, le Top 14 mise désormais sur le développement économique et l’expansion géographique du Rugby, avec des matchs délocalisés dans de grandes enceintes et des recrues XXL venues des quatre coins du monde.

Cette impulsion donnée au Rugby français fait du Top 14 un championnat majeur aujourd’hui dans le monde, ce dont on peut évidemment se réjouir, mais le revers de la médaille, c’est que cela se fait donc au détriment de l’équipe nationale. Et lorsqu’on scrute attentivement la composition des équipes alignées en Top 14, il n’est pas bien difficile de comprendre pourquoi le XV de France tire la langue ces derniers temps, dans la mesure où l’on ne retrouve que très peu de joueurs français titulaires dans les grands clubs de notre championnat. Des leviers ont bien été mis en place pour permettre aux jeunes issus de la formation (les fameux jiffs) d’intégrer les pros, comme la règle qui veut que 55% de ces joueurs soient présents dans l’effectif de chaque club. Mais ça n’a pas été suffisant pour qu’ils puissent s’aguerrir au contact des meilleurs. Pour cela, il a fallu imposer un quota de joueurs formés au club sur chaque feuille de match, décision qu’ont eu beaucoup de mal à prendre les dirigeants de la LNR, soucieux de ne surtout pas tuer la poule aux œufs d’or… Cette règle a finalement été acceptée mais avec des failles puisque cette part obligatoire de 12 jiffs à inscrire sur chaque feuille de match est une moyenne. Du coup, les clubs profitent des matchs avec moins d’enjeux pour envoyer un maximum d’espoirs français (déplacement chez le leader par exemple où il y a peu de chance de ramener le moindre point) et permettre aux cadres (la plupart étrangers) de se reposer en vue des rencontres décisives. Mais avec ce que vient de subir le XV de France, le renforcement de ces mesures protectionnistes semble indispensable, et même si les clubs tentent de contourner ces règles en recrutant très jeunes des étrangers, souvent originaires des iles du Pacifique, pour les intégrer parmi les jiffs (au passage, pourquoi ne pas augmenter de 3 à 5 ou 6 ans le temps passé dans un centre de formation pour être considéré comme tel, les clubs ne prendront pas le risque de recruter des étrangers au biberon), ou en multipliant les jokers médicaux, aligner 55% de jeunes formés au club sur chaque feuille de match plus 20% de sélectionnables formés ailleurs ne semble pas insurmontable.

Ensuite se pose le problème récurrent du calendrier national et international. Les nombreux doublons qui polluent l’agenda n’incitent pas les clubs à recruter des jeunes du terroir, sachant que ces derniers seront indisponibles dès qu’ils seront appelés en sélection, et qu’ils seront sûrement hors de forme en fin de saison. Des discussions ont eu lieu sur ce point mais les clubs sont encore très partagés entre une volonté de réduire la voilure et la nécessité d’accroître leur trésorerie. Certains militent ainsi pour une élite réduite à 12 clubs, d’autres comme Toulon préférant au contraire un retour à 16, estimant que les effectifs qui ne sont pas retenus par les rencontres internationales ne jouent pas assez par rapport à leur salaire. Le meilleur compromis semble celui d’un système à deux poules de 8 équipes, chacune d’entre elle affrontant en match aller-retour les 7 autres de leur groupe, et une fois seulement les 8 équipes composant l’autre poule, 4 à domicile et 4 à l’extérieur, soit 22 journées pour la saison régulière. Le dernier de chaque groupe serait relégué (ou les deux s’affronteraient en barrage si l’on ne veut qu’une descente, cette épée de Damoclès qui pend au-dessus des présidents de clubs et oblige bien souvent les entraineurs à ne pas prendre de risque) et pour le haut de tableau, les 4 premiers de chaque groupe disputeraient une phase finale, les 1ers de chaque poule recevant le 4ème de l’autre groupe, les 2èmes accueillant les 3èmes en mode croisée également. Les vainqueurs disputeraient ensuite les demi-finales sur terrain neutre et la finale aurait lieu à Paris comme c’est le cas actuellement. Les finalistes disputeraient ainsi 25 matchs soit 4 de moins qu’aujourd’hui, sans que le championnat soit trop élitiste pour autant et de manière à ce que les clubs s’y retrouvent sur le plan financier.

La coupe d’Europe, beaucoup plus récente et donc moins exposée au conservatisme de certains supporters français, pourrait, elle, plus facilement faire l’objet d’expérimentations. La crise que traverse le Rugby français ne concerne pas les autres pays européens (bien qu’aucune nation du vieux continent ne soit présente en demi-finale cette année), il n’y a donc aucune raison de bouleverser le calendrier international, et notamment celui de la coupe d’Europe. Mais plutôt qu’engager des clubs dans cette compétition, comme le fait la France aujourd’hui, l’idée de mettre en place des provinces regroupant un certain nombre d’entre eux (4 clubs chacune si l’on suit le modèle de championnat proposé plus haut), qui seraient régies par la FFR et strictement réservés aux joueurs sélectionnables, donc sous contrat fédéraux, est à étudier. Ca limiterait l’intérêt des étrangers à rejoindre notre championnat s’ils ne peuvent pas disputer la coupe d’Europe, ça permettrait aux joueurs français d’avoir davantage d’automatismes, en dehors des stages réservés à l’équipe nationale, et la recette des matchs serait redistribuée entre les différents clubs représentants chaque franchise, limitant ainsi leur manque à gagner. Reste à savoir si une telle mesure est envisageable au niveau de la législation et si la FFR aurait les moyens de payer les joueurs au vu de l’inflation des salaires, malgré le “salary cap” mis en place mais que certains clubs parviennent encore à contourner.

Concernant le jeu, la perspective d’être relégué oblige naturellement les clubs à se montrer prudent, ce qui agit comme un frein sur son développement. Certains souhaiteraient donc que l’essai soit primé d’un point supplémentaire, comme cela va être testé cette saison au Pays de Galles. Le souci c’est que cette mesure pourrait avoir l’effet inverse avec des joueurs plus enclins à multiplier les fautes pour seulement encaisser les 3 points de la pénalité plutôt que les 6 voir 8 d’un essai. D’autres aimeraient qu’on revienne à l’ancien système de bonus, avec 1 point pour chaque équipe inscrivant 4 essais au moins, et 1 pour celles battues par un maximum de 7 points, histoire là aussi d’inciter les équipes à davantage produire de jeu. Je n’y suis pas très favorable. Le bonus offensif tel qu’il est appliqué aujourd’hui en Coupe du Monde, est contraire à la règle la plus élémentaire du sport qui veut qu’un point gagné soit pris à l’adversaire. Or, le point accordé à l’équipe qui a marqué 4 essais ne retire rien à son adversaire. Cette absence de compensation pour ces points de bonus est à l’origine d’une forme de perversité. En effet une équipe qui a besoin d’un point de bonus offensif l’obtiendra facilement puisque son adversaire y est en général indifférent. Cette règle ouvre également la porte à des arrangements. Même si l’Angleterre avait battu l’Australie il y a quelques jours, elle aurait (théoriquement) pu être victime d’une entente entre Gallois et Australiens dans leur dernier match. En enquillant les essais, et en organisant tranquillement une victoire des Wallabies par moins de 7 points, les deux équipes étaient en effet certaines d’atteindre les quarts de finale. Le bonus défensif, qui a les mêmes travers que le bonus offensif, est bien pire encore. Combien de fois me suis-je pris la tête à deux mains en voyant un joueur, dont l’équipe était menée au score, se précipiter sur le ballon pour l’envoyer dehors du terrain et provoquer la fin du match… Se satisfaire d’une défaite, même si elle apporte mathématiquement 1 point, est contraire aux lois du sport.

La possibilité de voir du jeu, tout en conservant le modèle actuel de notre championnat, ouvert au plus grand nombre via le système de promotion/relégation, passe avant tout par une remise à plat de la formation. Et c’est peut-être le plus grand chantier qui attend les responsables de la fédération. “No scrum no win”. L’expression est bien connue mais elle a fait son temps. Bien sur le Rugby commence et commencera toujours devant mais la manière d’aborder les rencontres a évolué. Aujourd’hui, les internationaux sont obligés de produire un volume et une intensité de jeu très dense s’ils veulent mettre en difficulté l’adversaire. Une intensité que l’on peut quantifier en temps de jeu effectif et qui est passé de 30% à l’aube du professionnalisme à plus de 50%. Lors du fameux match contre les All Blacks, seulement 7 mêlées fermées ont été ordonnées car les joueurs de haut niveau multiplient les temps de jeu et font moins de fautes de mains qu’auparavant. Désormais, pour permettre aux trois-quarts de faire fructifier leur vitesse, leur adresse balle en mains, il faut avant tout gagner la bataille des rucks. Il faut donc axer le travail sur cette nouvelle organisation collective, parfois difficile à comprendre pour les non-initiés, avec des profils de joueurs à créer, adaptés à ces phases de jeu très spécifiques mais dans lesquelles, sans maitrise il n’y a désormais point de salut. Lionel Nallet avait déclaré il y a quelques années, lorsque Lièvremont lui avait demandé de participer davantage au jeu, que seul le combat l’intéressait. Une attitude qui traduit bien le clivage qui existe encore, aussi bien en équipe nationale que dans les écoles de Rugby, entre les “gros”, adeptes des “bourre-pifs” à l’ancienne, et les vertueux trois-quarts.

Il faut donc en finir avec ces clichés d’un autre temps, et même si des séances d’entrainements séparées doivent bien évidemment continuer d’être mises en place, aujourd’hui dès les premières années, les joueurs doivent tous avoir un bagage technique minimum, être capable de faire une passe vrillée de 10 mètres, transmettre une balle au bon endroit et dans le bon timing, réceptionner une chandelle sans commettre d’en-avant, ou encore mener à bien un deux contre un. Et ensuite seulement, pour les meilleurs jeunes qui rentrent dans les centres de formation et qui alternent encore obligations scolaires et entrainements, on pourra axer le travail sur un poste spécifique, établir le rôle qu’ils pourront être amenés à occuper, avec ou sans ballon, dans un jeu de mouvement, tout en veillant à ce qu’ils soient capables de s’adapter à un autre poste si un éducateur estime qu’ils s’épanouiront davantage ailleurs. Parmi les autres pistes de réflexion, on pourrait aussi imaginer mettre en place des catégories de poids (et non d’âge) chez les jeunes. Ainsi la détection se ferait davantage sur la technique que sur le critère physique. Mais surtout, il faut que les jeunes joueurs retrouvent la notion de plaisir, qu’ils aient une sensation jouissive lorsqu’ils prennent un intervalle ballon en main, qu’ils slaloment dans la défense adverse, qu’ils réussissent un cadrage-débordement, qu’ils fixent le dernier défenseur avant de transmettre le ballon ou qu’ils plongent dans l’en-but pour marquer.

Voilà, si l’on respecte tout ça, et avec un peu de chance, on sera peut-être champions du monde en 2023. Mais ce qui nous intéresse aujourd’hui, c’est de savoir comment va rebondir le XV de France, ce qu’il va être capable de produire lors du prochain Tournoi. Après ce cataclysme, Guy Novès est donc attendu comme le sauveur. Redonner rapidement des couleurs au jeu du XV de France et renouer avec les titres, rien de moins. Cinq ans que les Bleus n’ont rien gagné. Son palmarès incomparable avec le Stade Toulousain (4 coupes d’Europe, 10 championnats en vingt ans) plaide en sa faveur. Le nouveau sélectionneur, qui fera ses grands débuts le 6 février 2016 avec la réception de l’Italie, dispose de quatre années pour faire de la France – sinon un candidat au titre – un outsider crédible au Mondial japonais. Il connaît parfaitement les difficultés qui l’attendent pour s’être plaint, à de nombreuses reprises, de l’absence de ses joueurs, partis en stage à Marcoussis avec l’équipe de France, ou des doublons. Ironie de l’histoire, c’est à lui désormais d’essayer de faire comprendre aux présidents et entraîneurs du Top 14 que les Bleus, au nom de l’intérêt supérieur du Rugby français, doivent constituer la priorité. On lui souhaite bon courage pour renégocier les périodes de mises à disposition des internationaux, le nombre maximum de matchs qu’ils pourront disputer par saison, le tout dans un climat de guerre larvée à un an de l’élection du prochain président de la Fédération.

Après quatre ans de frustrations, de prise de risques minimale, tout le monde attend que Guy Novès redonne de l’inspiration aux Bleus. Mais attention, si le credo du Toulousain est plus offensif que celui de Saint-André (ça n’est pas bien difficile en même temps…), il s’est toujours appuyé, lors de ses nombreuses conquêtes, sur un gros pack. Remettre le XV de France d’attaque sera la mission de Jean-Frédéric Dubois, entraîneur des trois-quarts du Stade Français, sacré champion de France en juin dernier. Novès l’a choisi parce qu’il le connaît bien. L’ex-ouvreur a joué sous ses ordres à Toulouse. Pour certains mondialistes, il est à craindre que ce changement de cap signe la fin de leur carrière internationale. On pense à Scott Spedding, méritant mais aux relances trop prévisibles ou à Alexandre Dumoulin, qui, comme craint, a montré qu’il n’était pas invité à ce niveau. Reste à savoir quel sera le sort réservé à Mathieu Bastareaud, centre physico-physique. Même dans une équipe plus joueuse, il peut constituer un point d’ancrage, mais ses lacunes techniques semblent le condamner. Le staff tricolore est donc complété par Yannick Bru, qui fut son talonneur puis son adjoint en charge des avants au Stade Toulousain, mais vu les difficultés des Bleus lors de cette Coupe du monde en touche, en mêlée et sur les rucks, on peut légitimement s’interroger sur la pertinence de cette prolongation de contrat.

Frédéric Michalak ayant pris sa retraite internationale et Rémi Tales incarnant le rugby restrictif prôné par PSA et son staff, le XV de France aura un nouvel ouvreur. Pour remettre du pétillant, de l’audace, du plaisir (pour les spectateurs aussi), Novès devrait logiquement mettre fin à la pénitence de François Trinh-Duc et rappeler Jules Plisson, prometteur talent à polir d’ici 2019. Avec quel demi de mêlée pour former la charnière ? Sans doute pas Sébastien Tillous-Borde, ni Rory Kockott, plus neuvièmes avants que demis de mêlée. Morgan Parra n’est pas éliminé mais le Clermontois commence à faire son temps. L’heure est sans doute venue de lancer le jeune Sébastien Bézy, 23 ans, épatant depuis la saison dernière sous le maillot du Stade Toulousain. Pour fluidifier le jeu, Maxime Mermoz, autre paria de l’ère PSA, devrait faire son retour. Des nouvelles têtes sont attendues également. Le centre parisien Jonathan Danty, un gros physique rappelant celui de Bastareaud mais avec une capacité d’accélération et une gestuelle qui peut en faire une arme fatale. Devant, le deuxième-ligne Paul Jedrasiak, 22 ans, va évidemment pallier au départ à la retraite de Pascal Papé. Le jeune Clermontois est un phénomène annoncé, à la fois costaud et technique. Le prototype de l’avant moderne. En troisième-ligne, le Toulousain Yacouba Camara, prometteur mais encore à dégrossir, pourrait être lancé pour accélérer son éclosion. Reste, enfin, à désigner un capitaine. A 34 ans, Thierry Dusautoir pourrait rendre service le temps du Tournoi, pour faciliter la transition. Pour prendre la succession, Yoann Maestri fait pour l’instant l’unanimité, Guilhem Guirado apparaissant comme une alternative crédible.

Comme souvent, il aura fallu un tremblement de terre pour commencer à faire évoluer les mentalités. Cette humiliation, bien qu’elle fut dure à digérer au lendemain du match, était donc nécessaire au Rugby français sans quoi ses dirigeants auraient continué à faire la sourde oreille, déjà très satisfaits d’être à la tête de ce qu’ils autoproclament être le meilleur championnat au monde. Dommage d’avoir attendu si longtemps car les maux étaient déjà bien présents il y a 4 ans mais la finale en trompe-l’œil car obtenue avec beaucoup de chance nous avait bercé d’illusions. Beaucoup réclament désormais la tête de Pierre Camou, Serge Blanco (dont on ne sait toujours pas à quoi il a servi en venant épauler PSA) et Paul Goze, ce qui semble assez légitime en pareille situation. Mais si c’est pour les remplacer par des personnes qui ont surfé toutes ces années sur la vague spéculative du Top 14, et ont inoculé dans le sang des internationaux le virus de la défense au détriment de celui du “french flair”, je ne vois pas ce que ça va apporter de positif. Faut-il dès lors mettre l’accent sur la nostalgie en se remémorant les exploits de 1999 ou 2007 ? Personnellement je préfère me raccrocher à l’espoir…

  1. avatar
    26 octobre 2015 a 14 h 27 min

    Salut CriCri, sacré boulot qui fait le tour de la question de manière exhaustive. Je suis d’accord avec ce que tu dis, surtout sur le chapitre Formation qui est le chantier le plus urgent (il ne paiera qu’à long terme) et sur la notion de plaisir : Moi, je rêvais d’être Blanco ou Sella, et de prendre des intervalles. Peut-être que les jeunes rêvent de rucks et de mêlées écroulées (je pense quand même qu’ils rêvent plus d’offloads et de skills que d’être Yann Maestri). C’est sûr qu’en regardant le Top 14, je vois mal une génération d’artistes du ballon ovale avoir envie de prendre sa licence et émerger d’ici 10 ans…

    1 petite correction : en 99, on ne sortait pas de 2 grands chelems, on a fait le grand chelem en 97 et 98, mais le tournoi 99 a pas été bon. Et on avait pris un 7-54 à Wellington contre les blacks à l’été 99 (après un 10-52 contre les sudafs fin 97)

    2 remarques :

    1 : tout n’est pas à jeter dans cette équipe de France, mais il manque tout de même des joueurs de classe internationale (je ne dis même pas de classe mondiale) à des tas de poste : 2ème ligne, charnière, ailiers, arrière…

    Bref, on ne va pas refaire Rome en un jour, il faut s’attendre à une lente reconstruction.

    2 : Curieux de voir où la dérive inflationniste du Top 14 mènera dans 5 à 10 ans. Pas sûr que tout cela tienne très longtemps, perso…

    • avatar
      26 octobre 2015 a 16 h 07 min
      Par Cullen

      Salut Zancky et merci du commentaire, y a tellement peu de lecteurs ces temps-ci que ça rassure de voir qu’on écrit pas pour rien :-)

      Je sais bien que c’est en 97 et 98 que la France a réussi le GC ( la victoire à Twickenham avec le “full house” de Titou Lamaison, le 51-0 à Wembley contre le Pays de Galles l’année suivante – le Millénium était alors en travaux -, ça ne s’oublie pas ) mais c’était des années bien plus importantes pour y parvenir car en 99, joueurs et encadrement avaient déjà les yeux tournés vers la CDM. Idem pour la Tournée estivale qui ne voulait pas dire grand-chose. Pour le reste, on voit bien que le jeu a évolué, la clé aujourd’hui réside dans les rucks, et des profils comme Pocock ou Hooper, ça n’existe pas chez nous, tout simplement parce que toutes les innovations viennent du sud et que nous, on est sans cesse à la traine. Voilà, pour ceux qui ont la flemme de lire jusqu’au bout, les grands axes de développement :

      _Renforcer les mesures protectionnistes pour permettre aux espoirs français de s’aguerrir au haut niveau.

      _Modifier le format du championnat pour libérer des dates dans un calendrier surchargé.

      _Aligner des provinces ( ou clubs régionaux ) en coupe d’Europe qui soient réservées aux joueurs sélectionnables

      _Conserver le bonus offensif tel qu’il est appliqué en Top 14 mais supprimer le bonus défensif

      _Moderniser la formation en axant le travail sur les rucks, l’adresse balle en mains et la recherche d’intervalle plutôt que la mêlée et le combat à l’ancienne.

      Et je rajouterai au niveau structurel, un seul organisme pour gérer tout ça et éviter ainsi les conflits d’intérêt FFR/LNR

      Bref, y a du boulot…

  2. avatar
    26 octobre 2015 a 17 h 34 min
    Par cyril

    Bonjour messieurs,

    Sacré travail en effet et beaucoup de pistes de réflexion ou d’avis à compléter parce que là il y a beaucoup de choses sur lequel je ne peux être que d’accord (notion de plaisir et d’espace dans le jeu en mélangeant physique et technique, définir un projet de jeu, système archaïque du rapport ligue-fédération…)

    1) Le naufrage est collectif…mais tout le monde le rejette sur le voisin (joueurs-staff-calendrier-fédération-ligue-clubs-anciens joueurs-desiderata télé-presse pourquoi pas…). Bref, tout le monde parle d’une remise en cause mais tant que c’est l’autre qui la fait! Petit bémol Christian au sujet de la crise franco-française: je pense que les anglais au vu de leur échec doivent aussi avoir un peu de crise en ce moment.

    2) Novès: plusieurs doutes en fait sur le toulousain: d’abord, c’est un entraîneur de longue durée qui a construit son jeu sur du long terme, comment va-t-il s’en sortir dans des périodes restreintes pour mettre en place son jeu? De plus, cela fait un moment que le jeu toulousain n’est plus du jeu de mains, c’était même le spécialiste des phases finales à 0 essai. Jeu très pragmatique qui datait déjà de l’époque Deylaud donc je ne suis pas convaincu d’un retour à un jeu spectaculaire. Pas sûr non plus qu’il soit assez consensuel ou légitime pour renvoyer tout le monde dans ses 22 comme l’ont fait Cheika en Australie ou Cotter en Ecosse sur les non sélectionnables et autre soucis extérieurs (en Australie surtout). Le parallèle avec l’Angleterre et la faiblesse de Lancaster sur le sujet des joueurs jouant à l’étranger n’incite guère à l’optimisme car je ne crois pas que Novès puisse se mettre au-dessus de la mêlée ou qu’on le laisse faire. Enfin, combien de temps va-t-il rester? Les bruits de couloir laissent entendre que le sort de Novès serait lié à celui de Camou et des têtes de la Fédération donc il pourrait sauter vite surtout si les premiers résultats ne sont pas bons. Tout le monde aura très envie lors des deux trois premiers matchs donc cela devrait aller mais après?

    3) Le retard perpétuel: à partir de 1999, on a voulu copier (merci Laporte!) le jeu australien du physico-physique avec une défense de fer qui leur avait permis de gagner une coupe du monde en encaissant je crois un seul essai. Entre temps, les nations du sud, ont développé des joueurs de plus en plus complets, toujours très physiques mais qui sont polyvalents (voire la 2ème ligne black qui doit mieux jouer le jeu de passes que nos 3/4 ou les 3ème lignes présentes partout). Là on a du retard sur les rucks car on constate que les mêlées ont moins d’importance qu’avant. Aveu de cécité: cela fait quelques années que les règles en mêlée sont faites de plus en plus pour en faire un simple lancement de jeu et moins un terrain d’affrontement. Le Top 14 et ses mêlées effondrées à répétition sont une exception. Donc là on va se tourner vers des joueurs qui ne font pas que soulever de la fonte mais des joueurs qui savent aussi faire des passes ou quoi faire avec la balle mais avec 15 ans de retard.

    4) le choix du jeu: les argentins (voire les écossais), cette année, les gallois il y a une dizaine d’années ont montré qu’on pouvait sinon gagner mais au moins briller en jouant sur d’autres qualités que le physique: Sanchez, Bosch, Cordero, Imhoff, Hernandez, Tuculet ne sont pas des monstres physiques (pas plus qu’un Shane Williams à l’époque) mais ils sont vifs, toniques et trouvent des espaces donc c’est faisable. Cela ne gagne pas forcément mais en jouant un jeu ultra-physique, je pense que ces équipes n’étaient pas mieux équipées.

    5) Le calendrier: Je ne suis toujours pas convaincu que les joueurs peuvent être en forme en novembre (tests et coupe d’Europe), en janvier (coupe d’Europe), en mars-avril (tournoi), en juin (championnat-tournée de fin de saison), assurer les affaires courantes entre août et juin et l’été se reposer et progresser individuellement. Le calendrier du sud laisse beaucoup plus de plages de repos et moins surtout de périodes où les joueurs enchaînent clubs et sélections, ils sont soit avec l’un, soit avec l’autre: pour travailler c’est sûrement mieux. La coupe d’Europe a pris beaucoup d’importance aujourd’hui et de moins en moins de clubs ne la jouent pas (à part Castres bien sûr) et il est amusant et sans doute pas si étonnant de voir que depuis 3 ans, les clubs français sont dominants alors que la sélection est en chute libre. Entre 2000 et 2012, les clubs français ont gagné 3 coupes d’Europe et ont même parfois eu aucun représentant en demie. Depuis 3 ans, c’est l’inverse (au détriment des irlandais par exemple). La tendance a pour moi deux raisons: l’incapacité à être performant partout en même temps (ou alors on accepte le dopage mais là pas d’accord) ou la recrudescence des joueurs étrangers qui tiennent un rôle clé à Toulon (surtout) ou Clermont (un peu moins mais quand même), pas d’une amélioration du niveau des joueurs français qui jouent peu ou les utilités.

    6) L’argument développé du “oui mais les étrangers du top 14 sont performants”: bon un c’est globalement vrai même s’il y a des exceptions. Ma réponse serait quand même que ces joueurs ont eu moins de temps de jeu du fait d’être non sélectionnable (type Giteau) ou libéré pendant le tournoi (type Fernandez-Lobbe) donc des périodes de repos. Sur les trois dernières saisons (2012-2013 à 2014-2015), l’argentin Fernandez-Lobbe a joué 70 matchs pour un total de 4639 minutes. Au même poste, Dusautoir a joué 81 matchs pour 5824 minutes. En 3/4, Giteau a joué 81 matchs pour 5672 minutes (mais seulement 1061 l’année dernière du fait de sa blessure). Pendant le même temps, Bastareaud a joué 108 matchs pour 6673 minutes. La différence se fait sur les matchs internationaux (tournois + tournée soit 24 matchs pour les deux français en 3 ans) (source itsrugby). L’usure se fait sur plusieurs saisons, pas sur une saison pleine, c’est l’enchaînement des saisons qui la crée. Depuis 2010, Bastareaud n’a connu que des saisons à plus de 2000 minutes, Giteau en a connu 3 à moins. Pour Dusautoir, l’année dernière, il a été blessé et c’est la première saison depuis 2007-2008 où il jouait moins de 2000 minutes par an.

    7) Le passage aux provinces: là j’ai plus de mal à te suivre, Christian, puisque d’un côté tu me sembles assez attaché à une certaine tradition autour des clubs, du Brennus et en même temps tu sembles souhaiter des équipes de province en coupe d’Europe. Je ne crois pas que cela se fera, je crois l’attachement viscéral aux clubs plus profond et puis une sélection Pau-Toulouse-Agen-Castres et une sélection Clermont-Brive-Oyonnax-Grenoble, je ne te dis pas les conflits (quand on voit que Biarritz-Bayonne, cela a capoté).

    POur le reste, faisons un choix clair, soit nu rugby de clubs (à la mode à la fois ancienne (tradition du club) ou en mode Premier League de foot version fin des années 1990 avec le plus de stars possible mais une sélection qui sera faible ou un rugby qui tourne autour de la sélection et des clubs qui font en fonction de l’équipe de France que ce soit en nombre de matchs ou de formation (voire de jeu pratiqué).

    Désolé pour le pavé.

    • avatar
      27 octobre 2015 a 9 h 17 min
      Par Cullen

      Salut Cyril et ne soit pas désolé pour le pavé, bien au contraire. Quelques remarques simplement.

      1/ Les Anglais sont tombés de haut, ils espéraient profiter de l’avantage du terrain et d’un calendrier fait sur mesure pour atteindre au moins la finale, et si possible, la gagner. Et personne n’avait osé imaginer qu’ils puissent se faire sortir avant même le début des hostilités. En dehors de l’aspect purement sportif, les sponsors ont énormément investi, et le manque à gagner s’annonce assez important. C’est dans ce contexte que la fédération anglaise se retrouve sous pression. Mais ça n’a rien à voir avec ce que traverse le Rugby français. Les Anglais ont simplement été victimes d’une poule très ( trop ) forte ( qu’aurait-on fait à leur place dans ce groupe ??? ) où ils ont simplement fait preuve de suffisance pendant les 20 dernières minutes face au Pays de Galles, et ça a suffi. Mais le jeu mis en place par Lancaster depuis 4 ans n’a rien de grotesque, au contraire il est à saluer, simplement les joueurs choisis étaient encore un peu tendres, et le choix de ne sélectionner que des joueurs évoluant au pays n’a pas payé. Mais cette équipe anglais sera redoutable à n’en pas douter dans 4 ans.

      2/ Laporte a en effet annoncé que s’il était élu l’an prochain, sa première mesure serait de mettre fin au mandat de Novés. Ca commence fort… Moi je vais attendre et lui faire confiance mais dans l’idéal, c’est vrai que j’aurai bien aimé sortir des sentiers battus, et qu’un technicien étranger, Woodward par exemple qui avait manifesté son intérêt pour le poste, soit aux commandes avec un regard un peu différent et sans arrières pensées.

      7/ Je suis effectivement très attaché au championnat, à ses phases finales, et au fameux “bout de bois”. Un peu moins à la coupe d’Europe je l’avoue, qui manque de vécu et dont le trophée n’a cessé d’évoluer au gré des sponsors. Et je ne suis surement pas le seul en France quand on voit la difficulté qu’ont eu les organisateurs pour remplir Twickenham lors de la dernière finale de l’épreuve. Cette coupe d’Europe, ça peut être une passerelle entre les clubs et l’équipe nationale, innover est toujours plus facile dans une compétition jeune, dont l’identité est en formation. Et je pense qu’un rapprochement momentané entre joueurs de clubs rivaux ne serait pas impossible, et qu’une telle démarche ne choquerait pas les puristes, dans la mesure où les clubs ne seraient pas affectés en championnat.

      Merci pour ta contribution.

  3. avatar
    26 octobre 2015 a 20 h 07 min

    Ai lu en intagralité. Bon travail Christian. Bonne chance à Guy Novès pour le XV de France. Comme j’ai déjà dit ailleurs, je suis originaire de Toulouse, donc je croise les doigts.

    Pour l’anecdote mon prof de sport en 1994 était Albert Cigagna, alors capitaine du Stade Toulousain qui avait remporté le Brennus (que j’avais d’ailleurs eu l’occasion de toucher de ma propre main lorsqu’il l’avait amené au collège).

    • avatar
      27 octobre 2015 a 11 h 23 min
      Par Cullen

      Salut Fabrice,

      J’ai eu également l’occasion d’admirer le “planchot”, en 1993, mais dans d’autres circonstances et je n’ai pas eu la chance de le toucher par contre :-( Cette année-là, j’avais été choisi pour faire partie des ramasseurs de balle pour la finale entre Castres et Grenoble. J’avais l’habitude d’aller au Parc ( plus pour le PSG que pour le Rugby d’ailleurs ) mais c’était la première fois que foulais la pelouse.

  4. avatar
    26 octobre 2015 a 20 h 55 min

    Se serait-on posé ces questions (qui semblent légitimes à la lecture de l’article) si on avait pas pris une branlée?

    J’ai comme l’impression qu’on en fait trop. On est passé à travers, certes, mais quand même, on a toujours de quoi faire une équipe valable normalement. Puis bon, on en a encore jamais gagné de coupe du monde… je sais pas si je préfère prendre une grosse branlée d’un coup ou perdre d’un point il y a quatre ans, au final le palmarès est le même.

    Mais la question soulevée à la fin est véridique : – on veut quoi comme rugby? gros championnat? grosse équipe nationale? etc… Au final, c’est quoi qui compte.

    Nos petits jeunes ne joues plus à cause des grands joueurs étrangers… je sais pas, les autres sont peut être meilleurs, plus motivés. C’est un tout non? On était meilleurs en rugby semi-amateur, maintenant que c’est bien pros, on a peut être pas les mecs en face pour prendre le virage à cause de la culture sport à la française peut être? si décriée au football.

    • avatar
      27 octobre 2015 a 15 h 47 min
      Par Cullen

      La différence Général, c’est que si je m’étais aussi emmerdé en regardant un match de l’équipe de France à 12 ans, je n’aurai sans doute jamais poussé les portes d’une école de Rugby…

  5. avatar
    27 octobre 2015 a 0 h 24 min
    Par S. peeters

    Salut Christian ,enfin l’équipe réduite .très réduite même de sport-vox il a fallu que je tape le surnom de sebtheouf dans la recherche Google pour retrouver ce site curieux que le nom de ce poster était reste dans ma tête

    Concernant l’équipe de France tout en étant un profane rugbistique par rapport à vous le mal me semble très profond et bien que je n’attache pas une grande importance au résultat brut d’une coupe du monde beaucoup trop aléatoire à mon gout , il suffit de voir l’ Australie qui aurait très bien pu être éliminée par l’Ecosse ou la Nouvelle Zelande qui n’a pas été championne du monde entre 1987 et 2011 alors que durant cette période ils ont été très régulièrement la meilleure nation de rugby
    C’est d’ailleurs les résultats qui ont peut- être joue un mauvais tour au rugby français , finaliste de la dernière cdm on sait pas trop comment demi en 2007 après une élimination des blacks dramatique pour le rugby en général mais finalement pas si positif que cela pour le rugby francais

    Le dernier grand match de l’équipe de France pour moi en cdm c’est la demi en 1999 . alors je sais que le jeu à changer …..mais quand je vois l’Ecosse en quart elle joue elle , c’est un peu n’importe quoi à certain moment mais elle aurait pu , du? gagner avec des moyens qui ne me semblent pas vraiment supérieur

    Si vous regardez les % de victoires ils sont en baisse sur les 25 dernières années c’est vrai qu’ils plongent avec psa mais la tendance était bien présente avant lui
    Comme profane j’entends toujours parler des fondamentaux que sont le combat la conquête (touche, mêlée) mais la passe, l’intelligence de jeu ils font pas partie des fondamentaux ces trucs la , il me semble que le rugby est également un sport d’évitement quand même . En 1999 Lomu est extraordinaire mais Dominici dans un autre style n’est pas en reste .

    Comme solution à très court terme je me demande s’il ne vous faudrait pas un coach étranger un neoz ou australien dépoussiérerait les veilles habitudes il y a toujours des querelles de clocher en France concernant le coach national . les Gallois ou les Ecossais ou bien un coach étranger alors pourquoi pas vous , pour le long terme formation et changement de paradigme

    p.s. quelle culture el zanque concernant cette chanson de Dylan sur ce boxeur mort le ring

    • avatar
      27 octobre 2015 a 11 h 09 min
      Par Cullen

      Salut Peterson,

      La section SV a quand même été bien décimée. Certains étaient là au début et pis, voyant que le site manquait d’interactivité, ils sont partis les uns après les autres. De temps en temps on en voit certains repasser, Intérim, Lavieçava ou d’autres, mais globalement on est assez peu nombreux.

      Sur le fond, je suis en phase avec toi, sur le fait que les résultats en CDM ont agi comme un leurre, sur l’importance trop grande faite aux fameux “fondamentaux” ou sur l’éventualité de prendre un sélectionneur étranger. C’est un peu ce que j’ai répondu à Cyril d’ailleurs. Merci pour ton intervention en tout cas.

  6. avatar
    27 octobre 2015 a 3 h 26 min

    Bonjour Messieurs,

    Précisons qu’en 1999, le XV de France sortait d’un Tournoi calamiteux (5e et dernier). Mais c’est vrai qu’il restait également sur une série de quatre Tournois « entre deux Coupe du Monde » intéressante, tout comme en 2007.
    Depuis 1954 et le premier succès des Bleus, jamais la France n’avait connu une telle disette (5 Tournois sans victoire)… jusqu’à cette année. Le résultat piteux de ce mondial couronne donc tout un mandat de médiocrité. Pour toutes les raisons évoquées.

    Je partage la plupart des constats énoncés dans l’article, et les pistes de réflexion qui en découlent sont intéressantes. Le retour à une phase de qualification en deux poules de 8 me parait en tout cas souhaitable, pour le championnat de France, d’autant plus qu’il accoucherait d’une phase finale plus longue (et non « hybride » comme aujourd’hui, avec ces quarts déguisés en barrages – ou l’inverse).

    Par contre je suis plus sceptique pour l’idée de franchise, comme Cyril. Les provinces irlandaises jouent le Pro12, non seulement la Coupe d’Europe, et cela me semble être le seul modèle compatible avec les calendriers européens (dans l’hémisphère sud, les joueurs jonglant plus ou moins aisément de clubs à franchise, avec une organisation très différente). En France, à mon avis, ça ne ferait que rajouter un échelon de sélection et complexifierait la situation.
    Mais bon, c’est en se posant des questions de ce type, que l’on avance, au lieu de rester dans des certitudes archaïques et des aspirations économico-économiques.
    Quel chantier.

    Ps : (plus ou moins) contraint et forcé, le Racing s’appuie efficacement sur son centre de formation depuis le début de la Coupe du Monde. Sympa de voir d’anciens coéquipiers accéder au haut niveau. En espérant que ce ne soit pas que conjoncturel, et que la formation mise en place au Plessis Robinson tende un peu plus vers l’excellence sportive d’années en années.

    • avatar
      27 octobre 2015 a 12 h 01 min
      Par Cullen

      Salut Simon,

      Pas grand-chose à rajouter, j’ai déjà expliqué en quoi la mise en place de “provinces” pouvait être une opportunité mais comme tu le dis, ça reste une idée à l’état embryonnaire ( combien de clubs par province ? combien en Champions Cup ? combien en Challenge Cup – pourquoi conserver cette épreuve au passage si on ne permet pas aux nations émergentes d’y participer davantage ? – Où disputer les rencontres ? Comment la FFR pourrait-elle rémunérer les joueurs ? La loi accepterait-elle que les étrangers soient exclus d’office ? Bref, c’est pas pour demain…

      Sinon, qui as-tu cotoyé au Racing qui ait disputé la CDM ? Moi qui ne suis jamais allé au-delà de la division d’honneur, je n’ai jamais eu la chance de voir un coéquipier à la tv :-)

      • avatar
        28 octobre 2015 a 2 h 11 min

        Hello Christian,

        Il reste bien des étapes à franchir, c’est clair. La réflexion ne s’envisage que sur le moyen (voire long) terme.

        Le Roux, Ben Arous et Dumoulin.
        Quant à ceux qui en “profitent” pour s’illustrer en Top 14, j’ai joué avec Gomes Sa, Vartanov, Chauveau et Dussartre.

        A mon époque, le lien espoir-pro n’était pas très entretenu. Il y a du mieux de ce côté-là.

  7. avatar
    27 octobre 2015 a 12 h 33 min
    Par cyril

    Technicien étranger sur le principe pourquoi pas? Toutes les idées et les bonnes volontés sont bonnes à prendre. Mais je ne suis pas convaincu qu’on se dirige vers cela car le rugby français me semble justement très franco-français et que cela entraînerait une levée de bouclier (et pas de Brennus!)

    Après pour répondre au général (désolé pou l’autre article mais je n’étais pas là!), je crois que cela dépasse le seul échec en coupe du monde puisque les résultats ne sont pas bons depuis plusieurs années (voir le pourcentage de victoires de Saint-André). Par rapport au tournoi, il est amusant de constater que les deux équipes qui ont peut-être le plus pris ces dernières années le Tournoi comme une préparation à la coupe du monde en ne se positionnant que comme un préparation à la coupe du monde qui serait l’objectif (Angleterre et France) ont toutes les deux pour des raisons différentes échouer. Finalement, ce serait bien de réellement le jouer pour gagner: cela donne des certitudes.

    Christian, pour l’Angleterre, je précise que je parlais non pas du jeu mais du choix des non-sélectionnables et des critiques qui se sont abattus sur Lancaster, après la poule était forte mais je pense qu’ils ne se voyaient pas perdre chez eux contre les gallois, surtout privés de plusieurs joueurs.

  8. avatar
    27 octobre 2015 a 12 h 36 min

    Moi,les provinces, les Top 12 ou Top 16 à 2 poules, j’y crois pas trop. Le seul truc qui me semble payant, c’est la formation. Le meilleur joueur français de notre époque, Thierry Dusautoir, est un mec qui a fait du judo à l’époque où on apprend à faire des passes et à jouer des surnombres. Pour moi ça illustre tout. Les gamins qui commencent le rugby à 8 ans sont cela dit en général cassés de partout à 18 ans, d’où l’intérêt de catégories de poids, je pense.

    Pour le reste, je dis depuis des années que le Stade Toulousain a un jeu dégueulasse : http://yourzone.beinsports.fr/parodie-interview-guy-noves-stade-toulousain-pourquoi-est-il-moins-fort-quavant-42351/

    Donc, pour Novès, je l’aime bien, il a du caractère et un beau palmarès mais bon, j’en ai vu des finales du stade (et même j’ai assisté à des parades place du Cap’ entre 96 et 2001), et vraiment, c’était un jeu horrible.

  9. avatar
    28 octobre 2015 a 12 h 34 min
    Par Cullen

    Sinon, vous la sentez comment la finale ? L’affiche est un grand classique du Rugby à XIII mais à XV, c’est la première fois que les deux équipes s’affrontent à ce stade, la faute à nos petits coqs, vainqueurs des Wallabies en 87 et des Blacks en 99. Perso, je ne vois pas comment le titre pourrait échapper aux Néo-zélandais qui sont supérieurs dans à peu près tous les secteurs sauf peut-être dans les contests, encore qu’avec McCaw il y aura du répondant. En tout cas, vu la philosophie des deux équipes, je pense que le score pourrait rapidement gonfler. Espérons…

    • avatar
      29 octobre 2015 a 10 h 25 min

      Salut Cullen, excellente question (sur le prono de la finale), je suis super nul en pronos, donc je ne me mouillerai pas.

      Les 2 finalistes se connaissent par cœur, vu qu’ils jouent les uns contre les autres 3 ou 4 fois par an tous les ans.

      Donc, difficile de savoir, ce sera bizarrement la vérité de 80 minutes qui décidera du nom du vainqueur pour 4 ans, les blacks sont favoris, sur l’impression laissée depuis les 1/4, et à cause de la dernière Bledisloe Cup où ils ont atomisé les wallabies, mais si une équipe peut faire déjouer les blacks, je pense que c’est l’Australie.

      En tout cas, je préfère largement voir Matt Giteau devenir champion du monde que Richie McCaw le devenir (même si c’est un immense joueur, dans son genre), donc samedi, pour moi, ce sera “Advance, Australia Fair” !

  10. avatar
    10 juillet 2017 a 8 h 27 min
    Par Cullen

    Un autre de mes articles traitant de cette discipline : http://yourzone.beinsports.fr/la-champions-cup-peut-elle-supplanter-le-bouclier-de-brennus-90562/

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