Coupe Laver = trophée majeur ?
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Coupe Laver = trophée majeur ?

Au terme d’un thriller de haute-volée, l’Europe de Federer s’est adjugé la première levée de la Coupe Laver. Mais quelle place doit-on vraiment accorder à ce nouveau trophée ?

Inspirée du modèle de la Ryder Cup de golf, la première édition de la Laver Cup (qui oppose l’Europe au reste du monde) s’est tenue à Prague le week-end dernier. Et quoi qu’on en dise, alors qu’elle était d’abord plutôt attendue avec méfiance et perplexité, au vu de l’engouement et des performances proposées, il parait désormais impossible de nier que son grand baptême aura été un franc succès. Alors, simple exhibition de valeur ou véritable compétition majeure ? Le débat mérite d’être lancé.

Intensité et niveau de jeu élevés

Dès les premiers coups de raquette, le ton était donné. Les stars de la planète-tennis ne s’étaient pas données rendez-vous en République Tchèque pour rigoler. Pour preuve, sept des huit premiers sets, tous particulièrement accrochés, se sont joués au tie-break. Sur l’ensemble du week-end, le sort de 12 des 24 manches disputées (soit 50%) s’est d’ailleurs décidé à l’issue d’un jeu décisif. Mieux encore, sur les douze rencontres programmées (et qui ont toutes eu lieu), la moitié (6/12) s’est conclue par un super tie-break. De surcroît, il n’y avait qu’à voir l’application, la motivation et le sérieux des différents protagonistes engagés pour comprendre que cette première Coupe Laver leur tenait vraiment à cœur.

Des confrontations qui déchaînent la passion

Evidemment, on pourra toujours regretter les absences de Djokovic, Del Potro, Murray et Wawrinka… Ceci étant, le parterre de vedettes présentes était déjà largement suffisant pour nous offrir quelques grands moments. Quel bonheur, par exemple, de revoir Borg face à McEnroe ! Rafraîchissant également de voir s’affronter les deux plus belles pépites du moment, Zverev et Shapovalov, dans un match à couteaux tirés où les multiples « come on ! » de leurs compagnons de chambrée n’auront cessé de les galvaniser. Et bien évidemment, comment ne pas littéralement succomber devant le pur régal d’une paire de double composée par les deux immenses légendes que sont Roger Federer et Rafael Nadal !

Un format court qui permet de lâcher ses coups

Autre point positif de cette Laver Cup, des matchs en deux sets avec un éventuel super tie-break à l’appui qui permettent de jouer de manière aussi concentrée que débridée ! Car via ce format court, pas de round d’observation, il faut partir pied au plancher. En outre, la présence d’un super jeu décisif, et non d’un troisième set, en cas d’égalité (à un set partout), permet de relativiser et de jouer de manière beaucoup plus libérée et ce, que l’on mène (le super tie-break offrant de toute façon une chance de se rattraper) ou que l’on soit mené (plus rien à perdre pratiquement d’emblée), tout en multipliant également les points importants via cette « séance de tirs au but » raquette en main.

Un système de points qui garantit le suspense jusqu’à la fin

A l’instar du format, le système d’attribution des points se révèle lui aussi extrêmement malin. Ainsi, la victoire offre un point le premier jour, deux points le deuxième jour et trois points le troisième jour. Par conséquent, en étant largement dominée voire même en perdant tous ses matchs lors des deux premiers rounds, une équipe pourrait toujours l’emporter à condition de réaliser un énorme come-back, quatre à la suite sans faute, pour égaliser à 12-12 lors de l’ultime journée ! Un scénario improbable auquel on a pourtant failli assister dès cette année, puisque la team World, menée 9-3 au terme des huit premiers matchs, s’est in fine retrouvée à un point de la parité dans le money-time du dernier duel disputé.

Laver rime avec Majeur !

Présent dans les gradins, on peut imaginer la joie et la fierté qui devaient animer sa majesté Rod Laver en assistant à un tel festin. Lui qui a accepté de donner son illustre nom à cette nouvelle manifestation ne doit en effet pas le regretter. La Laver Cup, sa Cup, a été un succès « majeur » instantané ! De quoi la mettre d’emblée face à la Coupe Davis en terme de rivalité ? Possible, car a contrario du simple show (type IPTL), la Laver Cup propose un tennis de très grande qualité. Déjà programmée à Chicago (dans l’antre des Bulls s’il vous plaît) en septembre 2018, la prochaine édition suscitera donc assurément autant d’intérêt. Reste à savoir quelle place elle prendra peu à peu, ou pas, dans l’histoire du jeu.

Lionel Ladenburger

  1. avatar
    26 septembre 2017 a 4 h 33 min

    Je dois avouer que le format de cette compétition est vraiment intéressant, surtout le système de points.Ce serait cool d’avoir du tennis féminin aussi faire des équipes mixtes ( c’est mon côté fan de la WTA qui parle).

  2. avatar
    26 septembre 2017 a 13 h 21 min

    Je copie le post de l’autre article consacré à la Laver Cup

    Federer est un malin, car il lance la Laver Cup, et si jamais cette competition se pérennise et se fait une vraie place au calendrier, il aura gagné la 1re edition (meme constat pour Nadal).

    Si ce n’est pas le cas, ce sera juste du bonus avec un double entre les 2 titans et un beau chèque de la part des sponsors de cette Ryder Cup du tennis.

    J’aime bien le principe des points croissants du vendredi au dimanche, mais je mets quelques bémols :

    - primo il faudrait que ce soit vraiment une équipe des Etats-Unis en face pour que le public américain s’identifie à son équipe.
    Sinon, il faudrait une équipe Amérique du Sud (avec Del Potro) et une autre Asie / Australie (avec Kyrgios et Nishikori en leaders) mais bon ça ferait des demi-finales

    - secundo la fréquence annuelle (sauf années de JO) est trop rapprochée, il en faut une tous les 4 ans en année paire non olympiques c’est parfait.

    - tertio oui on échappera pas au toilettage de la Coupe Davis et du calendrier ATP, ces 2 vieux serpents de mer du tennis professionnel.

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      27 septembre 2017 a 9 h 34 min
      Par Guga57

      Salut Axel,

      Effectivement, Federer et Nadal ont créé l’évènement et leur association en double a rendu l’évènement (encore plus) historique (qu’il ne l’était déjà). Qui plus est au vu de l’énorme saison qu’ils ont tous les deux réalisée. Comme le disait l’auteur de l’article paru sur Eurosport, la Laver Cup est « bien née » et dans 50 ans, les livres d’histoire du tennis ne manqueront pas de rappeler que la Laver Cup aura gagné ses premières lettres de noblesse via le binôme « Fedal ». De surcroît, vu les moyens (colossaux) et le succes instantanee de la première édition, je pense sincèrement que cette compétition-exhibition est partie pour s’installer durablement dans le calendrier.

      Perso, je pense qu’une équipe des USA seule ne serait pas à la hauteur vu l’hégémonie européenne sur le tennis mondial. Sans les absents, l’Europe aurait potentiellement pu aligner six joueurs titrés en Grand Chelem (Fed, Nadal, Djoko, Murray, Waw et Cilic) alors que même au complet la team World n’aurait compter qu’un seul vainqueur dans la catégorie-reine (Del Potro) + deux finalistes (Nishikori et Raonic). En somme, je trouve la confrontation Europe-Monde très équilibrée. Et si jamais les autres continents venaient un jour à pouvoir rivaliser avec le Vieux Continent en terme de talent tennistique, la Laver Cup pourrait très bien évoluer vers une formule à quatre équipes (Europe, Amérique, Afrique, Asie-Océanie). Bien évidemment, l’Afrique est encore très en retard mais elle a le potentiel. Enfin bref, on en est pas là de toute façon.

      Pour la périodicité par contre, je ne partage pas ton avis. Une fois tous les quatre ans c’est trop peu. D’autant plus que c’est une nouvelle compétition donc elle a besoin de se faire (rapidement) un palmarès pour gagner en crédibilité. Et puis dans quatre ans, Federer et Nadal ne seront certainement plus sur le circuit… Ce serait quand même très plaisant de les revoir jouer ensemble une fois par an au moins jusqu’en 2018-2019. A terme en revanche, comme je le disais dans un autre post, je verrai bien une alternance « Coupe Davis / Coupe Laver » la Coupe Davis les années paires et la Laver Cup les années impaires.

      En attendant, une chose est désormais quasi sure, je pense que les mecs de l’ITF ont dû bouillonner en voyant le buzz et le succès de la première LC. Du coup, cela ne m’etonnerait pas qu’on est (enfin) rapidement des nouvelles concernant la refonte annoncée de la CD ;)

      • avatar
        28 septembre 2017 a 11 h 44 min

        Salut Guga,

        La Coupe Davis doit rester annuelle, et le fait d’organiser la finale sur terrain neutre à Genève est 1 erreur historique selon moi.

        Pour la Laver Cup, je comprends que tu veuilles revoir le double Fedal en action mais si on veut la garder annuel, il faut tailler dans le calendrier.

        Bref rien de nouveau sous le soleil du circuit ATP !

        Il faudrait virer 2 Masters 1000 américains avec alternance Indian wells / Miami en mars (comme Montréal / Toronto au Canada en juillet), les USA étant gates avec Cincinnati et l’US Open derriere.

        Passer le Queen’s en M1000 du gazon, et si ça ne suffit pas alternance Rome / Madrid sur terre battue, voire Shanghai / Paris-Bercy en indoor.

        Voilà … et là on pourrait placer une Laver Cup chaque année.

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          28 septembre 2017 a 12 h 11 min
          Par Guga57

          Je sais pas pour la Coupe Davis, je suis partagé. Je te rejoins totalement pour le terrain neutre… Jouer la finale à Genève, de surcroît si la Suisse n’est pas là, n’a absolument aucun intérêt… Et encore plus si c’est une simple finale 1 contre 1 et non pas un « final 4 »… J’espère au moins qu’ils garderont les matchs en 5 sets pour la finale ! En revanche, entre la jouer une fois par an ou une fois tous les deux ans, là je suis plus mitigé. La jouer une fois tous les deux ans permettrait de soulager le calendrier tout en raréfiant l’évènement, ce qui serait à mon sens doublement bénéfique, pour le calendrier donc mais aussi pour refaire de la CD une priorité dans la tête des joueurs. En la jouant tous les ans, les opportunités sont trop nombreuses et les top-players finissent par choisir quand ils voudront la jouer et donc la gagner comme ce fut trop souvent le cas ces dernières années : Nadal l’a gagné 4 fois et il s’en est désintéressé, Djoko une fois et basta, Federer a attendu que Wawrinka change de statut et Murray y est allé une fois que les trois autres l’avaient gagné… On verra bien, mais j’ai bien peur qu’en voulant la moderniser, les mecs de l’ITF ne fassent que la dévaloriser encore pluss. Et sinon pour en revenir à la Laver Cup, elle n’occupe qu’un week-end dans toute l’année. C’est pas grand-chose in fine, d’autant plus qu’elle ne sera pas disputée les années olympiques. En somme, selon moi, pas besoin de révolutionner le calendrier juste pour la LC, en jouant la demi-finale de Coupe Davis, puis la Laver Cup dans la foulee, Kyrgios a montré qu’on pouvait très bien jouer les deux sans se cramer.

          • avatar
            29 septembre 2017 a 9 h 23 min

            Salut Guga,

            Pour la Coupe Davis, soyons modernes !

            Offrons des points ATP aux joueurs, et un beau prize money via un sponsor. Cela remotivera les cadors du top 10 à venir chaque année, en plus d’indispensable réforme du calendrier que j’évoquais plus haut.

            Pour la finale, je plaide pour un Final Four dans un des 4 pays arrives en demi-finale, cela créerait un mini-tournoi vraiment sympa.

            Il faudrait laisser les 1/8e en février, replacer les 1/4 en avril (justement en jouant sur l’alternance Indian Wells / Miami) et ainsi laisser le temps aux 4 delegations de candidater vers l’ITF pour organiser le Final Four pour fin novembre.

            Il faudrait advancer un peu le Masters masculin en jouant sur une alternance entre Shanghai et Paris-Bercy.

            Et évidemment rester en 3 sets gagnants, pas question de brader le prestige de la Coupe Davis.

            Et voilà :-) Simple comme bonjour (sur le papier seulement)

            Oui mais Kyrgios n’a pas le niveau pour gagner en GC donc normal qu’il tente d’autres défiss comme Coupe Davis ou Laver Cup.

  3. avatar
    26 septembre 2017 a 16 h 06 min

    Bon article. Effectivement l’attribution des points et le super tie-break sont intéressants.

    Mon seul regret: ils auraient dû l’appeler la Rosewall Cup :) ou au moins Laver-Rosewall. Du coup Laver revient dans la lumière, et Rosewall s’enfonce un peu plus dans l’obscurité.

    • avatar
      26 septembre 2017 a 17 h 11 min

      Salut Fabrice,

      Pas faux pour Ken Rosewall, belle occasion manquée de la part de Federer de le réhabiliter dans la legend du tennis, surtout qu’il vient de l’égaler depuis Wimbledon 2017 au nombre des titres majeurs (25 partout).

    • avatar
      27 septembre 2017 a 9 h 47 min
      Par Guga57

      Merci Fabrice ! J’y ai pensé aussi mais bon… « Laverosewall » ou « Rosewallaver » Cup, ça aurait été un peu long comme nom… Et puis honnêtement, à choisir entre les deux, les Grand Chelems de Laver pèsent quand même (très) lourd dans la balance. Et puis Rosewall, en dépit de son palmarès numériquement pléthorique, n’a jamais gagné Wimbledon et ça aussi ça compte énormément en terme de prestige. Bref, ça n’engage que moi mais à mon humble avis, le nom du tournoi est très bien comme ça ;)

  4. avatar
    28 septembre 2017 a 9 h 16 min
    Par Guga57

    En choisissant volontairement septembre, les organisateurs de la Laver Cup ont clairement voulu se dissocier de la Hopman Cup (organisée en janvier) et surtout de l’IPTL (organisée en décembre) et ce justement dans le but de crédibiliser au maximum leur bébé. Le but étant de faire de la Laver Cup, la « Ryder Cup du tennis », il fallait bien évidemment garder ses distances avec le total show-exhibition type IPTL. Et de ce point de vue, je pense que la différence entre les pitreries vues a l’IPTL et le déroulement global de cette première Laver Cup a été criant. L’IPTL était une pure exhibition, la Laver Cup se veut quant à elle clairement plus compétitive et la qualité des matchs proposés l’a (sans conteste) démontré. Alors oui, évidemment, en tant que nouvelle compétition, la Coupe Laver se veut moderne et correspond donc (globalement) aux attentes du grand public actuel. Plutôt logique si on veut qu’elle soit populaire ceci dit… Tout ça pour dire que si on reste toujours sur les traditions parfumées à la naphtaline, rien ne changerait jamais ! Cette Laver Cup amène un vrai vent de fraicheur dans le monde (parfois bien trop poussiéreux) du tennis-pro, et rien que pour ça elle mérite à mon sens d’exister. Je me répète par rapport à l’autre post mais, pour moi, Laurent Vergne (Eurosport) a totalement exprimé le fond de ma pensée dans cet article : http://www.eurosport.fr/tennis/laver-cup-coup-d-essai-coup-de-maitre-coup-de-coeur_sto6345654/story.shtml

  5. avatar
  6. avatar
    1 octobre 2017 a 19 h 58 min
    Par killranger

    Salut tout le monde,

    Perso pas vu une seule image de la super-exhibition( Parce que c’est ça dont il s’agit et de rien d’autre ) et m’en porte pas plus mal..

    • avatar
      2 octobre 2017 a 15 h 11 min
      Par Guga57

      Salut Kill,

      Super-exhibition c’est pas faux… mais je dirai plutôt « compétition-exhibition » !

      Pour le coup, je te conseille vivement de regarder les résumés des matchs (en particulier Zverev-Shapovalov et Federer-Kyrgios).

      Franchement du très bon tennis ! Les mecs jouaient peut-être un chouia plus libéré vu le contexte mais sincèrement ça jouait quand même très bien.

      Je me répète mais la Laver Cup n’a (vraiment) rien à voir avec l’IPTL en terme de niveau de jeu ;)

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