Djokovic jette l’éponge
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Djokovic jette l’éponge

Après une première partie de saison laborieuse, l'ex-n°1 mondial a décidé d'opérer une pause drastique pour permettre de soigner une blessure au coude. Cela lui permettra-t-il de revenir au premier plan en 2018 ?

J‘en parlais en début de saison, la première partie de l’année du Djoker était primordiale pour jauger de son réel niveau après sa décompression de la fin d’année 2016. Son retour était attendu mais le moins que l’on puisse dire, c’est que son premier semestre a été très loin d’être un long fleuve tranquille….

Des résultats honorables, mais loin de son standing

A la suite de son titre à Doha pour son premier tournoi de l’année, on pouvait penser que Djokovic avait retrouvé son niveau d’antan, avec sa domination tant technique que psychologique qui marquait les esprits sur tous ses concurrents. Hélas, son chemin de croix a commencé dès l’Open d’Australie, dans son jardin, où le natif de Belgrade s’est fait sortir sans gloire au 2ème tour par Denis Istomin, 117ème mondial le jour de leur affrontement.

Son printemps fut meilleur mais pas de nouveaux trophées à mettre dans l’armoire : Djokovic est allé crescendo durant la période des Masters 1000 printaniers, avec une élimination précoce en 1/8ème de finale à Indian Wells, un quart de finale à Monte-Carlo, une demi finale à Rome où il a buté sur le roc Nadal et enfin une finale perdue au Foro Italico contre le jeune Zverev en 2 manches sèches, preuve que le Serbe ne fait plus peur, même face à la nouvelle génération qui est pourtant beaucoup moins expérimentée que lui.

Cette affirmation s’est renforcée encore plus après la défaire cuisante qu’il a subi à Roland Garros contre le talentueux Dominic Thiem, qui l’a écarté sans sourciller en 3 sets en quart de finale, avec un cinglant 6-0 pour finir le match. Djokovic a ce jour-là lui-même admis qu’il était loin de son meilleur niveau. Il n’écartait déjà pas l’idée de faire une pause, il savait que la saison allait être très longue tant physiquement que mentalement et qu’il devait sans doute prendre une décision rapidement afin de stopper ce calvaire sans fin.

Le passage au gazon pour lui donner un second souffle ?

Preuve de son manque de confiance, alors qu’il passe directement de Roland Garros à Wimbledon depuis 2011, il s’est engagé au dernier moment pour participer au tournoi de Eastbourne, tournoi ATP 250 auquel il s’est inscrit pour la première fois afin de retrouver un semblant de confiance et de repères. Ce fut une bonne idée étant donné qu’il a remporté le tournoi, même si la concurrence était loin d’être terrifiante avec en finale une victoire sur Gael Monfils, loin d’être une référence sur gazon. Dans sa quête de rédemption, le Djoker était prêt à tout pour reconquérir un semblant de rythme avant de retrouver l’herbe de Wimbledon.

Il arrive donc à Londres en tant qu’outsider, étant donné que ses deux glorieux adversaires Nadal et Federer se sont partagés le festin du début de saison. Les attentes sont donc un peu moins élevées que d’habitude pour le Serbe qui a déjà remporté 3 fois Wimbledon. Ses performances dans les premiers tours sont bonnes, avec des victoires contre Gulbis, Pavlasek ou Mannarino en 3 sets. Des succès qui étaient évidemment attendus mais qui font toujours du bien pour la confiance et pour se mettre dans le rythme en attendant des concurrents plus forts.

Il arrive rapidement en quart de finale, où l’attend le Tchèque Berdych, un souffre-douleur de Djokovic, ce dernier l’ayant dominé dans la grande majorité de leurs duels (bilan de 25 victoires contre 2 défaites pour le Serbe avant cette rencontre). La rencontre semblait donc déséquilibrée, Djokovic étant en relative bonne forme et possédant un ascendant psychologique énorme sur Berdych. De plus tout le monde salivait déjà sur un duel Djokovic/Federer en demi. Un échec de la tête de série n°2 était donc peu vraisemblable pour la majorité des experts. Et pourtant, après un peu plus d’une heure de jeu et un premier set perdu au tie-break, Djokovic s’est retiré du match, indiquant son abandon à l’arbitre à cause de son coude qui le faisait beaucoup trop souffrir pour continuer le match. Il le savait déjà sans doute mais ce match a donc été son dernier de la saison.

Et maintenant, quel avenir ?

Lors de sa conférence de presse pour annoncer sa pause, Djokovic a évoqué qu’il traîne cette blessure au coude avec lui depuis 1 an et demi maintenant, que cette gêne a été ressentie dans beaucoup de tournois, notamment au niveau du service, mais qu’elle a escaladé durant Wimbledon, ce qui l’a amené à se retirer du tournoi. Il a expliqué qu’une pause de 6 mois était nécessaire pour guérir cette blessure sans passer par la case de l’opération afin d’être prêt pour jouer dès la première semaine de 2018.

Cette pause va marquer sa première non-participation à un tournoi du Grand Chelem depuis 2005, lui qui n’a jamais été gravement blessé au cours de sa carrière. Mais il a atteint la barre des 30 ans en mai dernier et son corps le rattrape inévitablement. D’autres sont déjà passés par cette phase de repos forcé (Federer, Nadal, Agassi) et ont réussi à revenir brillamment, donc on peut penser que les carottes sont loin d’être cuites pour Djokovic. S’il arrive à retrouver sa motivation pour l’année prochaine, il pourrait revenir tel un boulet de canon, comme le fait en ce moment Federer, qui est en train de repousser les frontières du réel jour après jour.

L’ex-n°1 mondial fait face à l’un des plus grands défis de sa carrière : résister à l’impuissance, à l’immobilité et à la vie hors des terrains. Il va devoir puiser au fond de ses ressources mentales pour surpasser cette période qu’il n’a jamais connue. C’est aussi à cela que l’on reconnaît les grands champions : savoir se relever après une période d’incertitude. L’apport d’Agassi va être un atout considérable pour lui ; ce dernier ayant vécu ce type de période en eaux troubles, il saura je pense le conseiller dans cette période difficile. De plus, le Djoker va selon toute vraisemblance être éjecté du top 10 mondial et il lui faudra donc trouver un surplus de motivation pour se remettre en marche.

Car si le corps et le cerveau fonctionnent, Djokovic peut encore faire beaucoup de dégâts. Comme il l’a dit dans sa conférence de presse : “ma fin de carrière est loin d’être proche. Préparez-vous, vous allez encore voir beaucoup de matchs.”

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