Anthologie de Federer en Grand Chelem (1/3) : Revenu de nulle part
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Anthologie de Federer en Grand Chelem (1/3) : Revenu de nulle part

Avec 17 titres en grand chelem, glanés entre 2003 et 2012, Roger Federer a essentiellement construit sa légende sur ces tournois et l’intensité dramatique qu’ils génèrent. Alors qu’il est en stand-by jusqu’à début 2017 pour soigner son genou, je vous propose de revenir, à travers 3 articles, sur les 30 matchs qui ont marqué sa carrière en Grand Chelem. Aujourd’hui, les 10 matchs que le Suisse a gagné après avoir frôlé la défaite.

10 – Open d’Australie 2011 (2e tour) : bat Simon 6/2 6/3 4/6 4/6 6/3

Au cœur du 5ème set, au moment où le Suisse réussit son passing de coup droit sur Gilles Simon pour faire le break suite à une volée amortie mal sentie du Niçois, la joie de Roger qui éructe avec une véhémence rare en dit long sur sa souffrance en ce 2eme tour de l’Open d’Australie dont il est le tenant du titre. Face à un adversaire qui jusqu’alors ne lui réussit pas (2 défaites en 2008 au Masters et à Toronto), Federer savait que ce tirage piège pouvait lui causer des maux de tête. Et en parlant de tête, Gilles sait très bien comment rentrer dans celle de son adversaire, y compris Federer. Avec sa défense, sa couverture de terrain et sa capacité à contrer, il passa tout près d’un immense exploit. Le Suisse poursuivra sa route jusqu’en demie, stoppé par le Cosmic Novak de 2011.

9 – Open d’Australie 2009 (Huitièmes) : bat Berdych 4/6 6/7 6/4 6/4 6/2

En cet après-midi très chaude sur Melbourne, les conditions de jour lui convenant moins, Roger balbutie son tennis et se retrouve au bord du précipice face aux frappes à plat chirurgicales de Tomas Berdych. Une légère baisse de régime du Tchèque et le Suisse saisira sa proie pour ne plus la lâcher et débouler en finale sans perdre un set. En finale, ce sont ses nerfs à lui qui lâcheront, dans le 5ème set face à Nadal, puis lors de la remise du trophée…

8 – Open d’Australie 2010 (Quarts) : bat Davydenko 2/6 6/3 6/0 7/5

Seulement 4 sets mais ceux qui se souviennent de ce match savent pourquoi il figure dans le top. Battu fin 2009 au Masters puis début 2010 à Doha par un Davydenko dans la forme de sa vie, Federer s’est rarement senti autant baladé sur un court que pendant cette entame supersonique de Nicolay : 6/2 3/1 et 0/30, le maestro est saoulé de coups, ça va trop vite pour lui ! Sa réponse est d’une violence sans appel : 13 jeux consécutifs et une fin de match électrique. Il ne lâchera plus un set du tournoi et soulèvera sa 16ème couronne en grand chelem quelques jours plus tard.

7 – US Open 2008 (Huitièmes) : bat Andreev 6/7 7/6 6/3 3/6 6/3

L’été 2008 du Suisse est compliqué, étrillé à Roland-Garros et détrôné à Wimbledon par le même Nadal, il cède son fauteuil de numéro 1 et voit son rêve olympique s’envoler. Ce match va faire office de déclic. Longtemps bousculé et gêné par le lift tonitruant du Russe, Roger s’en sortira finalement en 5 sets avant de sauver sa saison en gagnant le tournoi. Il confia d’ailleurs que ce match, remporté aux forceps, lui fit un bien fou et le libéra pour la suite du tournoi.

6 – Open d’Australie 2008 (3eme tour) : bat Tipsarevic 6/7 7/6 5/7 6/1 10/8

Sur une série de 10 finales d’affilée en grand chelem, c’est toute la planète tennis qui retient son souffle quand Roger est mené 2 sets à 1 par Tipsarevic lors de ce 3ème tour, puis quand il doit batailler comme un diable pour rester en vie dans le 5ème set. Ce match est un choc, car jamais le numéro 1 mondial n’a été encore bousculé de la sorte en majeur face à un joueur sans grande référence. On apprendra plus tard qu’il souffrait d’une mononucléose. Au terme de ce tournoi, il cède en demie face un autre Serbe, tout sauf un quidam celui-là : Djokovic qui gagnera son premier titre en grand chelem. « J’ai créé un monstre » révéla Federer, choqué par cette défaite…

5 – Wimbledon 2010 (1er tour) : bat Falla 5/7 4/6 6/4 7/6 6/0

Celle là, on ne l’avait pas vu venir. Certes battu par Soderling à Roland puis à Halle face à Hewitt, certes tout juste redétrôné par Nadal au classement ATP, Roger Federer patine en 2010 depuis son sacre australien… mais de là à l’imaginer passer à 2 points de la défaite face au sympathique gaucher colombien (prononcer « Faja »)… Opposé à un adversaire particulièrement inspiré, Roger est passé tout près de ce qui aurait peut-être été la pire déconvenue de sa carrière en ouverture de Wimbledon. Sa forme moyenne se confirmera dans ce tournoi puisqu’il sortira en quarts face à Berdych, première fois qu’il manque la finale ici depuis 8 ans !

4 – Wimbledon 2016 (Quarts) : bat Cilic 6/7 4/6 6/3 7/6 6/3

Plus que la qualité du match du Suisse, c’est cette incroyable résilience face à un client comme Cilic sur gazon qu’il faut retenir. A presque 35 ans, au cœur d’une saison tronquée par les blessures (dos, genou), Federer écarte 3 balles de match et se hisse dans le dernier carré. Son dernier grand moment de bravoure en date, 2 jours avant de céder face à Raonic et de mettre fin à une saison 2016 à oublier… « Papy Fed la résistance » titrera joliment un célèbre quotidien sportif.

3 – Wimbledon 2012 (3e Tour) : bat Benneteau 4/6 6/7 6/2 7/6 6/1

Ce match figure sur le podium car en plus d’avoir renversé son adversaire, Roger ira au bout en cette année 2012 à Londres, soulevant ainsi son dernier (pour l’instant) titre du grand chelem en battant Djokovic puis Murray. Pourtant, au lendemain de la sortie de Nadal face à Rosol, on imaginait bien Roger le rejoindre pêcher à Majorque tant le Bressan paraissait maitre de son sujet. Il passera plusieurs fois à 2 points de la victoire mais Federer ne cédera pas malgré des spasmes au dos et une raideur évidente au service. Il souffrira encore en huitièmes face à Malisse avant de voir son dos, et son tennis, se débloquer définitivement.

2 – US Open 2014 (Quarts) : bat Monfils 4/6 3/6 6/4 7/5 6/2

Une night session sur le Arthur Ashe stadium, Gaël Monfils en face, rien de mieux pour offrir un grand match. Face à un adversaire qu’il apprécie autant qu’il le redoute, Roger est dominé pendant 2 sets, à la régulière malgré un niveau de jeu pourtant très élevé. Les 2 balles de matchs qu’il sauve sur son service à 4/5 au 4ème en allant à l’attaque finissent de lessiver le Parisien qui cède 6/2 au 5ème. Malgré ce succès électrisant, Roger tombera sous les coups d’un Cilic en état de grâce et ratera ce qui reste à ce jour sa plus belle occasion de soulever un 18ème majeur.

1 – Roland-Garros 2009 (Huitièmes) : bat Haas 6/7 5/7 6/4 6/0 6/2

Pour soulever son graal, l’unique grand chelem qu’il manquait à son palmarès déjà géant, il était dit que rien ne serait facile pour Federer. La veille, Nadal, son bourreau porte d’Auteuil depuis 4 ans a perdu face à Soderling et tous les yeux sont rivés vers le prodige de Bâle. L’histoire lui interdit désormais de ne pas gagner ce tournoi. En cette après-midi chaude et sèche, face son vieux copain Tommy Haas, Roger n’y arrive pas. Il est mené 7/6 7/5 4/3, et à 30A, il décentre son attaque en décalage coup droit. Balle de break, le central est médusé. Sur le point suivant, dès le premier coup de raquette, Roger ne se débine pas, il se décale et cherche exactement la même zone que celle qu’il vient de rater sur le point précédent. Cette fois, ça passe. Roger passera encore par la case 5 sets en demi-finale face à Del Potro mais il ira au bout. Ce coup droit gagnant a changé sa vie. Ni plus, ni moins.

A venir :

Anthologie de Federer en Grand Chelem (2/3) : Quand le maitre donne la leçon
Anthologie de Federer en Grand Chelem (3/3) : Les matchs de légende

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  2. avatar
    12 septembre 2016 a 11 h 23 min
    Par Enzo29

    Belle rétrospective des sauvetages de Roger. J’aurais juste changé l’ordre de ces 10 matchs, en mettant le match contre Tipsarevic beaucoup plus haut, voire à la première place. En 2, Monfils. Et en 3, Cilic. Contre Tommy Haas en 2009, c’est la victoire finale dans le seul GC qui lui manquait qui renforce l’aspect “sauvetage” de ce match. Il était certes très mal embarqué, mais pas autant que contre Monfils à l’US 2014.

    Sinon, l’US Open a enfin livré son verdict, à savoir que Djoko était un peu “léger” physiquement. Après 1 forfait, 2 abandons et un Monfils qui a refusé de livrer bataille, il était grand temps que le Serbe trouve à qui parler. Stan a été solide, mais plus brouillon, selon moi, que lors de la finale de Roland Garros 2015. Il l’a cueilli physiquement bien plus qu’il ne l’a dominé tennistiquement.

    • avatar
      13 septembre 2016 a 10 h 17 min

      Merci!
      En effet ça se discute et c’est bien entendu subjectif, j’ai voulu tenir compte du dénouement final du tournoi pour le classement, par exemple, il n’y a pas de balles de match sauvées face à Benneteau en 2012 mais ça se passe au 3ème tour, il est blessé et au final il va au bout ! Et concernant le match de RG 2009 face à Haas, je considère que cette balle de break à 3/4 au 3ème est une balle de match…

  3. avatar
    12 septembre 2016 a 15 h 41 min

    Quel match contre Haas … RG venait de vivre deux séismes, un moyen avec Djokovic dehors et un énorme avec Nadal éliminé par Soderling.

    Le tournoi frôla une grosse réplique avec une sortie évitée de peu pour Federer contre l’Allemand.

    Le Suisse dut aussi s’employer contre Del Potro en demi finale.

    Un mot rapide sur l’US Open, grand bravo à Wawrinka ainsi qu’à Djokovic, en finale malgré son niveau physique très moyen.

    Le Vaudois, lui, est Monsieur 100 % en finale de GC, 3 sur 3, 1 contre Nadal et 2 contre Djokovic. Chapeau bas à Stanimal, quel dommage qu’il ne soit pas plus régulier.

    Sachant que ni Federer ni Del Potro ne seront à la Masters Cup, espérons que Murray et Wawrinka (voire Nadal) puissent arriver à un niveau suffisant pour contrer Djokovic, qui d’ici mi-novembre devrait avoir retrouvé toutes ses sensations, la tournée Pékin / Shanghai donnera quelques indices là dessus concernant le Serbe.

    En tout cas, ceux qui voyaient un GC en 2016 pour le Djoker se sont fourrés le doigt dans l’oeil, au final il n’en gagne “que” 2 sur 4.

    Il reste “bloqué” à 12 mais gare à lui en Australie, “son” tournoi majeur préféré où il visera une 7e couronne à Melbourne et un 13e GC en tout, pour se rapprocher du tandem Nadal / Sampras (14 GC).

  4. avatar
    12 septembre 2016 a 21 h 34 min

    Perso je suis bien content de la victoire de Wawrinka, 3 GC, il est l’égal statistique de Murray. Il a aussi remporté 3 GC en 3 ans !

    Pour Djoko j’ai l’impression que c’est plus physiquement qu’il a flanché, cf. les interventions du kiné et sa déclaration d’après match. Peut-être qu’il n’aurait même pas atteint la finale s’il avait eu desa adversaires plus coriaces auparavant.

    Cela dit c’est peut-être l’un des signes de l’usure du pouvoir, physique en l’occurence… les grands champions atteignent souvent la finale des tournois auxquels ils participent…

    Pour le mental je pense qu’il en a encore dans le réservoir, comme vous dites, voyons ce que le Masters va donner.

  5. avatar
    13 septembre 2016 a 19 h 26 min
    Par Elvis

    Excellent article!!
    J’attends impatiemment la 2ème partie.

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