1968-1973 : Ken Rosewall, Rod Laver et la WCT
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1968-1973 : Ken Rosewall, Rod Laver et la WCT

Lorsque s'ouvre l'ère Open en 1968, les deux champions qui ont dominé la décennie, Rod Laver et Ken Rosewall, n'en sont pas a priori au même stade de leur carrière. Mais leurs résultats sur la fameuse période dont nous parlons sont significatifs de leurs états d'esprit respectifs, et en disent long sur le positionnement des professionnels par rapport aux tournois du Grand Chelem qui leur tendent enfin à nouveau les bras.

Remettre les pendules à l’heure

En 1967, Ken Rosewall est sur le point d’arrêter sa carrière professionnelle. Depuis 1962 et le retrait de Jack Kramer qui organisait les grandes tournées professionnelles, Rosewall est devenu le président de l’association qui a succédé à Kramer, l’IPTA (International Professionnal Tennis Association). Mais “Muscles” n’a aucun talent particulier pour l’organisation et la promotion de spectacles sportifs, et cette association vivote entre 1963 et 1967. Loin des feux de la rampe, Rosewall, Laver et leurs collègues n’hésitent pas à jouer sur des parkings de supermarchés pour se faire quelques dollars… Cette vie de bohème, qui les tient éloignés de leur famille tout au long de l’année sans pour autant leur assurer leurs vieux jours, finit par les épuiser. L’ouverture de 1968 est une occasion rêvée pour eux de rejouer à nouveau dans les grands stades, et leur ouvre de nouvelles ambitions. Mais lorsque se présente, avec la NTL, une structure rémunératrice digne de ce nom, Laver et Rosewall n’hésitent pas une seconde à signer, et tant pis si les garanties exigées par la NTL les privent de tournois ici ou là, ils ont eu le temps de s’acclimater aux exclusions de tournois !

Nos duettistes australiens, dans un premier temps, vont profiter de l’ouverture, d’abord pour humer le parfum des grandes foules et des grands stades, ensuite pour disqualifier tous les palmarès qui ont précédé en prouvant sur le terrain que, tout professionnels qu’ils soient, ils ont bel et bien été les deux meilleurs joueurs de la décennie écoulée.

Le French Open de 1968 s’ouvre dans une triple incertitude. Avec le contexte politique, tout d’abord ; non loin de la Porte d’Auteuil, le Quartier Latin est depuis début mai l’épicentre d’un mouvement qui laissera des traces profondes dans la société française. Les transports en commun sont bloqués. Incertitude financière, ensuite ; les dirigeants de la Fédération française sont réservés sur l’ouverture, conscients de prendre un énorme risque financier. La première semaine n’est pas de nature à apaiser leurs doutes : une cascade de forfaits de la part de joueurs n’ayant pu rallier la capitale française. Et le public est un peu désœuvré, il a l’oreille collée aux transistors pour avoir les nouvelles du mouvement. Mais lorsque, le 30 mai, le Général De Gaulle annonce la dissolution de l’Assemblée nationale, chacun reprend sa place, son travail, sa raquette. Place au sport.

A partir du 1er juin, dans un stade Roland Garros enfin plein et enthousiaste, la troisième incertitude, sportive celle-là, va être levée sans ambigüité. En quarts de finale, le tenant du titre Roy Emerson tombe en cinq sets sous les coups d’un Pancho Gonzales quadragénaire, et quatre professionnels se retrouvent en demi-finale : Laver, Rosewall, Gonzales et Gimeno. La finale Laver-Rosewall sera l’un de leurs plus beaux duels, et c’est une fois de plus le Petit maître de Sydney qui l’emportera sur terre battue. Alors que Rocket avait nettement pris le dessus dans leur face-à-face en 1967, il s’incline à nouveau face à son grand tourmenteur de l’ocre.

 

Laisser une trace indélébile

Un an plus tard, Rod Laver a consolidé sa position de meilleur joueur du monde, en s’imposant à Wimbledon, puis à l’Open d’Australie 1969. Un autre grand rival émerge pour le rouquin australien, et c’est également un de ses compatriotes : Tony Roche. A l’Open d’Australie, il pousse Laver aux cinq sets, après avoir été mené deux sets à zéro. Roche dominera Laver cinq fois au total en 1969.

A l’ouverture de la quinzaine parisienne de 1969, on attend une fois de plus Rosewall et Laver en finale. Et ils seront bien en finale. Pour Ken, le tournoi s’apparente même à une promenade de santé. Roche, en demi-finale, ne parvient pas à lui prendre le moindre set. “Muscles” apparaît une nouvelle fois comme le favori de cette finale, il est invaincu face à Laver sur terre battue. Pourtant, ce jour-là, la pression semble rattraper le tenant du titre, qui va voir beaucoup de ses coups sortir d’un rien, lui qui est d’habitude d’une précision chirurgicale. En face, Rod réussit le match parfait et s’impose en trois sets.

C’est à ce moment-là que germe dans l’esprit de Rod Laver l’objectif ultime : réussir un deuxième Grand Chelem, cette fois en présence de tous les meilleurs. En s’imposant à Paris, il a la certitude d’avoir fait le plus dur. Place à Wimbledon et à l’US Open, au gazon qu’il maîtrise si bien… Et il atteindra son objectif, en remportant les deux dernières levées de 1969. A 31 ans, il rentre au panthéon du tennis.

 

Gagner – enfin – de l’argent

Aux 124000 dollars que remporte Rod Laver cette année-là va bientôt s’ajouter une pluie de contrats publicitaires, qui fera de lui le premier tennisman millionnaire en dollars. A ce stade, il n’a plus rien à prouver sportivement parlant. La suite, en ce qui le concerne, n’est pas forcément lisible sur les tablettes du Grand Chelem. Après des années à courir de maigres cachets, et alors qu’il a su saisir l’occasion que l’Histoire lui offrait de réaliser l’exploit ultime du tennis, Rocket va se comporter en rentier du circuit professionnel ; qui pourrait le lui reprocher ? C’est ainsi que Laver va devenir, à partir de 1970, l’une des principales attractions du circuit WCT qui “avale” la NTL.

On aurait grand tort de sous-estimer l’importance sportive et organisationnelle qu’a eue alors ce circuit WCT. En 1971, le circuit de 20 tournois qui émerge est une organisation spectaculaire, qui va inspirer à bien des égards le circuit concurrent, le Grand Prix. En termes de dotation, le Grand Prix, qui englobe pourtant les quatre levées du Grand Chelem, ne peut rivaliser. Et quant à la répartition de cette dotation, les joueurs avaient tout intérêt à suer jusqu’à la dernière goutte puisque les prix distribués dépendaient directement des résultats sur le terrain. Tout vouait un champion comme Rod Laver, à ce stade de sa carrière, de concentrer ses efforts sur le circuit WCT plutôt sur sur le Grand Prix.

Il ne faut pas chercher plus loin les raisons de l’insuccès de Rod Laver en Grand Chelem à partir de 1970. Il n’atteindra plus la moindre demi-finale, et son unique quart de finale perdu à Wimbledon en 1971 face à Tom Gorman est éloquent sur ce que sont devenues ses priorités… Comme quoi, dans un contexte où les considérations financières avaient leur importance, accomplir un exploit était plus important pour lui que de tenter de le réitérer. La chasse à la boulimie des records n’était même pas un horizon. Le vrai Rod Laver, c’est sur le circuit WCT qu’il a sévi en 1971-1972, en décrochant la première place du classement deux fois consécutives, malgré ses deux “WCT finals” perdues face à… Ken Rosewall.

 

Rattraper le temps perdu

Si les aspects pécuniaires sont également présents pour Rosewall dans cette période “Open”, ils n’ont pas débouché sur la même trajectoire. Pour le petit maître de Sydney, on l’a dit, l’Open arrive à un moment où il était sur le point de raccrocher la raquette. Mais qu’espérer au juste, à 34 ans, et alors qu’il a été supplanté l’année passée par Laver dans la hiérarchie des professionnels ? Le Whiz Kid a à cœur de se venger de ses 11 longues années de purgatoire chez les pros, et de rétablir la vérité à propos de la hiérarchie réelle du tennis. Il y parvient dès la première levée du Grand Chelem “Open”, Roland Garros. Au-delà, c’est Rod Laver qui tient le haut du pavé.

En 1969, le déclin de Ken, déjà pressenti en 1967, semble se confirmer, puisqu’il chute prématurément dans tous les Grands Chelems en dehors de Roland Garros. Cette saison 1969 sera sans doute celle de la prise de conscience pour Rosewall ; à son âge, il ne peut plus courir tous les lièvres à la fois, et il va devoir redéfinir ses priorités. Au-delà de ses obligations contractuelles avec le circuit NTL (puis WCT), LE grand objectif de sa fin de carrière est tout trouvé : ce sera Wimbledon. Avec ses deux finales en 1954 et 1956, il s’est bien approché du titre, mais qu’aurait valu, de toute façon, une victoire à l’époque obtenue en l’absence de Gonzales, Segura, Sedgman et les autres ? Quoi qu’il en soit, le nom de Rosewall est toujours manquant au palmarès du All England Club.

C’est pourquoi on ne verra plus de Rosewall à Paris à partir de 1970. Il préfère se reposer en vue de Wimbledon. Et c’est en 1970, justement, qu’il va s’approcher de son rêve. Bien reposé, il domine Tony Roche et Roger Taylor (le tombeur de Laver en huitièmes) pour atteindre sa troisième finale, à près de 36 ans. Il échoue en cinq sets face à John Newcombe, dans un match qui rendra inconsolables ses – nombreux – fans britanniques. Il faut dire que Ken dispute également le double, et atteint même la finale en compagnie de Fred Stolle, avec au passage une demi-finale en cinq sets face aux Roumains Nastase et Tiriac… Une autre époque !

L’année suivante, “Muscles”, qui s’est entretemps imposé à l’US Open et à l’Open d’Australie, se lance dans une nouvelle croisade londonienne, elle aussi doublée d’une inscription en double… En quarts de finale, Rosewall perd les deux premiers sets face à Cliff Richey, puis remonte difficilement, alors que le tie-break n’existe pas. Il s’impose bien 7/5 au cinquième set, mais il est fatigué au moment d’affronter son vainqueur de l’année précédente, John Newcombe. Une bien triste demi-finale, où le favori du public ne marque que cinq jeux. Les organisateurs de Wimbledon lui offrent la cravate habituellement réservée aux vainqueurs du tournoi, ce qui est à la fois un Oscar d’honneur et un remerciement en forme d’adieu, personne n’imaginant le petit maître de Sydney s’approcher du titre l’année suivante, à près de 38 ans…

 

Rester ferme sur ses principes

Entretemps, en 1971, Rosewall aura remporté les WCT finals aux dépens de Rod Laver qui garde néanmoins la tête du classement WCT. Il récidive en mai 1972, face au même adversaire, lors d’une finale mémorable que Ken remporte au tie-break du cinquième set. Le circuit WCT lui propose alors une concurrence qui compte, outre Laver, les noms de Newcombe, Ashe, Taylor, Emerson, Stolle ou encore Okker. En clair, la majorité des membres de ce qui serait aujourd’hui le top 20 mondial se disputent la couronne WCT. On ne saurait faire plus significatif comme victoire, sachant qu’en 1972 ces mêmes noms sont exclus de Roland Garros et de Wimbledon…

Car oui, Ken Rosewall, en restant dans les rangs de la WCT, demeure fidèle à un circuit professionnel de haut niveau qui va lui coûter sa présence à Wimbledon en 1972. Après Rod Laver, l’attitude de Rosewall en dit long sur ce qu’est le tennis de haut niveau à cette époque-là. Aujourd’hui, le circuit WCT est largement oublié, mais à l’époque, parmi les joueurs majeurs, seuls Ian Kodès, Ilie Nastase et Stan Smith manquaient à l’appel de la WCT… et de fait, purent disputer Roland Garros et Wimbledon ! C’était la démonstration éclatante que le Grand Prix allait devoir revoir sa copie en termes d’organisation et de dotation, avant de pouvoir rivaliser avec le circuit WCT, et finalement le supplanter grâce au prestige des quatre tournois du Grand Chelem. Cette situation, proprement impensable aujourd’hui, est significative du manque d’attractivité du circuit “officiel” sur la période 1970-1973.

Plus significatif encore sera le boycott de Wimbledon en 1973. Ken Rosewall, toujours lui, presque 39 ans au compteur, et pour qui la perspective de remporter Wimbledon semble toujours d’actualité, reste fidèle à son syndicat de joueurs nouvellement créé, l’ATP, qui décide par un vote de zapper la quinzaine londonienne ! Pour Ken, il s’agit probablement avant tout d’une question de principe. Lui qui a été si longtemps empêché de jouer où il le souhaitait entre 1957 et 1967, était sans doute mieux placé que quiconque pour militer en faveur d’une autorisation sans restriction pour les joueurs. Là encore, on ne saurait mieux illustrer l’état d’esprit d’une époque où ajouter son nom sur des lignes de palmarès ne se faisait pas en profitant des absences de ses rivaux empêchés par d’obscures raisons politiques.

 

Conclusion

Le nom de Ken Rosewall ne figure pas au palmarès de Wimbledon. C’est dommage, et pour l’observateur d’aujourd’hui cela suffit à le disqualifier de la course au GOAT, contrairement à Rod Laver, dont le Grand Chelem de 1969 continue à illuminer l’histoire du tennis. L’un et l’autre sont, en tout cas, les deux meilleurs joueurs des années 60.

Ken Rosewall a été le meilleur joueur du monde entre 1961 et 1963.

Rod Laver, passé professionnel en 1963, a rivalisé avec Rosewall à partir de 1964. Sur la période 1964-1966, leur rivalité a atteint son apogée.

De 1967 à 1969, Rod Laver est devenu l’incontestable meilleur joueur du monde.

De 1970 à 1972, Laver a fait les grandes heures du circuit WCT qui rassemblait la majorité des meilleurs joueurs du monde, mais son palmarès est muet en Grand Chelem.

Sur cette même période 1970-1972, la carrière de Ken Rosewall a connu un formidable été indien, avec notamment trois finales consécutives en Grand Chelem entre 1970 et 1971 qui en auraient fait un probable n°1 mondial début 1971, à 36 ans. Si l’on ajoute ses deux titres dans les WCT finals en 1971 et 1972, Rosewall est un candidat légitime à la place de meilleur joueur du monde entre 1970 et 1972. Outre Laver sur le circuit WCT, le grand rival de Rosewall sur cette période, c’est John Newcombe, qui peut également solliciter ce titre.

Rosewall s’efface définitivement de la course au trône mondial à partir de mai 1972. John Newcombe, Stan Smith et Ilie Nastase se disputent alors la couronne, jusqu’à fin 1973.

Jimmy Connors et Björn Borg, en 1974, mettent tout le monde d’accord.

Aller plus loin, me semble-t-il, c’est se lancer dans des considérations hasardeuses sur ce qu’ont été les tournois du Grand Chelem sur cette période, et sur la signification réelle des trois grands tournois “pros” de l’après-guerre (le French Pro, le Wembley Pro et l’US Pro). Je n’entends pas clore le débat, mais je souhaitais simplement y apporter une pierre en rappelant que les références d’aujourd’hui sont inopérantes pour juger cette période.

Prochaine fournée à venir : le French Open dans les années 70, et l’affaire des Intervilles.

  1. avatar
    6 mars 2018 a 15 h 21 min
    Par Cullen

    Je me suis souvent interrogé sur les raisons du déclin si brutal de Laver. Vu qu’il était plus jeune que Rosewall qui, lui, continuait à performer sur les GC à près de 40 ans, j’avais mis ça sur le compte du manque de motivation, après avoir tout gagné. Merci de m’avoir enfin éclairé !

    • avatar
      6 mars 2018 a 17 h 15 min
      Par Enzo29

      Salut Cullen,

      Je me suis aussi beaucoup interrogé sur cette absence de Laver à partir de 1970. Mais celui qui m’a mis la puce à l’oreille, c’est Djoko en 2016, qui avait réussi le même exploit et qui a commencé à collectionner les sorties de route à partir de Wimbledon. Au-delà des blessures, je crois que le Serbe a été saisi d’un certain vertige devant le grand accomplissement de sa carrière. Et je crois que la motivation est l’un des moteurs qui lui manquent depuis, sans négliger, encore une fois, les pépins physiques dont il souffre. Mais des pépins physiques, il en a connu pendant toute sa carrière, et ça ne l’a pas empêché de remporter des Grands Chelems.

      Le parallèle avec Rod Laver ne me semble pas illogique, car l’Australien, qui avait bien en tête des considérations financières, a sans doute aussi perdu l’envie après 1969. Sa sortie dès les huitièmes à Wimbledon 1970, le circuit WCT n’y est pour rien !

  2. avatar
    6 mars 2018 a 16 h 10 min

    Bonjour Enzo, excellent article qui éclaire bien la période du début de l’ère Open. Très utile, surtout pour Laver pour qui je regardais simplement le palmarès en GC pour le début des années 70. En fait il était plus occupé à faire fructifier son talent au niveau monétaire.

    On comprend bien pourquoi les joueurs n’étaient pas obsédés d’inscrire leur nom au palmarès des GC, il y avait d’autres considérations. De nos jours, et donc depuis grosso modo le début/milieu des années 70, les GC sont le summum tant au niveau du calibre de jeu que des dotations, ce qui n’était pas le cas au début de l’ère Open.

    À lire ou relire, l’excellent article de Cullen sur la malédiction de Rosewall à Wimbledon.
    http://yourzone.beinsports.fr/tennis-la-malediction-de-ken-rosewall-a-wimbledon-72301/

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      6 mars 2018 a 20 h 06 min
      Par Enzo29

      Salut Fabrice,

      Je plussoie pour l’article de Cullen, bien plus complet que le mien sur Rosewall. Je ne mentionne d’ailleurs même pas sa dernière finale à Wimbledon en 1974…

      Pour le reste, en effet, le contexte de l’époque et les priorités des joueurs n’étaient pas les mêmes qu’aujourd’hui. Je repense à la sortie de Tomic il y a un mois, qui affirme (et ce n’est peut-être même pas faux) avoir amassé 10 millions de dollars au cours de sa maigre carrière…

  3. avatar
    8 mars 2018 a 9 h 41 min

    Salut Enzo,

    Très bon article en effet, j’attends avec impatience le suivant sur le Roland des années 70, où il y a tant à dire et à débattre.

    • avatar
      8 mars 2018 a 11 h 32 min
      Par Enzo29

      Salut Axel,

      Je travaille actuellement sur l’article sur RG, mais je suis obligé de dresser une esquisse d’ensemble sur le French qui dépasse largement la seule période des années 70. Attends-toi à du long, ou bien à deux articles !

      • avatar
        8 mars 2018 a 14 h 06 min

        ça marche, en effet si tu reviens aux sources de RG avec la Coupe Davis 1927 par exemple, tu as de quoi faire !

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          8 mars 2018 a 15 h 48 min
          Par Enzo29

          Je m’en fous des Mousquetaires, ils ont déjà eu un stade construit exprès pour eux, ils y ont leur statue et leur histoire est connue de tous ! Ca ne m’intéresse pas de raconter des trucs déjà vus (et mieux racontés) ailleurs.

          Par contre, connais-tu l’anecdote de Marcel Bernard en 1946 qui s’est inscrit au dernier moment pour remplir les trous du tableau ? Ce qui m’intéresse ici, ce n’est pas Marcel Bernard lui-même (qui a remporté le tournoi), c’est ce que dit cette anecdote sur la composition des tableaux à Roland…

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        9 mars 2018 a 9 h 52 min

        Salut Enzo,

        Oui je la connais très bien Bernard s’est inscrit à l’arrache alors qu’il venait de se faire planter pour le double, et quelqu’un lui a dit par hazard qu’une place en simple venait de se faire libérer.

        • avatar
          9 mars 2018 a 16 h 06 min

          Oui Axel, je pense avoir déjà lu l’anecdote sur ce site. Tu l’as certainement mentionnée dans un de tes articles.

          • avatar
            13 mars 2018 a 12 h 57 min

            Voici le lien

            http://yourzone.beinsports.fr/tennis-les-petites-histoires-de-roland-garros-114630/

            Et l’extrait

            1946, la victoire miraculeuse de Marcel Bernard

            En juillet 1946, après la Seconde Guerre Mondiale, tous les joueurs sont impatients de retrouver la brique pilée parisienne. Comme d’autres, Marcel Bernard a perdu ses plus belles années de sportif dans le conflit mondial de 1939-1945. Son palmarès est vierge, Bernard s’inscrit en double messieurs et en double mixte avec l’espoir de gagner un titre. Rapidement c’est la douche écossaise car sa partenaire de double mixte, l’Américaine Pat Todd, déclare forfait pour se consacrer au simple dames. Une chance de moins de gagner un titre, s’écrie Bernard. Mais la providence veille sur lui. La plainte du joueur français n’est pas tombée dans l’oreille d’un sourd … Le juge arbitre Jean Brouquier, présent à ces côtés à ce moment, se retourne alors vers Marcel Bernard : Marcel, il y a aussi une défection en simple, tu peux prendre la place … Qu’est-ce que tu risques ? A court d’entraînement, manquant de rythme et de compétition, le gaucher réfléchit quelques instants et accepte le défi. Il a devant lui un long marathon de sept tours, les premiers lui servant d’échauffement afin de se refaire une santé. En demi-finale, Bernard bat en cinq sets son partenaire de double, Yvon Petra, qui vient de gagner Wimbledon (joué exceptionnellement avant Roland-Garros cette année là). En finale, Marcel Bernard affronte Jaroslav Drobny, un gaucher tchécoslovaque, favori du match car beaucoup plus frais physiquement que le Français. La pression qui pèse sur les épaules de Marcel Bernard, telle une épée de Damoclès, lui fait perdre les deux premiers sets 6-3, 6-2. Mais la remontée fantastique va débuter. Point après point, jeu après jeu, le Français recolle au score. Deux sets à un, deux sets partout, et victoire 6-3 après une cinquième manche d’anthologie. Le soir, Marcel Bernard fête ça avant de revenir sur l’ocre le lendemain, où il triomphe en double avec Yvon Petra, exploit qui sera égalé en 1996 par le Russe Evgueni Kafelnikov (vainqueur en simple face à l’Allemand Michael Stich, et lauréat en double avec le Tchèque Daniel Vacek contre la paire Gury Forget / Jakob Hlasek). Passé à deux points de la défaite en quarts contre Budge Patty, Bernard, 32 ans, triomphe en simple le samedi 27 juillet aux dépens de Jaroslav Drobny – là aussi en cinq sets. C’est un scenario bien réglé et qui plaît. Il y a eu la guerre, l’arrêt des Internationaux. Et je suis le Français qui revient après avoir été mené deux sets à rien. Quand je finis par gagner, l’ovation est monstre, écrira Bernard à propos de cette finale. Le lendemain, c’est associé à Yvon Pétra qu’il revient sur le court pour clôturer en fanfare ces Internationaux de France 1946, s’imposant cette fois en double – toujours en cinq sets, toujours sur un Central bondé ! Avec Yvon, nous avions fêté mon titre chez Patachou, à Montmartre, et nous ne nous sommes pour ainsi dire pas couchés, reprend Bernard pour expliquer le trou d’air qui leur vaut de perdre les troisième et quatrième sets 6/0 et 6/1, et être encore menés 5-2 au dernier set. Mais quand ils inversent la tendance pour finalement l’emporter 10/8, les sifflets du public cèdent place aux acclamations : Le stade est en délire !, n’hésite pas à dire Bernard. D’avoir été frustrés de tennis pendant les années de guerre nous avait donné un incroyable appétit de jouer, estime Beranrd Destremeau, huitième de finaliste quant à lui. Nous brûlions d’une passion intense pour le jeu, qu’à titre personnel je n’ai connue à aucun autre moment dans ma vie, ni avant, ni après. Et puis nous retrouvions nos amis, nos petites femmes, la foule nous encourageait comme on fête de vieux amis… C’était toute une atmosphère, et c’est probablement cet élan qui a pu, un temps, compenser le retard sportif que nous avions pris. Ces succès inespérés sont aussi une catharsis collective, l’expression d’une fierté retrouvée : A force d’entendre dire pendant quatre années par une propagande à la solde de l’ennemi que nous étions un peuple fini et rachitique, nous sommes trop souvent enclins à ne pas croire à notre force et à notre puissance, écrivent René Mathieu et P-R. Waltz dans l’édito du magazine Smash du dernier trimestre 1946. Sur les décombres de la guerre était née l’une des plus belles et des plus inattendues pages du tennis français.

  4. avatar
    24 mars 2018 a 17 h 10 min
    Par castagné

    excellents articles sur mon idole passé, même si on ne mentionne pas sa finale à wimbledon contre connors ans et sa dernière victoire dans l’us open à prè de 40 ans
    S’il avait pu jouer tous les tournois entre 58 et 68, son palmarès dans les grands chelem serait sans nul doute supérieur à celui de Federer voire celui de laver.

  5. avatar
    24 mars 2018 a 17 h 12 min
    Par castagné

    je regrette que les journalistes de tennis de Bein ne m’entionne que le passé de Laver et jamais celui de Ken

  6. Pingback: Les années 70, décennie critique pour la Coupe Davis - beIN SPORTS Your Zone - Partagez votre passion et votre expertise du sport

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