Entretien exclusif avec Bernard Giudicelli, président de la FFT
Photo Panoramic

Entretien exclusif avec Bernard Giudicelli, président de la FFT

L’esprit du tennis, du jeu, l’aide apportée par la fédération aux joueurs français, champions et jeunes en devenir, Roland Garros, Bercy... Entretien avec Bernard Giudicelli.

Concernant les joueurs, vous avez dit dans la presse avant votre élection que les 100 premiers joueurs mondiaux n’avaient pas besoin de la FFT. Probablement par contre les joueurs au-delà de la 100ème place oui. Qu’en est il ? Ont-ils besoin de la FFT ?

Bien sûr, je dirais que nous avons un outil plate forme de préparation qui est notre centre national d’entraînement, tout nouveau, qui porte bien son nom et effectivement les joueurs et le top 100 peut y accéder aussi, mais tout va dépendre bien entendu de l’âge des jeunes et notre rôle à nous et celui de de la DTN sera de les amener de non classés, je dirais, jusqu’à 700, 600 et ensuite deuxième étape de 700, 600 à 300, puis de 300 à 100 et après ils volent de leurs propres ailes.

D’accord, mais justement ce sont ces trois étapes que j’avais retenues, qui rentrent dans les cycles. Quel est le concret que vous leur apportez en fonction de ces tranches, puisque vous avez évoqué le fait que les joueurs placés au-delà de la 100ème place ATP devraient reverser une partie de leurs gains à leur club formateur ? 

Ce que nous allons faire, dès cette année, c’est que nous allons contractualiser de façon plus précise les relations entre la Fédération et les joueurs.

Tous ceux qui sont entraînés par la Fédération dans les Pôles, vont signer un contrat dans lequel ils s’engagent à jouer pour les équipes de France pendant toute leur carrière.

Ensuite, ce contrat, s’ils sont mineurs, sera signé par leurs parents.

A partir du moment où le joueur arrive à l’âge adulte, à 18 ans, il signe un nouveau contrat dont l’objectif sera de l’amener dans les 100 meilleurs mondiaux et là c’est la Fédération qui prend tout en charge, elle paye l’entraîneur, les déplacements, les frais de transport et en contrepartie, sur les gains que le joueur va percevoir, une part sera reversée au club formateur jusqu’à la 100ème place mondiale.

Ce qui n’est pas le cas actuellement ?

Non

Donc, la FFT va prendre en charge les frais de déplacement, de bouche, d’entraînement du joueur pour le mettre dans les meilleures conditions de jeu. Mais vous allez le faire à partir de quel classement ?

Tout va se faire à partir du moment où le jeune à 18 ans, di il fait partie des meilleurs jeunes européens, et bien entendu il sera sélectionné en fonction de ses qualités physiques, techniques et de ses capacités d’engagement dans un parcours vers le haut niveau.

Cela veut dire que sous votre direction, un joueur qui serait classé aujourd’hui – je prends un exemple très concret d’un joueur que je connais personnellement, Samuel BENSOUSSAN qui est 740ème à l’ATP – qui ne pense pas continuer l’année prochaine, à 25 ans, ne sera pas aidé par la Fédération ?

Non il ne sera pas aidé, si il est 740. Bon dans tous les cas moi je ne le vois pas faire partie des joueurs qui ont obtenu des points sur les tournois français dans les 12 mois qui précèdent.

Non il a été blessé l’année dernière, mais il a gagné un futur en Italie et un futur en double.

Il faut surtout qu’il gagne des futurs en France, si j’ai un conseil à lui donner c’est de revenir jouer dans son pays puisque c’est là que ça va se décider. Si demain il veut gagner des points et surtout s’il veut rentrer dans le tableau de Roland, il vaut mieux jouer en France.

Votre préoccupation à vous, c’est aujourd’hui de vous occuper des jeunes qui arrivent et de leur faire signer un contrat en tant que mineur, sans problème avec leurs parents, et pour les majeurs, leur faire signer un vrai contrat avec la Fédération qui les mettra à l’aise pour pouvoir se consacrer qu’au tennis ?

Oui, pouvoir se consacrer au tennis et avoir une véritable ambition, c’est des contraintes, c’est un engagement, il faudra avoir des objectifs, se conformer aux prescriptions des entraîneurs, aux prescriptions des préparateurs physiques, aux prescriptions des médecins, donc c’est un projet, ils s’engagent à aller vers le haut niveau, à 200 % pour y parvenir.

Il y a des objectifs et des échéances.

J’ai regardé le Prize Money de certains joueurs, j’en ai pris deux au hasard, et notamment  Quentin HALYS, celui qui se débrouille le mieux actuellement au moins au niveau du classement ATP.

Il doit la plus grosse partie de ses gains à une wild card que la fédération française possède pour l’Australian Open, c’est 90 % de ses gains, si l’on retire cette wild card il ne participe pas à l’Australian Open, il ne prend pas ses 50.000 dollars et cela lui fait depuis le début de l’année pour le 148ème mondial l’équivalent de 14.000 € sur deux mois et demi.

Est-ce que vous pensez qu’un joueur qui a des volontés qui est classé dans les 150 peut évoluer avec si peu de gains ?

D’accord, c’est ce qu’il encaisse, mais il décaisse quoi ?

Aujourd’hui Quentin HALYS décaisse quoi, il ne paie pas ses billets d’avion, il est aidé par la fédération.

La Fédération prend en charge les billets d’avions, l’hôtel, les frais annexes…

La fédération prend en charge ses frais de déplacement, ses frais de résidence sur les tournois.

Donc actuellement ce système vous l’appliquez jusqu’à quel classement ?

Aujourd’hui ce n’est pas défini précisément, ce que je veux dire c’est que tout est fonction. On peut dire que 100 et au-delà, le joueur vole de ses propres ailes, il n’a plus besoin de nous. De 300 à 100, si je prends des joueurs qui sont aujourd’hui des jeunes joueurs, alors jusqu’à 23, 24, 25 ans peut-être mais pas au-delà, après on va consacrer nos moyens à ceux qui arrivent derrière.

La sélection sportive va jouer, on va ne pas pouvoir accompagner un joueur qui va rester entre 20 et 30 ans entre la 100ème et la 300 ème place mondiale.

Il faut quand même aussi qu’il y ait des résultats, on est quant même dans une logique de performance.

Quand on voit d’autres pays, qui ne sont pas forcément mieux organisés que la France, je prendrai l’Australie et l’Allemagne et des joueurs comme ZVEREV ou KYRGIOS qui sont très jeunes et qui réalisent de vraies performances, pourquoi la France n’ y arrive-t-elle pas avec ce vivier ?

Parce que les systèmes actuels ne sont pas des systèmes qui favorisent l’exception.

Notre système actuel, celui que l’on veut changer, est un système qui normalise, c’est un système qui standardise les parcours vers le haut niveau. Ce que nous allons changer c’est que lorsqu’un enfant qui à 9 ans, 10 ans, présente des capacités, une habileté, une main comme ont dit, un état d’esprit, autour de lui une famille qui fait du tennis un véritable projet familial, et bien il y aura deux guides – c’est comme cela qu’ils vont s’appeler – : un guide masculin, un guide féminin.

Le guide féminin je vous donne le nom c’est Sandrine TESTUD, qui ira dans la famille, chez eux, discuter avec les parents du projet familial, définir leurs engagements, l’engagement du club, l’engagement du coach, l’engagement de la fédération et planifier la saison sportive en lien avec les médecins et avec la direction technique nationale. C’est comme cela qu’on va réussir, car si l’on a des enfants qui sont performants, dès le plus jeune âge, il faut les mettre dans un parcours exceptionnel et donc sortir de la norme qui veut qu’on va progresser puis aller d’un entraîneur à un autre.

Donc on va cultiver le capital confiance qui est dans le club et comme ZVEREV a évolué avec ses parents, comme Kyrgios a évolué avec son entraîneur, et bien dès le plus jeune âge, nous allons fonctionner comme cela. Si l’enfant et si les conditions de son environnement ne sont pas propices à son épanouissement nous conviendrons avec la famille d’une meilleure organisation avec à chaque fois et toujours cet objectif de performance, la gagne ça commence dans le club.

C’est un dur travail ?

Non ce n’est pas un dur travail, ce sont des enjeux, de toutes façons relisez ce que dit FEDERER dans une interview qu’il a donné à l’Equipe à Sophie DORGANT : le 1er mot c’est” travail”.

On ne peut pas réussir si l’on ne travaille pas.

Même pour le plus doué ?

Mais bien sûr c’est Blaise Pascal qui disait que le talent sans le travail est une sale manie. Voilà.

Surtout dans le tennis professionnel actuel.

J’avais aussi en tête un autre joueur assez emblématique de la chose qui est à peu près 250ème c’est Jonathan Eysseric, qui lui fait l’essentiel de ses gains en double. En fait le circuit est tellement cruel, c’est un joueur qui est aidé aujourd’hui par la fédération.

Non mais Jonathan il fait partie des joueurs qui grâce à notre système de wild card peut se retrouver au tableau pour le prochain Roland Garros directement, par les résultats qu’il a obtenus.

C’est une info ça ?

Oui c’est une info.

Que je peux citer ?

oui.

Donc il faudra faire des choix

Quels choix ? Non les choix, ce sera le terrain

Quand vous dites Wild Card, tableau ou qualification ?

Non il sera au Wild Card tableau, si ses résultats se confirment.

La fédération accorde combien de Wild Cards aux français ?

Il y a 6 Wild Card réservées aux Français, une aux Etats Unis et une à l’Australie, en fonction de nos accords avec ces fédérations.

Vous pouvez éventuellement supprimer une Wild Card française pour la donner à un autre joueur qui ne serait pas français ?

Oui, mais on ne va pas faire cela quand même, notre Grand Chelem se déroule en France on va quand même privilégier nos français. On ne peut pas d’un côté dire qu’on est pour la culture de la gagne et de l’autre défavoriser nos jeunes, non on va permettre à nos jeunes, on est organisateur du tournoi. C’est la tradition. on donne une Wild Card à l’Australian Open puisque c’est une fédération, on donne une Wild Card à l’US Open, puisque c’est la fédération américaine, c’est la tradition de la réciprocité, et les autres sont accordées aux français, mais elles ne seront plus accordées sur des notions subjectives, elles ne seront plus cooptées elles, s’obtiendront sur la base d’un classement qui va être publié le moment venu et donc de façon automatique. Les meilleurs français à ce classement se retrouveront au tableau et les suivants se retrouveront en qualification et pareil pour les juniors.

Dans le cadre de cette culture de la gagne, vous avez dit clairement que vous n’allez pas attendre 77 ans pour soulever des trophées.

Il y a un certain nombre de joueurs du Top 20 français qui ont tous dépassé la trentaine, donc on peut dire que les rêves du président de la Fédération Française ne se porte pas sur eux ?

Pourquoi, FEDERER il ne peut pas soulever un trophée !

Est-ce que vous avez espoir avec ces mesures que vous mettez en place, d’arriver rapidement à des résultats ?

Je déteste le mot « espoir » parce que le mot espoir c’est une forme intellectuelle qui nous permet de nous exonérer du travail.

Nous allons tout faire, nous allons tenter, nous allons soutenir pour dire aux joueurs qui sont dans le Top 20 : qu’est ce qu’il vous faut pour préparer Roland Garros ? Dites-moi ce qu’il vous faut ? Et nous ferons en sorte de leur apporter l’aide dont ils ont besoin.

Si un joueur du Top me dit « moi Président j’ai besoin de sparring, je demanderai à la direction nationale de dépêcher des juniors français chez lui, pour s’entraîner avec lui, pendant le temps que son entraîneur le demandera et ces jeunes français auront cet énorme privilège de travailler et de contribuer à sa préparation.

Mais ce n’est pas déjà le cas actuellement ? Il y a de très bons joueurs français, classés promo, qui viennent taper avec les meilleurs français ou même avec d’autres joueurs comme les suisses ou les espagnols.

Qui viennent taper où ?

Dans leur structure, je ne sais pas, dans leur structure d’entraînement ?

C’est pas systématique.

Moi je vous dis les juniors français devront aller s’entraîner, pourquoi pas avec TSONGA ou avec Lucas POUILLE.

Ce qui n’est pas le cas actuellement ?

Non.

Donc il faudra gérer les contraintes du calendrier pro et du circuit pour faire en sorte que ces juniors puissent venir taper la balle régulièrement avec les meilleurs ?

Oui en tous cas qu’ils puissent contribuer à leur préparation mais en même temps cela permettra peut-être à certains d’entre eux de se retrouver dans ce contexte.

Aujourd’hui clairement Roland Garros et Bercy en Master 1000 sont à la traîne comment vous voyez ces nouveaux enjeux de concurrence venus des tournois étrangers comme en Pékin, Shanghai, Dubaï, qui ont des moyens colossaux ?

Oui, ils ont des moyens colossaux mais soyons sérieux, des tribunes vides ? Et moi quand j’entends dire que Roland Garros est à la traîne, je ne peux laisser dire cela, Roland Garros n’est pas à la traîne, on mesure un Grand Chelem à quoi ?

D’abord un Grand Chelem, c’est 15 jours de compétition, 128 joueurs chez les garçons, 128 joueurs chez les filles et au bout d’une semaine il n’en reste plus que la moitié, et un Grand Chelem ça se mesure à son audience, au nombre de spectateurs qui y assistent.

Nous on a tous les cours qui sont pleins du 1er dimanche jusqu’au 3ème dimanche.

On a tous les meilleurs joueurs du monde qui viennent et on a toutes les meilleures joueuses du monde qui veulent y venir.

Donc voilà.

Donc la concurrence pour vous n’est pas là

On n’a pas de concurrence, on n’a pas de rivaux, on n’est pas de concurrents à notre Grand Chelem. Je l’ai toujours dit, je le répète, un Grand Chelem c’est un statut et pas une stature on ne va pas être déboulonné. En revanche, il y a 14 éléments qu’il faut pour organiser un tournoi du Grand Chelem, ces 14 points c’est qu’on ait tous les services, tous les directeurs, tous les salariés, tous les élus mobilisés sur un point : l’excellence.

Vous dites que les tribunes sont vides moi quand je regarde Indian WELLS, propriété de Larry Ellison qui a des moyens colossaux, c’est plein du début à la fin.

C’est très bien qu’on ait des investisseurs dans le tennis. Je vais à Indian WELLS, j’ai une réunion, et je suis très heureux de rencontrer Larry Ellison, c’est le patron d’Oracle, c’est quant même aujourd’hui une des fortunes de la planète, et bien si les gens fortunés de la planète investissent dans le tennis c’est bien.

Est-ce que vous ne voyez pas Larry Ellison comme une menace ?

Mais Larry Ellison est aujourd’hui un investisseur, un passionné et c’est quelqu’un que je respecte. Il est déjà venu à Roland Garros, il a un profond respect pour les tournois du Grand Chelem. Donc en tous les cas je ne vois pas d’inquiétude.

Et concernant Bercy, il ne serait pas menacé par d’autres tournois, notamment par Pékin qui est actuellement un 500 et qui pourrait être reconverti en 1000 à la place de BERCY ?

BERCY est un des plus beaux tournois du monde dans une ville exceptionnelle avec une ARENA qui a été rénovée et qui est magnifique, un public qui est tout aussi magnifique et je dirais que les meilleurs atouts du master 1000 de Paris c’est son palmarès. Là aussi nous allons travailler et nous travaillons actuellement d’arrache-pied pour donner à ce tournoi toute la résonance qu’il mérite. En tous les cas je ne me laisse pas affecter par ces légendes qui tournent en boucle, cette espèce de culture du but contre son camp qu’il y a dans notre pays, moi je marque des buts dans les camps adverses pas contre mon camp.

Et le fait qu’il soit classé en dernière position, vous pensez que c’est adéquat ?

Le fait que BERCY soit placé en dernière position, c’est un élément qui est lié à l’Histoire. Certains viennent y chercher des points pour se qualifier pour le Master, d’autres sont peut-être moins motivés parce qu’ils ont d’ores et déjà acquis leurs points après ça reste des joueurs professionnels. Il y a quand même un prize money qui est important sur le master de BERCY et ça reste des joueurs professionnels qui viennent ici chercher les gains des tournois auxquels ils participent.

En 2019 les calendriers seront reconsidérés par l’ATP, Bercy est-il directement menacé ?

Mais non il ne peut pas être sous la menace. Aujourd’hui on est propriétaire d’une date et on est acteur du circuit et puis après je ne pense pas aujourd’hui qu’on ait quoique ce soit à craindre de ce côté-là.

Dans le contexte d’augmentation croissante des prize money, avec notamment plus de 50 millions de dollars annoncés pour l ‘US Open, ne pensez-vous pas que Roland Garros pourrait innover en proposant de très grosses augmentations pour les 1er, 2ème et 3ème tours au détriment du vainqueur de la finale et de la demi-finale qui gagnent déjà suffisamment ? Cela pourrait-il créer une vraie émulation au lieu de se focaliser sur le toit ?

Ecoutez, le vainqueur d’un Grand Chelem mérite le Prize Money d’un vainqueur de grand Chelem.

Un tournoi de tennis ça n’est pas une organisation sociale, c’est une organisation sportive, donc il est normal que le joueur qui rentre dans la légende soit récompensé à hauteur de son exploit.

En revanche l’innovation doit être placée ailleurs et nous allons innover. La Fédération Française va innover, c’était dans notre projet sportif, cette année nous allons donner un Prize Money aux nations en fonction des résultats qu’obtiennent leurs meilleurs juniors.

Ça veut dire que si demain, Stefano Tsitsipas (numéro un mondial junior ndlr), s’il est qualifié en tant que junior, je ne sais pas s’il est toujours junior, je ne vais pas citer de nom, mais si le meilleur junior d’une nation quelle qu’elle soit, gagne Roland Garros, son pays va gagner un prix et ce prix va permettre à sa fédération de lui financer pour l’année suivante les moyens de revenir chez les adultes.

Donc nous allons accorder un million d’euros aux nations à répartir en fonction des résultats que vont obtenir leurs juniors à partir de 2017.

Ce qui suppose que l’augmentation des Prize Money pour les premiers tours n’est pas d’actualité ?

La Fédération Française de tennis est à l’origine de la réduction de l’écart entre le vainqueur et les 1er tours, on doit continuer dans cette logique là mais pas au détriment des meilleurs qui doivent, c’est logique, bénéficier de la juste reconnaissance de l’exploit qu’ils réalisent.

Rapidement, est ce que vous allez accorder une Wild Card à Maria Sharapova, qui en a déjà obtenue une à Rome et à Madrid il me semble ?

Je dois rencontrer Maria la semaine prochaine (Semaine après le 6 mars) , j’aurai une discussion avec elle. Aujourd’hui je dis simplement qu’il faut que l’on soit cohérent, pas d’un côté investir tout ce qu’on investit dans la lutte contre le dopage et comme ça prendre une décision, c’est une décision qui doit être mûrement réfléchie, aujourd’hui la décision n’est pas prise.

Vous avez des projets supplémentaires à apporter dans la lutte contre le dopage ?

Surtout on soutient la lutte contre le dopage, c’est une affaire de spécialistes, c’est une affaire de scientifiques, de chimistes, et donc dans le cadre de l’action que nous menons avec les instances de l’ ATP, WTA et ITF, aujourd’hui nous investissons des sommes considérables dans la lutte contre le dopage pour l’intégrité de notre sport.

Allez vous remodeler l’offre de restauration de Roland Garros, une offre peu en adéquation avec le prestige de la gastronomie française ?

Ecoutez cette question là va faire l’objet des États Généraux et on va remettre en cause ce qui doit être remis en cause.

Et l’accès aux cours annexes ?

L’accès aux cours annexes c’est fonction aussi de l’affluence dans les stades. On sait aujourd’hui que sur les cours annexes se jouent des matchs qui sont souvent des finales d’ATP 250, donc c’est logique qu’il y ait une telle affluence. C’est un sujet pour l’instant, on a des gens qui arrivent et qui plantent un peu la tente et qui ne bougent pas, en fonction de la programmation, ce qui va être bien c’est que dans le cadre du futur Roland Garros notamment sur les courts des futurs, 6, 7, 8 et 9 nous auront de véritables show courts, avec pratiquement 1400 ou 1500 places chacun et surtout une architecture qui permettra une meilleure circulation du public.

Donc pour les cours annexes on reste comme ça. J’ai assisté à des bagarres sur les cours annexes, je n’ avais jamais vu ça, je viens à Roland Garros depuis les années 80, je vois des gens qui sont chargés de la sécurité de plus en plus agressifs ce qui n’était pas le cas avant.

Ca je vais y veiller personnellement.

Pour finir, quelle pointe d’originalité comptez-vous apporter au stade de Roland Garros ?

Le stade de Roland Garros va bientôt ouvrir ses portes aux enfants, toute l’année.

Les enfants du 16 ème arrondissement, des écoles, des écoles de tennis pourront pratiquer leur sport favori dans cette prestigieuse enceinte : Roland Garros devient un lieu de partage.

Merci pour vos réponses M. Giudicelli.

 

  1. avatar
    27 mars 2017 a 16 h 16 min

    Merci pour l’entrevue.

    Il y a des réponses intéressantes, mais ce qui m’inquiète le plus ce sont ses réponses concernant le “retard” de Roland Garros par rapport aux autres GC. Il se concentre sur l’affluence, mais pas sur l’espace et les toits, que les autres GC ont naturellement.

    Il ne se sent pas menacé, or le sport est avant tout un business. Selon moi la menace sur RG est bien réelle. Peut-être pas à court terme, mais si l’écart en terme d’infrastructures continue de se creuser, d’ici 15-20 ans, la démotion du statut de GC n’est pas à exclure. Évidemment de nombreux puristes vont grimper aux rideaux, mais ceux qui tiennent les cordons de la bourse (les diffuseurs, le public, les joueurs) ne leur laisseront pas le choix.

    Rester prisonnier du passé au nom des traditions n’est pas viable. De nombreux contre-exemples dans le sport montrent que l’on peut changer de lieu, de surface, etc. sans problème. Citons par exemple l’US Open qui a fait les deux dans les dernières décennies, et son prestige n’en est pas amoindri, au contraire je dirais.

    C’est inquiétant qu’il soit muré dans sa tour d’ivoire car le statut quo pourra durer encore longtemps, mais selon moi faire enclencher le changement le plus tôt possible est impératif. Cela démontre de la vision.

  2. avatar
    28 mars 2017 a 16 h 02 min

    Salut Marko, effectivement tu as posé les bonnes questions, bravo. Mais il se défile dans certaines réponses, et dans d’autres il est aveugles (cf mon premier commentaire).

  3. avatar
    28 mars 2017 a 16 h 08 min

    Merci Cullen pour le rappel de ton excellent article. Étonnament je n’avais pas commenté, mais je vois que la majorité des intervenants dressent le même constat: RG doit passer la vitesse supérieure, et cela semble passer par une relocalisation.

Laisser un commentaire

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>

Retrouvez Your Zone sur

Compatible Smartphone & Tablette

Iphone & iPad

Abonnez-vous à la Newsletter