Juan Martin del Potro : l’idole de Tandil
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Juan Martin del Potro : l’idole de Tandil

Des poignets en carton mais un coeur gros comme l'Argentine et un coup droit à trouer toutes les bâches de la planète.

Aujourd’hui, c’est l’anniversaire d’un sacré bonhomme. Un des joueurs les plus appréciés de ses pairs et du grand public, l’Argentin Juan Martin del Potro, familièrement surnommé Jean Martin de la Poutre. Retour avec le Vestiaire du Sport sur la carrière la moins linéaire qui puisse exister mais ô combien excitante.

De Tandil à Ségovie

Juan Martin del Potro est né il y a 29 ans, le 23 septembre 1988, à Tandil en Argentine. C’est d’ailleurs de sa ville de naissance qu’est né l’un de ses surnoms les plus connus : la tour de Tandil. La Tour, c’est parce que le mec mesurait 1m23 quand il est né pour finalement culminer à l’âge adulte à presque 2 mètres de hauteur (1m98).

Son père soigne les animaux et sa mère donne des cours à des enfants. Famille altruiste, un peu à la Marouane Chamakh. Chez les Del Potro, on a le goût de la passe décisive. Juan Martin est l’aîné et il a une petite sœur prénommée Julieta. Fan de foot, comme tout Argentin qui se respecte, et fervent supporter de Boca Juniors, Jean Martin se met néanmoins au tennis à l’âge de 7 ans. Il s’accroche, s’entraîne et finalement son gabarit, sa puissance et son talent vont finir par payer. Il remporte son premier tournoi Challenger en 2006 à Ségovie. Il commence à jouer quelques tournois ATP et fin 2006, il intègre le Top 100 mondial en devenant son plus jeune pensionnaire.

Des chiffres qui impressionnent et effraient

23 : Lors de la saison 2008 qui le voit exploser au plus haut niveau, Del Potro s’envoie une série de 23 victoires consécutives sur terre battue puis dur. Une stat’ qui montre qu’il peut évoluer à un très haut niveau sur toutes les surfaces. Stuttgart, Kitzbühel, Los Angeles puis Washington. Le mec marche sur l’eau et remporte 4 tournois consécutivement. Il arrive à l’US Open armé comme jamais. Il s’incline finalement en quart de finale contre Andy Murray en 4 manches. Sa série est stoppée à 23 victoires. Mais l’Argentin prend rendez-vous avec le futur.

1 : C’est petit 1. Vous me direz que c’est pas grand chose. Mais c’est le chiffre le plus important de la carrière de Del Potro. Un chiffre qui ne demande qu’à croître. La tour de Tandil a remporté un tournoi du Grand Chelem, et quel tournoi. On est à New York, Queens, en 2009. Forfait à Cincinnati pour être frais, il aborde la dernière levée du Grand Chelem de la saison en tant que tête de série n°6. Il est assez tranquille en début et milieu de tournoi. En demi-finale, il roule littéralement sur Rafael Nadal, alors n°3 mondial. Une humiliation sur le score de 6-2 6-2 6-2. Merci Rafa, à bientôt. En finale, l’Argentin est opposé à Roger Federer, n°1 mondial et quintuple tenant du titre. Autant te dire qu’il était loin d’être favori. Mais la Poutre nous sort un match de mammouth et renverse l’invincible Roger. Un succès en 5 manches : 3-6 7-6 4-6 7-6 6-2. Il a fait plier le meilleur joueur du monde en finale de Grand Chelem et est le premier joueur à battre Rafa et Roger dans un même tournoi du Grand Chelem. Il est aussi le seul joueur non-membre du Big 4 à remporter un Majeur entre 2005 et 2014. Peut-être la stat’ qui reflète le mieux l’immensité de l’exploit de Jean Martin.

4 – 259 – 485 – 89 – 11 – 4 – 138 – 24 : Non ce n’est pas un code pour retrouver le secret des Templiers mais l’évolution du classement ATP de la Poutre entre début 2010 et aujourd’hui. Quand tu regardes un peu, il y a plusieurs trucs à dire.

D’abord, c’est qu’il a quand même réussi, à deux reprises et à quatre années d’intervalle, à intégrer le Top 4 Mondial. Il a réussi à briser deux fois la hiérarchie naturelle et inéluctable Federer-Nadal-Djokovic-Murray. Et ça, c’est quand même fort.

Ensuite, c’est que le mec en a beaucoup mais alors beaucoup bavé. Sortir deux fois du top 100 quand tu t’appelles del Potro, ce n’est quand même pas évident à avaler. Une opération du poignet droit, deux opérations du poignet gauche, et il est encore là à s’envoyer une demi-finale de Grand Chelem en battant Federer au passage. Del Potro est immortel et l’un des plus beaux guerriers que le monde du tennis ait connu.

2016 : Pour moi, c’est l’année qui symbolise le mieux ce qu’est Del Potro le joueur de tennis… mais aussi Juan Martin l’homme. Il débute sa saison à Delray Beach en février après un an d’arrêt. Son début de saison est poussif. Il laisse de côté Roland Garros pour arriver plus frais à Londres. Bien lui en a pris puisqu’il sort un énorme exploit en battant Stan Wawrinka, alors 5ème mondial, au 2ème tour. Alors qu’il n’avait pas disputé de Majeur depuis l’Open d’Australie 2014 ! Il s’inclinera au tour suivant contre Lucas Pouille, permettant au Français d’accéder à son premier quart de finale en Grand Chelem. Jean Martin est sur la bonne voie.

Il participe aux JO à Rio… et terrasse d’entrée le n°1 mondial Novak Djokovic, qui quitte le terrain en pleurs. En demi-finale, il vient à bout de Nadal 7/6 au 3ème set après un match de fou furieux. Malheureusement, il doit s’incliner en finale contre un Murray injouable après 4h de jeu. Un Argentin en argent. Grâce à cette médaille, les organisateurs de l’US Open lui offrent une wild-card. Il l’honore en atteignant les quarts de finale, seulement battu par le futur vainqueur Stan Wawrinka en 4 manches. Ovationné par le public new-yorkais en fin de match, il laisse quelques larmes, laissant entrevoir la difficulté des épreuves qu’il avait dû surmonter pour être sur le court à ce moment précis. Le moment était d’une intensité incroyable.

Ensuite, toujours fidèle au rendez-vous de la Coupe Davis, il affronte la Grande-Bretagne en demi-finale et nous sort un match venu d’ailleurs pour ouvrir le bal. Il arrive à sortir vainqueur d’un duel épique contre Andy Murray, 6-4 au 5ème set, et prend sa revanche sur celui qui lui avait pris l’or olympique. L’Argentine est en finale et aura une autre chance de briser le mauvais sort contre la Croatie. Il bat Karlovic le vendredi mais perd en double le samedi. Il arrive sur le terrain le dimanche contre Cilic, le n°1, en ne devant surtout pas perdre. Mené 2 manches à rien, il renverse le match et finit par s’imposer 6-4 au 5ème set après près de 5 heures de jeu. Un autre monument tennistique pour revenir à 2-2. Delbonis lui fera l’honneur de terminer le boulot et d’offrir le saladier d’argent à l’Argentine et à son héros del Potro. Ainsi s’achève sa sublime saison 2016.

Alors, il est difficile de résumer une telle carrière en quelques lignes. Del Potro, c’est un combat continu contre les blessures, un dévouement sans faille pour les amoureux du tennis et son pays, l’un des mecs les plus adorés du circuit tant pour ses qualités tennistiques qu’humaines. Et quel régal de pouvoir écrire ces quelques mots sur un si grand bonhomme. Feliz cumpleanos Delpo.

  1. avatar
    1 octobre 2017 a 14 h 57 min

    Les articles purement (ou quasi ) hagiographiques ont-ils leur place ici, en tout pour débattre autour du sujet ? ….

  2. avatar
    18 octobre 2017 a 17 h 33 min
    Par Guga57

    Tour de Tandil rime (helas) avec fragile… Et c’est bien dommage, car si Delpo n’etait pas en cristal, il aurait certainement ete le veritable 4e BIG (loin devant Murray) aux cotes des trois galactiques: Djokovic, Federer et Nadal.

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