NextGen : Quinzi, la chance d’une vie
Photo Snowdon - WikiCommons

NextGen : Quinzi, la chance d’une vie

Invité au Masters NextGen, l’espoir transalpin, Gianluigi Quinzi, vainqueur de Wimbledon juniors en 2013, a l’opportunité de réaliser enfin la mue que toute la botte attend de lui.

« Be careful, this guy is dangerous ! », telle fut la mise en garde adressée par le coach Fernando Vicente à son protégé, Andrey Rublev, durant le coaching de son match d’ouverture des NextGen ATP Finals à l’égard de son adversaire du jour : Gianluigi Quinzi. Et le moins qu’on puisse dire, c’est que le technicien espagnol avait vu juste, car le jeune Russe, 37e mondial et tête de série n°1 du tournoi milanais, a frôlé l’une des pires défaites de sa carrière face à ce Quinzi que personne n’attendait et que d’aucuns ou presque ne connaissaient alors jusqu’ici (victoire de Rublev en cinq sets : 1-4, 4-0, 4-3, 0-4, 4-3).

Pourquoi le 306e mondial participe-t-il au Masters NextGen ?

Seule wild-card des NextGen ATP Finals qui se déroulent cette semaine dans son pays, le natif de Cittadella ne pointe en effet qu’à la 306e place de l’actuel classement mondial senior et seulement en 58e position chez les juniors (moins de 22 ans). Loin, très loin derrière les sept autres qualifiés de cette première édition du « Masters Juniors », Gianluigi a donc eu le mérite de sortir vainqueur d’un tournoi de qualifications qui opposait, la semaine passée, les huit meilleurs jeunes Italiens dans le but de décrocher l’unique strapontin généreusement accordé par l’ATP à la fédération transalpine de tennis (précisons que sans cette faveur, c’est l’Américain Frances Tiafoe qui aurait pris part à la compétition).

C’est qui « Gianluigi Quinzi » ?

Pleinement conscient qu’une telle opportunité ne se représentera pas deux fois, le jeune Italien sait parfaitement qu’il joue cette semaine le tournoi le plus important de sa vie. Car en dépit de son âge, Quinzi court déjà après le temps perdu…

Sportif précoce, aussi doué pour le tennis que pour le ski (il a notamment été vice-champion du Trentin à sept ans), ce Vénitien d’origine et Marchesan d’adoption (il a grandi à Porto San Giorgio) fut débusqué par le célèbre Nick Bollettieri (l’ancien coach d’Agassi), qui lui offrit une bourse auprès de sa prestigieuse académie à seulement huit ans. À l’âge de treize ans, il a ensuite triomphé dans quatre tournois de rang, signant une série de vingt victoires consécutives pour devenir le plus jeune joueur du classement ITF juniors. En constante progression, « Gigi » avait ensuite confirmé son statut de grandissime espoir en remportant la Coupe Davis juniors en 2012 et Wimbledon juniors en 2013 !

Une sorte de Richard Gasquet à la sauce italienne ?

Hélas, le passage chez les seniors s’est avéré plus compliqué que prévu pour l’ancien prodige. Entré dans le Top 500 dès 2013, il vagabonde depuis aux portes du Top 300… A titre comparatif, le Coréen Hyeon Chung, que Quinzi retrouvera cette semaine sur sa route après l’avoir battu en finale de Wimbledon juniors 2013, a intégré le Top 100 dès 2015. En trois ans, les trajectoires des deux hommes se sont ainsi profondément éloignées alors qu’elles étaient sensiblement les mêmes jusqu’en 2012-2013…

Alors comment expliquer un tel retard à l’allumage ? Peut-être un peu (toutes proportions gardées) par un syndrome de surmédiatisation précoce, similaire à celui qu’a connu Richard Gasquet par le passé. Car en Italie, auréolé de ses succès juniors en Coupe Davis et à Wimbledon, la presse transalpine, souvent dithyrambique (autant voire même plus que son homologue hexagonale), n’avait alors pas hésité à faire de Quinzi le nouveau Pannatta.

Mieux vaut tard que jamais !

Grand gaucher (1m91), doté d’un très bon service et d’un solide revers à deux-mains, Quinzi est un joueur qui mériterait pourtant largement de faire sauter le plafond de verre qui le sépare du Top 100. Techniquement, il en a largement le talent, reste à faire le plus dur : franchir les derniers paliers physiques et (surtout) mentaux pour y parvenir ! Et c’est bien là tout l’enjeu de sa semaine milanaise, car à défaut de devenir un jour le nouveau Pannatta, l’Italie se contenterait déjà certainement de voir en Gianluigi Quinzi le potentiel successeur de Fabio Fognini.

Lionel Ladenburger

  1. avatar
    11 novembre 2017 a 13 h 57 min
    Par Guga57

    Bon voila, l’italien a sans surprise perdu ses trois rencontres a Milan. Cependant, plus surprenant, malgre la difference abyssale au classement entre Quinzi et les trois autres joueurs de sa poule, le Venitien a quand meme reussi a pousser Rublev et Chung, les deux finalistes du Masters NextGen (soit dit en passant), au tie-break du 5e set ! En somme, il a frole par deux fois l’exploit face aux deux meilleurs joueurs du tournoi ! Des performances certes frustrante mais qui devraient l’inciter a mettre les bouchees doubles a l’entrainement car en depit des quelques 250 sieges qui le separent encore de ses contemporains au niveau du ranking, l’italien a bel et bien demontre durant la competition qu’il avait amplement les moyens de se hisser (a minima) au sein du Top 100.

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