Rafael Nadal : dans la peau de Roger Federer
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Rafael Nadal : dans la peau de Roger Federer

Roger Federer a remporté le Masters de Shanghai face à Rafael Nadal en deux sets (6/4 6/3). Le n°1 mondial n’en finit plus de se faire déloger de son piédestal par son dauphin au classement ATP. C'est la cinquième défaite d’affilée de l’Espagnol face à un Suisse qui semble avoir pris un ascendant tactique certain lors de leurs récentes confrontations. Cette situation en rappelle une autre quand, il y a quelques années, Roger alors leader incontesté se faisait souvent bousculer par un Rafa décomplexé et plein de certitudes sur la stratégie à adopter pour sortir vainqueur de joutes restées mémorables. Aujourd’hui, par un étonnant effet de miroir, la situation s’est totalement inversée...

Des n°1 ?

Aujourd’hui, le n°1 c’est Rafa. Puissance, endurance, le Majorquin fait peur et fait plier tous ses adversaires, qui semblent plus ou moins désarmés face à son éternel lift ravageur jaillissant de son coup droit lasso. Le n°2, c’est Federer. Enfin, ça c’est la théorie car le Suisse reste sur un ratio hallucinant de matchs gagnés par rapport au nombre de rencontres jouées (44 victoires pour 4 défaites, 6 titres dont 2 Grands Chelems et 3 Masters 1000).

Pépère, Federer se ménage et ne fait plus autant de tournois qu’auparavant mais il fait mouche presque à chaque fois qu’il s’engage dans une épreuve. C’est sûr, ça peut énerver… mais pour la confiance, on n’a jamais rien fait de mieux. De plus, à chaque rencontre avec l’Espagnol, le Suisse gonflé à bloc hausse encore plus son niveau de jeu pour montrer que, tout compte fait, le classement n’est pas si important lorsque l’on est deux à tutoyer les sommets.

Federer en challenger

C’est vrai qu’en y regardant de plus près, Federer est dans un cas de figure idéal. Contre l’Espagnol, il n’a rien à perdre et met la pression sachant que s’il gagne c’est l’exploit, s’il perd c’est normal : c’est contre le N°1 et en plus… il n’a plus 20 ans. Une situation qui rappelle une autre époque (l’âge des antagonistes en moins) : celle où Rafa taillait des costards à son ainé en lui faisant bien sentir qu’il était tout près de lui sur le plan tennistique ainsi qu’au classement. En ce temps-là, Nadal endossait avec plaisir le costume du challenger pour se lancer dans la conquête de titres que le dossard de n°1 ne garantissait pas de gagner (surtout Roland Garros). Un peu comme maintenant quoi. Sauf qu’aujourd’hui le Number One qui se fait « martyriser » par le Number Two… c’est Rafa.

Une même tactique pour un effet différent

Autre effet de miroir : la tactique. On se souvient des pilonnages incessants de Nadal sur le revers du Suisse pour le neutraliser puis le faire plier. Une tactique constante et gagnante qui lui permettait de rentrer sur le court avec des certitudes. Aujourd’hui, ce revers qui était une faiblesse est un des meilleurs atouts du Suisse. Le miroir est déformant : il laisse le Majorquin à ce jour sans vraie solution et c’est Federer qui arrive sur le court avec le plus de certitudes. Son revers à plat réajusté avec un tamis de raquette agrandi est une arme décisive. En pilonnant dessus, c’est l’Espagnol qui se retrouve aujourd’hui en difficulté.

Un effet de miroir incomplet

A cet étonnant retournement, il manque cependant la variété de la surface de jeu. Si Federer trouve aujourd’hui la solution sur surface rapide, rien ne dit que son schéma de jeu peut fonctionner sur terre battue. Le Suisse a fait l’impasse cette année sur la saison ocre et comme on le voit mal changer un programme qui lui a permis de gagner Wimbledon, on peut douter de l’opportunité de le revoir un jour tester ses nouvelles velléités offensives contre l’Espagnol à Roland-Garros (par exemple).

L’effet de miroir fait donc apparaître quelques nuances. Quelles que soient la tactique et les solutions trouvées par chacun des antagonistes pour prendre le meilleur sur son adversaire, chacun a sa surface de prédilection : la terre pour Rafa, l’herbe pour Roger. Même en changeant de tactique, difficile de les déloger de leurs jardins préférés et seul l’Espagnol avait réussi cet exploit contre le Suisse à Wimbledon.

Et à ce moment de sa carrière, il n’est pas sûr que Federer puisse rendre la monnaie de sa pièce à Rafa à Roland-Garros…

  1. avatar
    18 octobre 2017 a 0 h 20 min

    Sympa, décontracté et mine de rien très intéressant !
    Oui bien sûr il est trop tard pour que Federer rende à Nadal chaque centime de la monnaie de sa pièce du’temps jadis. Et de Wimbledon 2008 il n’y aura parions le pas de miroir RG 201x… Mais avoir (re? )trouvé des clés n’est pas un exploit minime de l hallucinante carrière du Suisse. Qui d’entre nous aurait parié que toute surfaces confondues ou prises en compte Federer pourrait infliger un 5/0 à Nadal ? Soyons honnêtes, personne, et même les plus grands fans du Suisse avaient mangé leur chapeau…
    Une petite remarque sur le séisme de 2008 dans cette mise en perspective: on oublie trop souvent qu’à part l’USO où il avait enfin eu le temps de recharger ses batteries (et ou ni Nadal ni Djoko n’étaient encore suffisamment performants pour l’inquiéter…) 2008 à été une année de chute pour Federer en grande partie du fait des suites de sa mono-nucléose. Facilement battu par Djoko en Australie où il brillait jusqu’alors, écrasé par Nadal à RG alors qu’il lui offrait jusqu’alors une belle résistance qu’on oublie trop, c’est aussi dans ce contexte et parce qu’il finit par douter de tout qu’il est déchu aussi à WIM, trop orgueilleux pour se laisser abattre en 3 sets mais trop faiblard, encore pour l’emporter. Et j’ose le pari que sans cette satanée maladie qui, on le sait à eu carrément raison de la,carrière de Soderling, et les doutes qui ont fait descendre Fed de son piédestal jusqu’à l’oa 2009, la face des h2h et même de RG 2011 (où à eu un recours outrancier et scandaleux au kiné après 23 mn de jeu et un 5/2 pour Fed ) en eurent été changés…mais j’y reviens, il est au moins trop tard pour la TB…L’effet miroir ne sera donc jamais parfait…

    • avatar
      18 octobre 2017 a 23 h 23 min

      C’est vrai mais entre les maladies de Fed et les blessures de Nadal les choses tout compte fait s’équilibrent pas mal.

  2. avatar
    18 octobre 2017 a 9 h 42 min
    Par Guga57

    Bel article, comme toujours Baballe! Ta conclusion est un peu “bateau” en revanche… Federer ne battra jamais Nadal à Roland-Garros, sauf peut-être un jour dans le tournoi des légendes (en vétérans donc), mais pas avant… C’est une certitude et vu tes connaissances je doute que tu ne le saches pas déjà aussi bien que nous… En revanche, bien vue la comparaison concernant l’effet-miroir “chasseur-chassé” que nous donne à voir cette saison 2017 par rapport à la fin des années 2000, période à laquelle les rôles étaient (effectivement) totalement inversés entre les deux hommes. Enfin, pour en revenir à la série (en cours) de victoires de Federer face à Nadal, je reparlerai de ce vieux serpent de mer qu’est le H2H entre les deux hommes. Certes, comme l’a dit Federer, il restera toujours à l’avantage de Nadal, mais dans le détail, si on s’amuse à comptabiliser leurs face-à-face sans les matchs sur terre-battue, on se rend compte que grâce à son 4-0 face à Nadal en 2017, c’est désormais Federer qui mène au score 13-10 hors terre-battue…

    • avatar
      18 octobre 2017 a 23 h 19 min

      Pas faux pour la conclusion bateau… ;) Mais du coup se pose la question de même revoir jouer un jour Federer sur Terre…

  3. avatar
    19 octobre 2017 a 10 h 41 min
    Par Guga57

    @Rafababalle, je pense qu’on reverra Federer a RG l’annee ou il aura decide d’arreter. A ce moment la, il reviendra a RG une derniere fois je dirai. Mais pas avant. En somme, tant que RF ne joue pas RG, on peut esperer le voir continuer sa carriere l’annee d’apres. Et vice-versa, le jour ou on l’y reverra.

  4. avatar
    20 octobre 2017 a 22 h 42 min

    Guga
    Je pense exactement comme toi sur le retour de Fed à RG, uniquement pour une tournée d’adieu. On peut parier sur 2018 ou 2019 s’il ressent trop de nouvelles douleurs mais le problème est que RG est relativement tôt dans la saison pour prendre ma décision d’une tournée d’adieu l’englobant. Il va probablement jouer jusqu’à dépasser les 100 titres atp mais le paradoxe c’est qu’il ne joue que des gros tournois. Il paraît hasardeux de miser sur 2020 et la dernière olympiade, sachant qu’il a été contraint de zapper Rio…Et il aura….39 ans…bref une carrière à la Rosewall qu’il a rejoint dans l’Olympe du tennis ou à la Connors , qu’à part les 109 atp (dont il est permis de de remettre en cause la qualité totale ) il a depuis longtemps dépassé (gc, Masters, semaines numéro 1, finales 1/2 gc)

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