Sebastian Vettel, dans le même toboggan que Fernando Alonso chez Ferrari
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Sebastian Vettel, dans le même toboggan que Fernando Alonso chez Ferrari

Fin 2013, après seulement six saisons complètes en Formule 1 (2008-2013), au pinacle du sport automobile, le palmarès de Sebastian Vettel était considérable …

39 victoires (seuls Michael Schumacher, Alain Prost et Ayrton Senna ont fait mieux dans l’Histoire de la discipline), 4 titres de champion du monde (ex-aequo avec Alain Prost, seuls Michael Schumacher et Juan Manuel Fangio comptent plus de couronnes).

Mais l’ogre allemand avait surtout impressionné par sa précocité, et la vitesse foudroyante à laquelle il a constitué son palmarès.
Tel un bulldozer, Vettel avait réduit au silence les trois pilotes qu’on voyait succéder auKaiserSchumacher, en l’occurrence l’Espagnol Fernando Alonso, le Finlandais Kimi Raïkkonen et le Britannique Lewis Hamilton.

Rookie d’exception en 2007, le pilote au casque jaune a vite vu son compteur débordé par l’Allemand … Fin 2011, Vettel comptait déjà 21 victoires, contre 17 à Hamilton. La figure de proue de l’écurie Red Bull a ensuite rattrapé puis dépassé au nombre de succès un certain Fernando Alonso, l’as ibérique, même si beaucoup considèrent que le natif d’Oviedo mérite toujours le titre subjectif de meilleur pilote du monde. Car l’Espagnol de Ferrari est passé à un cheveu de deux couronnes mondiales en 2010 et 2012, qu’il méritait plus que Vettel.

La liste des records de précocité de Sebastian Vettel est un véritable almanach, tant   l’Allemand a vite dépoussiéré les marques précédentes

- plus jeune champion du monde à 23 ans et 5 mois en novembre 2010 à Abu Dhabi (précédent recordman Lewis Hamilton 23 ans et 10 mois en novembre 2008 à Interlagos)

- plus jeune vice-champion du monde à 22 ans et 5 mois en novembre 2009 à Abu Dhabi (précédent recordman Lewis Hamilton 22 ans et 10 mois en octobre 2007 à Interlagos)

- plus jeune double champion du monde à 24 ans et 3 mois en octobre 2011 à Suzuka (précédent recordman Fernando Alonso 25 ans et 3 mois en octobre 2006 à Interlagos)

- plus jeune triple champion du monde à 25 ans et 5 mois en novembre 2012 à Interlagos (précédent recordman Ayrton Senna 31 ans et 7 mois en octobre 1991 à Suzuka, marque également battue par Lewis Hamilton en octobre 2015 à Sotchi, à 30 ans et 9 mois)

- plus jeune quadruple champion du monde à 26 ans et 3 mois en octobre 2013 à New Delhi (précédent recordman Michael Schumacher 32 ans et 7 mois en août 2001 à Budapest)

- plus jeune poleman à 21 ans et 2 mois en septembre 2008 à Monza (précédent recordman Fernando Alonso à 21 ans et 7 mois en mars 2003 à Sepang)

- plus jeune pilote à remporter 10 victoires en F1 à 23 ans et 5 mois en novembre 2010 à Abu Dhabi (précédent recordman Lewis Hamilton à 24 ans et 6 mois en juillet 2009 à Budapest)

- plus jeune pilote à remporter 15 victoires en F1 à 25 ans et 4 mois en mai 2011 à Monaco (précédent recordman Fernando Alonso à 25 ans et 3 mois en octobre 2006 à Suzuka)

- plus jeune pilote à remporter 20 victoires en F1 à 24 ans et 3 mois en octobre 2011 à Yeongam (précédent recordman Fernando Alonso à 27 ans et 2 mois en septembre 2008 à Singapour)

- plus jeune pilote à remporter 25 victoires en F1 à 25 ans et 4 mois en octobre 2012 à Yeongam (précédent recordman Michael Schumacher à 28 ans et 5 mois en juin 1997 à Nevers Magny-Cours)

- plus jeune pilote à remporter 30 victoires en F1 à 26 ans en juillet 2013 au Nürburgring (précédent recordman Michael Schumacher à 29 ans et 6 mois en juin 1998 à Magny-Cours)

- plus jeune pilote à remporter 35 victoires en F1 à 26 ans et 3 mois en octobre 2013 à Suzuka (précédent recordman Michael Schumacher à 30 ans et 4 mois en mai 1999 à Monaco, marque également battue par Lewis Hamilton en avril 2015 à Shanghai, à 30 ans et 3 mois)

- plus jeune pilote à remporter 40 victoires en F1 à 27 ans et 8 mois en mars 2015 à Sepang (précédent recordman Michael Schumacher à 31 ans et 5 mois en juin 2000 à Montréal, marque également battue par Lewis Hamilton en octobre 2015 à Monza, à 30 ans et 8 mois)

A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire, avait-on si souvent entendu à l’époque. Pourtant les rivaux potentiels ne manquent pas avec de pilotes de talent comme Alonso, Raikkonen, Rosberg ou Hamilton, mais la Red Bull de 2011 et 2013 était une Caravelle là où les Ferrari, McLaren et autres bolides de F1 faisaient figure d’ULM.

Le palmarès de Vettel rend indifférent car acquis avec trop de facilité. Michael Schumacher avait pulvérisé les records avec Ferrari au début des années 2000, faisant du saut de cabri sur le podium sa marque de fabrique, mais avait mangé son pain noir en 1996 (Ferrari incapable de lutter contre Williams et devant s’adapter au changement de moteur V12 vers V10), 1997 (défaite de Jerez contre Jacques Villeneuve), 1998 (crevaison à Suzuka face à Mika Häkkinen) et 1999 (blessure de Silverstone). Prost n’avait jamais mené sa carrière en épicier, défiant Niki Lauda chez McLaren avant d’accepter, toujours à Woking, le défi de pilotes de grand calibre comme Keke Rosberg mais surtout Ayrton Senna. Ce dernier avait déboulonné l’idole française et possédait de surcroît un charisme exceptionnel, que Vettel n’a pas, pas plus que quiconque ayant succédé au palmarès du championnat du monde au surdoué de Sao Paulo, ni Mansell, ni Schumacher, ni Damon Hill, ni Jacques Villeneuve, ni Häkkinen, ni Alonso, ni Raikkonen, ni Hamilton, ni Button.

De 2014 à 2016, Sebastian Vettel a mangé son pain noir. Daniel Ricciardo lui a porté l’estocade chez Red Bull en 2014, au point de voir Baby Schumi remplacer Fernando Alonso chez Ferrari. En Italie, Vettel a cru remonter la pente en 2015 (3 victoires, tel Michael Schumacher en 1996 à son arrivée à Maranello), mais le voilà de nouveau prisonnier des sables mouvants en 2016, et risque de rentrer bredouille comme en 2014. Pire, les mauvaises nouvelles s’accumulent pour l’ancien protégé d’Helmut Marko.

-  A 18 ans et 7 mois au Grand Prix d’Espagne en mai 2016, le jeune espoir néerlandais Max Verstappen (Red Bull Renault) a battu son record du plus jeune pilote victorieux, Vettel ayant ouvert son compteur personnel, à 21 ans et 2 mois en septembre 2008 à Monza (avant Vetel, le précédent recordman était Fernando Alonso à 22 ans en août 2003 à Budapest)

-  Depuis 2014, Sebastian Vettel doit laisser les duettistes de Mercedes AMG, Lewis Carl Hamilton et Nico Rosberg, se disputer cette couronne mondiale qu’il avait coiffé quatre années de rang (comme Fangio ou Schumacher jadis) entre 2010 et 2013

-  En 2015, l’as allemand a vu Lewis Hamilton dépasser son score de victoires. Vettel a juste eu le temps d’égaler les 41 victoires d’Ayrton Senna en juillet 2015 à Budapest (émouvante victoire avec Ferrari, quelques jours après le décès de Jules Bianchi) avant que le prodige britannique ne dépasse son prédécesseur au palmarès, lors de sa 43e victoire, glanée à Austin au Grand Prix des Etats-Unis 2015. Ce jour là au Texas, l’ancien pilote McLaren remportait son troisième titre mondial, menaçant de fait la position dans le gotha de Sebastian Vettel, égal statistique d’Alain Prost avec quatre couronnes. Avec 32 victoires au compteur depuis mai 2013 et ses ultimes lauriers à Barcelone, Fernando Alonso avait vécu le même sort en septembre 2013 lors du 33e succès en F1 de Vettel, acquis sur son circuit fétiche de Marina Bay, au Grand Prix de Singapour 2013. Après le Grand Prix d’Allemagne 2016, Lewis Hamilton mène désormais 49 victoires à 42 face à Sebastian Vettel. C’est bien le pilote britannique qui a désormais les 51 succès d’Alain Prost en ligne de mire.

Certes, Sebastian Vettel domine Iceman mais Kimi Räikkönen n’est plus le Finlandais Volant de ses grandes années McLaren, ou même du titre de 2007 acquis lors de son premier séjour à Maranello, pour la dernière année de Jean Todt comme team principal du Cavallino Rampante.

Détruit par Fernando Alonso en 2014, Iceman est devenu un numéro 2 de luxe en Italie. Triste destin pour celui qui aurait pu devenir le plus jeune champion du monde de l’Histoire en 2003 si la MP4/18 d’Adrian Newey avait passé le crash test de la FIA, ou si la fiabilité de sa flèche d’argent n’avait pas été prise en défaut dans l’Eifel en juin 2003, alors qu’il caracolait en tête sur le Nürburgring.

De ce fait, Sebastian Vettel ne domine pas Kimi Räikkönen au faîte de sa gloire, tout comme le Finlandais avait pulvérisé Juan Pablo Montoya à Woking alors que le Colombien s’était rapidement démotivé chez les Gris, la faute à une relation très vite tendue avec Ron Dennis !

Le grand mérite de Vettel, depuis qu’il a pris place dans le cockpit des bolides écarlates d’Emilie-Romagne, est d’être le catalyseur, la figure de proue d’une écurie qui vit dans la nostalgie de ses fantômes passés, des âges d’or vécus avec d’autres leaders germaniques tels que Niki Lauda à Michael Schumacher, en passant par le panache de Gilles Villeneuve, sorte de madeleine de Proust des tifosi. Comme Alain Prost en 1990 ou Fernando Alonso entre 2010 et 2013 (avant que l’as espagnol ne se démotive logiquement, étant le seul à tirer la corde vers le haut), Sebastian Vettel est la clé de voûte du top team italien, devenu le punching ball de Mercedes après avoir été celui de Red Bull.

Après une saison 2015 sans pression pour le trio Sergio Marchionne / Maurizio Arrivabene / Sebastian Vettel,  et trois victoires au compteur (Sepang, Budapest, Singapour), la gueule de bois du réveil est bien douloureuse en 2016 : l’écart, le gouffre plutôt, est toujours béant derrière Mercedes, dont le vrai challenger est le taureau de Milton Keynes, comprenez Red Bull, en cette année 2016.

Orpheline de Luca Cordero Di Montezemolo et Fernando Alonso qu’elle avait congédié comme des malpropres fin 2014, la Scuderia croyait facilement renaître de ses cendres, tel le phénix. Mais n’est pas une Dream Team qui veut … Mercedes a mis près de cinq ans, après avoir racheté Brawn GP fin 2009, à dominer l’élite du sport automobile en tirant la quintessence de son bureau d’études. McLaren semble perdue dans un inexorable déclin et un purgatoire, peu aidée par le boulet Honda. Williams n’a plus la puissance de feu financière pour rivaliser avec le sommet, comme au temps de son climax, durant les années 90. Le Losange de Renault vient juste de phagocyter Lotus comme il l’avait fait en 2001 avec Benetton. Red Bull continue de digérer le départ d’Adrian Newey, sa pierre angulaire de succès, l’homme qui atteignait la quadrature du cercle à presque chaque monoplace.

Alors, Vettel est-il un imposteur ou un réel champion ? Dans un pays qui a longtemps attendu son Kaiser plusieurs décennies après les titans Caracciola et Rosemeyer qui rivalisaient avec le grand Nuvolari, qui a vu ses espoirs déçus avec les morts violentes du comte Wolfgang Von Trips (1961) puis de Stefan Bellof (1985), Sebastian Vettel a rapidement pris l’héritage de Michael Schumacher, qu’on croyait un peu vite cédé à un quintet pilotes en 2007-2008, Fernando Alonso, Kimi Raikkonen, Lewis Hamilton, Felipe Massa et Robert Kubica. Le natif de Cracovie a brisé sa carrière en février 2011 dans un rallye en Italie. L’Espagnol vit une disette de couronnes depuis 2006, lui qui n’aurait pas fait un champion du monde déshonorant avec McLaren en 2007 ou encore avec la Scuderia Ferrari en 2010 et 2012. Le Finlandais a interrompu sa brillante carrière en 2010-2011, tandis qu’Hamilton s’est montré trop irrégulier, ratant deux couronnes à sa portée en 2007 et 2010 avec Woking.

Virtuose du volant, Vettel a impressionné par sa maturité, son mental de guerrier, sa régularité, sa vitesse au volant. Mais le palmarès ne fait pas tout en F1. Plusieurs champions sans couronne ne seront jamais oubliés des aficionados, l’Anglais Stirling Moss, éternel dauphin de Fangio, secundo le Canadien Gilles Villeneuve, funambule venu du Québec et révélé en 1976 à Trois Rivières en battant le futur champion du monde, tertio le Suédois Ronnie Peterson, as du volant décédé en 1978 alors qu’il était le coéquipier du futur champion du monde Mario Andretti. Mais aussi Tony Brooks, Dan Gurney, Stefan Bellof, Elio de Angelis, François Cevert, Clay Regazzoni, les frères Ricardo et Pedro Rodriguez, Jean-Pierre Wimille, Tazio Nuvolari, Juan Pablo Montoya, Robert Kubica, Didier Pironi, Carlos Reutemann, Jacky Ickx ou encore Bruce McLaren.

Au crédit de Vettel, rappelons son incroyable capacité à bien figurer dans les money time des saisons disputées que furent 2009, 2010 et 2012 : victoires pour Vettel et Red Bull, certes armée d’une capacité de développement redoutable, à Suzuka, Interlagos et Abu Dhabi fin 2010, à Singapour, Suzuka, Yeongam et New Delhi fin 2012. Terminer sur les chapeaux de roue ainsi est la marque des grands, même si encore une fois Vettel fut bien aidé par sa monture. Autre signe qui ne trompe pas chez les grands fauves, l’égoïsme du champion. Le phénomène a atteint son paroxysme en 2013 à Sepang, quand Vettel broya Mark Webber pour s’octroyer son premier bouquet de la saison … Il n’avait plus rien à craindre du futur retraité australien, mais le triple champion du monde fut impitoyable, coupant l’herbe sous le pied de son coéquipier. Après avoir franchi le Rubicon en Malaisie, Vettel fut la cible des médias, coupable d’avoir brisé Webber.

Ceux qui feront le procès de Vettel pourront dresser une liste d’arguments. Son refus de quitter le cocon Red Bull et de prendre des risques, Prost étant le coéquipier de cinq champions du monde durant sa carrière (Niki Lauda en 1984-1985, Keke Rosberg, Ayrton Senna, Nigel Mansell, Damon Hill en 1993), Senna allant défier Prost chez McLaren en 1988, Schumacher relevant le défi Ferrari en 1996, Alonso s’émancipant du Losange et de l’univers de Briatore pour rejoindre en 2007 l’écurie McLaren, que quitta en 2013 Lewis Hamilton … Vettel est toujours resté dans son écurie autrichienne, celle qui l’a fait roi et qui l’a propulsé au sommet, lui fut programmé par la filière d’Helmut Marko. Le même Marko qui avait rejeté un certain Juan Pablo Montoya, le Colombien étant jugé trop propice à céder la facilité, ce qui arriva, comme d’autres talents avant lui (Peter Collins, Jacky Ickx, Elio de Angelis, Jacques Villeneuve …)

Sans Adrian Newey, designer virtuose et gourou aérodynamique chez Williams Renault, McLaren Mercedes puis Red Bull, le palmarès de Vettel ne serait pas le même. Car Newey est l’antidote le plus efficace au talent de pilotes de génie comme Ayrton Senna en 1993 (Donington, Suzuka, Adelaïde), Michael Schumacher en 1997-1998 (Monaco et Spa Francorchamps en 1997, Silverstone, Budapest en 1998), Fernando Alonso en 2012 (Sepang, Valence, Hockenheim), au sommet de leur art mais incapables de gagner le championnat sur des F1 pas assez performantes sur la longueur d’une campagne face à la puissance de feu des Williams, McLaren et Red Bull, implacables fusées signées Newey, héritier génial des Uhlenhaut, Chapman, Forghieri, Murray, Barnard. Deux ou trois exploits isolés sont une chose, ceindre la couronne est une autre.

Et si Mark Webber ne s’était pas brisé l’épaule avant le Grand Prix de Singapour en 2010 ? Serait-il devenu le troisième Australien champion du monde après Sir Jack Brabham (1959, 1960, 1966) et Alan Jones (1980). On ne le saura jamais, face à un Vettel qui sortait d’un été avec des erreurs de jeunesse à la pelle (départs ratés à Silverstone et Hockenheim, naïveté tactique à Budapest, faute de pilotage à Spa Francorchamps impactant Jenson Button, autre candidat au titre), là où Fernando Alonso chaussait les bottes de sept lieues au moment opportun. Mais le diable Vettel sortit de sa boîte à l’automne 2010, et ses fourches caudines ne laissèrent personne indemne, ni Webber, ni Alonso, ni Hamilton. Dressant la guillotine au moment idoine, Baby Schumi se délivra de la terrible pression du premier titre en 2010. Un échec, surtout en cas de sacre de Mark Webber, le coéquipier second, aurait été terrible. Le succès d’Alonso en Corée du Sud fin 2010 est une victoire à la Pyrrhus, car il remobilise Vettel et Red Bull vers leur objectif ultime : le titre pilotes. Comme Raikkonen fin 2007, le jeune Allemand ne tremble pas et décroche les deux dernières courses.

Webber fut ensuite victime d’une subtile destruction psychologique signée Helmut Marko. Deuxième pilote dans l’esprit de Christian Horner, l’Australien ne put jamais rebondir après sa belle campagne 2010, tel un feu de paille … La faute aux Pirelli en 2011 ? L’excuse était belle, mais la raison était autre. Le docteur Marko minait la confiance de Webber au sein de Red Bull, dont la nouvelle clé de voûte était Sebastian Vettel, champion germanophone d’une marque autrichienne. L’ancien ami de Jochen Rindt et conseiller spécial de Dietrich Mäteschitz savait combien un pilote malheureux dans son écurie ne pouvait rester performant. Colin Chapman, orphelin de Jim Clark chez Lotus, avait ensuite été tyrannique envers Jochen Rindt en 1970, puis avec Emerson Fittipaldi en 1973, lui mettant Ronnie Peterson en travers du chemin. Et que dire de Frank Williams avec Damon Hill en 1995, le Londonien développant un complexe Schumacher alors qu’il avait déjà la lourde charge de faire oublier Mansell (champion du monde 1992), Prost (champion du monde 1993) et Ayrton Senna (décédé en 1994) ? Sans oublier la préférence implicite de Ron Dennis pour Senna au détriment de Prost, Häkkinen aux dépens de Coulthard, Hamilton par rapport à Alonso.

En 2014, avec un nouveau règlement qui scelle le retour des turbos, Daniel Ricciardo porte directement l’estocade, pas besoin de banderilles pour tuer le taureau Vettel, qui ne devance en course le jeune espoir australien qu’à la dixième manche du Mondial, à Hockenheim. Le château de cartes Vettel s’est effondré, là où Ricciardo sauve l’honneur de Red Bull contre Mercedes, signant deux belles victoires pleines d’opportunisme, au Canada puis en Hongrie. Tout autant que l’écrasante domination d’Alonso sur Raikkonen chez Ferrari, voir Vettel ainsi dominé par Ricciardo est l’énorme surprise de la saison 2014. Mais pas tant que ça, car Ricciardo est lui aussi issu de la filière Red Bull, lui aussi dernier maillon d’une longue chaîne de jeunes pilotes sélectionnés par Helmut Marko. Passé comme Vettel par l’écurie satellite Toro Rosso, Ricciardo a pris sa pleine envergure en 2014 là où Vettel est en difficulté avec le nouveau contexte technique, tel Alonso orphelin des gommes Michelin en 2007, et donc plus vulnérable que prévu face au rookie Hamilton sur Bridgestone … La surprise Ricciardo est d’autant plus grande qu’il peinait à dominer Jean-Eric Vergne le dimanche en 2012 et 2013. Mais Helmut Marko est un faiseur de champions hors pair, la titularisation de Ricciardo l’adoube comme pilote de grande envergure. Le voilà en tout cas entré dans une autre dimension en dominant Vettel, là où l’Allemand fait figure d’imposteur avec quatre couronnes tout à coup bien pâles face aux palmarès considérables de titans comme Alain Prost et Ayrton Senna, dont les joutes mémorables entre 1985 et 1993 ont forgé les légendes respectives.

A-t-il été victime du syndrome de la tour d’ivoire ? S’est-il coupé des réalités essentielles du sportif de haut niveau ? Nullement, car Vettel possède un atout maître, un colossal appétit de victoires, digne d’un Pantagruel. Il se remet toujours en question, est curieux de la technique, s’entraîne physiquement comme un pilote de F1 moderne, essaye d’adapter son pilotage à sa monture (et non l’inverse).

Jamais depuis Jody Scheckter en 1980 un champion du monde en titre n’avait autant souffert que Vettel en 2014. Mais le Sud-Africain avait trois excuses que l’Allemand ne pouvait invoquer en 2014, en tout cas pas aussi fort : primo un coéquipier virtuose (Gilles Villeneuve), secundo une voiture complètement ratée chez Ferrari en 1980, la Red Bull de 2014 étant la deuxième force du plateau derrière l’hégémonique écurie Mercedes, tertio une lassitude psychologique après tant d’années parmi l’élite des pilotes, voyant les décès de François Cevert (1973) ou Ronnie Peterson (1978), les retraites anticipées de Jackie Stewart (1973), Niki Lauda (1979) et James Hunt (1979). Rien de tout ça pour Vettel, qui certes a un équipier coriace en la personne de Ricciardo, mais pas un génie du pilotage comme l’était Gilles Villeneuve, une monoplace plus correcte et surtout encore une faim de victoires non rassasiée, à seulement 27 ans.

Tombé du Capitole à la Roche Tarpéienne, Vettel se doit de reconquérir l’Everest au plus vite, lui qui est dépassé par son sherpa australien en 2014 avant de battre un tigre finlandais aux crocs limés depuis 2015 … Le phénix se doit de renaître de ses cendres, sous peine de voir ses ailes brisées et son feu s’éteindre sous la déferlante venue de Grande-Bretagne, car Lewis Hamilton pourrait bien rejoindre les 4 titres de Juan Manuel Fangio et les 51 victoires d’Alain Prost avant lui. Mais le départ de James Allison de la Scuderia Ferrari fin juillet 2016 n’augure rien de bon pour Maranello, qui devra plutôt surveiller Milton Keynes (Red Bull) voire Grove (Williams), Enstone (Renault) et Woking (McLaren) en vue de 2017 avant d’espérer rattraper Brackley / Brixworth (Mercedes AMG), même si le nouveau règlement technique pourrait rabattre les cartes.

 

  1. avatar
    9 août 2016 a 14 h 47 min

    Du très bon Axel et un vrai plaisir de te relire à nouveau. Rien a ajouter je me suis régalé.
    Vettel semblait bien parti pour pulvériser tous les records mais il va se retrouver avec un Hamilton qui l’égale peut-être en nombre de titres fin 2016… Vettel/Hamilton est une rivalité à distance mais ce que je regrette c’est de ne pas les avoir vu s’affronter face to face toute une saison durant pour le titre avec des monoplaces capables de rivaliser.
    Exception 2010 qui fut une fabuleuse saison où le titre se joua quasiment à 5 avec Vettel, Webber, Alonso, Button et Hamilton. D’ailleurs, le finish de l’allemand sur cette saison fut remarquable, bien aidé à Abu Dhabi par un Petrov qui ruina la course d’Alonso… Mais en 2010, j’aurai aimé voir Mark Webber coiffer la couronne, il l’aurait mérité tant il s’est battu à armes inégales avec son coéquipier, quel regret lors du GP de Corée…

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      9 août 2016 a 18 h 33 min

      Salut jstellon,

      La rivalité directe Vettel / Hamilton n’a jamais vraiment existé en F1 en effet.

      En 2010 Hamilton domine jusqu’à Spa et Vettel engrange les points comme il peut avant de finir en boulet de canon.
      En 2011 Lewis talonne Seb à Barcelone après l’avoir battu en Chine, puis ensuite le bulldozer allemand se met en mode “Destroy” …
      En 2012 pareil ils n’accordent pas leur violon, Hamilton gagne des courses où Vettel ne brille pas (Montréal, Budapest, Austin) voire abandonne (Monza)

      Mais on peut presque dire la même chose entre Rosberg et Hamilton. Il manque encore un duel d’anthologie entre les deux pilotes Mercedes alors que cela fait bientôt 3 ans qu’ils trustent les victoires.

      Un GP digne de Hockenheim 1989, Estoril 1988 ou Castellet 1988 pour Prost / Senna, Dijon 1979 pour Arnoux et G. Villeneuve, Imola 2005 pour Schumacher et Alonso, Suzuka 2000 pour M. Schumacher et Hakkinen.

      Pour en revenir à Vettel, il est un excellent sprinter et pilote de façon intelligente. Mais dominant un Raikkonen agonisant, battu par Ricciardo en 2014, ayant battu Bourdais chez Toro Rosso, puis un Webber que Marko s’est chargé de détruire sur le plan mental après avoir bénéficié de l’épaule cassée du grand Mark fin 2010, il manque un vrai duel de fauves au pilote d’outre Rhin, un peu comme pour son glorieux aîné le Kaiser Schumacher

      - Prost a croisé le fer avec Lauda, K. Rosberg, Senna, Mansell, Alesi et D. Hill

      - Mansell s’est coltiné Elio de Angelis, K. Rosberg, Piquet, Prost et enfin D.Hill (en 1994 chez Williams)

      - Senna a partagé son garage avec Prost, puis trop brièvement Hakkinen et D. Hill

      - Alonso a eu comme coéquipiers Hamilton, Massa, Raikkonen et Button

      - Hamilton s’est battu face à Alonso, Button et N. Rosberg

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    9 août 2016 a 17 h 01 min

    Salut Axel, ça faisait exactement 2 mois que tu n’avais pas publié d’article. Toujours un plaisir !

    Pour Vettel c’est un drôle de poisson que j’ai toujours du mal à situer, ce que ton article évoque bien.

    Quadruple champion du monde certes, mais pas l’égal de Prost (ni Senna) d’un point de vue subjectif. Même Hamilton voire Alonso ont plus de prestige à mes yeux. Il semble en retrait depuis son dernier titre, même si à présent Ferrari n’est que la 3e écurie…

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    9 août 2016 a 17 h 08 min
    Par Guga57

    Juste comparaison Axel ! La Scuderia est (helas) devenue une voie de garage ces dernieres annees… Je ne suis pas particulierement fan de Vettel, je prefere Alonso pour le coup, mais force est de constater que rejoindre Ferrari a visiblement marque un serieux coup d’arret dans leurs carrieres respectives. Et c’est bien dommage pour la F1.

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      9 août 2016 a 18 h 26 min

      Salut Guga,

      Oui Vettel suit le même destin qu’Alonso mais il aura eu le temps de se faire un palmarès supérieur en terme de stats.
      A lui maintenant de nous sortir des courses monumentales dignes de l’Espagnol, comme Imola 2005, Nurburgring 2007, Silverstone 2011, Sepang 2012, Valence 2012 ou encore Barcelone 2013 (ah ce dépassement alors qu’il partait 5e sur la grille !) …
      Car pour le titre 2016, c’est rapé depuis belle lurette pour Baby Schumi, le grand favori étant désormais Hamilton même s’il devra limiter la casse à Spa ou Monza en utilisant un 6e bloc moteur.

      Voici le chapeau de l’article, non publié pour une raison que j’ignore

      Quadruple champion du monde à seulement 26 ans en 2013, Sebastian Vettel tombe de haut depuis la saison 2014 : copieusement dominé en 2014 chez Red Bull par son coéquipier Daniel Ricciardo, l’Allemand a ensuite épousé le destin de Fernando Alonso chez Ferrari : record du plus jeune vainqueur en F1 battu (par Max Verstappen), score de victoires dépassé (par Lewis Hamilton) et disette en terme de titres mondiaux …

  4. avatar
    9 août 2016 a 17 h 29 min
    Par wbebs

    Très très bon article merci

  5. avatar
    9 août 2016 a 18 h 25 min

    Salut Fabrice,

    Non c’est le site qui refuse de me publier, j’ai un paquet d’articles (historiques et donc pas liés à l’actualité) qui sont en attente, et un autre paquet en préparation !

    Pour ce qui est de Vettel, oui il n’a pas le calibre d’Alonso ou d’Hamilton parmi ses contemporains, et domine à Maranello un Kimi Raikkonen qui n’est que l’ombre du grand pilote des années 2003-2007.

    Vettel a fait une belle saison 2015 mais désormais il devra prouver contre un autre coéquipier (en 2018 seulement) sa valeur.
    Sinon sa cote va baisser face aux étoiles montantes de Red Bull, Daniel Ricciardo et Max Verstappen.

    La hausse du budget de Viry / Enstone décidée par Carlos Ghosn pour le team Renault F1 va indirectement profiter à Milton Keynes, car si le turbo du Losange progresse, Red Bull en bénéficiera aussi.

  6. avatar
    12 août 2016 a 15 h 31 min

    > Non c’est le site qui refuse de me publier, j’ai un paquet d’articles (historiques et donc pas liés à l’actualité) qui sont en attente, et un autre paquet en préparation !

    Ahh, c’est à la fois un soulagement (la fontaine n’est pas tarie) et une frustration. La rédac, les articles d’Axel sont rares car des actualités on en trouve partout. Des articles de fonds/historiques sont beaucoup moins courants !

  7. avatar
    12 août 2016 a 17 h 39 min

    Salut Fabrice,

    Oui mais je pense que c’est cela le problème, ils privilégient l’actu sur les articles historique ou de fond …

    Bref à suivre et bon WE

  8. avatar
    29 août 2016 a 21 h 44 min
    Par karev

    Vettel ne domine plus Raikkonen en plus.

    Cette année, c’est assez serré entre eux.

    Il y a 8-5 en qualif’ en faveur de l’Allemand avec une moyenne de 0’169 entre eux au tour (contre une demi-seconde l’an dernier !), bref Iceman est (presque) aussi rapide que Vettel en qualification maintenant, d’ailleurs sur les 4 derniers week-end, il a battu le champion du monde 2010-2013 par 3 fois.

    En course, après 13 courses, il y a seulement 4 points entre eux contre quasiment 90pt l’an dernier après autant de course. 5 podiums contre 4.

    Vettel a eu certes plus de malchance (quoique, Raikkonen est la grosse victime en Chine et Belgique sur les départs, en plus de son casse turbo en Australie, au moins une grosse trentaine de point qui s’envole !) que le Finlandais mais ça excuse pas l’énorme différence entre 2015 et 2016 entre les pilotes Ferrari.

    D’ailleurs c’est pas un hasard que Ferrari a reconduit Raikkonen aussi rapidement, laissant les médias faire des délires avec des fausses rumeurs.

    Iceman numéro 2 ? Moui, j’ai pas vraiment cette expression depuis quelque course.

    Après, Vettel est (déjà) démotivé ? Roule pas dans sa meilleur forme ? Le Finlandais a repris des couleurs avec une voiture plus a son goût ? Un peu des deux ?

    Peu importe la raison finalement, mais 2015 est un lointain souvenir pour Vettel et Raikkonen car en 2016, c’est très loin d’être une domination de l’Allemand sur le Finlandais, les statistiques parlent d’eux même.

  9. avatar
    29 août 2016 a 22 h 13 min
    Par karev

    Vettel selon moi roule au niveau de sa voiture.
    En 2009, la RB est pas top en début de saison contre la Brawn, il est pas terrible avec beaucoup d’erreur, puis quand la Brawn régresse et que la RB devient l’auto numéro 1, Vettel termine en beauté en terminant guère loin de l’Anglais champion du monde 2009.

    En 2010, même chose, son niveau augmente comme sa voiture. Avant Spa, il est bon mais sans plus, après Spa, il est croustillant.

    En 2011, la voiture est incroyable et lui aussi.

    En 2012 remake de 2009/2010

    en 2013 avant la reprise, il est en tête du championnat mais avec quelque point d’avance sur Raikkonen et Alonso puis va devenir imbattable…comme sa voiture !

    En 2014, la voiture est mauvaise, Ricciardo fait des miracles avec mais Vettel fait une saison bien mauvaise.

    En 2015, la voiture est excellente par rapport à 2014 et Vettel renaît comme Ferrari.

    En 2016 la voiture régresse doucement mais sûrement…et lui aussi !

    Si Ferrari lui refile une voiture très rapide, il va dominé la saison en claquant pôle + victoire.

    Mais c’est pas le genre de pilote a faire des miracles comme Alonso ou même Raikkonen chez Mclaren (car gagner Spa avec la bouse de 2004, chapeau).

    J’ai rarement vu un pilote alterné saison monstrueuse et saison décevante.
    En 2015 il atomise Raikkonen. 13 podiums contre 3, 3 victoires contre zéro, et 128 points en plus que le champion 2007 avec en plus 0’500 de moyenne en qualif à son avantage.

    En 2016 – comme j’ai déjà écrit plus haut – son équipier a réduit l’écart sur un tour de 4 dixièmes (c’est qui est énorme !), Vettel n’a jamais largué son équipier au classement de l’année (le plus gros écart est de 20pt je crois, après le Canada), ils ont fait a peu près le même nombre de podium et de point, bref la saison de Vettel n’a rien de plus que celle de Raikkonen. Et c’est problématique car l’un gagne 35 millions d’euros et l’autre 6 millions !

  10. avatar
    5 septembre 2016 a 12 h 21 min

    Oui en effet sur 2016, Vettel ne domine plus autant Iceman. Il a quand meme eu plus de pépins de course que Kimi, mais son niveau par rapport à 2015 est moindre.

    Bref Sebastian est une énigme, ce n’est ni Schumacher ni Alonso ni meme Hamilton finalement, c’est plus le pilote qui a refait gagner Newey après Mansell, Prost, D. Hill, J. Villeneuve et enfin Hakkinen.

    Imposteur ? Non, mais les titres 2010 et 2012 auraient du aller à l’as d’Oviedo, ceux de 2011 et 2013, j’aurais bien aimé voir comment Vettel aurait géré un Webber champion du monde 2010 si l’Australien ne s’était pas cassé l’épaule avant Singapour 2010.

    Car Mark Webber champion, Helmut Marko n’aurait pas pu le détruire, marketing oblige pour Red Bull …

  11. avatar
    5 septembre 2016 a 23 h 43 min
    Par Bangs

    Ah le dilemme Vettel!

    Étonnant de voir un quadruple champion du monde aussi peu considéré. D’ailleurs son aura est au plus bas sur les forums des sites populaires comme l’Equipe ou F1i.

    La réponse est peut être dans cette question : “Quelle est pour vous la plus belle victoire de Vettel en F1?” Malgré ses 42 victoires, peu de course me vienne naturellement à l’esprit.

    Du coup j’entends souvent Monza 2008 (sa 1ère) mais c’est surtout le contexte ; 21 ans sur une Torro Rosso mais l’exploit est surtout samedi sous la pluie, car derrière c’est pole+victoire. Sinon c’est dur, Monaco 2011 où il résiste à Button et Alonso avec des pneus morts ou alors Sepang 2015 avec une belle stratégie…

    Pourtant les exemples ne manquent pour ses contemporains Alonso (Imola 2005, Nurburgring 2007, Silverstone 2011, Sepang 2012, Valence 2012), Hamilton (Fuji 2007, Monaco 2008, Silverstone 2008, Spa 2010, Bahreïn 2014), Raikkonen (Spa 2004, Suzuka 2005, Spa 2009, Yas Marina 2012) et même Button (Hungaroning 2006, Melbourne 2010, Shangaï 2010, Montréal 2011). Il est vrai que depuis 2010, les courses mythiques ont disparu mais Vettel n’a jamais fait cet exploit retentissant. Triste pour un palmarès supérieur à Senna à même pas 30 ans.

  12. avatar
    7 septembre 2016 a 15 h 32 min

    La plus belle de Vettel ? Bonne question Bangs.

    Je dirais peut être Monza 2011 et pas Monza 2008. Sa Red Bull manquait de vitesse de pointe mais il avait quand meme collé un beau matelas à Button et Alosno.

    J’étais en Lombardie ce jour là, et à chaque tour je voyais l’écart grandir, vraiment une belle demonstration du pilote allemande.

    Sinon à Singapour, il fut toujours assez impressionnant.

    Pour Monza 2008, il y a certes du talent mais de la chance. Kovalainen n’était pas un foudre de guerre capable de tirer la quintessence de la McLaren, Hamilton et Raikkonen étaient noyés dans le peloton après des qualifications apocalyptiques, et Bourdais sur Toro Rosso perd ses chances au depart sur la grille

  13. avatar
    7 septembre 2016 a 21 h 40 min
    Par Bangs

    Ah carrément tu étais là bas…! J’ai jamais vu de GP de ma vie (pas donné aussi).

    Mais dommage Axel, je me souviens de ce GP en 2011 et c’est une victoire comme bcp pour Vettel. Il avait pris un risque dans ses réglages en sacrifiant sa vitesse de pointe pour un peu plus d’appui mais surtout des rapports de vitesse plus court pour une meilleur accélération. Du coup, la RB était énorme en sortie de virage (comme toute la période 2009-2013, RB avait l’une des plus mauvaise vitesse de pinte en ligne droite).

    Il a pris ce risque mais il avait peut être 2-3 victoires d’avance sur le 2ème au championnat en 2011. Au finale cette victoire s’est résumé à un cavalier seul.

    Perso sa seule victoire avec une voiture moins forte et à la régulière est Sepang 2015. Après Monza 2008, il a que 21 ans et une Torro-Rosso, c’est vrai qu’Hamilton et Raikko était loin (Massa moins mais Massa sous la pluie…) mais du coup, c’est peut être sa plus prestigieuse.

  14. avatar
    8 septembre 2016 a 11 h 49 min

    Salut bangs,

    Oui superbe ambiance dans le parc royal de Monza, après c’étaient les places moins chères, assis sur une planche en bois, pas de chaises ni d’écran géant.

    Mais les tifosi sont au top !

    Sur ce GP d’Italie 2011, oui Vettel avait tant d’avance sur Button, Webber et Alonso au classement du Mondial qu’il pouvait prendre des risques question réglage pour tenter une victoire audacieuse, ce qu’il fit ce jour là en Lombardie.

    Monza 2008 c’est sa 1re victoire avec une voiture moyenne sous la pluie, soit comme Senna à Estoril en 1985 ou encore Schumacher à Spa en 1992. Mais les deux autres ont empilé tant de victoires de legende que Vettel ne peut soutenir la comparaison !

  15. avatar
    13 septembre 2016 a 12 h 25 min
    Par Jayce

    Bonjour Axel. Le cas de Sébastian Vettel reste assez énigmatique. Où situer le champion allemand parmi les autres? La F1 moderne, avec cette satanée suppression des essais privés, donne un avantage irrémédiable aux pilotes disposant de la meilleure monture. Entre 2010 et 2013, Vettel a profité de la meilleure monoplace du plateau. Malgré tout, en effet, pas de victoire marquante en effet. Il faudra atteindre Sepang 2015 pour voir l’Allemand surclasser le niveau de sa voiture. Et puis que dire de son absence de réaction face à Daniel Ricciardo, un fait unique dans l’histoire de la F1…

    Le pari de rejoindre Ferrari était osé, car Fernando Alonso s’y est cassé les dents. En intégrant la Scuderia, Vettel pouvait faire d’une pierre deux coups, à savoir marcher dans les pas de Michael Schumacher et triompher là où le pilote d’Oviedo, toujours considéré comme l’un des meilleurs pilotes de l’histoire, a échoué. Malheureusement, le team italien est une poudrière et les dégâts causés par les départs de Stefano Domenicalli et surtout de Luca Di Montezemolo ont fait beaucoup de mal. L’exercice 2016 est un fiasco d’autant plus grand que Sergio Marcchione a annoncé en début de saison que les Rossa se battaient pour le titre, ambition confirmée bon gré mal gré par Maurizio Arrivabene et Vettel lui-même.

    L’Allemand semble perdre déjà patience et souffre davantage face à Kimi Raikkonen. Il multiplie les erreurs de jugement cette saison. Bref, il est encore bien loin d’entrer dans la légende…

  16. avatar
    15 septembre 2016 a 17 h 40 min

    Salut Jayce,

    Oui Vettel reste une énigme, difficile de vraiment le jauger.

    2015 était une saison à part, sans pression veritable tant 2014, pour le début de la deuxième ère des turbos avait été un ratage dans l’ombre de Mercedes et Red Bull malgré une Dream Team chez les pilotes (Alonso / Raikkonen).

    Exit Alonso, Di Montezemolo, benvenuti Vettel, Marchionne.

    3 victoires certes en 2015 mais bon seule Sepang a vraiment de la valeur. A Budapest, Hamilton s’était loupe et à Marina Bay, Mercedes n’avait pas su tirer partir de sa W06.

    Sans parler d’un Iceman au point mort l’an passé, on a cru un peu vite que Vettel effaçait l’échec de 2014 contre Daniel Ricciardo, qui est peut être le meilleur pilote de cette saison 2016 (2 victoires bêtement perdues à Monaco et Barcelone) malgré la concurrence du jeune espoir Max Verstappen.

    Vettel a battu Mark Webber en 2010 mais on ne saura jamais quel role a joué l’épaule de l’Australien dans le money time.
    Et puis Alonso avait commis trop d’erreurs cette saison là, aux essais à Monaco, à Silverstone via une pénalité dans un duel avec Kubica, à Spa en sortant de la piste … Dommage car il méritait plus la couronne que Baby Schumi.

    Il aurait été intéressant de voir Vettel contre un Webber guéri et aguerri en 2011, et une Scuderia Ferrari revigorée par le titre d’Alonso, meme si handicapée par l’erreur en soufflerie sur la 150th Italia.

    Helmut Marko n’aurait pas pu aussi facilement détruire Webber sur le plan mental si Vettel n’avait pas gagné en 2010.

    Bref, Vettel peut remercier Adrian Newey et Helmut Marko, les deux grands artisans de son succès.
    Et paradoxalement, ne gagner qu’en 2011 et 2013 pour laisser les titres 2010 et 2012 rendraient les fans moins sévères avec lui.
    On aurait alors (avant l’épilogue du cru 2016) 4 titres pour Alonso, 3 pour Hamilton, 2 pour Vettel, 1 pour Button et 1 pour Raikkonen. Bref un peu plus realiste quant aux vrais mérites du champion allemand.

    Avec Red Bull, il a écrasé la F1 de 2010 à 2013 comme Michael Schumacher entre 2000 et 2004, mais son glorieux aîné avait montré sa valeur entre 1991 et 1999 dans des courses gagnées au forceps, que ce soit chez Benetton ou chez Ferrari.

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