Sampras et l’US Open, un lien viscéral (1990-2002)
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Sampras et l’US Open, un lien viscéral (1990-2002)

Si le tournoi fétiche de Pistol Pete était Wimbledon (sept victoires en 1993, 1994, 1995, 1997, 1998, 1999 et 2000), le lien entre le champion américain et l’US Open était impossible à briser, avec cinq victoires entre 1990 et 2002, toutes au symbole très fort. Même en 2003, l’ombre de Pete Sampras planait encore sur l’US Open, dans les travées du tournoi new-yorkais.

Les neuf victoires de l’ogre majorquin Rafael Nadal à Roland-Garros entre 2005 et 2014 ne doivent pas faire oublier qu’un autre tennisman a connu une réussite insolente dans un autre tournoi du Grand Chelem, au siècle dernier : Pete Sampras, à Wimbledon, avec pour clé de voûte une maîtrise du service-volée encore plus grande que les Connors, McEnroe, Edberg et autres Becker qui avaient régné sur Londres avant lui, dans la foulée d’une autre ère de domination implacable à Londres, celle du Suédois Bjorn Borg.

Entre 1993 et 2000, Pete Sampras tutoya la perfection à Wimbledon, atteignant la quadrature du cercle par un niveau de jeu stratosphérique, cannibalisant le tennis sur gazon et gagnant surtout sept titres à Londres en huit ans, soit deux de plus que Bjorn Borg, qui avait porté l’estocade à tous ses rivaux sur le gazon londonien entre 1976 et 1980.

Seul un Richard Krajicek en état de grâce put battre l’Américain, en quarts de finale de l’édition 1996. Balayé par une pluie d’aces par un Néerlandais tirant la quintessence de son service surpuissant, Sampras était alors triple tenant du trophée. Le miracle n’eut lieu qu’une fois avec ce David néerlandais vainqueur du Goliath américain, lequel revint plus fort que jamais pour aligner quatre succès consécutifs entre 1997 et 2000, un an avant de tomber du Capitole à la Roche Tarpéienne dans une nouvelle quête du Graal, la huitième Croisade vers la terre promise du tennis.

Tous les meilleurs joueurs de gazon des années 90 avaient plié face à la virtuosité de Sampras, qui joua entre 1993 et 2000 une partition sans fausse note aux airs de requiem pour la concurrence : Goran Ivanisevic, Andre Agassi, Boris Becker, Tim Henman, Patrick Rafter, Michael Stich, Stefan Edberg ou encore Jim Courier furent tous laminés par le natif de Washington, qui s’attirait tous les superlatifs dans sa chasse gardée de Wimbledon, bastion imprenable avant 2001, et la passation de pouvoirs avec un jeune espoir suisse qui approchait ses 20 ans, un certain Roger Federer, qui récupérait sans le savoir les clés du Center Court.

Ce jour-là, la victoire du Bâlois en huitièmes de finale fut sans le savoir une passation de pouvoir entre les deux hommes. Comme lors de la finale de Wimbledon 1995 où sa troisième victoire consécutive à Londres scellait définitivement la fin de l’ère Becker commencée dix ans plus tôt (l’Allemand perdant sa quatrième finale à Wimbledon, après 1988, 1990 et 1991), cette défaite de Sampras rendait non seulement utopique la perspective d’un huitième titre record (devant William Renshaw, septuple lauréat à l’époque révolue du challenge round), mais ouvrait donc en grand la question de sa succession pour dominer le tennis mondial : à 31 ans passés, son vieux rival et compatriote Andre Agassi était bien trop vieux pour assumer le rôle de l’héritier.

Le favori pour l’héritage de Pistol Pete avait pour nom Marat Safin, bourreau de Sampras sur le ciment new-yorkais en finale de l’édition 2000 de l’US Open. L’élu eut finalement pour nom Roger Federer, qui débloqua son compteur en Grand Chelem en 2003 à Wimbledon, lieu de son coup d’éclat face à Sampras deux ans plus tôt.

Wimbledon 2001 s’offrit à Goran Ivanisevic, le serveur croate battu déjà trois en finale (en 1992 par Agassi, en 1994 et 1998 par Sampras), Wimbledon 2002 à Lleyton Hewitt, qu’on pensait être le légitime successeur de Pete Sampras dans la foulée de l’espoir déçu venu de Russie, Marat Safin, à qui l’Australien avait succédé en septembre 2001 au palmarès de l’US Open, battant également le champion américain en finale à Flushing-Meadows …

New York, Big Apple et ses innombrables curiosités touristiques … Wall Street, la Statue de la Liberté, Ellis Island, Central Park, la High Line, l’Empire State Building, le Museum of Modern Art, la voûte étoilée de Grand Central Station, Guggenheim Museum, le MET, Times Square, Ground Zero, Little Italy, Chinatown, Brooklyn Bridge, Lincoln Center, Columbia University, Saint-Patrick … Et tant d’autres encore !

Mais la ville de Friends est aussi une icône du sport américain avec le Madison Square Garden où jouent les New York Knicks et les New York Rangers, le Giants Stadium du Cosmos New York magnifié jadis par le roi brésilien Pelé et l’empereur allemand Franz Beckenbauer, ou encore le Shea Stadium des New York Yankees, théâtre d’un concert magistral des Beatles en 1965.

Mais aussi, une fois l’an, l’US Open de tennis se déroule loin de la skyline de Manhattan, dans le Queen’s sur le court Arthur Ashe, près des avions de La Guardia, avec son Super Saturday et ses night sessions interminables …

A New York aussi, Pete Sampras aussi a pérennisé les exploits, avec cinq couronnes. Un seul joueur a fait mieux que lui aux Internationaux des Etats-Unis dans l’Histoire, l’immense Bill Tilden dans les années 20, dont la maestria faisait de lui l’alpha et l’omega de cette époque, tel son alter ego Suzanne Lenglen chez les dames.

Dans l’ère Open, Jimmy Connors et Roger Federer sont également des quintuples lauréats du tournoi américain, avec cinq victoires consécutives pour le Suisse entre 2004 et 2008.

Plébisciter Wimbledon comme tournoi fétiche de Sampras semble une tautologie au vu de son palmarès colossal à Londres (sept couronnes), mais le Pantagruel tennistique des années 90 a aussi gagné cinq fois à New York, chez lui. En y regardant de plus près, la relation Sampras / US Open est viscérale, complexe et belle, faite des hauts et de bas, plus qu’à Wimbledon où le cyborg Sampras lamina toute opposition pour un septennat doré.

La première victoire new-yorkaise de Sampras intervient en septembre 1990, alors qu’il vient tout juste de fêter ses 19 ans. Le jeune prodige et protégé du docteur Fisher a sorti en quart de finale l’épouvantail du tournoi, le Tchécoslovaque Ivan Lendl, qui restait sur huit finales consécutives entre 1982 et 1989. En demi-finale, Sampras enfonce le clou face à l’ancienne génération du tennis, mettant échec et mat John McEnroe, dont les desseins de finale resteront utopiques en cette fin d’été 1990.

Le contexte est particulier pour cette finale Sampras / Agassi de 1990. L’US Open attend une victoire américaine depuis John McEnroe en 1984. Ce même McEnroe avait été  balayé comme un fétu de paille en 1985 par la puissance d’Ivan Lendl, qui alignait aligner trois succès de rang (1985, 1986, 1987) à New York avant que deux autres Européens, le Suédois Mats Wilander (1988) et l’Allemand Boris Becker (1989) ne prolongent cette disette de l’oncle Sam chez lui, qui paraît dérisoire par rapport à la jachère actuelle en vigueur depuis 2003 et le dernier succès d’Andy Roddick. Depuis 2004, l’Europe impose violemment son sceau et sa férule à New York, avec pour seule exception la victoire du colosse argentin Juan Martin Del Potro en 2009 : cinq victoires suisses pour l’hégémonique Roger Federer entre 2004 et 2008, deux victoires espagnoles pour Rafael Nadal en 2010 et 2013, une victoire serbe pour Novak Djokovic en 2011, une victoire britannique pour Andy Murray en 2012 et une victoire croate pour Marin Cilic en 2014.

La finale 1990 est 100 % américaine, John McEnroe sait donc qu’un compatriote va lui succéder. Mais l’enjeu du match est tout autre. Un an et demi après le triomphe surprise du jeune américain Michael Chang à Roland-Garros, il s’agit de se positionner comme la figure de proue d’un tennis américain qui va renaître de ses cendres tel le phénix. Andre Agassi, né en avril 1970, a raté le coche sur l’ocre parisien en juin 1990, battu en finale de Roland-Garros par l’outsider équatorien Andres Gomez. Déjà dépassé par Chang né en 1972, le natif de Las Vegas doit retarder l’éclosion de Pete Sampras, né en août 1971, et tombeur de Mats Wilander lors de l’US Open 1989 pour sa deuxième participation au prestigieux tournoi new-yorkais.

Malheureusement pour Agassi, qui avait jugé un peu vite Sampras en 1989 au tournoi de Rome après une victoire facile en deux sets, c’est bien Pete Sampras qui soulève la coupe du vainqueur en ce jour de septembre 1990 à Flushing-Meadows. Vaincu 6-1, 6-2 à Rome au printemps 1989 par Agassi, ce Sampras 2.0 s’est vite débarrassé du rocher de Sisyphe dont son compatriote pensait qu’il serait un boulet éternel. Son jeu a progressé à une vitesse foudroyante en un an et demi, là où Agassi reste prisonnier de ses doutes et d’un plafond de verre au niveau mental.

Agassi tombe de Charybde en Scylla en juin 1991 quand le troisième des quatre mousquetaires américains lui coupe l’herbe sous le pied à Roland-Garros, un certain Jim Courier.

Ce même Courier sera le bourreau de Sampras en quarts de finale de l’US Open 1991. Du propre aveu de Pistol Pete, cette défaite est un soulagement tant la pression du tenant du titre était forte à New York. Cet aveu lui sera reproché par Jim Courier et Jimmy Connors, qui lui jettent l’opprobre à raison : en Grand Chelem, il faut mourir debout et ne pas se laisser vaincre tel un agneau sacrifié. A vingt ans, le fragile Pete Sampras n’a pas encore assemblé toutes les pièces de son puzzle, lui qui s’apprête tel un bulldozer à régner en despote magnétique sur le tennis masculin des années 90.

Agassi retrouve Sampras en décembre 1991 à Lyon pour la finale de la Coupe Davis. Transcendés dans la capitale des Gaules, Henri Leconte et Guy Forget offrent des montagnes russes d’adrénaline au public lyonnais, et surtout le saladier d’argent attendu depuis 1932 dans l’Hexagone, soit 59 longues années !

En 1992, Sampras échoue en demi-finale de Wimbledon contre Goran Ivanisevic, le géant croate étant ensuite piégé par Andre Agassi en finale. Après trois défaites en finale de Grand Chelem, le Kid de Las Vegas se débloque enfin, et évite lesyndrome de la poule mouillée, sorte d’épée de Damoclès qui avait poursuivi Ivan Lendl telle une ombre entre 1981 et 1984, avant la délivrance de Roland-Garros 1984 contre un McEnroe pourtant proche de son apothéose parisienne.

A l’US Open 1992, Sampras atteint la finale mais l’effet underdog ne marche pas comme en 1990. Cette fois, le favori l’emporte, il a pour nom Stefan Edberg. Manquant de combativité et de panache, Sampras a laissé filer le quatrième set après la déception du troisième set perdu au tie-break contre le grand joueur suédois. Mentalement, voilà encore un défaut dans la cuirasse de Sampras que ce dernier va corriger. Il va apprendre, comme McEnroe avant lui ou Nadal après lui, à haïr la défaite. Ce Sampras 2.0, sans renier l’ADN de son jeu, va sonner le glas des espoirs de ses rivaux contemporains, les Agassi, Chang et autres Courier, de se constituer un palmarès monumental.

Le lundi 12 avril 1993, Pete Sampras fait la une des gazettes sportives, entre autres exploits, derrière la démonstration de pilotage du triple champion du monde brésilien Ayrton Senna qui a marché sur l’eau, au sens propre comme au sens figuré à Donington Park pour le Grand Prix d’Europe de F1.

La légitimité de Sampras est remise en question alors qu’il accède au panthéon du tennis, le voilà numéro 1 mondial au classement ATP. Lui qui a bu le nectar et l’ambroisie et possède un talent exceptionnel n’a cependant pas gagné de trophée du Grand Chelem entre Roland-Garros 1992 et l’Open d’Australie 1993, les quatre levées du Grand Chelem étant détenues par Jim Courier (France, Australie), Andre Agassi (Grande-Bretagne) et Stefan Edberg (Suède). Numéro 1 sans trophée majeur, c’est franchir le Rubicon tennistique aux yeux de certains puristes. La pression est sur Sampras qui donc légitimer sa couronne de nouveau roi du tennis mondial.

1993 est une année médiatrice car elle conduit Boris Becker et surtout Stefan Edberg à constater que l’usure du pouvoir et l’inexorable érosion du temps ont fait leur œuvre.

A Roland-Garros, où la terre battue n’est pas son violon d’Ingres pas plus que sa tasse de thé, Sampras est éliminé par le jeune Ukrainien Andreï Medvedev en quarts de finale.

Wimbledon change tout, Sampras fait descendre de leur tour d’ivoire ceux qui pensaient qu’il n’était qu’un champion usurpateur, un imposteur du trône de l’ATP, un numéro 1 fait par l’ordinateur plus que par les lauriers.

Lors de ce Wimbledon 1993, Pete Sampras change de dimension à un mois de son 22e anniversaire. Il élimine Andre Agassi en quarts de finale puis domine Jim Courier en finale. Battu par Sergi Bruguera à Paris, Courier a-t-il commis le péché d’orgueil en pensant que le gazon londonien s’offrirait facilement à lui ? Sampras et Bruguera ont planté leurs banderilles à Jim Courier mais c’est surtout Cédric Pioline qui lui portera l’estocade en 1993 en huitièmes de finale de l’US Open.

Le Français sera battu en finale par Pete Sampras qui retrouve la place de numéro 1 mondial et signe le doublé Wimbledon / US Open, exploit sensationnel que Laver (1969), Connors (1974, 1982), McEnroe (1981, 1984) et Becker (1989) ont réussi dans l’ère Open.

Enchaînant par un troisième Grand Chelem de rang à l’Open d’Australie 1994 où il confirme sa suprématie sur Jim Courier battu en demi-finale, Sampras est encore favori à l’US Open 1994, puisqu’il a conservé son titre à Wimbledon face à Goran Ivanisevic, encore fébrile dans le money time.

Parvenu au sommet du tennis mondial, Pete Sampras doit désormais confirmer sur la durée, et porter au pinacle ses qualités mentales et tennistiques pour repousser le déclin qui guette les champions.

Piégé par le Péruvien Jaime Yzaga (déjà son bourreau en 1988 à l’US Open) dès les huitièmes de finale, Sampras était cependant gêné par des ampoules aux pieds. L’élimination de Sampras ouvre un boulevard à Andre Agassi qui remporte son premier US Open en ce mois de septembre 1994. Le joueur du Nevada triomphe ensuite en indoor à Paris-Bercy, puis à l’Open d’Australie en janvier 1995, daignant faire le déplacement au pays des kangourous.
Agassi bat Sampras en finale et lui prend sa couronne australienne, trois mois avant de devenir n°1 ATP en avril 1995, à 25 ans.

Cancre surdoué qui a pris son temps pour atteindre son zénith personnel, Agassi s’attend à un duel d’anthologie contre Sampras tout au long de 1995. Boris Becker empêche les retrouvailles des deux titans en sortant Agassi en demi-finale de Wimbledon 1995.

Le courroux du Kid de Las Vegas face au joueur allemand qu’il ne porte guère dans son cœur le pousse à une œuvre de destruction durant l’été 1995. Rien ne résiste au rouleau-compresseur Agassi, lauréat des tournois de Washington, Montréal, Cincinnati et New Haven.

Quand Agassi retrouve Sampras, cinq ans après le premier bras de fer new-yorkais de 1990, en finale de l’US Open 1995, le contexte est bien différent pour cette deuxième bataille majeure des guerres médiques du tennis américain. Un fils d’immigré grec contre un rejeton d’immigré iranien, soit deux crocodiles dans un marigot … Un de trop bien entendu.

Il ne s’agit plus de désigner l’espoir le plus prometteur du tennis américain mais de sacrer le meilleur joueur du monde. Malheur au vaincu dans ce duel au couteau, car chacun des deux joueurs semble au climax de sa carrière. Mais le trône n’a qu’une place, celle du roi, et celle du dauphin est en contrebas, pour s’agenouiller face à son maître.
A l’apogée de sa confiance et de son talent, Agassi sort de 26 matches sans défaite depuis Wimbledon et semble insatiable. Mais Agassi sort d’une victoire à la Pyrrhus contre Boris Becker. Il a laissé trop d’influx nerveux face au champion allemand en demi-finale, et surtout, passe une journée horrible avant la finale, victime d’une déchirure de cartilage aux côtes qui l’empêche de dilater sa cage thoracique et donc de respirer correctement. Sans vouloir céder aux figures de style et à la litote, on a connu préparation moins stressante pour un finaliste de l’US Open dans la dernière ligne droite avant de s’attaquer cet Everest du tennis, ce juge de paix de la saison au palmarès ne laissant aucun géant du jeu bredouille à New York, exception faite de l’immense Bjorn Borg, quatre fois finaliste malheureux contre les indigènes Jimmy Connors (1976 et 1978) et John McEnroe (1980 et 1981).

Battu par Pete Sampras en quatre sets en finale de cet US Open 1995, et marqué au fer rouge par ce camouflet new-yorkais qui va libérer de nouveaux démons de sa boîte de Pandore personnelle, Andre Agassi va ensuite traverser un long désert avant l’euphorique retour du printemps 1999 avec un inattendu succès à Roland-Garros. Pendant ce temps, Sampras reste le mètre étalon du tennis mondial.

1996 voit l’US Open sauver Sampras d’une saison vierge en Grand Chelem. Très marqué par le décès son coach et ami Tim Gullikson, Sampras a joué avec un ange sur l’épaule Porte d’Auteuil, de ses propres dires. Mais cela ne suffisait pas pour franchir un obstacle comme Evgueni Kafelnikov. Ensuite surpris par Richard Krajicek à Wimbledon, comme par Mark Philippoussis, Pete Sampras est dos au mur avant l’US Open 1996, d’autant qu’Agassi a conquis la médaille d’or aux Jeux Olympiques d’Atlanta, titre qui aurait pu servir de consolation à Sampras en cas d’échec à l’US Open.

Frôlant la correctionnelle contre Alex Corretja en quarts de finale, Sampras sauve une balle de match sur son service dans le tie-break du décisif cinquième set. Après une frayeur au deuxième tour contre Jiri Novak, l’Américain évite de peu le gouffre et sort le valeureux tennisman espagnol. La réaction d’orgueil de Sampras est celle d’un champion à l’énergie implacable dans les moments cruciaux. Acculé, Sampras ne veut pas perdre son titre new-yorkais, dont il ne juge personne d’autre que lui digne de reprendre … Il chausse ensuite ses bottes de sept lieues pour terrasser Goran Ivanisevic et Michael Chang.

En 1997, le Tchèque Petr Korda bat Pete Sampras en huitièmes de finale de l’US Open, l’Américain ayant déjà gagné deux titres majeurs à Melbourne et Londres cette année là, tandis que sa Némésis Agassi plonge dans les abîmes de la dépression et les abysses de l’ATP, un véritable guêpier dont beaucoup pensent qu’il ne se sortira jamais. C’est mal connaître la volonté d’Agassi …

En 1998, tout juste auréolé d’une cinquième couronne londonienne qui en fait l’égal de Borg, Sampras est bien décidé à reprendre son titre américain conquis en 1997 par l’Australien Patrick Rafter. C’est justement ce dernier qui prive Sampras d’une nouvelle finale à domicile.

Ce n’est pas en 1999 que Sampras reconquiert le titre à domicile, devant essuyer un forfait de dernière minute alors que l’US Open promettait un affrontement somptueux avec Agassi revenu du diable vauvert, et  en pleine réussite (lauréat de Roland-Garros et finaliste de Wimbledon contre Sampras), avec en filigrane la place de numéro 1 mondial.

Orphelin de son meilleur rival, Andre Agassi remporte son deuxième US Open, dans une finale qui sépare une nouvelle fois le bon grain de l’ivraie, soit un champion (Agassi) d’un excellent joueur de tennis (Todd Martin).

Ayant raté la perspective de retrouvailles avec Agassi à New York pour l’US Open, Pete Sampras écrase son compatriote en finale du Masters en novembre 1999 à Hanovre, illustrant un paradoxe : Agassi est le numéro 1 incontestable de 1999 par son palmarès, mais par deux fois Sampras l’a laminé en finale majeure, à Wimbledon puis au Masters, tel le diable sortant ses fourches caudines.

En 2000, battu en demi-finale de l’Open d’Australie par Agassi qui domine ensuite Kafelnikov en finale, Sampras repousse encore le déclin à Wimbledon avec un treizième titre majeur qui lui permet de dépasser l’ancien recordman Roy Emerson. L’Américain espère cette fois conquérir son cinquième titre à l’US Open. C’est sans compter sur le jeune espoir russe Marat Safin qui survole la finale, balayant Sampras en trois sets secs. Jamais l’Américain n’avait été surclassé de la sorte en finale majeure, tant le Russe a dressé la guillotine à chaque manche. Beaucoup pensent, à tort, que Pete Sampras ne gagnera plus jamais un titre du Grand Chelem.

En 2001, Sampras et Agassi offrent un festival de tennis au public new-yorkais, un véritable feu d’artifice, alors que Pistol Pete doit surmonter sa déception de Wimbledon contre Roger Federer. Au paroxysme de l’effort, les deux joueurs qui s’affrontent en quarts de finale espèrent tous les deux profiter de cet US Open pour enrichir leurs armoires à trophées. Sorte de postulat tennistique des années 90 et du début des années 2000, les qualités de relanceur hors pair d’Agassi sont le meilleur antidote au service génial de Sampras, qui mène 17-14 dans leurs duels avant ce match d’anthologie, sorte de finale avant la lettre tant la jeune génération des Kuerten, Safin, Hewitt et autres Ferrero peine à tirer avec régularité la substantifique moelle de ses qualités.

Alors qu’il est minuit passé, une standing ovation en hommage aux deux joueurs est donnée par le public américain avant le tie-break du quatrième set, comme si aucun des deux gladiateurs ne méritait de mourir ce soir là après une telle pyrotechnie de tennis somptueux. Les deux rivaux sont très émus mais ils savent qu’il faut se reconcentrer pour cemoney time pour loups garous, avec pour seule compagne la lune favorisant la lycanthropie des champions qui se transcendent plus que jamais en night session : Sampras car il peut tuer le match et n’a pas intérêt à se laisser entraîner à un cinquième set qui favoriserait physiquement son rival, Agassi car il n’a pas le choix et doit rester en vie en égalisant à deux sets partout, lui qui avait pourtant un ratio de 49-1 à l’US Open quand il gagnait le premier set. Les deux joueurs se regardent en chiens de faïence et savent que le moment de vérité est arrivé dans ce match himalayen. Ni Sampras ni Agassi n’ont joué en épicier ce match épique où personne ne cèdera son service. 3 tie-breaks à 1, c’est par ce biais que Sampras composte son billet pour la demi-finale où il prend sa revanche sur Marat Safin, feu de paille qui brillera une seule fois à nouveau en Grand Chelem, début 2005 à Melbourne avec un récital contre le grand Roger Federer dans une demi-finale mythique. Sampras en finale de l’US Open 2001, voilà une occasion de venger le triste épilogue du tournoi 2000, mais c’est encore une fontaine de jouvence qui va inonder l’US Open 2001, deux jours avant que la ville de New York ne soit traumatisée par les attentats du 11 septembre contre les tours jumelles du World Trade Center. La rage chevillée au corps, ADN de son jeu exceptionnel, Lleyton Hewitt bat Pete Sampras en trois sets secs, 7-6 puis deux fois 6-1.

Hewitt ne sonne pas le glas d’une époque, juste le tocsin, car les deux légendes vivantes que sont Sampras et Agassi n’ont pas dit leur dernier mot. Il reste encore suffisamment d’énergie aux deux monstres sacrés du tennis, aux vieux lions, pour rugir une fois de plus et faire respecter les théories de Charles Darwin en terre new-yorkaise. Sans cataclysme bouleversant les cartes, les dinosaures auraient survécu, et c’est ce qui arrive dans l’univers darwinien de l’US Open 2002, où les tyrannosaures Sampras et Agassi émergent du chaos. Ce tournoi impitoyable est une sélection naturelle qui ne laisse pas de place aux faibles, en témoigne le palmarès somptueux de l’US Open qui, injustice de l’Histoire, ne laisse sur le bord de la route que l’infortuné Bjorn Borg, monarque despotique en Europe, à Paris comme à Londres, pour un bouquet de lys français et de roses anglaises.

La saison 2002 marque le chant du cygne de Sampras qui joue à l’US Open son ultime tournoi professionnel, et va écrire l’Histoire avec un grand H, ce H de la bombe atomique qui explose une dernière fois avec la puissance d’une explosion galactique. Douze ans après son premier succès à domicile, le trentenaire Sampras boucle la boucle en finale contre son vieux complice Andre Agassi. Voilà une troisième finale new-yorkaise au sommet entre les deux vétérans du circuit. Jamais deux sans trois, et Sampras l’emporte en quatre secs, étant titré pour la cinquième fois à l’US Open. Radieux avec le titre face à son rival, Sampras est aux antipodes du visage moribond vu à Wimbledon, quand il avait été sorti dans l’anonymat du deuxième tour. Le voilà à nouveau au firmament du tennis, avec ce quatorzième titre majeur, record qui semble inaccessible, avant que le Big Three Federer / Nadal / Djokovic ne règne sans partage entre 2003 et 2015 sur le tennis mondial et repousse les limites : 17 titres pour Federer avec Sampras dépassé en 2009 à Wimbledon, Grands Chelems en carrière réussis par Federer en 2009 et Nadal en 2010, Petits Chelems devenus banaux entre 2004 et 2011 pour le Suisse, l’Espagnol puis le Serbe. Ironie du destin, quatre mois après son meilleur ennemi, Agassi remporte en 2003 son ultime titre du Grand Chelem à Melbourne, tout comme le tennis américain à New York (avec Andy Roddick), avant que les Européens n’imposent leur loi par la suite …

C’est justement à l’US Open 2003, avant le début des hostilités new-yorkaises sur le ciment de Flushing Meadows, que Pete Sampras choisit d’annoncer sa retraite, après une année sabbatique qui ne laissait guère de suspense. Secret de polichinelle, la retraite de l’ogre boulimique du tennis devient concrète avant cet US Open 2003 qui laisse son vieux complice, le gourmet Agassi, orphelin de Petros.

Qui vit de combattre un ennemi a intérêt à ce qu’il reste en vie, disait Nietzsche. La carrière d’Agassi ne fut plus jamais la même après l’été 2003, et le vieux lion rugit une ultime fois en septembre 2005 en atteignant la finale de l’US Open. Nouveau titan du circuit masculin, Roger Federer brise facilement l’envol du phénix Agassi, qui tire sa révérence un an plus tard à l’US Open 2006, là où tout avait commencé pour lui. Car comme Sampras, Agassi avait un lien unique avec le tournoi new-yorkais, même si comme son rival ce n’était pas à domicile qu’il comptait le plus de titres majeurs (4 en Australie contre 2 aux Etats-Unis pour Agassi, 7 à Wimbledon contre 5 à l’US Open pour Sampras).

A Wimbledon, Sampras était booléen. C’était tout ou rien, pile ou face, noir ou blanc, soit le jardin des Hespérides et ses pommes d’or, soit un paysage de désolation. Ce fut plus souvent Docteur Jekyll que Mister Hyde que l’on vit à Londres, avec sept triomphes dans le prestigieux jardin anglais, sanctuaire du tennis depuis 1877.

A l’US Open, Sampras atteignit toujours la deuxième semaine, exception faite de l’édition 1988, celle du bizutage. Nostalgiques de cet âge d’or, de cette époque révolue synonyme (exception faite de 2002) d’une Amérique qui n’avait pas encore subi le terrible traumatisme du 11 septembre, les spectateurs new-yorkais ont toujours les décibels assourdissants des avions de la Guardia, madeleine de Proust de l’US Open, mais sont orphelins de champions capables de battre les Européens à Big Apple, faute de compétitivité suffisante, des James Blake, Sam Querrey, Mardy Fish, John Isner et autres Ryan Harrison. Qui succédera à Pete Sampras et Andre Agassi, derniers alchimistes capables de gagner (presque) partout en Grand Chelem ?

 

 

  1. avatar
    19 juillet 2015 a 16 h 27 min

    Avec un total de 8 finales à l’US Open, Pete Sampras détient un record pour l’ère Open (ex aequo avec Ivan Lendl mais ratio de 3/5 pour le Tchèque), Bill Tilden ayant atteint 10 fois la finale en son temps (7 victoires et 3 défaites).

    Federer n’en a joué “que” 6 (2004-2009), Connors “seulement” 7 (5-2), Agassi 6 aussi (2-4), Djokovic 5 (1-4).

  2. avatar
    20 juillet 2015 a 12 h 23 min
    Par Cullen

    Celui qui incarne le mieux l’US Open ça reste Jimmy Connors. Plus d’une vingtaine de participations à son actif, un record de 14 demi-finales disputées et à l’arrivée 5 victoires sur trois surfaces différentes. Il avait tellement à cœur de briller sur ses terres et sur son tournoi fétiche qu’il a été capable de battre Borg sur terre battue en 76 ou sur ciment en 78 alors que le Suédois marchait sur l’eau cette année-là ( Connors avait pris une fessée face à lui quelques semaines plus tôt à Wimbledon – et même si Borg était gêné par une ampoule à Flushing ). Et que dire de sa victoire face à Krickstein en 91 alors qu’il avait 39 ans et que son jeune adversaire était 5ème mondial. Son mental de gagneur et son côté show man étaient parfaitement adaptés à l’ambiance chaud-bouillante de Flushing Meadows.

  3. avatar
    20 juillet 2015 a 16 h 30 min

    Salut Christian,

    En effet Jimmy Connors est celui qui incarne le plus l’US Open, tu as raison. Mon point dans l’article est de montrer que l’on catégorise un peu trop Pete Sampras comme un spécialiste exclusif du gazon et de Wimbledon, alors que l’Américain a connu une réussite fabuleuse à New York également.

    Mais point de discussion, LE joueur de l’US Open est Connors durant l’ère Open, tout comme Federer incarne Wimbledon et Nadal est la référence de Roland-Garros.

    Son parcours héroîque de 1991 n’a guère d’équivalent dans le tennis moderne, car à 35 et 34 ans Agassi et Federer étaient encore dans le coup lors de leurs finales US Open 2005 et Wimbledon 2015.

  4. avatar
    20 juillet 2015 a 16 h 37 min

    Je précise bien durant l’ère Open car sinon ce n’est plus Connors mais Tilden qui servirait d’icône de l’US Open.

    La seule quasi-certitude (à 80 %) du prochain US Open est qu’on aura un vainqueur européen, à moins que le Canadien Milos Raonic, l’Australien Nick Kyrgios ou le Japonais Kei Nishikori ne sortent le (très) grand jeu

    Entre Djokovic le Serbe, Wawrinka et Federer les Suisses, Murray l’Ecossais, Ferrer et Nadal les Espagnols, Berdych le Tchèque, Cilic le Croate, Tsonga et Gasquet les Français, ou Dimitrov le Bulgare.

    Depuis l’US Open 2003 et la victoire d’Andy Roddick, les Européens n’ont lâché que 2 titres en Grand Chelem, 2 fois aux Argentins (Gaudio à Roland-Garros 2004 et Del Potro à l’US Open 2009).

  5. avatar
    20 juillet 2015 a 21 h 03 min

    Salut Axel, bel article, pour une fois cela couvre une période que j’ai vécue, donc ça rappelle des souvenirs.

    Parlant de malédictions sur un GC en particulier, il a matière à faire un article, non ? Borg à l’US (4 finales), Rosewall à Wimbledon (4 finales, déjà détaillé dans un article), Lendl aussi (2 finales), McEnroe à RG (1 finale), Connors aussi (4 demies + plusieurs années de bannissement). Tilden aussi (2 finales), Djoko aussi (3 finales).

  6. avatar
    21 juillet 2015 a 9 h 13 min

    Salut Fabrice,

    Oui j’ai déjà écrit cette article sur les malédictions, j’espère qu’il paraîtra bientôt.
    Il y aura aussi Cash, Hewitt et Murray pour Melbourne, Becker, Sampras, Soderling et Edberg pour RG, Roddick et Wilander pour Wimbledon.

    Pas inclus Bill Tilden car je ne me suis concentré que sur l’ère Open …

  7. avatar
    21 juillet 2015 a 11 h 05 min

    Voici le lien, l’article en question est paru ce matin

    http://yourzone.beinsports.fr/tennis-les-rois-maudits-du-grand-chelem-94252/

  8. avatar
    21 juillet 2015 a 20 h 14 min

    Oui j’ai vu, je vais le lire à l’instant. Quelle coïncidence !

  9. avatar
    26 juillet 2015 a 10 h 23 min

    Oui, bon article, l’US Open ça reste quand même l’alpha et l’omega pour Sampras, premier et dernier titre, 1 avant 20 ans, le dernier après 30 ans. Et puis, il y est resté invaincu en night session…

    Mon prono pour cette année: Federer en finale, ça fait depuis 2009 qu’il n’y est plus, c’est une incohérence statistique.

  10. avatar
    26 juillet 2015 a 11 h 43 min

    Salut Mocte,

    Perso dans le prochain US Open, je fais de Djokovic mon favori, et je ne vois qu’un seul joueur pour contrecarrer ses ambitions : Stan Wawrinka s’il retrouve la perfection de Melbourne 2014 ou RG 2015.
    Evidemment il faudra voir ce que donnent Montréal et Cincinnati pour jauger l’état de forme de chacun avant Flushing Meadows.

    Mais à l’heure où nous parlons, Nadal est en plein doute, Dimitrov au creux de la vague, Berdych et Ferrer n’y arriveront jamais en GC pas plus que Tsonga et Gasquet.

    Restent donc dans les top players, Murray, Federer, Wawrinka, Nishikori et Raonic pour déboulonner le colosse de Belgrade.
    L’Ecossais est régulier mais commence à devenir une proie facile pour Djokovic, Nishikori aura la pression d’une finale à défendre et Raonic reste encore limité tennistiquement face au Serbe.
    Je ne vois donc que Stanimal Wawrinka, et je vais expliquer pourquoi je ne crois pas en Federer (mais j’aimerais me tromper et voir une revanche de la finale new-yorkaise de 2007)

    Le Bâlois a 34 ans et l’US Open est le tournoi le plus dur du monde physiquement, plus encore que RG.
    OK il a fait une demi-finale en 2014 face à Cilic, mais je vois mal le virtuose suisse revenir en finale.
    Pour moi, son absence en finale depuis 6 ans à New York veut justement tout dire : défaites en 2010 et 2011 face à Nole en forme de passation de pouvoir comme rival de Rafael Nadal, revers en 2012 contre Berdych qui montre, revers en 2013 contre Robredo symbole de son annus horribilis, défaite en 2014 contre Cilic contre la jeune vague montante, symbole du temps qui passe et qui fait que Federer n’a plus d’occasions.

    Comme je l’ai déjà dit, si on prend comme hypothèse une retraite de Fed Ex à la fin de la saison 2016 (soit à 35 ans), il n’a pour moi plus que 4 grands objectifs.
    MAsters Cup 2015 en indoor, Wimbledon 2016, tournoi des Jeux Olympiques de Rio de Janeiro 2016 (primo joué sur dur et non sur terre battue, secundo matches en 2 sets gagnants sauf la finale en 3 sets gagnants, bref 2 fois tant mieux pour le vétéran Suisse), Masters Cup 2016.

    US Open 2015, OA 2015 et RG 2015 ainsi que les MS 1000 serviront juste à Fed à ne pas trop chuter au classement ATP pour rester tête de série bien placée dans ces 4 tournois, pour moi les 4 dernières cartouches pour enrichir son colossal palmarès, auquel manque l’or olympique.

  11. avatar
    26 juillet 2015 a 11 h 44 min

    revers en 2012 contre Berdych qui montre qu’il ne fait plus peur (pardon j’avais pas fini ma phrase)

  12. avatar
    27 juillet 2015 a 13 h 20 min

    Salut, c’est sûr que 5 finales suivies de 5 non finales c’est bien qu’il y a quelque-chose qui cloche pour Roger à l’us, d’ailleurs c’est à peu près la même pour nadal à Wimbledon (en pire).

    Je mise quand même sur un dernier sursaut là bas. Et sinon ok pour dire que Nole est favori, et pas sûr que Stan puisse L’arrêter

  13. avatar
    3 août 2015 a 9 h 08 min

    Salut Mocte,

    Oui c’est vrai que Nadal à Wimbledon c’est assez hallucinant depuis 2012, là où le Suisse excepté 2013 atteint au moins les 1/4 de finale à Flushing Meadows. Entre 2006 et 2011 pour l’Espagnol à Londres, 3 finales perdues et 2 victoires, plus son forfait de 2009. Il perd Wimbledon en 2006 et 2007 contre Federer puis en 2011 contre Djokovic, donc rien de honteux vu le niveau du Suisse et du Serbe ces années là.
    Nadal avait même gagné au Queen’s en 2008 entre RG et Wimbledon, c’est dire qu’il gérait bien le gazon malgré le peu de temps d’adaptation entre Paris et le 250 londonien.

    Et depuis 2012, presque rien pour Rafa à Londres, 2e tour en 2012 contre Rosol et 2015 contre Brown, 1er tour en 2013 contre Darcis, 1/8e en 2014 contre Kyrgios.

    La seule chance de Federer à New York est que Murray et Wawrinka (voire Nadal s’il revenait en forme) tombent dans le tableau de Nole.

    Face à Berdych, Ferrer, Tsonga, Gasquet et aux jeunes (Cilic Nishikori Dimitrov Raonic), le Suisse peut faire quelque chose et parvenir en finale à New York.

    Mais de là à battre Wawrinka, Murray ou Djokovic en finale de l’US Open, je n’y crois pas perso, le tournoi est trop exigeant physiquement.

    A suivre en août avec Montréal et Cincinnati. Il sera quand même intéressant de voir comment Djokovic va gérer cet US Open 2015, car finalement ce tournoi ne lui a souri qu’une seule fois bien qu’il y soit hyper régulier (8 demies entre 2007 et 2014 dont 5 finales).

    Avant 2011 et sa victoire cosmique en finale contre Nadal, le Serbe a perdu 2 finales en 2007 et 2010 respectivement contre Federer et Nadal, puis 2 demies en 2008 et 2009 à chaque fois contre le Bâlois.

    Depuis 2011 et qu’il est le boss, 3 déceptions à NYC pour le Djoker : finales perdues en 2012 et 2013 contre Murray puis Nadal, demie perdue en 2014 contre Nishikori.

    Gagner l’US Open en 2015 lui permettrait d’atteindre 4 objectifs : soigner son palmarès à l’US Open, atteindre la barre mythique des 10 GC en carrière, faire un 2e Petit Chelem et un 2e doublé Wimbledon / US Open (comme Sampras, Connors et McEnroe).

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