Paire, l’ennemi tennistique n°1 ?
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Paire, l’ennemi tennistique n°1 ?

Au cours d'une saison décevante, Benoît Paire a fait beaucoup parler de lui en raison d'un comportement qui fait débat sur et en dehors des courts.

Benoît Paire naît en 1989, à Avignon, durant le règne de Bernard Tapie à l’OM. Cet OM qui faisait encore peur à l’Europe entière et qui faisait rêver Benoît jeune, hésitant à pratiquer à plein temps le tennis ou le football. Licencié pour les deux à l’US Pontet, il choisit d’opter pour le tennis dans un club où Matthias Bourgue ou encore son frère Thomas, qui a évolué à niveau -30, ont joué. De là, Paire a enclenché un long processus le menant vers une carrière de tennisman professionnel.

Une jeunesse tennistique pas facile

A l’âge de 13/14 ans, Paire fait partie des tous meilleurs de sa catégorie. Puis il fut un peu moins sérieux et commença à régresser. Noyé dans les doutes, moins motivé lors des entraînements, colérique durant ses matchs, Paire ne savait plus si le tennis le passionnait autant que précédemment.

Néanmoins, un proche croyant fortement en lui propose à Paire de lui payer une année dans l’académie de son choix. Paire choisit d’intégrer Sophia-Antipolis où il va nouer des liens avec le fils de Patrice Dominguez, DTN de l’époque. Important car c’est grâce à ce dernier qu’il a pu obtenir une Wild-Card en 2007 pour le tournoi ITF juniors du Cap d’Ail, qu’il remporte à la surprise générale. En gagnant également un tournoi à Istres, il atteint une modeste 91ème place mondiale chez les juniors.

Suite à ces victoires, il intègre le Centre National d’Entraînement (CNE) fin 2007. C’est une saison pleine avec des hauts et des bas : il gagne également son premier tournoi Future à Bourg en Bresse, mais perd en finale du championnat de France des 17/18 ans face à Guillaume Rufin, match pendant lequel il encaissera pas moins de trois points de pénalité en raison d’un mauvais comportement. Fin 2009, Patrice Hagelauer remplace Dominguez en tant que DTN,- et vire Benoît Paire du CNE.

Après cette exclusion, le moral de Paire prend encore une fois un coup ; il stoppe le tennis pendant quelques mois alors que son classement mondial est très éloigné du top 100. Lors d’un stage à Aix-en-Provence, il rencontre Lionel Zimbler, ancien entraîneur du magicien Fabrice Santoro et lui aussi viré récemment du Lagardère Paris Racing. Au début de la saison 2010, une longue collaboration commence.

Une ascension incroyable

La collaboration entre les deux hommes commence de la meilleure des façons : Paire glane 3 Futures avant Roland-Garros et réussit à sortir des qualifications du Grand Chelem parisien… mais s’incline au premier tour.

Son premier coup d’éclat arrive au mois d’août de cette année 2010 : il s’extirpe des qualifications de l’US Open, et remporte, lors d’un match incroyable en 5 sets, sa première victoire en Grand Chelem, face au vétéran allemand Rainer Schüttler. Il perd ensuite honorablement en 5 sets face à Feliciano Lopez, top 30 à l’époque. Il termine l’année 2010 numéro 152 mondial.

Il continue sur sa lancée en 2011. Il perd au second tour à l’Open d’Australie et gagne deux Challengers durant l’année, à Brasov et Salzbourg. Il conclut son année en progression, étant désormais au 94ème rang mondial.

L’année 2012 est celle de l’explosion. Il commence avec deux quarts en ATP 250 (Auckland et Casablanca). Puis il dispute sa première finale à Belgrade, toujours en 250, battu par l’italien Andreas Seppi.

Il fait second tour à Roland Garros et une très bonne saison sur gazon en arrivant en demi-finale du 250 de ’s-Hertogenbosch, battu par David Ferrer. Il atteint le troisième tour de Wimbledon où il s’incline face à Brian Baker. Fin 2012, il pointe à la 47ème place mondiale.

2013 est une autre grande étape de son ascension. Lors de la première partie de saison, il est auteur de bons résultats : demie à Chennai (250), finale à Montpellier (250), demie à Rome (M1000), 3ème tour à Roland Garros. Irrégulier, il fait quand même le 3ème tour à Wimbledon et les demies à Stockholm (250), mais perd un grand nombre de fois aux premiers tours de beaucoup de tournois. Il finit l’année 26ème.

En revanche, l’année 2014 ne fut pas un bon cru pour l’Avignonnais, qui est globalement blessé durant toute la saison et redescend à la 118ème place mondiale.

2015 est l’année du retour : il va notamment réussir le come-back de l’année selon l’ATP : 3ème tour à Roland Garros, titre à Bastad (250), huitièmes à l’US Open, finale à Tokyo (500) avec aussi des Futures et Challengers gagnés. Fin 2015, il est 19ème.

Cette saison, il est décevant, avec des demies à Chennai (250), l’Open 13 (250) et Barcelone (500). Il s’est séparé de Lionel Zimbler durant l’année et après quelques mois à s’auto-gérer, Paire est désormais drivé par Thierry Champion.

Un jeu magnifique mais irrégulier

Benoît Paire est sans conteste un esthète du tennis mondial. Sa main droite possède un touché extraordinaire. Il peut volleyer, faire de très bons amortis, d’excellents revers frappés, possède une grosse première balle (bien aidé par sa taille, 1m96) et est souvent dans la catégorie “hot shot” de l’ATP grâce son jeu basé sur la prise de risques et son côté fantasque et spectaculaire.

Son coup droit est cependant son point faible, même s’il s’est amélioré sur ce point-là depuis le début de sa carrière. Son jeu offensif et à risques lui joue parfois des tours : si cela peut marcher, il lui arrive de faire des matchs avec énormément de fautes directes et beaucoup de double-fautes également.

Il est mobile pour un joueur de sa taille et plutôt bon physiquement. Mais il a un défaut, et pas des moindres, son mental.

Un comportement loin de faire l’unanimité

Très colérique durant sa jeunesse, cela l’a suivi jusqu’à maintenant. Souvent râleur vis-à-vis des arbitres, exploseur de raquettes, Benoît Paire est un sanguin des courts.

Ses multiples frasques sur le terrain lui jouent des tours et il est donc logiquement plus surveillé que les autres joueurs. On se souvient de son échange houleux avec Michaël Llodra en 2013 à Miami. Il fut accusé d’avoir allumé la mèche en râlant même si, clairement, Llodra a bel et bien commencé à déballer les insultes.

Meilleur ami de Stan “The Man” Wawrinka, il n’arrive pas à se placer à sa hauteur au niveau du comportement. Il possédait une hygiène de vie peu recommandée pour un sportif de haut niveau mais l’a améliorée. Souvent jugé arrogant, il n’est pas tellement apprécie des observateurs du tennis.

Il a été pris en grippe par les spectateurs du tournoi de Paris-Bercy dès son entrée sur le court, mais il n’a pas essayé de les stopper, en brisant une raquette.

Récemment, il s’est mis en couple avec la chanteuse Shy’m, ce qui fait grand bruit, car elle est considérée comme celle qui entraîne le Français à sa perte. Là encore, il fait parler de lui.

Tout le monde l’a entendu ces derniers temps, il s’est fait exclure de l’équipe de France lors des JO de Rio, pour non-respect du maillot bleu, car il n’avait aucune envie de participer à ces Olympiades.

Le constat

Paire est clairement un joueur atypique : très talentueux, mais irrégulier et fragile mentalement. Ces deux derniers points expliquent sa non-présence au plus haut niveau (top 10). Son comportement est depuis quelques mois passé devant l’aspect tennistique. Sa relation très médiatisée prend le pas sur ses coups de raquette.

Son absence de relation avec la FFT y joue beaucoup : c’est un joueur logiquement moins protégé que les autres et qui n’a pas d’excellentes relations avec les membres de la fédération.

Aux JO, il a donc eu une mauvaise attitude, sans aucune contestation, mais il existe certainement une part d’hypocrisie. Avec des propos similaires, mais en allant jusqu’en finale, aurait-il été exclu avant la finale ? Beaucoup de questions sont à se poser. Si Tsonga avait dit ça, y aurait-il eu une sanction semblable ? La FFT a été aussi ouvertement critiquée durant ces JO pour son incapacité, par Caroline Garcia et Kristina Mladenovic qui sont depuis suspendues de compétitions internationales avec la France (comme Paire).

Joueur mal-aimé mais qui semble peu s’en préoccuper, Paire pratique un tennis plaisant lorsqu’il joue bien, et reste l’acteur d’un spectacle qui devient de plus en plus insipide et terne avec le temps. Ce joueur n’a pas fini de nous surprendre, et espérons que le meilleur soit à venir pour le Provençal.

  1. avatar
    3 septembre 2016 a 11 h 12 min

    incroyable ces sportifs qui ne se rende pas compte de la chance qu’ils ont!
    quand on voit certains de ses matchs ou il en veut, il est difficile à battre!
    GACHIS

  2. avatar
    4 septembre 2016 a 1 h 26 min
    Par Nicolas

    C’est assez incroyable de voir toute une génération de sales sportifs qui ont été peu élevé et qui souffre d’un manque de respect pour les choses de la vie.

    Dans le foot il y a eu Nicolas Anelka, Karim Benzema, Samir nasri, Franck Ribéry, et Balotelli, dans le tennis il y a Nick Kirgios, Benoît paire et par moment Fabio fognini bref toutes ces personnes ne méritent aucune compassion, c’est juste dommage par rapport aux gosses qui admirent ces soi disants héros.

  3. avatar
    4 septembre 2016 a 20 h 40 min
    Par cyril

    Les afin ou Ivanisevic avaient, toutes proportions gardées bien sûr sur le talent supérieur de ces deux joueurs, le même profil de mental fragile pouvant les mener aussi bien à l’implosion qu’à être injouable même pour les plus grands et d’autres n’en sont pas loin (Krygios, Dimitrov…). Ce n’est pas spécifique à la France. ON peut aimer voir jouer ce type de joueur car on ne cesse de se plaindre d’un tennis de plus en plus aseptisé et incolore, alors il faut sans doute des Benoît Paire et lui souhaiter de trouver un jour cet entraîneur ou ce proche qui saura le canaliser, le convaincre qu’il n’a pas besoin d’être en guerre contre le monde entier et alors il sera capable de grandes victoires

  4. avatar
    6 septembre 2016 a 10 h 54 min

    “Aux JO, il a donc eu une mauvaise attitude, sans aucune contestation, mais il existe certainement une part d’hypocrisie.”

    Moi, j’aimerais qu’on me dise clairement ce qu’on lui a reproché, parce que mis à part avoir découché du village, je vois pas… ce qui serait proprement ridicule, comme la fédé a l’habitude de l’être.

  5. avatar
    9 septembre 2016 a 21 h 05 min
    Par Charles

    On a l’impression qu’il ne réalise pas la chance qu’il a de jouer sur le circuit ATP.

    Il balance des matches, se comporte comme un enfant gâté, et ne s’entraine pas comme un vrai pro Il n’a pas le respect des autres joueurs du top 100.

    Hors du terrain, il vire son coach Lionel Zimbler en lui envoyant un texto. Quelle classe.

    Il devrait prendre exemple sur Lucas Pouille qui lui n’a pas la grosse tete, et bosse dur. Rappelons aussi que Lucas a 22 ans et Benoit 27…

  6. avatar
    10 septembre 2016 a 10 h 14 min

    Découché, mais aussi contre Fognini il jouait la main dans la poche rigolait,et pour ses propos:”Les JO ne sont pas un objectif”

  7. avatar
    11 septembre 2016 a 2 h 16 min
    Par Nicolas

    D’ailleurs je ne comprends même pas pourquoi on a fait un article sur lui dans ce post

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