La fin de Barzagli-Bonucci-Chiellini
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La fin de Barzagli-Bonucci-Chiellini

Le 13 novembre dernier, l’Italie n'obtenait pas mieux qu’un match nul face à la Suède, se privant ainsi d’une participation au prochain mondial. Avec la retraite annoncée de Buffon en cas d’élimination, un cycle s’achève. Un cycle débuté sept ans plus tôt au sortir d’une Coupe du Monde en Afrique du Sud à oublier et qui s’était bâti sur l’une des défenses les plus solides de la décennie. 2010-2017 : retour sur la BBC version italienne, Barzagli-Bonucci-Chiellini.

Sur les cendres de 2010

Quelques instants après leur piteuse élimination de la plus prestigieuse compétition de la planète, les annonces de retraite de la sélection italienne pleuvent. Buffon, comme annoncé. Puis Barzagli et De Rossi. Et enfin, le lendemain, Chiellini. L’Italie vient de perdre ses trois derniers champions du monde. Surtout, elle vient de perdre la base de son équipe titulaire depuis une décennie. Une période débutée avec l’obligation de reconstruire après un Mondial 2010 quitté sans gloire dès la phase de groupes.

Pour cela, Prandelli, entraineur aux idées bien établies, est nommé sélectionneur de la Nazionale. Il installe Chiellini et Bonucci, respectivement 26 et 23 ans, en défense centrale. Les deux deviennent directement des titulaires indiscutables. Pour les seconder en revanche, les places sont à prendre entre Ranocchia (Genoa), Astori (Cagliari), Bovo (Palerme), Gastaldello (Sampdoria), Ogbonna (Torino) et Barzagli (Juventus). Ce dernier, transféré en janvier 2011 en provenance de Wolfsburg, fait figure de revenant. Sacré champion en 2006, il avait ensuite disparu de la sélection en 2008 et 2010.

La naissance

Son rappel n’est pas une surprise. À Turin, il vient de rejoindre Bonucci et Chiellini et les trois forment rapidement la défense choisie par un certain Antonio Conte. Cette association séduit Prandelli ; lors de l’excellent Euro 2012 (entamé avec l’absence de Barzagli, qui se remettait d’une blessure qui a failli le priver de tournoi), les trois défenseurs sont alignés tour à tour jusqu’en demi où l’Italie prive la Nationalmannschaft de sa revanche de 2006 (2-0).

Ce soir-là, la BBC forme la charnière pour la première fois en sélection et ne quittera plus le poste (sauf blessure ou suspension) jusqu’à ce 13 novembre 2017. Et hormis le cinglant 4-0 infligé par l’Espagne en finale du même Euro, aucune équipe n’ébranlera le trio.

Conte 2011-2014, Allegri 2014-2017

Lorsqu’Antonio Conte débarque sur le banc de la Juventus en 2011, l’équipe reste sur une énième saison où elle n’est pas au niveau que son passé exige (7ème, non qualifié pour l’Europa League). Il doit redonner de l’allant, redorer un blason bien terni par le Calciopoli qui a signé un tournant dans l’histoire du club par la rétrogradation imposée. Pour cela, il choisit d’abord de se baser sur une défense imperméable, comme en attestent les chiffres de fin de saison (20 buts concédés contre 33 pour son poursuivant !). Cette défense, il l’a choisie, l’a imposée, l’a façonnée : devant Buffon, trois gaillards rugueux, agressifs, appliqués et impitoyables. C’est ainsi qu’est véritablement née la BBC version turinoise.

Son plus grand fait d’armes ? Les deux clean-sheets face au Barça en quart de finale de la Ligue des Champions 2016-2017 face à un autre trio plus connu (la MSN). Non, on ne colle pas une remontada à Barzagli, Bonucci ou mieux encore à Chiellini, restons sérieux un instant ! Ses échecs ? Les deux défaites en finale de Ligue des Champions 2015 et 2017 qui privent Buffon du seul titre qui manque encore à son palmarès. Mais lors des deux matches, l’adversaire (le Barça puis le Real) était injouable. Ces défaites resteront les principales épines dans les crampons de la BBC.

Conte 2016

On a beaucoup entendu avant le dernier Euro que la sélection italienne était la pire de l’histoire. Mais donnez-lui Conte et pesez de nouveau la véracité de tels propos. L’Espagne ne se risquera plus pendant un moment à prendre à la légère son adversaire supposé inférieur, et les Allemands sont peut-être bien les seuls au monde à ne pas avoir ri du penalty raté de Zaza. Car oui, cette sélection italienne a surpris. Surpris par sa pugnacité, son agressivité et sa détermination.

Voilà qui résonne de nouveau aux airs de la BBC, intraitable et probablement à son meilleur niveau durant l’Euro. Que ce soit la Belgique (2-0), la Suède (1-0), l’Espagne (2-0) ou l’Allemagne (1-1, 5-6 tab), tous ont été bousculés et n’ont pas trouvé (ou une seule fois) la faille face à la BBC (face à l’Irlande, Ogbonna remplace Chiellini). On aime voir les frappes flottantes de Ronaldo, les dribbles provocateurs de Neymar, les crochets de Messi, mais on aime aussi l’intraitable défense de la BBC. D’un certain point de vue, une solide défense est aussi synonyme de beau jeu (mais c’est un autre sujet).

Ronaldo, la Suède et le temps

Et puis, le temps est passé. Aujourd’hui, l’Italie doit se trouver un futur, des successeurs (Rugani, Romagnoli ?). La BBC ne disputera plus un seul match officiel (on peut espérer un jubilé, Buffon le mérite, c’est évident). Sa chute a trois noms : Ronaldo, son bourreau de la dernière finale de la LdC qui était bien trop fort ce jour-là pour quiconque, la Suède qui a arraché une qualification logique et, bien entendu, le temps qui a fait son œuvre.

Aujourd’hui Barzagli a 36 ans, Chiellini 33 ans et Bonucci 30 ans. La BBC a vécu. Elle a donné une certaine idée de ce qu’est défendre et remis au goût du jour le Catenaccio, version moderne. On peut apprécier une équipe joueuse, portée vers l’avant… mais en tant que footballeur ou supporter du ballon rond, ces types-là vont forcément nous manquer.

Merci Barzagli-Bonucci-Chiellini.

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