Coupe Davis : la France sur le toit du monde
Photo Panoramic

Coupe Davis : la France sur le toit du monde

Une ambiance exceptionnelle dans un stade exceptionnel, un record de spectateurs, un niveau tennistique exceptionnel le dimanche et une victoire française qui ramène la Coupe Davis en France depuis 2001 : c’est ça la magie de la Coupe Davis et le Vestiaire du Sport est là pour vous raconter tout ce qu’il s’est passé.

Vendredi 24/11/2017 : logique respectée pour Goffin et Tsonga

Quoi de mieux que deux bonnes grosses claques pour démarrer ce week-end de Coupe Davis ? Cela faisait longtemps que l’on n’avait pas vu deux n°1 de chaque équipe dominer autant leurs adversaires respectifs. En même temps, vu le niveau des confrontations et des joueurs alignés depuis le début de la compétition, ce n’est pas très étonnant. On remercie donc David Goffin et Jo-Wilfried Tsonga pour deux raisons. La première, c’est qu’ils ont garanti le fait qu’il allait y avoir au moins un match à enjeu dimanche. La deuxième, et c’est sans doute la plus importante, c’est qu’ils nous ont permis, en infligeant des corrections, de ne pas louper le début du multiplex Ligue 2 sur BeIN Sports.

Le premier match opposait donc notre Lucas Pouille national contre notre Belge préféré après Francois Damiens, David Goffin. Dans la première manche, les deux hommes tiennent leur service avec plus ou moins d’autorité jusqu’à 5-5. C’est le moment choisi par Goffin pour accélérer et breaker sur sa première et unique occasion un Français qui n’a pas su élever son niveau de jeu dans ce moment crucial. Le Belge sert pour le gain du premier set et aligne un jeu blanc (7/5) pour le plus grand bonheur des 4000 spectateurs belges qui ont fait le déplacement.

Le Français a pris un coup sur la tête : dès le début de la deuxième manche, il lâche son service pour la deuxième fois. Alors que des joueurs d’expérience auraient serré le jeu pour redémarrer avec la confiance de mener dans le set, Lucas Pouille grille une nouvelle cartouche. Goffin est très propre, concentré sur l’objectif de mettre son pays sur la bonne voie. Il se permet même de breaker Pouille une nouvelle fois pour s’adjuger la deuxième manche (6/3). La troisième manche est la copie conforme de la deuxième avec un break très tôt suivi d’un autre pour se dégager encore plus le chemin vers la victoire. En 1 heure et 57 minutes, Goffin atomise, d’un dernier coup droit décroisé, un Lucas Pouille qui aura un nouvelle fois déçu, n’arrivant jamais vraiment à se libérer (7/5, 6/3, 6/1). Et dire qu’il menait 3-0 dans ses confrontations avant le début de la rencontre…

Le deuxième match est sur le papier beaucoup plus déséquilibré que le premier. Jo-Wilfried Tsonga, 15ème mondial, affronte Steve Darcis, « monsieur Coupe Davis » comme certains aiment l’appeler, redescendu au-delà de la 70ème place mondiale.

Dans la première manche, les deux hommes se livrent une belle bataille mais on sent que Jo est bien plus fort dans les rallyes, surtout face à un adversaire qui a du mal à recouvrir son revers à une main. À 4-3 en sa faveur,  le Français décide d’accélérer et fait le break au meilleur moment. À 5-3, le jeu est disputé mais c’est finalement notre Kinder national qui s’adjuge la première manche sur un challenge d’une balle annoncée sur la ligne et finalement dehors (6/3).

Dans la deuxième manche, le Français s’envole rapidement 4-0 en breakant par deux fois. Il se procure même une balle de set à 5-1 sur le service adverse mais ne la convertit pas. À 5-2, le Français aligne un jeu blanc sur une dernière amortie qui touche le filet avant de retomber du bon côté (6/2). La troisième manche se passe de commentaire : une boucherie totale comme on les aime. À 1-1, le Français aligne 5 jeux d’affilée pour s’imposer 6/3, 6/2, 6/1. Tsonga a fait forte impression lors de ce premier match et la confrontation annoncée contre David Goffin sent déjà la poudre. Côté belge, Darcis manquait d’armes pour pouvoir rivaliser. Il n’a ramassé que les miettes. Les deux équipes sont à égalité 1-1 à l’issue de la première journée.

Samedi 25/11/2017 : Coup de bluff à Marbella, une paire inédite pour un point capital

Pendant toute la préparation de cette grande finale, on a cru que Yannick Noah ferait confiance à une paire d’expérience en la personne de Nicolas Mahut et Pierre-Hugues Herbert, récents qualifiés pour le Masters de Londres. Puis on a pensé avec la blessure de P2H que Julien Benneteau allait être aligné. Enfin, mercredi soir, on a appris que ni Mahut ni Benneteau ne joueraient cette finale de Coupe Davis. C’est une paire inédite avec Gasquet et Herbert qui a donc été alignée samedi après-midi face aux Belges Bemelmans et De Loore.

Dans la première manche, les Bleus sont extraordinaires… ou les Belges complètement nuls. Dans tous les cas, les automatismes que l’on avait peine à imaginer entre les deux mousquetaires sont bel et bien là. Une manche menée de main de maitre, la France vire en tête 6/1 dans un match crucial pour l’obtention du saladier d’argent. On pense alors que le plus dur est fait… à tort puisque les Belges, qui vont mettre plus de trois quart d’heure à se régler, reviennent et remportent le deuxième set 6/3. Tout est à refaire.

Dans la troisième manche, les Bleus sont menés 5-3 mais font preuve d’un mental d’acier pour débreaker et recoller à 5-5. C’est le tournant du match. Le tie-break s’annonce comme le deuxième tournant et ce sont les Français qui le remportent facilement 7/2 pour mener deux manches à une (7/6). Dans la quatrième manche, les Belges n’ont pas abdiqué et s’offrent deux balles de break à 3-2 qu’ils ne convertiront pas. À 3-3, la France accélère et break. Les Belges ne reverront pas le TGV bleu jusqu’à la poignée de main (6/1, 3/6, 7/6, 6/4). La France mène 2-1 avant les matchs du dimanche.

Dimanche 26/11/2017 : Les mousquetaires sur le toit du monde 

Le premier match de la journée sent la poudre. Jo-Wilfried Tsonga, impressionnant vendredi, affronte David Goffin qui ne perd quasiment plus. La première manche est asphyxiante : les deux hommes se rendent coup pour coup. Le Français a même plusieurs fois l’occasion de faire le break mais n’y parvient pas. Dans le jeu décisif, l’expérience des dernières semaines parle et c’est le Belge qui arrive à s’imposer 7-5. Ils ne sont plus qu’à deux petits sets d’égaliser à 2 point partout.

Dans la deuxième manche, Goffin tisse sa toile et parvient à breaker Jo-Wilfried à 3-2 pour s’imposer finalement 6/3. La dernière manche n’est qu’une formalité pour le Belge qui fait très mal à son adversaire en étant constant dans les moments importants. Deux breaks, à 2-1 puis 4-1 et voilà la Belgique de David Goffin (7/6, 6/3, 6/2) qui égalise à 2-2.

La dernière rencontre allait donc être décisive messieurs, dames ! Elle est folle cette finale. Et c’est Lucas Pouille qui est envoyé sur le terrain en mission commando pour ramener le saladier d’argent en France. Steve Darcis, Monsieur Coupe Davis, lui fait face. Mais finalement il n’y aura pas match. Lucas Pouille a complètement volé sur le court, profitant du faible niveau de jeu de son adversaire. Une victoire 6/3, 6/1, 6/0, et une roue de vélo pour terminer. Lucas Pouille s’effondre sur le terrain en pleurs rejoint par l’ensemble de ses coéquipiers et du staff.

La France ramène la Coupe Davis en France pour la dixième fois. La dernière victoire française, qui remontait à 2001 en Australie, est effacée. Les Bleus étaient en opération rachat après leurs trois derniers échecs en 2002, 2010 et 2014. Nos mousquetaires l’ont fait et on ne peut que s’incliner d’un signe de l’épée.

  1. avatar
    28 novembre 2017 a 11 h 28 min
    Par Cullen

    Je suis pas très fan des compte rendus de ce genre qu’on peut trouver sur n’importe quelle plateforme style L’Equipe.fr mais comme il n’y a que ça pour parler de la Coupe Davis et que celui-ci est le plus complet, désolé Guga :-). Déjà, l’ambiance exceptionnelle je ne l’ai pas trop ressenti. La fédé a eu recours à des procédés artificiels pour justement faire bonne impression en distribuant des t-shirts bleus et des drapeaux français aux supporters officiels, placés au bord du court et en utilisant des projecteurs là encore de couleur bleue. Mais pour le reste, en y regardant de plus près, on a eu le même public qu’en 2014 face à la Suisse, à savoir des spectateurs (et non supporters) habillés en tenue de tous les jours et qui n’ont pas vraiment pesé sur les rencontres, surtout lorsque le joueur Français était en difficulté. Tout le contraire des Belges qui sont venus très nombreux et sans qu’on les assiste…

    La rencontre en elle-même a été un peu décevante, il n’y a eu aucune surprise, les favoris ont tenus leur rang, sans qu’un seul match ne soit accroché. Le seul qui l’a été (un peu) c’est le double et Noah s’en sort très bien car je pense qu’il a fait une erreur en alignant cette paire inexpérimentée et qu’on aurait moins souffert devant notre écran avec le duo Mahut-Herbert. Au final, cette victoire est logique et méritée, elle met l’accent sur le collectif tricolore alors que les Belges n’avaient vraiment que Goffin à opposer. Et alors que cette compétition est très décriée actuellement, que les têtes d’affiches se plaignent de son format, ça conforte ma conviction que chaque joueur ne devrait pas disputer plus d’un match en simple.

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