Jelena Ostapenko, feu de paille ou championne en devenir ?
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Jelena Ostapenko, feu de paille ou championne en devenir ?

C'est la sensation de ce Roland-Garros 2017, comme le tableau féminin peut nous en réserver. La toute jeune Jelena Ostapenko a remporté son premier tournoi du Grand Chelem, samedi 10 juin 2017. Son premier tournoi, tout court. Inconnue jusqu'alors, cette Lettonne de 20 ans peut-elle s'installer parmi le gratin mondial, où est-ce un sacre sans lendemain ? Éléments de réponse.

C’est un beau roman, c’est une belle histoire, chantait Michel Fugain. En ce samedi 10 juin 2017, c’est à Jelena Ostapenko qu’il aurait pu penser pour écrire ces quelques mots. La 47e joueuse mondiale au classement WTA crée la sensation en remportant Roland-Garros face à la numéro 3 mondiale, Simona Halep (4-6, 6-4, 6-3). Un sacre rempli de symboles, à plus d’un tour.

D’abord, c’est son tout premier sacre dans le tableau féminin. Et elle le fait en Grand Chelem ! Une performance presque inédite. Aussi, elle est devenue la première joueuse non-tête de série à soulever le trophée Suzanne-Lenglen sur la terre battue parisienne, sous l’ère open. Quand on sait qu’avant cette édition, Jelena Ostapenko n’avait remporté aucun match à Roland-Garros…

 

Une croqueuse de têtes de série

Comme c’est une belle histoire, le destin, forcément, s’en mêle. Et son clin d’œil est, même, presque trop gros pour une simple coïncidence. La Lettonne de 20 ans est née le jour du sacre d’un certain Gustavo Kuerten, dit Guga, sur la terre battue parisienne. Particularité du joueur brésilien : il n’était pas tête de série. Personne ne l’attendait donc à ce niveau-là. Comme une certaine jeune femme née à Riga.

Pour remporter cette finale, Jelena Ostapenko n’a pas eu un parcours facile. Lors de son premier tour contre une autre anonyme, l’Américaine Louise Chirico, elle est menée 6-4, 2-0. Elle a réussi à inverser la tendance, comme elle l’a fait en finale contre Simona Halep. La boucle est bouclée. Surtout, celle qui se prédestinait à la danse et à la samba – nouveau clin d’œil au Brésil de Guga ! – est parvenue à sortir, tout à tour, Samantha Stosur, Caroline Wozniacki et Timea Bacsinzky, respectivement têtes de série numéro 23, 11 et 30. Tout de même !

 

L’heure de la confirmation

Pour autant, dans cette hiérarchie fragile du tennis féminin, celle qui devient 12e joueuse mondiale lundi 12 juin 2017, peut-elle continuer à gravir les échelons ? Ou est-ce un joli conte de fée sans suite derrière ? Car Roland-Garros nous a, souvent, offert des surprises à ce niveau-là. Derniers exemples en date, les Italiennes Francesca Schiavone et Sara Errani. Où sont-elles aujourd’hui ? La première est 78e au classement WTA, la seconde est 91e ! Elles ont disparu au fur et à mesure des années. Certes, elles n’étaient pas aussi jeunes que Jelena Ostapenko au moment de leur sacre. Mais cela prouve qu’il est difficile de confirmer derrière.

Autre exemple, celui de la jolie Serbe Ana Ivanovic. A 20 ans – comme Jelena Ostapenko – elle remporte son premier – et seul ! – tournoi du Grand Chelem dans la capitale française. C’était en 2008. La suite ? Une série de contre-performances dans les années qui suivent, et une dégringolade au classement WTA. Malgré un retour dans le top 10 en 2014, Ana Ivanovic rechute pour finalement sortir du top 30 en 2016, et mettre fin, définitivement, à sa carrière professionnelle. Alors, est-ce que ce même sort peut arriver à la Lettonne ? Peut-être pas.

 

Elle frappe plus fort qu’Andy Murray !

Dans son jeu, Jelena Ostapenko a une manie : vouloir gagner le point très vite. Trop vite, quelque fois. Résultat, dans le match, elle fait tout. Elle marque les points et donne ceux à son adversaire. Des chiffres pour étayer ce propos. Dans ce Roland-Garros 2017, elle a réussi 299 coups gagnants, dont le dernier, superbe, pour s’offrir le trophée Suzanne-Lenglen. En contrepartie, elle a commis 271 fautes directes ! Ce qui est énorme pour une vainqueure d’un tournoi du Grand Chelem !

Il faut dire que sa tactique est assez minimaliste : frapper fort. Très fort. Voire trop fort. En tout cas, même plus fort qu’Andy Murray, l’actuel numéro 1 mondial chez les hommes. Wow ! Jelena Ostapenko est une cogneuse, avec un coup droit dévastateur quand celui-ci rentre sur le court. Alors, quand elle touche les lignes, elle devient imprenable. Elle devient un ouragan qui balaye tout sur son passage ! Simona Halep, pourtant défenseure hors-pair, en a fait l’amère expérience en finale.

 

Mental d’acier et rage de vaincre

Aussi, Jelena Ostapenko peut s’appuyer sur un mental d’acier. Même en difficulté, elle a toujours su relever la tête. Ainsi, en concédant le premier set au premier tour, comme en huitièmes et en quarts de finale, et en finale, la Lettonne n’a jamais rien lâché pour remonter ce handicap, qui pourrait paraître rédhibitoire dans un match féminin, en deux sets gagnants. Un mental de gagnante auquel s’ajoute une véritable rage de vaincre.

Derrière son visage angélique de jeune collégienne qui va passer son brevet dans les jours à venir, celle qui est entraînée par l’ancienne professionnelle Anabel Medina Garrigues est une hargneuse. Une vraie. Une pure. Une dure. Quitte à ne pas se faire que des amies dans les vestiaires. Jelena Ostapenko est une peste. Mais son caractère, forgé par son père, ancien footballeur professionnel ukrainien, lui permet de passer tous les obstacles. Mais n’en fait-elle pas trop ?

 

Vainqueure de Wimbledon… juniors en 2014

Sur un point perdu, la jeune femme de 20 ans peut jeter sa raquette au sol ou se frapper la tête avec. Elle parle beaucoup entre les points, s’engueule, se motive. Elle fait tout. Tout, tout, tout. Cela lui a souri pour sa première finale de Grand Chelem. Mais, il ne faut pas qu’elle se laisse déborder par ses émotions. Si elle parvient à se canaliser, tout en gardant cette rage de vaincre, Jelena Ostapenko peut aller loin. Vraiment. Et devenir, pourquoi pas, la nouvelle princesse du tennis féminin, en l’absence de Serena Williams, enceinte, et de Maria Sharapova, blessée, qui a fait une croix sur sa saison sur herbe. A la Lettonne de confirmer à Wimbledon.

Les statistiques parlent pour elle. Sur gazon, sur les trois dernières années, Jelena Ostapenko a remporté 14 rencontres, pour sept défaites. En 2014, elle a notamment enquillé six victoires, et aucun revers. C’était lors du Wimbledon juniors. De quoi donner des idées chez les grandes, non ? Son coup droit et sa volonté de vite gagner le point en harcelant son adversaire, peut s’avérer décisive sur cette surface. Elle l’a déjà démontré. Si elle enchaînait avec le tournoi londonien, la légende Ostapenko sera en marche. Pour de bon.

  1. avatar
    13 juin 2017 a 6 h 12 min
    Par Nicolas

    au risque de changer je dirais que ce n’est qu’un feu de paille car on disait pareil quand c’était Muguruza l’année dernière et elle a trop régressé.

    Déçu de voir aussi que Dominika Cibulkova n’est pas encore gagné un GC car elle e les épaules plus large pour supporter la pression. Ostapenko est une inconnue et elle le restera car cela fera plouf.

  2. avatar
    13 juin 2017 a 10 h 51 min

    La saison sur gazon nous le dira. Elle a remporté Wimbledon juniors. C’est une surface qu’elle apprécie, donc. Alors, pourquoi pas réaliser un bon parcours, et arriver dans le dernier carré du tournoi londonien. Elle a un sacré coup droit et son mental peut jouer en sa faveur.
    Muguruza me paraît plus faible psychologiquement et elle n’est à l’aise que sur terre battue, essentiellement. Et son niveau a régressé, en effet.

  3. avatar
    13 juin 2017 a 13 h 33 min

    Muguruza était finaliste de Wimbledon et seulement arrêtée par Serena Williams alors plus à l’aise sur TB, quand on voit le résultat de cette année ça reste à voir… Mental plus faible, ça paraît évident et ça n’est pas dur comparé à la petite lettone.
    Je suis étonné que personne ne fasse un parallèle avec M. Seles, que “Osta” rappelle pourtant farouchement: volonté (hargne?), tennis ouragan, cris, point disputé à chaque fois comme si c’était le dernier, retour de service hyper agressif/décisif etc. On ne lui espère qu’un destin (enfin pas tout hein!!) identique mais restons prudents…Ce sera intéressant de la voir confronté à Serena, qui accomplirait un nouvelle exploit en revenant au top niveau après une grosse à 36 ans… Et dans un matche pareil, ça risque de cogner un peu…

  4. avatar
    13 juin 2017 a 17 h 59 min

    Pour Muguruza, je pensais surtout au dur plus qu’au gazon, où elle a fait finale, effectivement. Mais Ostapenko me semble plus armé. Et bien vu pour le parallèle avec Seles : c’est exactement ça ! Ce qui peut laisser entrevoir une belle carrière pour la jeune Lettonne !

  5. avatar
    15 juin 2017 a 5 h 50 min
    Par Nicolas

    Ne comparons pas Seles à Ostapenko car cette dernière avait plus la gniaque et a su rester au sommet assez longtemps pour devenir numéro 1, d’ici 6 mois quand Azarenka et Williams reviendront, je pense pas que la lettonne sera encore la.

  6. avatar
    15 juin 2017 a 17 h 10 min

    Je ne compare pas Seles à Ostapenko mais le contraire! La 1ère a su rester au sommet, c’est incontestable mais pourquoi douter du devenir de la Lettonne?? J’ai vu Selès sur le central quand elle avait 15 ans1/2 et je m’étais dit “ouh la!!”. En voyant des extraits du matche de la petite Letonne, je me suis fait la réflexion. On a donc le droit de “lui espérer un pareil destin”, “tout en restant prudent”, pour reprendre mes propres expressions.
    Quant à un retour de Serena dans 6 mois (??) qui en ferait la Rachida Dati du tennis, pourquoi pas? Elle n’est plus à un exploit près…
    A F. Chauvel,
    Pour conclure, avec F. Chauvel sur Muguruza , sur ces 3 titres en simple ( quelle déception à son âge et vu son potentiel!) , 2 ont été acquis sur dur, un (RG) sur TB…Bilan aussi étonnant en double: sur 5 titres 3 dur, 1 herbe, 1 TB

  7. avatar
    16 juin 2017 a 6 h 23 min
    Par Nicolas

    Ne faisons pas d’Ostapenko comme d’une vulgaire star de télé réalité poubelle car de nos jours on starifie tout à l’excès et on sais comment cela finit.
    On verra ce qu’elle fera à Wimbledon.

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