Coupe Davis : plaidoirie pour une culture de la gagne
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Coupe Davis : plaidoirie pour une culture de la gagne

Je ne sais pas si vous êtes dans le même cas, mais je trouve un peu bizarre l’ambiance qui entoure la future finale de coupe Davis contre la Belgique. Enfin... une ambiance bizarre du moins en France, où j’entends ici et là de nombreux commentaires sur la légitimité d’une (très) hypothétique victoire sur la Belgique. Des commentaires sur la maigre performance que cela représente d’être en finale si on considère que les meilleurs joueurs de la planète étaient absents de la compétition, que tout compte fait c’est la "lose", et que de toute façon il ne manquerait plus qu’on perde... Et patati et patata… A ce jeu de pile je gagne, face tu perds on peut effectivement se laisser aller au pessimisme et passer à côté de quelques considérations essentielles. Explications.

L’important c’est de gagner

L’ivresse de la victoire arrachée de haute lutte contre un adversaire légendaire, la joie du parcours héroïque semé d’embuches incroyables, la satisfaction de la coupe soulevée au prix d’une lutte inouïe… C’est bien joli tout ça et c’est vrai que c’est ce qui nous fait vibrer dans le sport, mais à la fin qu’est-ce qu’on retient ? La victoire, le titre, la ligne de plus au palmarès. Et c’est comme ça pour tous les sports, chez tous les grands sportifs, dans toutes les grandes épreuves. Nadal lui-même au dernier US Open, vous savez ce qu’il a vraiment apprécié ? C’est de ne pas avoir à rencontrer Federer pour s’éviter d’avoir une chance de moins de soulever le trophée. Ce n’est pas de l’irrespect, au contraire. Mais, voyez-vous, entre la beauté du geste et la victoire, l’Espagnol comme tant d’autres ne tergiversent pas. Rafa n’a aucun scrupule à gagner, et ce n’est pas plus mal si c’est les doigts dans le nez. Alors je ne vois pas pourquoi on ne ferait pas pareil. Non mais.

Le facteur Baraka

Souvent, on dit que le meilleur gagne. Et là, pour le moment, on peut pas critiquer : la logique a été respectée. Bien sûr, on en est arrivé là avec une sacrée bonne dose de chance. Mais à un moment, il faut aussi savoir saisir les opportunités pour gagner. Marion Bartoli, lors de sa victoire à Wimbledon, a su prendre sa chance pour remporter le titre. Et dans quelques années, qui se souviendra de son tableau relativement dégagé ? Pas grand monde. Par contre, son titre, on risque d’en entendre parler longtemps si elle reste la seule gagnante française d’un grand chelem pour les 40 ans à venir. Là c’est pareil, on est en finale, tant mieux pour nous et tant pis pour les nations qui n’ont pas pu aligner leurs meilleurs joueurs. De plus, les matches il faut quand même les gagner parce que l’opportunité de remporter un trophée, c’est une pression qu’il faut savoir gérer.

Parce que ce n’est pas gagné

Et puis, et puis, il y a notre adversaire en finale. Une équipe de Belgique qui, un peu comme l’équipe de France, a su saisir sa chance pour arriver à une victoire du saladier d’argent. Et là encore, les esprits chagrins vont faire la fine bouche. Comment la Belgique ? Il ne manquerait plus que l’on perde contre eux. Sauf que pour les Belges, il sera bien présent leur joueur n°1. Actuellement 12ème mondial, il sera même le joueur le mieux classé de cette finale. Nul doute qu’il sera aligné pour chaque rencontre, un peu comme l’ont fait, quand ils le pouvaient, les Britanniques avec Murray, les Serbes avec Djokovic… avec les résultats que l’on sait. Du coup, vu sous cet angle, la victoire n’est pas si évidente… et si elle arrive, ça ne sera pas une petite victoire. En fait, la finale s’annonce même plutôt équilibrée.

Parce que ce n’est pas tous les jours qu’on est en finale

Pour finir, je dirai qu’à part en handball où l’équipe de France marche sur la tronche de n’importe qui et collectionne les titres comme on enfile les perles, pour les autres sports c’est déjà plus rare de finir dans le duo de tête quand on est français. Et puis, la dernière marche pour un titre, c’est toujours un moment particulier. Un moment où le temps se fige en attendant de savoir qui seront ceux qui s’empareront de l’éternité (notez l’envolée lyrique et poétique).

Une victoire pour l’histoire

Franchement, ne boudons pas notre plaisir de voir l’équipe de France là ou elle est. D’abord parce que, comme dit plus haut, ce n’est pas tous les jours mais aussi parce qu’avec 10 victoires au compteur, l’équipe de France entrera dans le Top 3 des nations les plus titrées à égalité avec les Britanniques. Et dans cette perspective, ça change quand même pas mal la façon de voir les choses. Fini le parcours qui sentait le moisi, adieu les matches faciles à gagner, même sur une jambe. En cas de victoire, on aura tout oublié pour ne garder que l’implacable réalité des faits : l’équipe sera rentrée de nouveau dans le trio de tête et dans l’histoire…

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