Le Top 10 de Roland Garros 2018
Photo Panoramic

Le Top 10 de Roland Garros 2018

Voilà c’est fini ! Au terme d’une quinzaine plutôt ensoleillée, Roland-Garros 2018 a pris fin sur le onzième sacre du taureau majorquin. Mais si l’Espagnol a une fois de plus écrasé la concurrence, il n’est pourtant pas le seul à s’être mis en lumière. Top 10.

Qui d’autre que Ken Rosewall, dix fois titré à Paris (deux RG et huit French Pro) dans les années 1960, aurait pu remettre cette « undecima » au roi Rafa ? Comme à son habitude, le Matador n’a pas laissé passer sa chance. Avec ce nouveau Roland en poche, il égale Margareth Court, seule athlète jusqu’ici titrée à onze reprises dans un tournoi du GC. Pourtant, indépendamment de cet exploit colossal, d’autres joueurs se sont mis en valeur lors de la quinzaine passée. Tour d’horizon.

Touché au poignet fin 2017, Nishikori était monté dans le gros wagon des éclopés de l’année en compagnie de Djokovic, Murray, Raonic et Wawrinka. Revenu via plusieurs challengers, le Nippon a retrouvé un bon niveau qui lui aura permis d’atteindre la finale du Masters de Monte-Carlo, avant de passer trois tours à Roland. Mis en danger par Benoît Paire, puis impeccable face là Gilles Simon, le protégé de Michael Chang n’a, en revanche, rien pu faire face au futur finaliste (Thiem).

 

Méconnu, Marterer est l’une des révélations de ce début de saison. Après avoir sorti Verdasco en Australie, le gaucher de Nuremberg a récidivé à Roland en disposant notamment de Shapovalov. Opposé au maître des lieux en 1/8e de finale, Max s’est même permis le luxe de breaker Nadal d’entrée, avant de le pousser au jeu décisif lors de la 3e manche. Puissant, solide et opportuniste, le désormais 50e joueur mondial a dévoilé un potentiel intéressant. On devrait vite entendre à nouveau parler de lui.

 

Connaissant le caractère du bonhomme, impossible de penser que l’ex-n.1 se satisfera de cette place dans le Top 10. Néanmoins, la quinzaine parisienne de Djokovic n’est pas si désastreuse que cela. Plutôt solide, combatif et hargneux comme à ses plus belles heures (une raquette fracassée), le Belgradois a calé physiquement lors de son quart face au surprenant Cecchinato. Alors évidemment, au vu de son palmarès, on pouvait s’attendre à mieux, mais Djoko revient. Lentement certes… mais sûrement !

 

Ni plus, ni moins. Voilà comment l’on pourrait résumer la performance du Croate à Paris cette année. Sur une surface qui ne lui convient pas vraiment, le finaliste de l’Open d’Australie a tenu son rang. Vainqueur d’un duel épique en cinq actes face au diable Fognini, Cilic a ensuite retrouve son faux-jumeau : Del Potro. Mais alors qu’il semblait avoir pris le contrôle de la partie, le 5e mondial a été rattrapé par son mental en dents de scie. Plus le temps passe et plus Cilic semble rimer avec Berdych…

 

Après onze tentatives infructueuses, Zverev a enfin atteint les quarts de finale d’un tournoi du Grand Chelem ! C’est le verre à moitié plein… En revanche, que ce fut laborieux ! Vainqueur du Masters de Madrid contre Thiem, puis valeureux finaliste face à Nadal à Rome, Sascha a d’abord confirmé son statut en étrillant Berankis. Mais alors que tous les voyants semblaient au vert, il a ensuite enchaîné trois galères en cinq sets face à Lajovic, Dzumhur et Kachanov. Épuisé, il n’a rien pu faire contre Thiem.

 

Une puce, un diablotin, un feu follet ! Diego Schwartzman est un pur terrien et il l’a encore prouvé. Impressionnant face à un excellent Borna Coric, il a paru désemparé par les coups de massue de Kevin Anderson, passant plusieurs fois à deux points de la défaite avant de renverser le géant sud-africain. En quart, agressif comme jamais, il a ensuite fait douter Nadal en jouant le feu, touchant les lignes et multipliant les attaques gagnantes, avant que la pluie ne vienne sauver le soldat Rafa…

 

Sorti de nulle part ou presque ! Avant ce RG 2018, Cecchinato n’avait jamais gagné un match en GC et été plus connu pour une sombre affaire de paris truqués que pour ses revers millimétrés. Mais ça c’était avant. Passé au bord du précipice au premier tour, l’inconnu sicilien s’est muee en coupeur de têtes pour s’offrir les scalps de Carreno-Busta, Goffin et Djokovic au terme d’un match homérique (le plus beau de ce cru 2018). Une performance qui lui a ouvert les portes du Top 50. Mitico Cecchinato !

 

Cela faisait près de dix ans (RG 2009) qu’on avait plus vu l’Argentin à pareille fête du côté de la Porte d’Auteuil. Après avoir une fois de plus frôlé le forfait (confirmant sa participation à seulement quelques heures du début du tournoi), le double médaillé olympique a franchi les obstacles sans trembler. Tombeur d’Isner et Cilic (des joueurs aux profils similaires aux siens), la Tour de Tandil a toutefois logiquement volé en éclats lors de sa demi-finale à sens unique face à Rafa.

 

Demi-finaliste en 2016 et 2017, celui que d’aucuns (dont Rafa lui-même) annoncent comme le successeur de Nadal à Roland a cette fois réussi à se hisser en finale pour la première fois de sa carrière. Vainqueur à Lyon une semaine avant RG, il a enchainé dix victoires en trois semaines ! Dur au mal, Thiem a fait parler son puissant coup-droit pour disposer de Tsitsipas, Nishikori, Zverev et Cecchinato. En finale, il a par moments fait jeu égal avec Nadal. Mais la marche était encore trop haute ! Patience.

 

Décuple lauréat de l’Open de France, le Majorquin s’est montré un chouia moins impérial que l’année passée. Chatouillé par Bolelli, Marterer et surtout Schwartzman, il a été breaké plus souvent que d’ordinaire mais n’aura finalement concédé qu’un seul set durant toute la quinzaine ! Toujours aussi écrasant, l’ogre de l’ocre, ému aux larmes (une chose rare) a ainsi ajouté une onzième Coupe des Mousquetaires dans son armoire XXL à trophées. Mais jusqu’où ira-t-il ? 11 ?12 ? 13 ? 14 ? 15 ?

 

Une première couronne pour Simona !

Chez les filles, Simona Halep a mis fin à sa malédiction. Après trois finales perdues, la n.1 mondiale est allée cherchée en patronne le premier titre de sa carrière en Grand Chelem. A 26 ans, il était temps pour cette joueuse douée à souhait, mais qui fut trop souvent rattrapée par la peur de gagner. Dominée dans le premier set par Sloane Stephens, la Roumaine s’est fait violence pour renverser la vapeur en sa faveur. Le plafond de verre est brisé, son règne peut enfin vraiment commencer.


Mahut-Herbert et Houdet-Peifer, des paires d’experts !

Cocorico ! Alors que tous les représentants du simple tricolore ont été éliminés avant la deuxième semaine chez les garçons et que Caroline Garcia, seule rescapée, se faisait balayer en 1/8e par Angélique Kerber, les satisfactions côté français sont une fois de plus venues du double. Titrés pour la première fois à Paris, le duo Mahut-P2H continue d’assembler son puzzle en GC (il ne leur manque plus que l’Australie). Parallèlement, en tennis-fauteuil, la paire Houdet-Peifer a conservé son trophée. Respect.

 

Lionel Ladenburger

Retrouvez tous mes articles sur : http://yourzone.beinsports.fr/author/guga57/

  1. avatar
    12 juin 2018 a 11 h 36 min

    Salut Guga,

    Il est certain qu’un Djokovic ne va pas se contenter d’un quart à Roland.
    Le Serbe veut un come-back comme Federer et Nadal en 2017, je suis persuadé qu’il est sur la bonne voie.

    Mais il doit se dépêcher, car Zverev, Thiem, Goffin et consorts vont bien finir par exploser, sans parler de Cilic et Del Potro qui devraient finir par doubler la mise en GC.

    Nadal dépasse lui Chris Evert 10 fois titrée en GC sur terre (7 RG + 3 US Open sur har-tru). Hommes et femmes confondus, l’Espagnol est désormais seul au monde.

    Et avec 11 titres à RG, Nadal fait comme Borg, Lendl et Bruguera cumulés, ou bien Borg, Wilander, Federer et Djokovic cumulés, ou encore, Lendl, Wilander, Kuerten, Federer et Djokovic cumulés, ou une dernière pour la route, aussi bien que Nastase, Vilas, Lendl, Kuerten, Agassi, Federer et Djokovic cumulés …

    • avatar
      13 juin 2018 a 9 h 44 min
      Par Guga57

      Salut Axel,

      Effectivement, pour Djoko son come-back n’as pas été à la hauteur du champion qu’il est. Mais retrouver son niveau (et quel niveau !!!) de manière instantanée n’est pas donné à tous… Ceci étant, depuis Monte-Carlo j’ai quand même l’impression qu’il retrouve ses sensations mais que c’est encore sur le plan physique qu’il n’a pas récupéré l’intégralité de ses moyens.

      Par moments durant la saison sur terre-battue, on a revu le Djoko flamboyant de la période 2011-2016 mais par moments uniquement. Mais bon, autant je suis moins optimiste pour Murray et Wawrinka, autant pour Djoko j’ai bon espoir de le voir regagner des titres majeurs dans les mois à venir.

      Peut-être pas à Wimbledon, mais attention à lui dans l’optique de l’US Open et de la Masters Cup. By the way, je me demande si Djokovic prendra part à la Laver Cup. La possibilité de voir Federer, Nadal et Djokovic dans la même équipe… ce serait fou !

      Pour les autres, c’est toujours pareil, où en seront-ils dans les prochaines semaines ? C’est sûr que Cilic et Delpo apparaissent à nouveau comme des candidats crédibles en GC. Zverev a enfin atteint un quart de finale en GC et même si la manière n’était pas très convaincante, il l’a fait et ça pourrait lui ouvrir certaines perspectives dans les mois à venir.

  2. avatar
    12 juin 2018 a 14 h 35 min
    Par Enzo29

    Salut Guga, bon bilan, as usual.

    Mais pour le coup, je note que tu t’en es scrupuleusement tenu à la hiérarchie finale du tournoi. Si je devais établir un top ten, je choisirais de m’en écarter, mais du coup évidemment à moi d’écrire l’article !

    Pas grand chose à se mettre sous la dent sur ce tournoi. 5 joueurs du Top 8 étaient en quarts de finale, sachant que les présences de Schwartzman et de Djoko en quarts ne peuvent être considérées comme des surprises.

    Nadal intouchable une fois de plus… Pour ses détracteurs, et aussi pour ceux qui l’apprécient mais qui voudraient juste un peu de nouvelles têtes, la bonne nouvelle c’est qu’il a lâché un set. Serait-ce un signe de déclin ? En tout cas il n’a pas été aussi impressionnant que l’année dernière. Pour le reste, il affiche une marge telle que la seule inconnue, comme nous le disions toi et moi il y a quelques semaines, c’était son physique. Roland Garros est plus fermé que jamais par le Majorcain. Comment le lui reprocher ?

    Je tempèrerais le parcours de Cecchinato. A entendre les commentaires, c’était le nouveau Guga ! Il a certes fait un tournoi magnifique, mais en termes de niveau de jeu je n’ai pas été si emballé que ça. Sa demi-finale, où il a tenu la dragée haute à Thiem pendant deux sets, me semble paradoxalement plus significative que ses victoires sur Goffin et Djoko. David était épuisé par son match sur deux jours disputé face à Monfils. Quant au Djoker, je l’ai trouvé hallucinant de fébrilité dans les moments importants de son quart de finale, il a décidément du mal à retrouver sa vista mentale dans les moments-clés d’un match, ce qui était précisément son point fort en 2015-2016 quand il alignait les grands titres. Il lui reste une immense marge de progression pour retrouver son meilleur niveau.

    Au final, la grande star de ce tournoi, qui aura un minimum bousculé la logique, c’est la pluie. Elle a sauvé Monfils et coupé Goffin dans son élan, obligeant le Belge à un long combat le lendemain face à un Gaël qui avait repris son souffle pendant la nuit ; et elle a donné des frissons à pas mal de gens, quand Schwartzman a mené 6/4 3/2 face à Nadal. Je ne doute pas une seconde que Rafa n’aurait pas eu besoin de la pluie pour se sortir de l’ornière, mais le voir perdre un set est en soi un événement trop rare pour ne pas le distinguer. Diego Schwartzman, moi, je le mettrais en n°2 de ton classement. Parce qu’il a été le seul à vraiment gêner Nadal, pas de bol pour lui il a croisé sa route en quarts. J’aurais bien voulu le voir affronter Thiem plutôt que Nadal avant la finale.

    • avatar
      13 juin 2018 a 10 h 05 min
      Par Guga57

      Grazie Enzo ;)

      Effectivement, pour le Top 10 je m’en suis tenu uniquement au « classement » final de ce RG 2018. Justement pour éviter de partir dans un débat du type « j’aurai mis Schwartzman devant Cecchinato ou Marterer devant Djoko etc. »

      Bon sinon pour en revenir au contenu de ce RG, j’ai l’impression que le résultat final ayant été anticiper depuis trois mois, ça a un peu gâché le plaisir et l’impression générale laissée par le tournoi. Alors certes ce RG 2018 n’est pas forcément un grand cru, mais par rapport à l’année dernière c’est quand même mieux je trouve.

      En première semaine on a vu quelques belles empoignades et sur la deuxième huitaine des matchs comme Cecchinato-Djoko ou Anderson-Schwartzman valaient quand même leurs pesants de cacahuètes non ?

      Sinon oui, d’accord avec toi, Cecchinato n’est pas le nouveau Guga, plutôt un Hicham Arazi ou un Philippe Dewulf (à voir comment le Sicilien va digérer les retombées de son RG car en Italie les gens sont dingues de lui maintenant).

      Pour Schwartzman, c’est effectivement lui qui mérite la mention « coup de cœur » sur cette édition 2018. Lui, comme Thiem voire meme Marterer et Bolelli, ont montré qu’il était possible de titiller Nadal dans son jardin.

      A ce propos je trouve le score de la finale très sévère car Thiem a vraiment réussi de belles choses par instants. Le souci c’est la gestion des points importants mais cela devrait venir. Faudrait déjà que Thiem gagne un Masters 1000, ca l’aiderait bcp dans la tête je pense.

      Enfin pour en revenir au roi de la terre, OK il est toujours énorme mais je l’ai quand même trouvé moins monstrueux qu’en 2017. Perso la question que je me pose c’est à partir de quand les Thiem, Zverev & compagnie franchiront-ils la barrière psychologique entre « Nadal semble prenable mais il est quand même injouable ! » et « Nadal a toujours l’air injouable mais en fait il est prenable ! ».

      C’est pas grand-chose mais au sortir de ce RG j’ai quand même l’impression qu’on est plus si loin que cela de la bascule. Pour Nadal, tout l’enjeu sera de ne pas faire l’année de trop….

  3. avatar
    13 juin 2018 a 9 h 54 min

    Salut Enzo,

    Il est certain que Djokovic a une énorme marge de progression, notamment sur le plan mental.
    Après, le 1er set, il est diminué au cou, ce qui met en confiance le Sicilien pour le 2e set qu’il gagne au tie-break.

    Si Nole gagne le 1er sans douleur cervicale, je veux bien revoir ce jeu decisive du 2e set. Et à 2 sets à 0 contre le Serbe, l’Italien aurait explosé comme ce fut le cas en demie contre Thiem …

    Cecchinato vaut beaucoup mieux que son ancient classement 72e mais désormais il va devoir justifier son nouveau rang (27e), et ce dès Wimbledon …
    Dans une Italie privée de Mondial et sans héros sportifs (Valentino Rossi ne sera pas éternel, idem pour Gigi Buffon ou le cycliste Vincenzo Nibali), le tennisman sicilien aura sans doute une énorme pression médiatique sur sa fin de saison.
    On verra s’il est capable de franchir ce palier, lui qui en effet n’est pas le nouveau Kuerten.
    Mais joli vent de fraîcheur sur ce tournoi …

    Le plus frustrant c’est que Nadal n’a pas été monstrueux, on le voit dans ses 3 derniers matches : 1er set perdu contre Schartzman, et gagné de peu face à Del Potro, pour ne pas dire offert sur un plateau par Thiem qui se fait breaker d’entrée à 0-2 puis en fin de set à 4-5 …

  4. avatar
    13 juin 2018 a 12 h 05 min
    Par Enzo29

    @ Guga & Axel,

    Pour le coup Guga je te trouve sévère avec l’édition 2017 : la demi-finale Wawrinka-Murray avait été monumentale. Entre 2017 et 2018 pour moi il n’y a pas photo, et par ailleurs en 2017 Nadal avait été tout simplement injouable. La finale contre Wawrinka est pour moi le match de référence de Rafa. Stan devait cumuler les efforts pour marquer un point, c’était hallucinant.

    Pour la bascule, je crois qu’elle dépend exclusivement de Rafa. Je ne suis pas certain qu’il y ait réellement un palier à franchir pour Thiem et Zverez au niveau mental, je crois surtout qu’ils ne sont pas au niveau tennistique. Mais il ne me viendrait pas à l’idée de le leur reprocher, Rafa a placé la barre tellement haut que même avec des sensations moyennes, des fautes plus nombreuses et quelques moments de déconcentration, il aligne un 11ème Roland Garros en ne perdant qu’un seul set.

    Et en effet Thiem n’a pas raté sa finale, qui a duré 2h42 alors qu’il n’a marqué que 9 jeux, c’est durement payé pour lui mais s’il était le premier… Parce que reste l’autre volet de Nadal, qu’il n’a même pas eu à solliciter cette année, à savoir sa capacité à sortir les meilleurs coups aux moments les plus chauds, lorsqu’il est VRAIMENT en danger. Je ne parle même pas ici du match contre Schwartzman, où il a simplement réglé sa longueur de balle et s’est bien reconcentré. C’est dire le niveau de Nadal. Donc il n’y a qu’une chose à attendre, qu’il baisse de niveau, tout simplement, car personne ne peut suivre. Vraiment personne.

    C’est pour ça que le public se console comme il peut, faute de suspense sur le vainqueur final. Et c’est là que Cecchinato a joué un rôle dans cette édition. Le match contre Djoko a été plein de rebondissements, avec un suspense irrespirable dans le dernier tie-break. Mais question niveau de jeu, pardon mais ça jouait top 15-top 20 sur terre battue, parfois plus côté Djoko, qui sur certaines séquences retrouvait son niveau d’antan.

    C’est comme si vous vous extasiez sur le parcours de Tsonga en 2015. Il fait certes demi-finale en battant Berdych et Nishikori, mais cette année-là la fin de tournoi a été marquée par deux matchs extraordinaires, la demi Djokovic-Murray et la finale Djokovic-Wawrinka. La différence entre 2015 et 2018, c’est qu’il n’y a pas eu de match de référence en 2018. Et faute d’en trouver un, on se rabat (plus ou moins consciemment) sur le grand match à suspense de cette édition, à savoir ce Djoko-Cecchinato. Mais ça n’engage que moi…

    Les plus beaux matchs du French Open (toujours selon moi) de la décennie écoulée :
    – Federer-Del Potro en 2009
    – Federer-Djokovic en 2011
    – Djokovic-Tsonga en 2012
    – Nadal-Djokovic en 2013
    – Murray-Djokovic en 2015
    – Djokovic-Wawrinka en 2015
    – Murray-Wawrinka en 2017

    • avatar
      14 juin 2018 a 9 h 35 min
      Par Guga57

      Pas faux Enzo, je suis p-e un peu severe avec l’edition 2017 mais j’avoue avoir pas mal apprecie certains matchs de l’edition 2018: Schwartzman-Anderson, Cecchinato-Djoko, Cilic-Fognini, Paire-Nishikori ou encore Monfils-Goffin. D’ou p-e mon manque d’objectivite par rapport a l’an dernier ;)

  5. avatar
    13 juin 2018 a 13 h 55 min

    Salut Enzo,

    Assez d’accord sur ta liste de “beaux matches” depuis 10 ans à RG. Le plus beau étant celui de 2011 juste devant celui de 2013 et en 3e, celui de 2017 selon moi.

    Pour Djokovic, par sequences il retrouve son tennis mais c’est trop furtif. Il lui manqué la résistance physique qu’il avait entre 2011 et 2016, mais surtout sa confiance, son mental.
    Rater des voles et des amortizes à la pelle, foirer des balles de set comme il l’a fait contre Cecchinato, son ancient sparring-partner à Monte-Carlo, montre la marge de progression du bonhomme.
    Et paradoxalement, la faiblesse du circuit actuel car malgré cela il arrive en 1/4 …
    Ce que Goffin, Dimitrov et les Français ne sont foutus de faire, et que Zverev realise en galérant comme pas possible avec 3 joutes en 5 sets.

    Bref, à part Nadal, peu de joueurs sortent grandsir de ce RG : Cecchinato of course, mais chez les cadors, Thiem, Del Potro et Cilic. Mention speciale à Diego Schwartzman qui a pris 1 set à Rafa, chapeau bas …

    Mais concernant Nadal on en revient toujours aux 4 memes raisons qui expliquent sa domination : son lift de martien, son mental en acier trempé qui le fait se batter sur chaque balle comme si sa vie en dépendait, son physique de stakhanoviste de la terre battue, et le fait qu’il soit gaucher ce qui en déroute plus d’un …

    Et un seul joueur, depuis 2005, avait trouvé la solution : Djokovic. Je mets de côté Soderling l’euphorique ou Federer qui n’a jamais tenu plus d’un set.
    Le Serbe a faille batter Rafa en 2013 avant de le faire en 2012. Il lui a collé 8 jeux de suite en 2012 en finale avant que la pluie ne s’en mêle.

    Donc pour moi, en 2019 et 2020, si Nadal garde ce niveau, vu la vitesse à laquelle Thiem et Zverev progressent, navré mais le seul espoir d’avoir du suspense c’est que le Djoker retrouve son veritable niveau de jeu.

    Rapidos sur les Français : vide abyssal, avec ou sans Tsonga de toute façon les Mousquetaires vieillissent et Lucas Pouille n’est pas de taille à gérer la pression du French à 24 ans. Bref il y a urgence et la fameuse Académie de la terre ferait justement bien de sortir de terre pour trouver un début de réponse au sujet du successeur de Marcel Bernard (1946) et Yannick Noah (1983). Car sinon combine de generation sacrifiées de jeunes tennismen / tenniswomen français(es) envoyées au casse-pipe Porte d’Auteuil.
    Mais la FFT pourra toujours se cacher derrière le projet d’extension pour dire qu’il y avait des priorités …

    Un dernier mot sur Murray et Wawrinka, oui c’est très inquiétant pour eux … Certes ils auront des wild-cards mais le temps de retrouver leurs sensations, d’autres se seront durablement installés dans le top 10 face à l’hydre Fedal : Del Potro, Cilic, les “jeunes”, Djokovic (que je vois mal aller en Laver Cup, il va tout donner pour briller à l’US Open, car à Wimbledon il sera encore un peu juste j’en ai peur) …
    C’est dingue de se dire que le Serbe ne sera sans doute pas au Masters, sauf énorme fin de saison … Car sur les 8 places, 6 sont déjà prises sauf cataclysme : Nadal, Federer, Zverev, Cilic, Del Potro et Thiem.
    Le reste du monde va se batter pour les 2 derniers strapontins, de Chung à Djokovic en passant par Goffin, Nishikori, Edmund …

    • avatar
      13 juin 2018 a 14 h 50 min
      Par Enzo29

      Salut Axel,

      Dans mon panthéon personnel, je garde un souvenir de choix de la finale de 2015. Stan était juste stratosphérique, totalement en feu pendant le 3ème set. Incapable de lâcher autre chose que des coups gagnants à quelques cm des lignes. Djoko, qui en avait pourtant vu d’autres, avait levé les bras en signe d’impuissance. In petto, il devait s’adresser à son adversaire, sur le mode “je t’en supplie Stan, calme-toi, redescends sur terre… Au secours les autres, quelqu’un pourrait aller chercher de la mie de pain pour le calmer ?” Un grand moment. D’ailleurs, je m’en rends compte maintenant, de tous les matchs que je cite, c’est la seule finale.

      Pour les Français, je retiendrai un petit détail du match Monfils-Goffin, détail anecdotique mais qui dit tout, absolument tout, de Gaël Monfils. C’est à la fin du quatrième, quand il se prend un avertissement pour dépassement de temps, alors qu’il semblait suffoquer dans les bâches. Un court instant il a un petit échange à distance avec Goffin, qui lui fait signe qu’il ne l’entend pas. Alors Gaël lui fait signe “je t’expliquerai après”.

      Pourquoi je trouve ça significatif ? Parce que nous sommes à la fin du quatrième set, le score est de 5/5, et l’urgence pour le Français est de laisser derrière lui l’avertissement qu’il vient de prendre, et de se reconcentrer sur le point qui vient. Mais non, lui songe au prochain changement de côté où il pourra s’expliquer avec son adversaire.

      • avatar
        14 juin 2018 a 9 h 39 min
        Par Guga57

        100% d’accord avec toi concernant la finale de 2015. Ce match restera le chef d’oeuvre de la carriere de Wawrinka je pense. Le Vaudois marchait litteralement sur l’eau ce jour-la.

  6. avatar
    14 juin 2018 a 9 h 11 min

    Salut Enzo,

    La finale 2015 fut d’un niveau de jeu très élevé, mais Djokovic et Wawrinka n’ont pas joué en meme temps au top. Le Serbe au 1er set, le Suisse les 3 suivants dont surtout le 3e.
    Avec ce fameux revers à une main de Stan passant à gauche du filet pour venir crucifier Nole …

    Personnellement je retiens les 2 premiers sets du Federer / Djokovic de 2011, et la demie Djokovic / Nadal de 2013 avec les 2 derniers sets en feu …

    Hors Roland depuis 2000, Roddick / El Aynaoui à l’OA 2003 en quarts, Safin / Federer à l’OA 2005 en demie, Nadal / Verdasco et Nadal / Federer à l’OA 2009 en demie puis finale, Djokovic / Nadal à l’OA 2012 en finale et Djokovic / Wawrinka à l’OA 2013 en huitièmes, Federer / Nadal à Wimbledon 2007 en finale, Nadal / Federer à Wimbledon 2008 en finale, Djokovic / Federer à Wimbledon 2014 en finale, Sampras / Agassi à l’US Open 2001 en quarts, Federer / Agassi à l’US Open 2005 en finale, Del Potro / Federer en 2009 en finale, Djokovic / Federer à l’US Open 2010 et 2011 en demie les deux fois, Djokovic / Nadal à l’US Open 2011 en finale, Federer / Del Potro aux JO 2012 en demie …

    Mais j’en oublie un bon paquet c’est certain

    • avatar
      14 juin 2018 a 13 h 59 min
      Par Enzo29

      Salut Axel,

      Cette finale de 2015, j’en garde un souvenir très précis, et pas le même que toi. Stan a effectivement démarré lentement et s’est fait breaker assez vite, mais dès le milieu du premier set il amis la pression sur le service de Djoko. A la fin du deuxième, et alors que Stan menait 5/4, il a frappé le filet de rage après une ènième balle de break ratée (il devait en être à 10-12 sur les deux premiers sets). Mais la suivante a enfin été la bonne, et le Djoker en a fracassé sa raquette de rage. Ca faisait un set partout, mais ça faisait aussi 1h20 que le Vaudois menait globalement les débats et que Djoko faisait de la résistance.

      C’est aussi un de ces petits moments qui me font penser que Djoko est un gros c… Il avait eu à sauver plein de balles de break, il avait surmonté l’épreuve à 10 reprises, le plus souvent en gagnant le point et non pas en attendant que Stan le lui donne. Et il jouait bien, vraiment bien. Casser sa raquette à ce moment-là, c’était révélateur, non pas du gars qui n’en met pas une, mais du gars qui ne supporte pas de perdre. C’est à ce genre de geste que Novak doit son déficit de notoriété. Quand il a enfin gagné en 2016, personne n’a pleuré dans les tribunes. A comparer avec Roger en 2009.

      La suite ? Stan sur un nuage au troisième set, avec un Djoko qui n’arrive pas à endiguer l’ouragan. Et un quatrième de toute beauté, très serré, avec des retournements de situation sur chaque jeu. Et un Djoko pourtant impérial qui ne parvient pas à faire redescendre Stan sur terre, même s’il le menace sur presque tous ses jeux de service. Jusqu’au revers “lucarne” de la balle de match.

      Au final, malgré ses quatre sets “seulement”, la plus belle finale de ces dernières années. Peut-être que j’attendais trop de la finale 2017, j’espérais vraiment que Wawrinka nous referait une séquence lévitation face à Rafa. Mais ce n’est pas possible, je crois, car la balle de Rafa est plus lourde que celle de Djoko sur terre, et pour marquer le point face à lui il faut aligner quatre ou cinq coups parfaits, et non pas un. C’est toute la différence, et c’est pour ça que l’Espagnol est aussi souverain sur terre.

  7. avatar
    15 juin 2018 a 9 h 47 min

    Salut Enzo,

    Federer est populaire car il parle français et qu’il se rend sympathique. Et puis il avait perdu 4 années de suite face à Nadal, or le public français aime les Poulidor et autres St-Etienne de 1976 ou France 82 de Séville … BRef les losers magnifiques !
    Soit le portrait robot de Fed Ex à Roland Garros entre 2005 et 2008.

    Djokovic, lui, c’était écrit qu’il finirait par battre Rafa et donc par gagner RG, la première digue sautant en 2015 et la seconde en 2016. Malgré ses pitreries de clown, et ses pleurs en finale en 2014 et 2015, le Djoker émeut moins le public que Fed. C’est ainsi.

    Pour avoir vu le dernier match de Fed à Paris en 2015, où il se fait justement étriller par Stanimal (je comprends alors que le Vaudois va aller au bout, meme avant que Nole ne dérouille Rafa le lendemain …), les gens à côté de moi en tribunes avaient peur de ne plus revoir le Bâlois Porte d’Auteuil. Or pour le moment il n’est jamais revenue (idem à Bercy sauf erreur de ma part), meme s’il parle d’une participation éventuelle en 2019.
    Mais Federer ne sera plus jamais un candidat au titre sur la brique pilée du XVIe arrondissement. Il l’a été entre 2005 et 2012, car entre 2013 et 2015 il n’était qu’un outsider parmi tant d’autres, étant sèchement sorti par Tsonga, Gulbis puis Wawrinka.

    Quant aux finales de Roland, depuis 40 ans je sortirais du lot 1981, 1984, 1991, 1993, 1999, 2000, 2004 et 2015, c’est à peu près tout …

Répondre à Enzo29 Annuler la réponse.

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>

Retrouvez Your Zone sur

Compatible Smartphone & Tablette

Iphone & iPad

Abonnez-vous à la Newsletter