Coupe Davis, des nouvelles du front
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Coupe Davis, des nouvelles du front

Le dernier numéro de Tennis Magazine, qui vient de paraître, est riche d'enseignements sur l'avenir probable de l'équipe de France de Coupe Davis. 27 ans de lecture de mon magazine préféré m'ont appris à le lire entre les lignes, et me donnent une mémoire que les pigistes actuels n'ont manifestement pas.

Ce modeste billet fait suite à un précédent , dans lequel j’exposais les raisons profondes (selon moi) de la défaite lilloise. A la lecture des propos de Tsonga et de Noah aujourd’hui, je n’ai décidément pas une ligne à enlever à ce billet qui date d’un an.

L’interview du Manceau s’apparente à un saut dans le vide. Notre Jo national, qui a 30 ans et qui connaît parfaitement les rouages des médias, sait parfaitement ce qu’il fait : tenter de se justifier par rapport aux reproches qui lui sont faits depuis Lille 2014.

Je passe sur les arguments pour aller jouer l’IPTL juste après la finale de Lille ; et sur sa satisfaction d’avoir sur la chaise un ancien joueur qui a un palmarès encore supérieur au sien (qu’aurait-il pensé du capitaine Tarpishev, sorcier de l’équipe russe des années 2000 ?). C’est à hurler de rire, mais c’est anecdotique. Quant au nouveau capitaine, c’est un ami de longue date de Tennis Magazine, qui sait soigner sa communication. Hélas pour lui, certains ont de la mémoire.

La blessure de Lille

Il faut relire les déclarations post-défaite des uns et des autres, exprimées d’ailleurs dans le Tennis Mag de l’époque (n°460 paru en décembre 2014). Tsonga traînait en effet une blessure chronique depuis des semaines. Mais suite à des infiltrations, et à l’issue d’un test-match bien poussé face à Monfils, il indiqua à son capitaine qu’il se sentait prêt à jouer la finale. Non sans ajouter qu’il n’avait « pas de sensations terribles ». J’ignore si ces propos sont exacts, mais le déroulement du match les accrédite totalement : contre Stan, il a fait un vrai match, où n’apparaît aucune gène. Et son match a été très moyen.

Le vendredi soir, suite à sa défaite contre Wawrinka, il expliqua à son capitaine qu’il était bon pour le double du lendemain ; ce n’est que le matin du double que la douleur s’est réveillée et l’a contraint à laisser sa place à Julien Benneteau. C’est la version du capitaine Arnaud Clément, confirmée par l’entraîneur Lionel Roux. Là encore, je ne suis pas dans le secret des dieux, mais je ne vois pas pourquoi Clément irait tenir des propos mensongers qui pourraient facilement être contredits par n’importe quel membre du staff, et qui d’ailleurs ne l’ont nullement été à l’époque.

Et voici donc que notre subliminal leader de l’équipe de France vient aujourd’hui nous expliquer que sa blessure avait toujours été présente, que face à la perspective d’une finale de Coupe Davis il n’avait pas osé le dire clairement à Arnaud, et qu’il attendait de son capitaine qu’il sache à sa place dans quel état il se sentait réellement. Indiquant au passage que Yannick, lui, aurait forcément su quoi faire et ne l’aurait pas sélectionné. On se frotte les yeux pour y croire. Jo parle d’Arnaud Clément, l’homme qui se désista avant la finale de 2002 en raison d’une blessure, et qui, lui, ne laissa pas à son capitaine (Forget) le soin de deviner à sa place ce qu’il convenait de faire.

Le double du Queen’s

Spectaculaire tentative de rejet sur les autres (son partenaire, son capitaine) d’une défaite dont la responsabilité lui revient en partie. « Selon le capitaine », dit notre Jo, c’était Nicolas Mahut le pilier du double. C’était donc à Nico de porter son partenaire, et non l’inverse. Argument largement discutable, car si Nico est effectivement un joueur de double expérimenté, Jo est autrement plus chevronné que lui en Coupe Davis.

Pour être honnête, rendons à Tsonga ce qui lui appartient : Mahut disputait là son deuxième double en Coupe Davis, et si le premier (avec Benneteau, l’un de ses partenaires habituels) s’était parfaitement bien passé, en revanche il fut effectivement le maillon faible de la paire durant les trois premiers sets de ce double face aux Ecossais. J’en ignore toutes les raisons, mais la principale me semble évidente : Nico n’avait pas ses marques avec son partenaire. J’ai déjà eu l’occasion d’indiquer que la science du double ne s’improvise pas, et que les automatismes nécessaires à la complémentarité d’une équipe de double sont le fruit d’un long travail préalable. Les lacunes de la paire Mahut-Tsonga étaient écrites avant même qu’ils ne rentrent sur le court. Il est probable, en effet, qu’Arnaud Clément a commis une erreur en associant Tsonga et Mahut. Une paire Tsonga-Gasquet aurait peut-être montré un meilleur visage. Mais quid des dispositions de Richard pour ce double, le point crucial de la rencontre, lui qui affichait avec une pudeur de jeune fille son épuisement post-londonien ?

Ce qui ne change rien au fond du problème. Ancien joueur de seconde série, j’ai eu l’occasion de disputer une flopée de doubles avec des partenaires très différents. Je ne suis pas – et je n’ai jamais été – professionnel, mais il ne m’est jamais venu à l’idée de critiquer mon partenaire devant une tierce personne ; si j’avais quelque chose à dire, je le disais au principal intéressé, et seulement à lui. Mais je suis de la génération d’Arnaud Clément, pas de celle de Tsonga.

Noah le gourou

Notre joueur-chanteur-capitaine national est fidèle à lui-même dans sa confession à Tennis Mag : entier, généreux, et bourré d’une énergie contagieuse. Mais aussi fin communicant, et notoirement amnésique. Il faut ici lui rafraîchir la mémoire : sa décennie à lui, les années 80, a été marquée par des relations tendues entre les joueurs – et notamment lui, Noah – et leur capitaine Jean-Paul Loth, et par ricochet la FFT qui leur assignait un capitaine sans leur demander leur avis. D’où des résultats décevants pendant des années, avec pourtant deux membres du Top 10 de l’époque. D’où le coup de force de 1991, où les joueurs, Forget et Leconte en tête, imposent Noah au capitanat. Et d’où cette phrase de Yannick, aujourd’hui exhumée, « Je veux être le capitaine que je n’ai jamais eu ». Avec un succès incontestable.

Voilà pourquoi je souris aujourd’hui, un quart de siècle plus tard, d’entendre le même Yannick Noah approuver la démarche de la FFT qui impose un audit au sein de l’équipe de France et lui propose le poste de capitaine. Si on l’en croit aujourd’hui, il s’attribue le beau rôle, en indiquant qu’il a, lui, contacté les joueurs avant de prendre sa décision. Mais qui croire réellement dans cet embrouillamini ?

Toujours selon Yannick, il était parfaitement au courant en temps réel des problèmes et de l’ambiance au sein de l’équipe avant et pendant la finale de Lille. C’est ainsi qu’il justifie son propos post-défaite de l’époque, où il disait à voix haute ce que d’autres ne pouvaient exprimer. Je me place dans la peau des joueurs, de leurs entourages et de l’équipe ; j’imagine la scène : « Décidément ça ne va pas, il faut le dire à Yannick ! ». Et je n’y crois pas. Pas une seconde. Ou alors, c’est vraiment que l’équipe emmenée par Arnaud était dans un état de mort clinique.

Où va t-on ?

Yannick, si l’on t’en croit, tu a sérieusement songé à démissionner fin novembre. Je peux comprendre le besoin qu’a Tennis Magazine de trouver de nouveaux arguments de vente. Mais balancer l’info de la sorte sans la justifier, c’est un peu court. Je vais tenter de remplir les cases qui manquent.

Le problème de cette équipe de France est avant tout un problème de riches. Avec quatre joueurs dans le top 20, le choix du capitaine est toujours difficile, et critiquer a posteriori ce choix est d’autant plus facile. Chaque fois que l’un des quatre est sélectionné, il a le sentiment de l’être au détriment des autres, et cela décuple la pression sur ses épaules. Aucune réelle bienveillance ne caractérise leurs relations.

Les hésitations de Richard Gasquet en sont la meilleure illustration : déjà critiqué auparavant pour son manque d’implication, et auteur d’un double calamiteux aux côtés de Julien Benneteau lors de la finale de 2014, il rentre sur le court battu d’avance face à Federer, ses partenaires ne lui font aucunement confiance, il le sait. Et quelque part ça le rassure : il sait qu’il pourra toujours répondre aux critiques en rappelant qu’il n’était qu’un choix par défaut de son capitaine, et qu’il n’a été envoyé au feu que suite à la blessure de Tsonga.

Le même Richard Gasquet, ainsi que son capitaine, expliquent sa non-sélection le premier jour face à la Grande-Bretagne par une fatigue post-demi-finale de Wimbledon. Au passage, nous voyons là la différence de hauteur avec Andy Murray, également demi-finaliste sur le gazon londonien une semaine plus tôt, mais qui s’est aligné trois jours durant, pour ramener autant de points, non sans afficher une fatigue réelle. Notre Richie préférait se contenter de jouer le rôle de l’éventuel sauveur, le dernier jour, face à un numéro 2 britannique perdu dans les limbes de l’ATP.

Rappelons que Gilles Simon a connu des défaites difficiles ces dernières années, et qu’il ne s’en est jamais pris à qui que ce soit d’autre que lui-même. Il a encaissé sans broncher son remplacement par Llodra pour le dernier simple de la finale de 2010 contre la Serbie. Il a subi le feu nourri des critiques suite à sa défaite contre Carlos Berlocq en Argentine en 2013, qui scellait la défaite de l’équipe de France. Et les deux points qu’il a apportés à son équipe lors de cette campagne 2015 me réjouissent : il les méritait.

Gaël Monfils, lui, est largement critiquable pour ses hésitations à intégrer les rencontres de Coupe Davis à son calendrier. Mais à chaque fois qu’il a répondu présent, c’était pour jouer à 100%. Et il y a réussi de grands matchs. Quant à son aversion au gazon, elle relève d’un blocage psychologique qui relève de lacunes plus générales dans la gestion de sa carrière. Mais au vu de ses jérémiades répétées sur le gazon de Wimbledon (pour le peu qu’il a disputé le tournoi), on ne peut le taxer d’une fixation précise sur cette rencontre du Queen’s de 2015. Muni de ces éléments, le choix d’Arnaud de ne pas le sélectionner est parfaitement logique.

Avec Tsonga et Gasquet, nous avons deux joueurs dont l’absence de prise de responsabilité a été flagrante à plusieurs reprises au cours de ces dernières années. Je suis bien conscient de la difficulté qu’aurait un capitaine à se passer d’eux, vu leurs résultats et leur classement. Mais je ne suis guère rassuré à l’idée que ce soient justement les deux joueurs qui ont milité le plus activement pour avoir Noah sur la chaise.

Dans ces conditions, Yannick, je comprends tes tergiversations. Tu reprends les rênes de l’équipe de France dans des conditions radicalement inverses de celles de 1991. Et surtout, tu vas devoir gérer une génération de joueurs dont le soin apporté à leur petit nombril et leur compte en banque dévore toute autre considération. C’est lorsqu’une très grosse équipe se dressera sur notre route que nous verrons réellement ce qu’il en est. Mais une chose est certaine : si les événements récents nous ont rappelé que l’équipe de France de football de 2015 n’est pas celle de 1998, il est tout aussi clair que son homologue tennistique ne ressemble en rien à celle de 2001.

La transition est parfaite pour un petit message à final à Arnaud Clément, dont je me sens, je l’avoue, très proche. Tout comme Nicolas Escudé, qui s’est cassé les dents sur l’équipe de France de Fed Cup pour des raisons similaires. Avec Sébastien Grosjean, ils constituent l’ossature de la génération des minots, celle d’il y a 15 ans, qui est allée chercher en Australie une sublime et improbable victoire en 2001. Avec des valeurs de partage, de travail et de respect qui auraient dû servir d’exemple à leurs successeurs. Il n’en fut rien. Mais ces valeurs ont disparu entre-temps, et Arnaud n’y est pour rien. L’argument d’autorité prêté à Yannick Noah de manière à peine voilée dans les colonnes de Tennis Mag, qui est donc refusé à Arnaud Clément, pourrait en effet jouer sur les résultats à venir de l’équipe de France. Mais ce serait alors la démonstration éclatante que les joueurs se seront conduits comme des branleurs auparavant.

Monsieur Gachassin, comme votre fin de mandat est triste…

  1. avatar
    13 décembre 2015 a 15 h 25 min
    Par killranger

    Salut et merci pour l’articlr

    Au vu des déclarations de Tsonga, je me demande s’il entre toujours dans le splans de Noah. Si ça vaut la peine d’intégrer dans le groupe un “leader” tellement négatif qui va à l encontre des règles de vie que le nouveau capitaine tente d’imposer… Je me le demande

    • avatar
      13 décembre 2015 a 22 h 25 min
      Par Enzo29

      Salut Killranger,

      Le problème, c’est que Jo semble bel et bien être le maillon essentiel du retour de Noah sur la chaise. A partir de là, je ne sais pas si Yannick sera capable de le foutre dehors.

      Mais pour le coup, c’est le rôle de Tennis Mag qui m’interroge. Manifestement ils se contrefichent de ce qu’ils ont publié il y a un an, puisque jamais ils n’interrogent les protagonistes à ce sujet. Cette bienveillance a priori n’a pour but que de nous vendre une fiction, sur le mode “oubliez tout ce qui a précédé, on va voir ce qu’on va voir”.

  2. avatar
    14 décembre 2015 a 21 h 22 min
    Par Guga57

    Salut Vincent, excellente analyse de la situation! j’hésitais à écrire sur le sujet mais là, plus la peine, tout est (très bien) dit !
    Concernant nos adorables Bleus du tennis, même si je dois bien avouer que je ne suis pas un grand fan d’Arnaud Clément, force est de constater que gérer les égos ainsi que les états d’âme de messieurs Tsonga et Gasquet semblent tout sauf une mince affaire… L’interview de Tsonga est absolument incroyable d’ailleurs, quand bien même il penserait vraiment ce qu’il dit, à quoi bon le dire maintenant ??? Son comportement est celui d’un enfant gâté et jaloux. Ces déclarations concernant Mahut et Clément me rappellent d’ailleurs sa sortie sur Wawrinka après l’Open d’Australie 2014, quand Tsonga avait déclaré quelque chose comme “je mérite cette victoire autant que lui”… Wawrinka lui en avait d’ailleurs voulu pour ça, d’où le climat tendu entre eux lors de la finale de la Coupe Davis 2014.
    Enfin, pour ce qui est de Yannick Noah, personne ne m’enlèvera l’idée qu’il a sagement attendu le meilleur moment pour redevenir capitaine. Comme par hasard, Murray vient de remporter le saladier et 2016 sera de surcroît une année olympique (donc très chargée). De fait, on peut partir du postulat que les meilleurs mondiaux (BIG 4 voire même tous les Top 10) n’auront que (très) peu d’intérêt à jouer à fond l’édition 2016 de la Coupe Davis. L’opportunité sera donc bien réelle pour la bande à Noah. Je ne serais d’ailleurs pas si surpris que cela de les voir aller au bout… Et là, en cas de victoire finale, j’imagine déjà les propos plein d’humilité (ironie) de notre cher Jean Gachassin ! ;)

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      14 décembre 2015 a 23 h 23 min
      Par Enzo29

      Salut Guga,

      Je ne m’en étais pas aperçu, mais en effet, le Big 4 ayant désormais la Coupe Davis dans ses étagères, il est probable que l’édition 2016 sera la plus facile à gagner depuis longtemps.

      Pour le reste, les débuts de réactions au colombin de Tsonga en disent long sur l’état de l’union : Gasquet est à ses côtés, Benneteau prend ses distances, et Mahut, le bienveillant qui ne veut pas rentrer dans ce jeu, envisage sagement une petite entrevue avec lui. Quant à Noah, qui affirmait dans Tennis Mag que ce serait sa dernière communication avant le premier tour en Guadeloupe, je ne crois pas qu’il pourra éviter de prendre position. Mais vu le contexte, il n’est pas à exclure qu’il démissionne.

      • avatar
        15 décembre 2015 a 12 h 39 min
        Par Guga57

        On verra bien pour la CD 2016 mais si je devais parier, je mettrais bien une piece sur les Bleus. En ce qui concerne le climat, Mahut ne veut pas faire de vagues, il espere faire partie des plans de Noah pour 2016. Par contre, entre Benneteau et Tsonga, il me semble evident qu’il faudra trancher. Le Bressan fera donc surement les frais de sa sincerite. Dommage, moralement parlant, mais sportivement, est-ce que Noah peut vraiment prendre le risque d’ecarter Tsonga ? Un recadrage certainement, notamment au niveau de sa communication avec les medias, mais une exclusion du groupe je n’y crois pas.

  3. avatar
    15 décembre 2015 a 18 h 10 min

    Article sympa à lire, en effet, par contre j’ai du mal à comprendre où l’auteur veut en venir.

    En gros Tsonga a été blessé, l’a dissimulé et dit que c’est de la faute à Clément. Gasquet est pas facile à gérer et son mental friable l’a empêché de se transcender en CD se sachant deuxième choix et pas aimé. Gillou est irréprochable (ça c’est normal ;-)) et le pauvre Mahut arrive à rester poli devant le parfait rustre qu’est Tsonga. Le tout, sous-poudré d’un Arnaud Clément torpillé par Noah qui s’ennuie entre deux albums et voulait refaire une pige en Coupe Davis. Et Tennis Mag commente tout ça sans recul, en annonçant que demain on rase gratis et que tout ira mieux!

    C’est bien ça j’espère, et j’essaye pas d’être réducteur, c’était intéressant, et je veux juste être sur d’avoir bien compris.

    Bon, premier point, quand va-t-on se pardonner d’avoir perdu face à une équipe plus forte que nous??? Quand ??? Ils étaient plus fort, ça fait chier certes, c’est humiliant, certes, mais la défaite est logique sur le papier. On ne fait pas des exploits tous les jours. En plus, Roger a pousser le vice en faisant un match pas top face à Monfils qui lui était au top, mais qui s’est repris pour le 2ème, et en fait, dès le double.

    Deuxième point, oui Tsonga est une buse, il en a l’air, il le respire, il l’inspire autour de lui, c’est un gros égo. Comme beaucoup de champions. Il est beaucoup moins discret que les autres en revanche. Oui, il voulait jouer la finale, comme tous joueurs veut jouer les meilleurs matchs et fort heureusement. Il était blessé… mais, ils sont à chaque tournoi toujours un peu blessé, à la cuisse, au mollet, au coude, etc… ils ne sont jamais à 100% quand tu les écoutes. Donc le mec, ayant ce sentiment toute l’année, et à chaque tournoi, bien sur qu’il va te dire qu’il peut et veut jouer. C’est même normal. Et quand ce clown te dis que “Le coach aurait peut être du voir que j’étais pas au top”, et bah il a peut être pas totalement tord. Ton boulot de coach, c’est pas que les joueurs s’auto-jugent capable d’aller sur le cours ou pas. Tu l’observes à l’entrainement, tu fais taffer ton staff médical, t’analyses les gars en face et t’essayes d’adapter l’équipe, bref… c’est aussi son boulot de savoir démêler le vrai du faux dans une équipe de gars qui sont tous des champions et qui veulent tous jouer.

    Quoi qu’il en soit, c’est pour moi ni la faute de Clément, ni celle de Tsonga, mais vraiment celle des joueurs exceptionnels qu’on avait en face en grande majorité.

    • avatar
      15 décembre 2015 a 21 h 30 min
      Par Enzo29

      Salut Tapioca,

      Ce que tu pointes dans ton message, c’est la réalité du terrain. Si tu veux me faire dire que la finale de Lille a débouché sur un résultat logique, nous tombons d’accord sans le moindre problème. Nous avons perdu contre une équipe plus forte, point. Et c’est justement ça que devrait dire Tsonga, au lieu d’aller chercher des excuses à la noix. Son interview contient d’ailleurs une part intéressante, lorsqu’il fait le constat de ses blessures à répétition et des périodes qui suivent, plus ou moins longues, où il est à la recherche de ses sensations.

      Sur ton premier point : je n’ai pas cherché à alourdir l’article avec ce qui me semble être une évidence, mais je vais le rappeler : la saison 2014 de Tsonga avait été plus que moyenne. Il a évolué à un niveau aux confins du top 20 pendant toute l’année, s’est fait dérouiller en huitièmes de tous les GC par les gros bras (6 jeux marqués contre Djokovic à RG, même Richard a fait aussi bien), avec toutefois une splendide fulgurance au MS du Canada. Et son match contre Wawrinka a été dans la droite ligne de la saison qu’il avait faite : moyen. Très moyen, et en tout cas nettement insuffisant face à un Stan super solide. Si Jo, à un moment de l’histoire, avait eu la décence de le reconnaître, nous serions passés à autre chose depuis longtemps et, en ce qui me concerne, je n’aurais pas le moindre reproche à lui faire.

      Deuxième point : en effet, les joueurs sont plus ou moins blessés durant une bonne partie de l’année, et ils s’adaptent. Et leurs capitaines aussi s’adaptent, Clément comme les autres. Je n’ai pas assisté aux entrainements ni au processus de sélection de l’EDF avant cette finale, mais je n’imagine pas une seconde qu’Arnaud Clément ait envoyé Tsonga s’il avait vu des solutions meilleures. Au vu de sa prestation contre Federer, il est clair que Gasquet n’était pas une meilleure solution ; au vu de son passif en CD, il était tout aussi clair que Gilles Simon n’était pas non plus une meilleure solution. Donc le choix du capitaine, à savoir sélectionner un Tsonga qui n’a pas de super sensations, me semble logique. Et ce choix, quand on voit le résultat (une nette défaite), ne devrait pas appeler, en effet, d’autre commentaire que “Stan a été meilleur que moi”.

  4. avatar
    17 décembre 2015 a 1 h 29 min
    Par Nicolas

    Si la Suisse et la Grande Bretagne ont su gagner la coupe Davis c’est uniquement parce qu’ils jouent au nom du collectif alors que c’est impossible en France.

    On est des petits joueurs comme dirait Marco Simone

    • avatar
      17 décembre 2015 a 10 h 31 min
      Par Cullen

      J’aurai tendance à penser exactement le contraire. La Suisse et la Grande-Bretagne ont gagné essentiellement grâce à leurs individualités. Le format de la Coupe Davis est ainsi fait, je ne cherche pas à le remettre en cause, mais il vaut mieux aujourd’hui avoir deux joueurs classés dans le Top 10 quitte à n’en avoir aucun autre parmi les 100 meilleurs au monde qu’une vingtaine dans le Top 100 mais aucun dans le Top 10 pour briller dans une compétition qui devrait pourtant favoriser la notion collective.

    • avatar
      23 décembre 2015 a 15 h 21 min

      Je rejoins complètement Cullen. On veut à tout prix que le coach ait un impact énorme sur le résultat mais au final, ce qui paie vraiment c’est LE joueur top 5 qui ramène 2 points quasi assurés et qui parfois se paie le luxe de gagner le double.
      Le reste n’est de la petite littérature

      En regardant sur les 10 dernières éditions le classement du meilleur joueur (équipe gagnante en 1er) :
      2015 : Top 3 vs Top >10
      2014 : Top 2&4 vs Top >10
      2013 : Top 7 vs Top 2
      2012 : Top 5 vs Top 6
      2011 : Top 2&4 vs Top >10
      2010 : Top 3 vs Top >10
      2009 : Top 2 vs Top >10
      2008 : Top 9 vs Top >10
      2007 : Top 6 vs Top 4
      2006 : Top 5&9 vs Top >10

      On s’aperçoit que seulement 3 fois sur 10 une équipe l’a remportée sans joueur dans le top 5 d’autant qu’2007 et 2013 l’équipe perdante possède un joueur du top 5. En 2008 Nadal (1er) ne joue pas la final bien qu’il a joué toute la campagne.
      On peut ajouter également que Nadal et Fed, deux membres quasi-permanents de ce top 5 n’ont pas tout le temps participé aux joutes de la coupe Davis ces dix dernières années…

      A partir de ce constat, espérer une victoire française semble plus qu’improbable…

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