ATP Finals : Djokovic, Federer et les sans-dents
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ATP Finals : Djokovic, Federer et les sans-dents

Huit victoires à eux deux sur les dix dernières éditions ! Avec les forfaits répétés de l'habituel troisième larron majorquin, Novak et Roger ont pris l'habitude de se tailler la part du lion dans l'ultime tournoi de la saison. Et de ne laisser que des miettes à leurs challengers. Oui, l'ATP Finals se veut élitiste. Oui, il ne consacre que les plus grands maîtres du tennis mondial. Une élite de fait bien plus resserrée que celle des huit top-players. Le palmarès est très clair, pour triompher aux Masters, il faut être dans le Top 3 depuis quelques années. Les exceptions ne sont pas légion - deux sur les quinze dernières éditions. Cette année encore, à l'O2 Arena de Londres, les deux poids lourds du tennis mondial devraient ainsi éclipser la concurrence. Un duel au sommet, point d'orgue d'une saison palpitante et disputée entre les deux hommes. Forcément favoris.

Kings are back !

Les rois se font au combat, sur leurs victoires. Et 2014 aura vu le retour de deux des plus grands monarques de la petite balle jaune. Novak, la machine à victoire serbe et Roger, le sage collectionneur de titres suisse. Avantage Djokovic tout de même. Combattant dans la force de l’âge – un Grand Chelem et quatre Masters 1000 cette année – il semble aujourd’hui quasi-imprenable, notamment en Indoor où il reste sur une série hallucinante de 27 victoires – dont 10 en Master 1000. Nole illumine la fin de saison 2014, survolant par exemple la compétition à Bercy – aucun set perdu. Double tenant du titre – sans aucune défaite s’il vous plaît – Novak Djokovic, arrivera à Londres en favori incontestable. En numéro un mondial en somme – place qu’il n’a plus lâché après l’avoir subtilisée à Nadal à Wimbledon. Grand absent de ces Masters le tirailleur espagnol ne pourra pas cette fois-ci arbitrer les débats entre Djoko et Federer, intouchables de ce tournoi.

Un duel au sommet en guise d’apothéose

On se rappelle évidemment cette finale épique en cinq manches sur le gazon de Sa Majesté. Quatre heures d’affrontements au terme desquelles Novak Djokovic triomphe de Roger Federer. C’était déjà le quatrième duel entre les deux légendes cette année. Auparavant le Suisse avait éliminé le Serbe par deux fois en demi-finale – Dubaï et Monte-Carlo – avant de le terrasser, avec plus d’aisance, et une classe caractéristique, à Shanghai. De belles références donc pour Roger. De quoi se poser en premier adversaire du Djoker à Londres.

Depuis cette finale à Wimbledon, Roger le revenant s’est lancé dans une course effrénée pour récupérer son Graal, SA première place mondiale – celle-là même qu’il a jalousement protégée pendant plus de cinq ans. Bon, les heures de gloire – 2004 à 2008 – sont loin pour le Bâlois, il est vrai. Mais si le talent n’attends pas les années, il ne s’éteint point avec elles non plus… A 33 ans, le Maestro est redevenu virtuose, l’expérience en plus. Le héros helvète retrouve en 2014 avec Stefan Edberg le jeu conquérant et précis qui lui avait valu tant de lauriers. Remis de ses problèmes de dos, il a disputé cette saison plus de matchs que n’importe quel autre participant aux Masters. 79 rencontres pour un ratio de 86% de victoires – 72% face aux joueurs du Top 10. Le marqueur d’une saison aboutie certes, mais aussi un facteur de fatigue en cette fin de saison pour le sage suisse.

Surtout que Djoko lui, la fatigue il ne connait pas. Le Serbe finit l’exercice 2014 en fanfare, comme souvent. Une habitude qui lui a valu six victoires en Masters pour huit participations. Si l’ATP Finals devait choisir son Roi, le sceptre serait gravé au nom de Nole, pas de doute. C’est donc au moral, à l’envie, que Roger ira chercher le Serbe pour la victoire finale. Car c’est en finale que les deux titans devraient se retrouver à Londres.

En effet, les chances qu’ils sortent premiers de leur groupe respectif sont grandes. Les demies passées, ils livreront certainement l’ultime combat de la saison face à face dimanche prochain. Sur un tel match, tout peut arriver. Si Djoko est dans une meilleure forme, Federer a pour lui un court avantage sur les confrontations directes – 19 à 17 et 3 à 2 cette saison. Le Suisse l’a rappelé, il vient à Londres pour gagner. La confiance donc, l’expérience aussi – 13 participations aux Masters. Cette lucidité permettra peut-être à Rodge de percer le voile nébuleux de la fatigue accumulée en dix mois de compétition.

Le champion, le sage et les sans-dents

L’ATP Masters n’offre que peu de place à la nouveauté ou aux grandes surprise. C’est LE tournoi des très, très gros poissons. Seuls les tous meilleurs, Top 4 et encore, ont une chance de l’emporter. Les contre-exemples sont rares, deux en 15 ans : David Nalbandian, appelé en 2005 pour pallier le forfait de Andy Roddick, et Nikolai Davydenko en 2009.

Depuis 1972 seuls trois joueurs ont gagné pour leur première participation, le dernier en la personne Corretja en 1998. Cette année, l’O2 Arena accueillera trois participants inédits, qui, entre parenthèses, devraient revenir fréquemment ces prochaines années. Les deux finalistes de l’US Open, Marin Cilic et Kei Nishikori, ainsi que Milos Raonic intègrent ainsi le cercle très privé des tous meilleurs joueurs mondiaux. En dépit d’une très belle saison de leur part, briller pour cette première expérience sera extrêmement difficile. Une tâche ardue qui n’a rien à voir avec le niveau de ces joueurs mais bien plus avec leur manque d’expérience du gratin du tennis mondial. Le Canadien, qualifié au profit du forfait de Rafael Nadal*, en est bien conscient.

“C’est la première fois que j’y vais, la première chose sera de m’adapter. Ce sera difficile, je n’aurai pas de point de repères. Il va donc falloir que je trouve ma place dans cet événement”

Côté Federer, la grosse incertitude tient de l’état d’esprit du joueur à une semaine d’une finale de Coupe Davis qu’il disputera avec Wawrinka face à la France. Ayant réaffirmé tout comme son compatriote qu’il était content d’être à Londres pour l’instant devrait néanmoins se sortir des poules sans encombres. D’autant que ce groupe B n’est pas un nid d’expérience de ce tournoi bien particulier. Avec deux néophytes et un Andy Murray qui n’a jamais brillé à Londres, Federer fait office de grand sage. Kei Nishikori et Milos Raonic, nos deux rookies de ce groupe, s’ils surfent sur une bonne dynamique, devrait avoir du mal à se hisser à un niveau si élevé. Andy Murray quant à lui a beau jouer devant son public, il n’y arrive pas en Masters. Sa meilleure performance ? Demi-finaliste, en 2008, 2010 et 2012. Peu probable que le britannique, trois titres mineurs cette saison, se mette longtemps en travers de la route du Suisse.

Djokovic pour sa part hérite du groupe le plus “expérimenté”. Mais son ratio de victoire face à chacun de ses futurs adversaire parle pour lui. 43 victoires pour cinq petites défaites contre les autres joueurs de cette poule A. 10-0 contre Cilic, 16-2 contre Berdych et 15-3 face à Stan Wawrinka. Pas besoin d’en dire plus. Le Serbe a de quoi entamer sereinement le tournoi. Pour ce qui est sa 8eme participation, Nole doit remporter trois matchs seulement – soit 600 points – pour se hisser définitivement hors d’atteinte de Roger Federer et s’assurer une première place au classement ATP en fin d’exercice. Un objectif qu’il pourrait bien réaliser dès les phases de groupe. Mais nul doute que les ambitions du résident monégasque sont bien plus grandes. Et ses capacités à la hauteur.  Novak donnera tout ce qui lui reste dans cet ultime compétition de la saison.

Un va-tout que Federer, la finale de Coupe Davis dans un coin de la tête, ne peut se permettre de lâcher. En définitive, il semblerait que le sort de ces Masters dépende de Roger Federer. De sa motivation à gagner cet ATP Finals à sa motivation à doubler Nole sur le trône du tennis mondial en fin d’exercice. Car Djoko sera bien là lui. Ça c’est sûr. Problème pour The Swiss Master, ses ambitions personnelles se télescopent avec celle de remporter une grande récompense nationale en Coupe Davis. Alors Roger ; ira, ira pas, chatouiller Novak ?

 

*Marin Cilic qualifié grâce à sa victoire à l’US Open, et en dépit de sa 9ème place, c’est bien Milos Raonic (8ème) qui profite du forfait de Rafael Nadal pour participer aux Masters.

 

  1. avatar
    11 novembre 2014 a 19 h 47 min

    Federer donnera tout aux Masters, il sait bien que l’an prochain une chance de 7e victoire pourrait ne pas se représenter.

    Lui qui n’a plus gagné de grand titre depuis Masters Cup 2011 et Wimbledon 2012 ne se privera pas d’un 24e titre majeur (GC + Masters Cup) …

    Surtout face à Novak Djokovic, son bourreau à Wimbledon.

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