Les petites histoires de Roland-Garros
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Les petites histoires de Roland-Garros

Comme chaque tournoi, Roland-Garros possède ses anecdotes, rentrées dans la légende au fil des années sur l’ocre parisien de la Porte d’Auteuil.

1928, les origines de Roland-Garros et le paradoxe de la notoriété

Mort le 5 octobre 1918 à l’âge de 29 ans, Roland Garros fut le premier homme à effectuer la traversée de la Méditerranée en avion en 1913, comme d’autres ont traversé la Manche (Louis Blériot en 1909) ou l’Océan Atlantique (Charles Lindbergh en 1927). Surnommé Cloud Kisser par les Américains, l’homme qui flirtait avec les nuages, Roland Garros était diplômé d’HEC (promotion 1908). Il avait découvert l’aviation en 1909, à l’occasion d’un meeting aéronautique en Champagne, à Reims. Amateur de rugby, Garros avait été adhéré en 1908 au Stade Français, parrainé par un ancien camarade d’HEC, Emile Lesieur. Puis, le natif de la Réunion s’était envolé dans le ciel belliqueux de la Première Guerre Mondiale. Moins connu qu’un as tel que Guynemer, Roland Garros ne se sentait bien qu’en tête de son escadrille … Comptant quatre victoires à son tableau de chasse, Roland Garros n’aura manqué le statut d’as que pour une seule victoire (un pilote n’était honoré du titre d’as de l’aviation qu’à la cinquième victoire aérienne). Le 23 septembre 1913, il avait accompli un exploit en traversant la Méditerranée. Décollant de Saint-Raphaël à bord d’un Morane Saulnier, Roland Garros s’était posé à Bizerte, en Tunisie, après un vol de 7 heures et 53 minutes. La Mare Nostrum était vaincue. Parti en tournée en Amérique du Sud avant son exploit méditerranéen, Roland Garros laissera un grand souvenir en Argentine, deux décennies avant un autre célèbre aviateur français, l’archange Jean Mermoz. Aviateur, pilote de l’armée de l’air, Roland Garros n’a aucun lien direct avec le tennis. Mais pourquoi le stade des Internationaux de France fut-il baptisé Roland Garros ? L’Histoire commence en 1927 … cette année là, l’équipe de France de tennis remporte la Coupe Davis face aux Etats-Unis du génial Bill Tilden. A Philadelphie, sur le gazon du Germantown Cricket, les Américains s’inclinent face aux Mousquetaires … René Lacoste, Henri Cochet, Jean Borotra et Jacques Brugnon réalisent donc l’exploit … En effet, les Etats-Unis étaient invaincus en Coupe Davis depuis 1920. Tilden et les siens restaient sur sept titres consécutifs ! Nanti d’un palmarès colossal, Bill Tilden était de plus le meilleur joueur des années 20, ayant remporté six titres de rang à l’US Open, de 1920 à 1925, sans oublier des victoires à Wimbledon en 1920 et 1922. L’exploit des quatre mousquetaires français est donc sensationnel … Vainqueurs 3-2, les Français ont gagné le point décisif dans le simple entre René Lacoste et Bill Tilden. L’Américain, vainqueur de son premier simple face à Henri Cochet, avait rapporté un deuxième point aux Etats-Unis en double, où il était associé à Francis Hunter, face à la paire française Borotra – Brugnon. Mais celui qu’on surnommait le Crocodile était un excellent joueur de gazon … Vainqueur à Wimbledon en 1925 et 1928, finaliste en 1924, René Lacoste parvint donc à battre l’immense Bill Tilden … Très fair-play, les Américains encensent leurs vainqueurs. Malgré la prohibition, l’alcool coule à flot pour fêter la victoire française. Le premier saladier d’argent de l’équipe de France est célébré au champagne. Merveilleux ambassadeurs du tennis français, les quatre Mousquetaires sont fêtés dans une Amérique qui ne connaît pas encore la grande dépression, celle qui sera consécutive au jeudi noir d’octobre 1929 … L’équipe de France a même l’honneur d’une parade sur la Cinquième Avenue de New York. C’est un bijoutier new-yorkais qui grave le nom de l’équipe de France sur le socle du trophée de la Coupe Davis, le saladier d’argent. Une ticker-tape parade est donc organisée … Du haut des gratte-ciel new-yorkais, le contenu de corbeilles à papier s’abat comme une pluie divine sur Lacoste et ses coéquipiers … L’équipe de France de tennis et son capitaine, Pierre Gillou, rentrent au pays par une traversée en Atlantique sur le paquebot France. L’arrivée se fait au port du Havre. Lors d’un déjeuner au Havre Athletic Club, la conversation aborde le sujet de la revanche en 1928, probable, avec ce diable de Tilden, colosse virtuose capable des plus grands exploits, et ses Américains … Où l’équipe de France, qualifiée pour la finale de la Coupe Davis 1928 par le biais du challenge round, va-t-elle pouvoir recevoir son challenger ? Les Internationaux de France 1927, qui ont vu la victoire de Lacoste sur Tilden en finale, se sont déroulés sur les courts du Racing Club de France, dont Pierre Gillou est président. Mais les infrastructures du Racing, tout comme celles de son voisin, le Stade Français, sont bientôt trop médiocres pour recevoir dignement l’équipe des Etats-Unis pour un évènement aussi important que la finale de la Coupe Davis. Accueillis en héros à la gare Saint-Lazare, reçus à l’Elysée par le président de la République Gaston Doumergue, les Mousquetaires sont le centre de toutes les conversations. La finale de la prochaine Coupe Davis, en 1928, est sur toutes les lèvres … Toute la France veut savoir où se jouera cette rencontre tant attendue. Dans le quartier d’Auteuil, la concession du stade omnisports de 3 hectares appartenant à la Société Générale et à son club, le CASG, arrive à échéance en cette année 1927. La mairie de Paris, propriétaire du terrain, lance un appel d’offres. Les propositions affluent pour reprendre ce terrain providentiel. Finalement, après de longues négociations entre tous les prétendants, une alliance entre le Racing Club de France et le Stade Français émerge … Leurs présidents respectifs, Pierre Gillou et Emile Lesieur, vont alors faire construire un stade sur leurs deniers personnels. L’accord Racing – Stade Français est signé le 8 décembre 1927. Emile Lesieur n’est pas inconnu des amateurs de rugby. En effet, en 1905, ce joueur inscrivit le premier essai de l’Histoire du XV de France, contre l’Angleterre. Il s’agissait du deuxième essai de l’équipe, mais le premier avait été inscrit par un Américain du Racing Club de France, un certain Allan Muhr. De plus, Lesieur a remporté deux fois le Bouclier de Brennus avec le Stade Français, en 1903 et 1908. Ailier véloce, Emile Lesieur fut aussi champion de France d’athlétisme, sur 100 et 400 mètres, en 1906. Une seule contrepartie est exigée par Lesieur, en échange de sa participation financière à la construction de ce stade … que la nouvelle enceinte porte le nom d’un membre du Stade Français, un ancien ami et condisciple rencontré à HEC, partenaire occasionnel de tennis, un certain Roland Garros, aviateur décédé en 1918 à Vouziers, sur le front des Ardennes … Emile Lesieur fut aussi pilote de chasse pendant la Première Guerre Mondiale, réchappant à l’enfer des airs. Loin du prestige d’as tels que Georges Guynemer ou Charles Nungesser, Emile Lesieur mourut en 1985. Je ne sortirai pas un sou de mes caisses si on ne donne pas à ce stade le nom de mon ami Garros, affirme donc Lesieur en 1927, qui obtiendra finalement gain de cause … Le stade est composé de tribunes entourant un court en terre battue. La surface ocre va devenir, petit à petit, le symbole du tennis parisien. En 1928, sur la nouvelle enceinte baptisée Roland-Garros, la France conserve la Coupe Davis arrachée à Philadelphie en 1927, sur le score de 3-2. Cette victoire assure la survie de l’enceinte, dont les travaux ne seront achevés qu’en 1930 ! L’équipe de France gagnera six Coupes Davis consécutives, de 1927 à 1932. Il faudra ensuite patienter jusqu’en 1991, avec Henri Leconte et Guy Forget, pour voir la France gagner à nouveau le saladier d’argent. Ironie du sort, dans cette finale disputée à Lyon, l’équipe dirigée par le capitaine Noah avait battu les Etats-Unis, emmenés par un jeune duo, Agassi – Sampras. Et les Internationaux de France 1928, disputés sur terre battue dans ce nouveau stade de Roland-Garros, sacrent Henri Cochet, qui bat son complice chez les Mousquetaires, René Lacoste. Les Mousquetaires trustent les victoires jusqu’en 1932, l’Américain Jack Crawford interrompant la razzia française en 1933.

1946, la victoire miraculeuse de Marcel Bernard

En juillet 1946, après la Seconde Guerre Mondiale, tous les joueurs sont impatients de retrouver la brique pilée parisienne. Comme d’autres, Marcel Bernard a perdu ses plus belles années de sportif dans le conflit mondial de 1939-1945. Son palmarès est vierge, Bernard s’inscrit en double messieurs et en double mixte avec l’espoir de gagner un titre. Rapidement c’est la douche écossaise car sa partenaire de double mixte, l’Américaine Pat Todd, déclare forfait pour se consacrer au simple dames. Une chance de moins de gagner un titre, s’écrie Bernard. Mais la providence veille sur lui. La plainte du joueur français n’est pas tombée dans l’oreille d’un sourd … Le juge arbitre Jean Brouquier, présent à ces côtés à ce moment, se retourne alors vers Marcel Bernard : Marcel, il y a aussi une défection en simple, tu peux prendre la place … Qu’est-ce que tu risques ? A court d’entraînement, manquant de rythme et de compétition, le gaucher réfléchit quelques instants et accepte le défi. Il a devant lui un long marathon de sept tours, les premiers lui servant d’échauffement afin de se refaire une santé. En demi-finale, Bernard bat en cinq sets son partenaire de double, Yvon Petra, qui vient de gagner Wimbledon (joué exceptionnellement avant Roland-Garros cette année là). En finale, Marcel Bernard affronte Jaroslav Drobny, un gaucher tchécoslovaque, favori du match car beaucoup plus frais physiquement que le Français. La pression qui pèse sur les épaules de Marcel Bernard, telle une épée de Damoclès, lui fait perdre les deux premiers sets 6-3, 6-2. Mais la remontée fantastique va débuter. Point après point, jeu après jeu, le Français recolle au score. Deux sets à un, deux sets partout, et victoire 6-3 après une cinquième manche d’anthologie. Le soir, Marcel Bernard fête ça avant de revenir sur l’ocre le lendemain, où il triomphe en double avec Yvon Petra, exploit qui sera égalé en 1996 par le Russe Evgueni Kafelnikov (vainqueur en simple face à l’Allemand Michael Stich, et lauréat en double avec le Tchèque Daniel Vacek contre la paire Gury Forget / Jakob Hlasek). Passé à deux points de la défaite en quarts contre Budge Patty, Bernard, 32 ans, triomphe en simple le samedi 27 juillet aux dépens de Jaroslav Drobny - là aussi en cinq sets. C’est un scenario bien réglé et qui plaît. Il y a eu la guerre, l’arrêt des Internationaux. Et je suis le Français qui revient après avoir été mené deux sets à rien. Quand je finis par gagner, l’ovation est monstre, écrira Bernard à propos de cette finale. Le lendemain, c’est associé à Yvon Pétra qu’il revient sur le court pour clôturer en fanfare ces Internationaux de France 1946, s’imposant cette fois en double - toujours en cinq sets, toujours sur un Central bondé ! Avec Yvon, nous avions fêté mon titre chez Patachou, à Montmartre, et nous ne nous sommes pour ainsi dire pas couchés, reprend Bernard pour expliquer le trou d’air qui leur vaut de perdre les troisième et quatrième sets 6/0 et 6/1, et être encore menés 5-2 au dernier set. Mais quand ils inversent la tendance pour finalement l’emporter 10/8, les sifflets du public cèdent place aux acclamations : Le stade est en délire !, n’hésite pas à dire Bernard. D’avoir été frustrés de tennis pendant les années de guerre nous avait donné un incroyable appétit de jouer, estime Beranrd Destremeau, huitième de finaliste quant à lui. Nous brûlions d’une passion intense pour le jeu, qu’à titre personnel je n’ai connue à aucun autre moment dans ma vie, ni avant, ni après. Et puis nous retrouvions nos amis, nos petites femmes, la foule nous encourageait comme on fête de vieux amis… C’était toute une atmosphère, et c’est probablement cet élan qui a pu, un temps, compenser le retard sportif que nous avions pris. Ces succès inespérés sont aussi une catharsis collective, l’expression d’une fierté retrouvée : A force d’entendre dire pendant quatre années par une propagande à la solde de l’ennemi que nous étions un peuple fini et rachitique, nous sommes trop souvent enclins à ne pas croire à notre force et à notre puissance, écrivent René Mathieu et P-R. Waltz dans l’édito du magazine Smash du dernier trimestre 1946. Sur les décombres de la guerre était née l’une des plus belles et des plus inattendues pages du tennis français.

1946, les précautions de Jack Kramer

Les Internationaux de France 1946 débutent le 18 juillet, devant une assistance massive qui entend reprendre son existence là où elle l’avait laissée en septembre 1939… et ce malgré un contexte toujours affleurant : Les premiers grands tournois d’après-guerre se jouaient dans des conditions inimaginables, note Bernard Destremeau. Nous avions de la peine à trouver de quoi nous vêtir et pour nous nourrir correctement, il fallait échafauder des combinaisons parfois rocambolesques. La plupart des joueurs étaient encore amaigris, mal nourris. Certains finissaient les matchs au bord du malaise. C’est que les difficultés de ravitaillement sont encore d’actualité sur le sol français en 1946, si bien que le marché noir a encore de beaux jours devant lui. On trouve des légumes, de la salade, des tomates, mais peu de viande, de poisson et même de pain. Pour pallier ces manques, les meilleurs Français multiplient d’ailleurs les tournois sur invitation en Suisse ou en Suède, moins touchés par les pénuries. Les Américains, eux, prennent leurs précautions avant de se rendre dans cette Europe ravagée : Jack Kramer traverse ainsi l’Atlantique avec de la viande fraîche dans ses bagages… pour mieux se la faire confisquer par la douane en accostant !

1956, Art Larsen et la magie de l’alcool

Génial gaucher au toucher de pianiste, l’Américain Art Larsen avait été traumatisé par la Seconde Guerre Mondiale. Il croit en permanence avoir un aigle perché sur son épaule, gagne l’US Open en 1950 à Forest Hills et atteint la finale de Roland-Garros en 1954 … Le joueur boit et fume jusqu’au petit matin, parfois à quelques heures de rencontres qu’il remporte malgré tout. En 1956, fidèle à sa légende, Larsen bat le Français George Deniau au troisième tour (6-0, 6-2, 6-2), et lui explique après la poignée de mains : J’étais saoul hier et quand j’ai trop bu, personne ne peut me battre !  Sa carrière s’interrompt quelques mois plus tard, en novembre 1956, un accident de moto en Californie le laisse borgne et inapte pour le tennis.

1966, la cheville de Tony Roche et le fair-play d’Istvan Gulyas

Vainqueur sur l’ocre parisien en 1966, le joueur australien Tony Roche doit une partie de son trophée à son rival hongrois Istvan Gulyas. En effet, se blessant à la cheville en demi-finale du tournoi double, Roche est diminué pour la finale. Mais avec une sportivité de gentleman, son adversaire accepte la proposition de la Fédération australienne de tennis de décaler la finale du simple messieurs de 24 heures … En trois sets secs (6-1, 6-4, 7-5), Tony Roche, classé tête de série n°3, s’impose donc à Roland-Garros … En arrivant à Roland-Garros en 1966, je savais que j’avais une chance réelle de l’emporter. J’avais atteint la finale l’année précédente, et là je venais de gagner à Rome et à Prague avant d’arriver à Paris. Quand j’ai vu que mes compatriotes perdaient les uns après les autres alors que je passais les tours sans trop de problèmes, j’ai commencé à me dire que mon tour était venu. A l’époque, l’Australie formait les meilleurs joueurs du monde et il n’était pas rare de voir trois, voire quatre d’entre nous dans le dernier carré des Grands Chelems. Alors quand François Jauffret a battu Roy Emerson, que je devais affronter en demies, j’ai pensé que je n’avais plus le droit de laisser échapper le titre. Mon tour était venu. A l’époque, la finale hommes de Roland-Garros se jouait le samedi. Ce sont les femmes qui refermaient le tournoi le dimanche, ainsi que la finale du double messieurs. Le vendredi après-midi, je jouais ma demi-finale de double avec John Newcombe, contre une paire américaine, Clark Graebner et Dennis Ralston, lorsque je me suis tordu la cheville en montant au filet. Nous avons dû abandonner : je ne pouvais plus marcher. J’ai été emmené à l’hôpital, où le docteur m’a dit qu’il n’y avait aucune chance que je puisse jouer la finale du simple le lendemain. Les responsables de notre délégation – venant de l’autre bout du monde, nous voyagions toujours en groupe – ont donc été demander à l’organisation s’il y avait la moindre possibilité de reporter le match d’une journée. La Fédération française leur a répondu qu’elle n’y voyait pas d’inconvénient… dès lors que les autres joueurs concernés étaient eux-mêmes d’accord. Ils ont donc été voir mon adversaire, Istvan Gulyas, un Hongrois qui avait déjà 34 ans et pour qui cette finale était probablement la dernière chance de gagner un tournoi du Grand chelem. Malgré l’enjeu, il a tout de suite accepté. Puis ce sont les finalistes dames qui ont accepté d’avancer leur finale au samedi. J’ai eu beaucoup de chance de tant de sportivité de la part d’autant de monde. Pendant que l’équipe accomplissait toutes ces démarches, je recevais des injections d’anti-douleurs dans la cheville et, le dimanche, j’ai pu tenir ma place sur le court. Et j’ai gagné cette finale que je n’aurais même pas dû pouvoir jouer. Je sais tout ce que je dois à la générosité d’Istvan. Cela donne à cette victoire une saveur très spéciale. Je ne sais pas si quelqu’un serait capable d’un tel geste aujourd’hui – ni si quelqu’un l’avait déjà fait avant lui dans un moment aussi important. J’ai un immense respect pour Istvan. Je ne le connaissais pas vraiment : il ne parlait pas anglais et, venant de d’autre côté du Rideau de fer, ne jouait pas souvent les mêmes tournois que nous mais sur le court, c’était un gentleman, un de ces joueurs avec lesquels il n’y avait jamais d’embrouilles. Après, le personnage était étrange. Je me rappellerai toujours qu’il se parlait entre les points. A chaque fois qu’il manquait un coup, il s’excusait auprès de lui-même : ‘Pardon, Vischy’.” C’était un type très spécial.

1968, les débuts de l’ère Open pendant mai 1968

Du festival de Cannes au championnat de France de football, les évènements de mai 1968 provoquent l’annulation de toutes les manifestations populaires… sauf du tournoi de Roland-Garros ! Dans une France qui tourne au ralenti, le tournoi fait le plein de spectateurs. La télévision et les journaux sont en grève, on compte 64 forfaits au total dans les tableaux de simple, mais les Parisiens se passent le mot et se pressent au stade pour célébrer le début de l’ère Open, décrété seulement deux mois plus tôt : après 20 ans de scission, les professionnels peuvent enfin rejouer les Internationaux avec les amateurs. Demi-finaliste à l’âge de 39 ans, c’est d’ailleurs l’un d’eux, l’Américain Pancho Gonzales, qui l’emporte à l’applaudimètre. Mais la finale est un « classique », avec face-à-face les deux meilleurs pros du moment, les Australiens Ken Rosewall et Rod Laver. Le premier s’impose en 4 sets (6/3 6/1 2/6 6/2), quinze ans après sa première victoire parisienne, et empoche les 50.000 francs promis au vainqueur (on estime que 50.000 francs de 1968 valent environ 36.000 euros).

1976, le plongeon de Panatta

Au premier tour, le champion italien Adriano Panatta se retrouve proche de la sortie face à Pavel Hutka. Mais Panatta réalise un plongeon au filet pour poser une merveille de volée de coup droit. Evitant l’élimination, l’Italien gagnera ensuite le tournoi, non sans avoir éliminé en quart de finale l’épouvantail suédois Bjorn Borg, il est vrai éprouvé par un huitième de finale en cinq sets (10/8 au cinquième set) contre le local François Jauffret.

1978, le rouleau-compresseur Borg

Défait en 1976 par Panatta, absent en 1977 (suspendu par Philippe Chatrier), Borg retrouve son trône en 1978. Mais le bulldozer de Scandinavie ne fait pas les choses à moitié, en ne perdant aucun set et surtout en ne concédant que 32 jeux en 7 matches, dont 12 en huitième de finale face à Roscoe Tanner. A titre de comparaison, Rafael Nadal ne fera pas mieux que 41 jeux concédés en 2008 et 53 jeux en 2012, Borg étant son propre dauphin avec 38 jeux perdus lors de l’édition 1980.

o  6/1 6/1 6/1 au premier tour face à Eric Deblicker (3jeux concédés, 3 en cumulé)

o  6/0 6/1 6/0 au deuxième tour face à Rick Fagel (1jeu concédé, 4 en cumulé)

o  6/0 6/2 6/2 au troisième tour face à Paolo Bertolucci (4jeux concédés, 8 en cumulé)

o  6/2 6/4 7/6 en huitième de finale face à Roscoe Tanner (12jeux concédés, 20 en cumulé)

o  6/3 6/3 6/0 en quart de finale face à Raul Ramirez (6jeux concédés, 26 en cumulé)

o  6/0 6/1 6/0 en demi-finale face à Corrado Barrazutti (1jeu concédé, 27 en cumulé)

o  6/1 6/1 6/3 en finale face à Guillermo Vilas (5jeux concédés, 32 en cumulé)

1981, le pétage de plombs de Telscher

Le 26 mai 1981, le jeune Américain Eliot Telscher bat le Roumain Ilie Nastase (lauréat du French Open en 1973) au premier tour de Roland-Garros. Rien d’extraordinaire jusqu’ici, sauf qu’après la balle de match, le vainqueur saisit par le col l’arbitre chaise Patrick Flodrops et se met à le secouer avec une violence inouïe. Evitant de peu la suspension, Telscher écope de 2 000 dollars d’amende. La raison de l’agression est complètement stupide et futile sachant qu’Eliot Telscher a ensuite gagné cette rencontre : pour l’Américain, l’avant-dernière balle du match lui aurait été volée ! Paranoïaque, Telscher pensait que l’arbitre souhaitait sa défaite. Il faut dire que le facétieux et charismatique Ilie Nastase avait le public dans sa poche pour ce match …

1982, le canular de Nastase

Le 30 mai 1982, la paire Ilie Nastase / Bob Hewitt affronte le double italien Panatta / Bertolucci. Se rappelant d’une exhibition à Caracas où Adriano Panatta avait failli ne pas jouer le match à cause d’un chat noir, Nastase va voir le chef d’équipe Mabrouk. Contre 500 dollars, le Roumain s’offre un chat noir qu’il cache dans son sac. Bob Hewitt craint la disqualification mais Nastase, lui, spécule sur la superstition de Panatta. Durant l’échauffement, le Roumain libère le chat noir en direction des Italiens. Voyant l’animal court partout sur la terre battue, le public est mort de rire. Mais Panatta, fou de colère, se dirige vers Nastase et l’insulte. Perdant ses moens, l’Italien sombre et son partenaire Bertolucci avec lui. Nastase et Bob Hewitt l’emportent 6-2, 6-4 en moins d’une heure …

1982, le fair-play de Mats Wilander

En demi-finale de l’édition 1982, à 6-5 en sa faveur au quatrième set contre l’Argentin José Luis Clerc, le Suédois bénéficia d’une décision favorable de l’arbitre français Jacques Dorfmann sur un coup droit de son rival argentin. Pourpre de colère, ce dernier vit Wilander contester la décision de l’arbitre et remettre en jeu cette balle de match alors que Dorfmann avait déjà prononcé les quatre mots suivants : Jeu, set et match, Wilander ! Finalement vaincu 7-5 dans cette quatrième manche, Clerc pouvait se consoler en se disant que Mats Wilander, pour son baptême du feu parisien, avait éliminé le vice-champion sortant Ivan Lendl en huitième de finale, avant de s’offrir le scalp du redoutable Vitas Gerulaitis. Et en finale, l’Argentin verra son compatriote Guillermo Vilas (lauréat de l’édition 1977) défait par ce jeune Suédois de 17 ans, digne héritier d’un certain Bjorn Borg à Paris.

1984, la colère de McEnroe contre NBC

Durant le troisième set de la finale en 1984, alors que le score est de 6-2, 6-3, 1-1 en faveur de John McEnroe contre Ivan Lendl, le gaucher américain va soudainement péter les plombs. Au service, le virtuose américain est déconcentré par un bruit provenant  du casque d’un preneur de son de la chaîne de télévision NBC. La voix du réalisateur de NBC parvient en écho, sous forme de grésillement, aux oreilles de Big Mac. Ce dernier se met à hurler Shut Up après avoir perdu un point sur son service. La déconcentration, qui aurait pu être temporaire, va relancer cette finale que Lendl gagnera en cinq sets, match maudit pour McEnroe qui ne soulèvera jamais la Coupe des Mousquetaires à Paris. Dommage car il gagna 82 matches pour seulement 3 défaites en cette année 1984 où il marcha sur l’eau … 3 défaites, dont la finale de Roland-Garros !

1985, Connors furieux contre l’arbitre

Les polémiques d’arbitrage sont aussi vieilles que le tennis … En 1970, craignant l’incident entre Ion Tiriac et Jan Kodes, qui ne s’apprécient pas du tout, Jacques Dorfmann délaisse exceptionnellement son bureau pour surveiller une bonne partie de la rencontre depuis les tribunes pleines à craquer du court numéro 2. Bien que battu au premier tour en 1979, Ilie Nastase se fait énormément remarquer. Lors de son premier tour contre Manuel Orantes, le Roumain tente de tirer l’arbitre Patrick Flodrops par la jambe. Viens me montrer la marque, saute de ta chaise ! Durant le tournoi, il lâche cette réflexion : On nous demande d’être des professionnels et nous n’avons même pas d’arbitres professionnels. Personne n’a oublié Connors grimpant sur la chaise de l’arbitre pour contester une décision lors de son huitième contre Cancellotti en 1985. En 1981, l’Américain conseille à l’arbitre de son quart de finale, Chaw Luu, d’arrêter de fumer de l’herbe, geste à l’appui. Quatre ans plus tard, on voit donc Connors monter sur la chaise d’arbitre pour régler un contentieux lors de son match contre Francesco Cancellotti. En 1987, lors de son premier tour contre Ivan Kley, le Français Yannick Noah ne met pas de gant lorsqu’il s’en prend à l’arbitre : Vous êtes con ou quoi ?. Un an plus tard, le lauréat de l’édition 1983 accuse son adversaire Emilio Sanchez de vouloir chaparder et lui conseille d’arrêter son numéro lors d’un changement de côté. Arrête de tricher, Emilio ! En 1984, Jose Higueras fait rire tout le central pour la première fois de sa vie : il se met à genou devant l’arbitre pour le supplier de donner raison à l’Américain, qui rouspète à chaque fois qu’une balle s’approche de la ligne. A la demande d’Higueras, point pour McEnroe. Victime à son tour d’une erreur quelques points plus tard, Higueras ne verra pas McEnroe, plus désagréable que jamais ce jour-là, lui rendre la monnaie. Deux tours plus tard, McEnroe se fait sermonner par Connors entre deux points. Tu te comportes vraiment comme un gamin, t’as l’âge mental de mon fils ! En 1988, McEnroe est l’auteur d’une contestation très spectaculaire, mais vaine, lors de son match contre Ivan Lendl. L’ancien numéro un mondial s’agite pendant près de 10 minutes pour que l’arbitre descende voir une trace. Un adjoint du juge-arbitre doit intervenir pour supplier au public de faire moins de de bruit. Lors de la finale 1991, Jim Courier fait comme Jimmy Connors en 1985 et monte sur la chaise d’arbitre pour l’intimider. Mais Bruno Rebeuh ne revient pas sur la décision contestée et Courier se tourne vers Connors, qui commente pour la télévision américaine : Hey Jimmy ! Quand c’est toi qui faisais ça, ils descendaient de leur chaise ! En 1995, Sergi Bruguera, le double tenant du titre, reste planté au pied de la chaise de Soeren Frimel pendant quatre minutes lors de son huitième de finale contre le Suédois Magnus Larsson. Mais une fois de plus, l’arbitre ne cède pas et ne descend pas voir la trace que l’Espagnol trouve douteuse.

1988, le parapluie d’Agassi

Pour son premier Roland-Garros, un jeune Américain de 18 ans natif de Las Vegas se hisse en demi-finale. Il faut toute l’expérience de Mats Wilander pour venir à bout d’Andre Agassi. Mais le natif du Nevada laisse une image inoubliable, se réfugiant sous un parapluie noir alors que le ciel est capricieux sur Paris …

1988, Graf expéditive en finale

1988 marque le climax de Steffi Graf, qui s’attire tous les superlatifs et va tutoyer la perfection. Lauréate à Roland-Garros en 1987, l’Allemand impose sa férule et son sceau au tennis féminin avec une rare violence en 1988 : Grand Chelem (telles Maureen Connolly en 1953 et Margaret Court Smith en 1970) et médaille d’or aux Jeux Olympiques de Séoul ! Si l’exploit de Graf est de détrôner Martina Navratilova sur le gazon londonien, (sextuple tenante du titre à Wimbledon), sa finale sur la brique pilée de la Porte d’Auteuil vaut également le détour … Car il ne fallait pas arriver en retard sur le Court Central en ce samedi 4 juin 1988 … En seulement 34 minutes de jeu, la Soviétique Natalia Zvereva, paralysée par l’enjeu, est littéralement atomisée, laminée, éparpillée  façon puzzle, pulvérisée par Stephanie Graf : 6-0, 6-0 …

1988, la patrouille de France et Michel Sardou

Pour les soixante ans du stade Roland-Garros, la FFT met les petits plats dans les grands. Le jour de la finale messieurs entre Henri Leconte et Mats Wilander, la Patrouille de France survole le stade parisien en hommage à l’aviateur qu’était Roland Garros, tandis que le chanteur Michel Sardou enchante une Marseillaise a cappella, quelques heures après l’inauguration d’une place située à proximité du court central, place rendant en hommage aux Mousquetaires français des années 20 et 30 en présence de deux d’entre eux, René Lacoste et Jean Borotra. Cette triple cérémonie va encore un peu plus crisper Leconte qui sera expédié en trois sets par Wilander, le Suédois gagnant lui son troisième  titre Porte d’Auteuil après ceux glanés en 1982 et 1985.

1989, les fleurs de Monica Seles

La Yougoslave gagnera trois années de suite à Paris, en 1990, 1991 et 1992 (avec un troisième set arraché 10-8 contre Steffi Graf). Mais la première image inoubliable de Monica Seles est sa première apparition sur le court central, au 3e tour de l’éidtion 1989, les bras chargés de fleurs… pour son adversaire Zina Garrison. Cette année là, Seles se hisse dans le dernier carré, seulement stoppée par Steffi Graf en 3 sets.

1989, le service à la cuillère de Chang

Quand il débarque à Paris, Lendl est en train de vivre une année 1989 faste. Il a remporté 34 matches sur 36 et cinq tournois, dont l’Open d’Australie. Il est archi-favori de Roland-Garros. Michael Chang a 17 ans et ne dispute que son 5e tournoi majeur… Le match Chang / Lendl demeure sans doute l’un des plus improbables de l’histoire du tennis. Tant que la rencontre a épousé la logique tennistique, Lendl l’a survolée. Il mène deux sets à rien, étouffe Chang de sa puissance. Puis le match bascule peu à peu dans l’irrationnel. Chang ne va alors pas dominer Lendl tennistiquement, mais psychologiquement. Le gamin, va mentalement détruire le grand, le champion, le numéro un mondial. Sensation jouissive pour Chang et le public, soudé derrière lui, terrible pour Lendl, cherchant désespérément à appliquer des solutions rationnelles à une situation qui ne l’était plus. Même les crampes de Chang, dans le 5e set, deviendront un atout pour le jeune Américain. Lendl, le cerveau en fusion, finira par commettre une double faute sur la balle de match, avec Chang planté juste derrière le carré de service… Même ceux qui n’étaient pas nés connaissent cette histoire. C’est la victoire de l’espièglerie, symbolisée par ce service à la cuillère. Chang gagnera le tournoi derrière contre Stefan Edberg.

1990, la perruque d’Agassi

En 2009, dans son autobiographie Open, Andre Agassi raconte qu’avant la finale de Roland Garros en 1990, il avait prié non pour la victoire, mais pour que [sa] perruque ne tombe pas. A la veille du match, c’est le fiascoJe prenais ma douche et j’ai soudain senti ma perruque tomber. Agassi appelle son frère à la rescousse : Nous avons utilisé vingt clips. “Tu penses que ça va tenir ?”, lui ai-je demandé. “Oui, si tu ne bouges pas trop”, répondit-il. Pas forcément pratique quand il s’agit de disputer sa première finale d’un tournoi du Grand Chelem. Agassi pense que ses soucis de perruque ne sont pas pour rien dans sa défaite contre Andrés Gómez : A chaque bond, je l’imaginais tombant dans la terre. Je voyais des millions de téléspectateurs se rapprocher de leurs écrans, les yeux écarquillés, se demandant, dans des dizaines de dialectes et de langues, comment les cheveux d’Andre Agassi étaient tombés de sa tête. On s’en doute rétrospectivement, à la lumière de son changement de coiffure : sa perruque avait pour but de masquer sa calvitie. C’est l’actrice Brooke Shields, qu’il épousera en 1997, qui l’a persuadé de couper ses cheveux restants : Elle m’a dit que je ferais mieux de raser mon crâne. C’était comme suggérer de m’arracher toutes mes dents. Néanmoins, j’y ai réfléchi pendant plusieurs jours, j’ai pensé aux angoisses que cela provoquait, à l’hypocrisie et aux mensonges.

1991, Connors au bout de ses forces

A 39 ans, le vieux loin est sorti par le vainqueur de l’édition 1989, Michael Chang, vingt printemps de moins ! Soutenu par tout le central, Jimbo parvient à égaliser à 2 sets partout avant de jeter l’éponge. Non sans avoir remporté le 1er point du 5e set. Connors, qui ne tient plus debout, doit être aidé pour sortir du court central. Il recevra, plus tard dans les vestiaires, une perfusion d’eau saline pour être réhydraté. Jimbo reviendra une dernière fois à Roland en 1992. Il est sorti par Michael Stich… en 5 sets. Entre temps, Connors aura ravi les spectateurs de l’US Open en atteignant les demi-finales, avec de succès mythiques contre Patrick McEnroe et Aaron Krickstein.

1993, la triple roue de bicyclette de Sergi Bruguera

Au premier tour de l’édition 1993, Thierry Champion est humilié par le futur vainqueur du tournoi, l’Espagnol Sergi Bruguera : 6-0, 6-0, 6-0, le Français sort du tournoi par la petite porte !

1998, le roi Pelé vole la vedette à Carlos Moya et Alex Corretja

Dimanche 7 juin 1998, Carlos Moya étrille Alex Corretja en trois sets en finale de Roland-Garros. Sur le podium ocre de ce French Open, la vedette n’est pas espagnole mais brésilienne. Régulièrement nommé parmi les meilleurs footballeurs de tous les temps avec Ferenc Puskas, Alfredo Di Stefano, Johan Cruyff ou encore Diego Maradona, le Roi Pelé amuse le public du Central par ses jongles, à trois jours d’une Coupe du Monde organisée en France, avec un match d’ouverture Brésil / Ecosse programmé le mercredi 10 juin au Stade de France, à Saint-Denis.

1999, les larmes d’Hingis

Martina Hingis est la grande favorite d’un tournoi qui la fuit. Favorite, elle l’était déjà grandement en 1997, mais s’était fait battre en finale par Iva Majoli. Deux ans plus tard, l’heure de la revanche a sonné. La Suissesse ne peut pas perdre, ce titre est le sien, elle est en persuadée. Confiante, elle remporte le 1er set. Mais Graf, idole du public parisien, s’accroche.  Martina, nerveuse, s’agace. La confiance s’étiole. Le burn-out guette. Le deuxième set est marquée par une scène incroyable, inédite dans une finale. Hingis passe le filet pour aller vérifier la marque d’une balle litigieuse dans la partie de terrain de l’Allemande. Le public hue. Hingis discute longuement. La foule, cruelle, ne lui pardonnera pas ce pétage de plombs. A bout de nerfs, la Suissesse sert à la cuillère en fin de match. Après sa défaite, elle quitte le court. Sa mère la convainc de revenir sur le terrain pour la cérémonie protocolaire. Le public, cette fois, ovationne la jeune joueuse, en pleurs, pour la consoler. Steffi Graf verse également des larmes. C’est son 22e et dernier titre du Grand Chelem. Elle prendra sa retraite un mois après. Hingis, elle, ne se remettra jamais complétement de cette défaite.

2000, les onze balles de match de Kuerten contre Norman

Quart de finaliste à Paris en 1997, le Suédois Magnus Norman avait cédé contre Gustavo Kuerten lors de la finale de l’édition 2000. En quatre sets, le Brésilien va s’imposer pour conquérir son deuxième titre. Mais il faudra onze balles de match à Guga pour porter l’estocade à Norman. Les dix premières, comme autant de banderilles vaines, sont toutes repoussées par le Scandinave, la plupart grâce à son coup droit venu d’ailleurs. Kuerten s’impose dans le tie-break du quatrième set sur la onzième balle de match, évitant une cinquième manche où il aurait pu accuser le coup mentalement en cas de retour de Norman à deux sets partout …

2001, le cœur de Kuerten

En 2001, le Brésilien Gustavo Kuerten conserve sa couronne, égalant René Lacoste, Ivan Lendl ou encore Mats Wilander dans le cercle très fermé des triples vainqueurs de Roland-Garros. Plus qu’en quart contre Evgueni Kafelnikov, en demi contre Juan Carlos Ferrero (qui mènera cependant 2 sets à 1 puis 4-1 dans la quatrième manche) ou en finale contre Alex Corretja, un match aura poussé Guga dans ses ultimes retranchements dans ce French Open, le huitième de finale disputé face à l’Américain Michael Russell, sorte de forçat du tennis puisque qualifié quatre fois de suite en Grand Chelem entre Wimbledon 2000 et Roland-Garros 2001. Mené 6-3, 6-4, 5-3 par le 122e mondial au classement ATP, le Brésilien sauve une balle de match d’un retour sur la ligne de fond de court. Kuerten remporte ensuite le troisième set au tie-break avant de s’imposer en cinq manches, transcendé par le public parisien. Il le remerciera en dessinant un coeur géant sur le court.

2001, la visite de Bill Clinton

En quart de finale de l’édition 2001, Andre Agassi affronte Sébastien Grosjean. Le Kid de Las Vegas démarre sur les chapeaux de roue, et mène 6-1 après un premier set à sens unique. Mais la belle mécanique de la tête de série n°3 va se dérègler face au joueur français, à peu près au moment où l’ancien Président des Etats-Unis, Bill Clinton, fera son apparition en tribunes  … Dans son autobiographie Open, Agassi niera le lien pré-supposé entre l’apparition de l’homme le plus puissant du monde entre 1993 et 2000 d’une part, et sa défaite contre Grosjean d’autre part.

2004, le match le plus long

Au premier tour de l’édition 2004, Arnaud Clément et Fabrice Santoro croisent le fer durant 6h33, offrant des montagnes russes d’adrénaline au public sur deux jours (4h39 le premier jour et le 1h54 le second) : 6-4, 6-3, 6-7, 3-6, 16-14 pour Santoro. Certes, ce n’est rien en comparaison de la joute d’anthologie entre John Isner et Nicolas Mahut au premier tour de Wimbledon 2010 (11h05 de jeu, 70-68 pour l’Américain au cinquième set)

2004, Marat Safin baisse son short

Sur le court numéro 1, le Russe affronte l’Espagnol Felix Mantilla pour une place en huitième de finale. Un combat énorme que Marat Safin remportera sur 2 jours, 11-9 au 5e set après plus de 4h30. La partie, qui sera interrompue à 7 partout, est marquée par une scène rare. Safin baisse son short pour célébrer un échange de 19 points. Mais que fera-t-il donc s’il venait à gagner le tournoi ? s’interroge la chaîne américaine ESPN.  Le public exulte, pas l’arbitre qui le sanctionne d’un point de pénalité.

2008, l’hommage à Kuerten

En 2008, le tournoi de Roland-Garros offre à Gustavo Kuerten, 31 ans et retombé à la 1140e place à l’ATP (suite à des blessures à la hanche), une wild-card pour participer une ultime fois à la Mecque de la terre battue. Face à Paul-Henri Mathieu, Guga termine sa carrière par une défaite en trois sets secs en 1h49 de jeu (6-3, 6-4, 6-2), recevant un trophée en terre battue de la part des organisateurs parisiens, après une standing ovation du public français.  En 2007, Guga avait été invité par le tournoi pour remettre la Coupe des Mousquetaires lors de la finale Nadal / Federer gagnée en quatre sets par l’Espagnol/, qui égalait ce jour là les trois titres de Kuerten. Le Brésilien reviendra en 2015 pour le podium de la finale entre Stanislas Wawrinka et Novak Djokovic. Comme d’autres VIP (Pelé en 1998, Rod Laver en 1999, Zinédine Zidane en 2005, Bjorn Borg en 2008 et 2014, Andre Agassi en 2009, Mats Wilander en 2012), Kuerten sera donc honoré en juin 2007 et juin 2015 par la FFT sur le podium du dernier dimanche parisien.

2009, un intrus sur le Court Central

Lors de la finale 2009, un inconnu pénètre sur la terre battue du court Philippe Chatrier, et recouvre Roger Federer avec un drapeau suisse. Incroyable malgré un tel niveau de sécurité, ce genre d’accident se reproduira à Roland-Garros, avec un militant anti mariage pour tous en 2013 lors de la finale entre Rafael Nadal et David Ferrer. Vendredi 29 mai 2015, 17h15, des men in black dégagent l’allée sous la tribune du central qui mène au Player’s lounge. Le cortège est impressionnant, une bonne dizaine de vigiles en costume noir et en état d’alerte. La sécurité fait place pour sa majesté Roger Federer, qui déambule à pieds un portable scotché à l’oreille. Une scène digne d’un thriller. Il faut dire que le Suisse a poussé un coup de gueule après l’affaire du selfie. Lors de son premier tour le dimanche 24 mai, un fan a pénétré sur le court pour faire une photo avec lui. Sans que la sécurité ne réagisse. L’incident de trop pour le Bâlois, qui a déploré un incident du même type lors d’un entraînement. Et rappelé qu’en 2009, un spectateur avait bondi sur le court, interrompant sa finale contre Robin Söderling, mais pas sa concentration.

2009, Soderling imite Gerulaitis

Battu par Roger Federer en finale, l’épouvantail Robin Söderling n’avait pas à rougir du bilan de sa quinzaine : quatre victoires de prestige contre David Ferrer, Rafael Nadal (première défaite du Majorquin à Paris), Nikolaï Davydenko et Fernando Gonzalez. Lors des discours suivant le match, le Suédois reprend à son compte une célèbre citation de l’Américain Vitas Gerulaitis : Personne n’a battu Robin Söderling 11 fois de suite. Comme pour signifier qu’il parviendrait à battre Federer à son tour (mais à la douzième tentative, le Suisse gagnant la onzième bataille en quart de finale de l’US Open 2010), ce qui sera le cas lors du quart de finale de l’édition 2010 de Roland-Garros, l’homme aux yeux de husky mettant fin à 36 quarts de finale consécutifs pour Fed Ex. Plein d’humour, Vitas Gerulaitis, qui fut également mené 16-0 par Jimmy Connors (comme Gerulaitis l’avait été contre Bjorn Borg) se gargarisa en conférence de presse après avoir – enfin ! – dominé Jimbo , la mine goguenarde et une bouteille de champagne à la main. Tout juste sabrée : Personne ne bat Vitas Gerulaitis 17 fois de suite, personne !

2009, Federer dort avec le trophée

C’est un secret de polichinelle, l’émotion ressentie par un joueur quand il gagne enfin le Grand Chelem de ses rêves peut conduire à des comportements inattendus, des situations ubuesques … Ainsi Roger Federer en 2009 à Roland-Garros. Le père du champion suisse, malade, n’ayant pu se rendre sur le court Philippe-Chatrier, Fed Ex demanda l’autorisation à la FFT de conserver pendant une journée la Coupe des Mousquetaires. La demande du Bâlois fut acceptée, et accompagné de quatre gardes du corps à son hôtel parisien, la maestro put présenter le trophée à son père, et même dormir avec elle dans sa chambre, où veillaient encore deux des quatre cerbères chargés de la sécurité de la coupe !

2011, le doigt levé de Federer

En 2011, Novak Djokovic tombe après 41 matches sans défaite depuis le début de la saison, 43 en comptant sa finale de Coupe Davis 2010. Le Serbe s’incline contre Roger Federer, le virtuose de Bâle restant le dernier joueur à l’avoir battu, en demi-finale de la Masters Cup 2010. Ce match en forme de chef d’œuvre de la terre battue reste un must de Roland-Garros. Conscient d’avoir réalisé, tel un phénix renaissant, une véritable démonstration de force, Federer s’avance le doigt levé vers le filet après la balle de match, tel un maestro fier de la leçon de tennis qu’il a donné en ce vendredi 3 juin 2011.

2014, Djokovic, le ramasseur de balle et le parapluie

26 mai 2014, le match du premier tour entre Novak Djokovic et le portugais Joao Sousa est interrompu par la pluie. Les joueurs attendent sur leur chaise, protégés par des parapluies tenus par les ramasseurs de balle. Le Serbe invite le sien à s’assoir à ses côtés pour s’abriter de l’intempérie. La vidéo fait un carton sur le web et la joie des zappings télé.

2015, le short à carreaux de Stanislas Wawrinka

Rarement une tenue sur un court de tennis n’aura autant fait parler d’elle. Moqué à maintes reprises, le short porté par Stanislas Wawrinka durant Roland-Garros 2015 aura marqué les esprits… Si bien que l’équipementier japonais Yonex va en commercialiser une série collector. Durant la compétition qu’il finira par gagner contre Novak Djokovic en finale, le joueur suisse arborait ce short à carreaux gris, rose et blanc, assorti à son polo. Jugé ridicule et comparé à une nappe de pique-nique, le short a même été qualifié de pyjama par un spectateur qui tentait d’encourager son adversaire Jo-Wilfried Tsonga lors de la demi-finale. Mais le Vaudois finira par l’emporter, envers et contre tout !!

 

  1. avatar
    28 mars 2017 a 11 h 23 min

    On aurait aussi pu rajouter l’ubuesque lutte entre les Serres d’Auteuil et la FFT dans le cadre du projet d’extension de Roland-Garros !

    Pour ceux qui veulent revivre le passé du French Open, il faut absolument voir ce documentaire de 1981 de William Klein, “The French”, année de la 6e victoire de Bjorn Borg.

  2. avatar
    29 mars 2017 a 19 h 21 min
    Par Elvis

    Très bon article avec une riche documentation.

    L’édition 2009 est ma favorite car contre toute attente Federer a remporté le tournoi. 2009 avait mal commencé pour le suisse. Personne n’aurait pu l’imaginer faire le doublé Roland/Wimbledon.

    Tu aurais pu aussi inclure l’édition de 2005 dans laquelle on découvrit le talent de Nadal sur la terre battue.

    • avatar
      31 mars 2017 a 6 h 38 min

      Salut Elvis,

      Oui mais pour 2005 je ne vois pas quelle anecdote mettre sur Nadal, à part le fait qu’il avait 19 ans, qu’il avait battu Gasquet (son rival aux Petits As quelques années plus tôt) ou que Puerta a été par la suite suspendu pour dopage.

      De mémoire, pas vraiment d’anecdote croustillante en 2005 !

  3. avatar
    29 mars 2017 a 19 h 37 min
    Par the sampras

    mon coup de cœur de cette liste reste le Connors-Chang de 1991 : la sortie de Jimbo en titubant sous une standing ovation après le gain du 1er point du 5ème set est mémorable.
    A l’inverse, on a le public dans ce qu’il y a de pire avec la finale Hingis-Graf de 1999.Certes Martina a pu se montrer nerveuse, arrogante voir irritante ce jour là, mais la bronca qu’elle a reçu, digne d’un stade de football, ne devrait jamais exister pour un match de tennis. L’anonymat de la foule peut la rendre très cruelle et faire craquer une joueuse qui n’avait alors que 18 ans.
    On retrouvera ce genre d’attitude déplorable contre Séréna Williams (lors d’un match face à Justine Henin notamment).
    Le tennis ne mérite pas ce genre d’atmosphère que l’on peut voir parfois à Roland Garros, à l’Us Open ou en coupe Davis, mais qui n’arriverait jamais à Wimbledon.

    • avatar
      31 mars 2017 a 6 h 43 min

      Hello The Sampras,

      On peut aussi rajouter, dans la dignité, la robe noire de Monica Seles en 1998 après le décès de son père. La Yougoslave naturalisée Américaine avait battu Hingis en demi avant de perdre la finale contre Arantxa Sanchez, qui gagnait pour la 3e fois à Paris et effaçait la double déception des finales de 1995 et 1996 perdues contre Steffi Graf.

      Toujours chez les dames, on peut citer le fabuleux suspense des finales 1985 (Evert / Navratilova), 1992 (Seles / Graf), 1996 (Graf / Sanchez), 2001 (Capriati / Clijsters) et 2014 (Sharapova / Halep).

  4. avatar
    30 mars 2017 a 18 h 52 min

    De mon côté je me souviens avec précision du match surréel entre Lendl et Chang. Je ne vois pas d’autre match dans l’histoire du tennis réincarnant mieux l’histoire de David et Goliath.

    D’ailleurs quelques jours après la fin de RG j’avais vu un Asiatique qui tapait des balles comme un fou sur le terrain de tennis près de chez moi. Je me disais que ça serait fou si c’était Chang !!! (ça ne l’était pas évidemment).

    • avatar
      31 mars 2017 a 15 h 14 min

      @Fabrice,

      Le match entre Chang et Lendl est clairement le plus invraisemblable de l’histoire de RG, meême si en valeur pure tennistiquement, le Djokovic Federer de 2011 valait bien plus (idem pour le Djokovic Nadal de 2013).

    • avatar
      31 mars 2017 a 19 h 37 min

      Axel, que veux-tu dire en terme de valeur tennistique ?

      C’est certain que d’un point de vue tennistique le match en lui-même n’a rien de spécial, si ce n’est le recours de services à la cuillère de la part de Chang.

      J’ai toujours cru que c’était pour mieux assurer et/ou parce qu’il n’avait plus la force de servir normalement. Peut-être fût-ce délibéré pour déstabiliser Lendl ?

      Les affrontements que tu cites ont mis aux prises deux titans.

      Y a-t-il sur ce site une rétrospective des 10 matchs de légende, à tous les niveaux ? Ce Lendl-Chang pourrait en faire partie, ainsi que la finale de Wimbledon de 2008, la match Isner-Mahut de 11h sur 3 jours (toujours à Wimby, 2010). D’autres ? :D

      • avatar
        2 avril 2017 a 7 h 45 min

        Salut Fabrice,

        Qualité technique, nombre de coups gagnants élevés et peu de fautes directes. Le 1er set de la demie 2011 à RG entre Fed Ex et Nole est un monument par exemple.
        Hors Roland, regarder le quart 2001 de l’US Open entre Sampras et Agassi, la demie 2005 de l’Australian Open entre Federer et Agassi, la finale 2011 de l’US Open entre Nadal et Djokovic …

        Sur Chang / Lendl, on a 2 matches, le premier en 2 sets où Ivan le Terrible déroule en tant que n°1 Mondial, le second en 3 sets où Chang mystifie le Tchécoslovaque, notamment par son service à la cuillère.

        Pas connaissance de l’article que tu mentionnes, après il faudrait distinguer les matches légendaires en 3 catégories :
        - qualité pure
        - portée historique (7e titre de nadal à RG en 2012)
        - anecdote ou tension dramatique (Chang / Lendl, Sampras / Corretja en 1996 à l’US Open par exemple)

  5. avatar
    30 mars 2017 a 19 h 30 min
    Par Elvis

    The Sampras,
    On a vu cette atmosphère à Wimbledon lors de la finale de 2001.

  6. avatar
    1 avril 2017 a 3 h 10 min
    Par Nicolas

    J’ai lu avec effarement que lorsque Monica Seles s’était faite agressé par un tordu,personne dans le milieu n’as pensé à elle y compris Steffi Graf qui l’avait oublié dans son discours de son match.

    Moi qui pensait Steffi humaine je me rends compte que je suis un peu déçu de son comportement et toutes les autres joueuses qui n’ont pensé qu’a leurs gueules. Le monde du tennis doit être sacrément con quand on vois ça il n’y a qu’a voir le chauvinisme démesuré des commentateurs français stupides.
    Federer est sans doute le meilleur joueur du monde dans ce sport si nullissime qu’est le tennis.
    Pour en revenir à Seles elle a sacrément du se sentir seule à cette époque.

    • avatar
      6 avril 2017 a 11 h 20 min

      Salut Nicolas,

      C’est inexact, Graf est venue voir Seles à l’hopital de Hambourg 2 jours après son agression du 30 avril 1993.

      Graf, pas plus qui quiconque dans le circuit WTA, n’avait contesté le fait que la WTA redonne à Seles une place de numero 1 bis à son retour en juillet 1995, place que l’ex-Yougoslave justifia en atteignant la finale de l’US Open 1995 puis en gagnant l’Open d’Australie 1996, son 9e et ultime titre en Grand Chelem.

      Alors certes, Seles prenait l’ascendant sur Graf depuis 1991 (2 Petits Chelems pour Seles en 1991 et 1992, Graf gardant son bastion de Wimbledon), mais il ne faut pas condemner Graf, immense championne par son jeu comme par son fair-play.
      On l’a bien en 1999 face à Martina Hingis en finale de Roland.

      • avatar
        7 avril 2017 a 17 h 56 min
        Par Guga57

        C’est clair, immense Steffi Graf ! J’avoue que voir Serena la depasser au nombre de tites en GC m’a un peu attriste…

        • avatar
          10 avril 2017 a 3 h 54 min
          Par Nicolas

          Désolé de te contredire Guga mais ce n’est pas ce que j’ai lu dans Tennis Magazine du mois de Mars de cette année, Monica Seles a réellement été rejetée par le vestiaire en 1993.
          Alors tu vois Steffi n’est pas si généreuse que cela et cela fait son seul défaut finalement.

  7. avatar
    3 avril 2017 a 5 h 21 min
    Par Nicolas

    le sport aujourd’hui n’est plus qu’une guerre d’égo pour savoir qui à le plus gros melon comme partout, alors le tennis est très représentatif de ça d’où les voyous comme Fognini, Kyrgios ou les sœurs Williams qui ont plus le profil de meneuse de gangs que de vrais joueurs de Tennis.

    On pourrait en parler à l’infini pour touts les autres sports.

  8. avatar
    4 avril 2017 a 10 h 20 min
    Par Guga57

    Superbe Axel, un regal que j’ai devore au petit-dej dimanche matin lol. Un vrai plaisir de decouvrir ou de redecouvrir toutes ses anecdotes qui font la magie de Roland ;)

    • avatar
      6 avril 2017 a 11 h 28 min

      Salut Guga,

      Merci et a bientot pour parler tennis sur le forum, Roland approche !

      • avatar
        7 avril 2017 a 17 h 53 min
        Par Guga57

        Oh oui, j’ai hate d’y etre Axel, la saison sur ocre commence la semaine prochaine. On pourra deja tirer quelques enseignements apres Monte-Carlo ;)

  9. avatar
    6 avril 2017 a 13 h 57 min

    Merci mon cher Axel, une très bonne rétrospective. C’est bien ton meilleur exercice.

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