La France remporte sa 10e Coupe Davis
Photo Panoramic

La France remporte sa 10e Coupe Davis

Via un scénario que beaucoup avaient imaginé face à ses voisins d’outre-quiévrain, c’est finalement la bande à Noah qui a enfin fini par décrocher sa « décima ».

L’année passée, l’Argentine de Del Potro avait surpris la planète-tennis en allant chercher son premier saladier argenté face à la Croatie de Cilic dans l’arène bouillonnante de Zagreb. Cette année en revanche, la France a finalement disposé de la Belgique au terme d’un week-end que d’aucuns avaient d’ores et déjà envisagé depuis la rentrée. Retour sur le déroulement d’un succès qui permet aux Bleus de mettre fin à seize ans de disette.

Vendredi 24 novembre, Tsonga 1-1 Goffin

Sans surprise, la première journée de cette finale rêvée entre la France et la Belgique, à Lille, capitale des Flandres, s’est déroulée comme on l’attendait. Revenu du Masters de Londres avec le paramètre-confiance au taquet suite à ses victoires obtenues aux forceps face à Rafael Nadal et Roger Federer (excusez du peu), c’est un David Goffin plus serein que jamais qui a d’abord disposé sans sourciller de son copain Lucas Pouille (amis dans la vie, les deux hommes sont même censés partir en vacances ensemble cette semaine) alors que ce dernier menait pourtant 3-0 dans leurs précédents affrontements. Mais face à ce Goffin-là, aucun joueur français n’aurait gagné.

Heureusement pour les Bleus, une fois la douche inaugurale actée, Jo-Wilfried Tsonga n’a lui aussi pas tremblé, imposant toute sa puissance face un Steve Darcis visiblement diminué, pour remettre les compteurs à égalité.

Samedi 25 novembre, un double qui compte double

La plupart des spécialistes l’avaient dit et répété. En partant du postulat que David Goffin remporterait pratiquement à coup sûr ses deux points, il semblait évident que le destin de cette finale se jouerait sur le match de double.

Après l’éviction surprise de Nicolas Mahut au profit de Richard Gasquet, c’est pourtant une paire totalement expérimentale que la France alignait vendredi dernier face à des Belges, certes mal classés (au-delà de la 100e place mondiale en simple) mais habitués à se côtoyer et même capables de réaliser ensemble de véritables prouesses comme l’ont montré leurs succès cette année face à la paire brésilienne (avec Melo, un des meilleurs joueurs de double au monde) et surtout face aux redoutables frères Zverev, pourtant pas des manchots à la volée.

Finalement, après avoir douté, les Bleus ont pris l’ascendant dans la troisième manche pour ne plus le lâcher. France 2 Belgique 1.

Dimanche 26 novembre, le Ch’ti Lucas régale la victoire aux siens

Comme le vendredi, la journée de dimanche s’est finalement déroulée comme on pouvait l’envisager. Toujours aussi solide, perché sur son nuage de Top 10, David Goffin n’a une fois de plus pas tremblé pour assommer un Tsonga qui n’aura finalement jamais vraiment existé, malgré quelques opportunités dans le premier set.

Dans la foulée, on se demandait alors qui de Lucas Pouille ou de Richard Gasquet allait devoir enfiler le costume du héros. Dans une ambiance de feu, « Captain Noah » a finalement fait confiance au Nordiste (Pouille est né à Grande-Synthe) pour aller chercher le 3e point décisif face à Steve Darcis, alias Monsieur 5  match (avant-hier, le Belge affichait un exceptionnel bilan de 5/5 dans les 5e matchs de Coupe Davis). Mais le Français a finalement réussi à se transcender. En mode guerrier, Lucas n’a jamais laissé le Liégeois entrer dans la partie. Une heure et demie plus tard, le public du Ch’Nord pouvait chavirer.

Lionel Ladenburger

  1. avatar
    27 novembre 2017 a 18 h 02 min

    L’article d’Eurosport a tout résumé, est-il normal qu’on puisse être champions du monde de tennis par equipes en gagnant la Coupe Davis sans abttre un simple un joueur classé dans le top 40 mondial ?

    http://www.eurosport.fr/tennis/coupe-davis-2/2017/coupe-davis-apres-france-belgique-le-malaise-du-saladier_sto6424558/story.shtml

    Mais tant mieux pour les Bleus qui attendaient depuis si longtemps

  2. avatar
    28 novembre 2017 a 12 h 07 min
    Par Enzo29

    Salut Guga, et merci pour l’article une fois de plus.

    Il y aurait beaucoup à dire sur cette victoire française, mais je vais au plus abrupt : ce n’est pas la faute de l’équipe de France si les cadors n’étaient pas là. Goffin a été énorme et il a gagné ses deux simples haut la main, mais il était trop isolé.

    D’un côté, on trouve discutable, par exemple, que Murray ait ramené la Coupe en Grande-Bretagne en 2015 à lui tout seul, en gagnant tous ses simples et tous ses doubles, alors que c’est censé être une compétition par équipes. De l’autre, on pinaille sur une équipe qui ne gagne pas un point face à des top ten (Goffin en 2017, Cilic en 2016, Murray en 2015, Federer et Wawrinka en 2014 – sauf la victoire de la Monf sur Federer – Nadal en 2011, etc.) mais qui cette fois l’a emporté parce que le super joueur en face n’était aligné qu’en simple. Alors reconnaissons à la France son homogénéité.

    Pour le reste, il n’y a effectivement pas à fanfaronner plus que de raison sur cette victoire. Et surtout pas sur la “baraka” Noah. Parmi les soi-disant nouveaux mousquetaires, seul Monfils a un vrai palmarès de prestige en Coupe Davis. Ni Tsonga, ni Gasquet, ni Simon, n’y ont obtenu de victoire vraiment significative, et pas plus avec Noah qu’avec ses prédécesseurs. Imaginer que c’est grâce au fluide Noah que la France a gagné, c’est imaginer qu’Arnaud Clément sur la chaise aurait été incapable de dire à Tsonga et Pouille de pilonner le revers de Darcis. Le pauvre, pour le coup, il a vraiment été hors du coup de WE, et franchement, avec un lama sur la chaise française Tsonga et Pouille auraient gagné avec la même marge.

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      29 novembre 2017 a 13 h 06 min
      Par Cullen

      En phase sur toute la ligne Enzo, et concernant la contribution de Noah je rajouterai même, comme évoqué sur l’autre article consacré à la Coupe Davis, qu’en voulant faire preuve d’originalité le samedi (comme il l’avait fait en 1992 face à la Suisse où il avait choisi Thierry Champion et Arnaud Boetsch en simple au lieu de Forget et Leconte, ce qui nous avait coûté la qualif) il a bien failli faire tout capoter, les deux joueurs ayant semblé perdus, sans aucun repères et devant leur salut uniquement à leur talent individuel.

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        29 novembre 2017 a 18 h 58 min
        Par Enzo29

        Oui Cullen, moi aussi j’ai pensé la même chose pour ce double. Il a pris un énorme risque, et Mahut-Herbert auraient sans doute liquidé le travail bien plus vite que Herbert-Gasquet. Il a largement joué avec le feu.

        Après, pour 1992, je n’en ai pas le souvenir d’une grosse erreur de Noah. Je me souviens surtout d’une prise de bec avec Leconte et Forget, qui n’étaient ni l’un ni l’autre correctement préparés et qui étaient totalement hors de forme. Avec un Leconte qui était sur les rotules au bout d’une heure d’entrainement et un Forget qui n’en mettait pas une, Noah a été obligé de composer avec les forces en présence. Mais peut-être, déjà, Leconte et Forget étaient-ils rassasiés d’avoir gagné, et que consentir aux mêmes efforts pour une campagne de plus ne faisait pas partie de leurs priorités ? Voir la résonance avec ce qui se passe aujourd’hui, et je pense surtout au Big Four… C’est d’autant plus dommage que Leconte, quelques semaines plus tard, allait mettre le feu à Roland, sur terre battue, en atteignant les demi-finales.

  3. avatar
    28 novembre 2017 a 15 h 36 min

    La France ne peut gagner qu’en équipe puisque justement Tsonga est incapable de repeter ses rares exploits du GC, Nadal battu à Melbourne en début 2008, Federer à Wimbledon en 2011 et Roland en 2013 …

    Quant aux autres, excepté Pouille qui a battu Nadal en 2015 à l’US Open, ils n’ont jamais un membre du Big Three en GC. Seul Gasquet peut presenter sa belle victoire de Wimbledon 2007 contre Roddick, mais bon ca commence à dater.

    Après en effet oui en 2015 Andy Murray gagnait 3 points par match, 2 en simple + 1 en double avec son frère Jamie. Pas tres Coupe Davis mais bon les Britanniques ont eu raison de le faire.

    Il faudrait contraindre les joueurs de simple à ne pas interferer avec le double, que le capitaine choisisse dès le jeudi les equips de simple (titulaires + remplaçants) et de double, sans échange possible entre les 2 types de discipline.

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