Les (vrais) oubliés du Real Madrid

Nombreuses sont les pépites en lesquelles le Real n’a pas cru. Comme Samuel Eto’o, Javi Garcia, ou Jurado, nombreux sont les anciens du centre de formation du Real Madrid - la Fábrica - ou de l’équipe B – la Castilla - à avoir été éconduits de l’équipe première après une poignée de minutes disputées sous le maillot blanc. Certains n’ont même pas eu la chance de porter les couleurs de leur club formateur.

- Juan Mata, l’incroyable oubli

Champion du Monde en 2010 et d’Europe en 2012 avec la Roja, Juan Mata (24 ans, Chelsea), arrivé en cadets au Real et champion d’Espagne avec les juniors, pourrait stigmatiser à lui seul les « oublis » de la Maison Blanche, qui préfère recruter à coups de gros sous plutôt que de faire confiance aux jeunes du cru pour répondre à l’obligation immédiate de résultats.

La saison 2006/07 fut pourtant sienne. Première saison avec la Castilla, 10 buts en 39 matchs, deuxième meilleur buteur de l’équipe derrière Álvaro Negredo (malgré sa position d’ailier gauche), et un titre de Champion d’Europe U19 avec la Roja (4 buts) aux côtés de ses coéquipiers Javi Garcia et Esteban Granero, autres jeunes pousses sacrifiées de la Fabrica. Malgré ces performances, Mata n’est inexplicablement pas retenu pour intégrer l’effectif du Real en tant que doublure d’Arjen Robben, malgré une concurrence appauvrie par les départs de Robinho, Reyes et Cassano. Valence sent le bon coup et le recrute immédiatement.

Après une première Copa del Rey remportée par son club en 2008, qui lui a permis de briller et de s’affirmer dans l’équipe, il fera ensuite partie de l’extraordinaire trio offensif valencien avec David Villa et David Silva, trio qui le mènera tout droit vers la sélection pour la suite que l’on sait. Parti faire les beaux jours de Chelsea en 2011 (lire : Juan Mata, 1 mètre 70 de génie) après avoir inscrit 51 buts et être devenu le dépositaire du jeu de Valence, il aurait pu être une pièce maitresse de l’équipe de Mourinho d’aujourd’hui, à n’en pas douter. Et vu les envies d’Angleterre du Portugais et le départ acté de Benitez en fin de saison, ce n’est peut-être que partie remise.

- Alvaro Negredo, double fail

Auteur de 22 buts en 65 matchs sur deux saisons avec la Castilla (2005-07), Alvaro Negredo (27 ans, FC Séville) présente une double particularité. Il n’a pas été retenu par le Real malgré une saison 2006-07 particulièrement accomplie (meilleur buteur de la réserve) et a été cédé à Almeria pour 3M€. Mais il a surtout été racheté par le Real deux saisons et 32 buts en Liga plus tard pour 5M€. Pour enfin avoir sa chance ? Non, pour être immédiatement cédé à Séville contre 15M€.

Jugé incapable de se défaire de la concurrence de Raul, Higuain, Van Nistelrooy, Saviola puis Benzema et Cristiano, il a depuis inscrit 67 buts pour le club andalou, a été sacré meilleur buteur espagnol en 2011 (Trophée Zarra) et est devenu international (12 sélections, 6 buts) et champion d’Europe avec la Roja en juillet dernier. Redoutable buteur, gaucher, bon de la tête et au puissant gabarit (1m86, 85kg), le Madrilène de naissance a appris à deux reprises que nul n’était prophète en son pays. Et on se demande pourquoi.

- Borja Valero, l’explosion tardive

Borja Valero (28 ans, 2005-07), également Madrilène de naissance et titulaire de la Castilla durant son passage (76 matchs) n’a pas été retenu par le Real chez qui il avait pourtant fait toutes ses classes chez les jeunes (1995-2005). A l’époque, son club avait préféré faire confiance à Guti et Gago. Vendu à Majorque, passé par West Bromwich, il a réellement explosé en 2010 sous les couleurs de Villarreal.

Elu meilleur joueur espagnol de la Liga, il rebondi cette saison à la Fiorentina (lire : Borja Valero, le voyageur) après la relégation de son club en Liga Adelante, usé par un beau parcours en Europa League (demi-finale face au FC Porto). Actuel deuxième meilleur passeur de série A (9 assists), le milieu relayeur international arrive à maturité et espère faire parler sa science du jeu court et sa technique pour rapidement célébrer une seconde sélection.

- Aragonés, le « traitre » colchonero

Luis Aragonés (74 ans), sélectionneur de l’Espagne championne d’Europe 2008, est un enfant de Madrid. Formé chez le voisin Getafe, il avait préféré le Real à l’Atletico lorsque l’heure du départ s’est faite sentir en 1958, l’année de ses vingt ans. Mais la casa blanca ne lui a jamais donné sa chance, le prêtant deux années successivement. Rancunier, il s’est vengé en signant quatre ans plus tard chez le voisin honni et mènera l’attaque de l’Atletico Madrid au cours de la période la plus faste de son histoire.

Il a scoré à tout va (172 buts en dix saisons), gagné trois Liga au détriment de son ancien club, et a marqué lors de la célèbre finale de C1 73/74. En vain, puisque le Bayern égalisa à trente seconde de la fin pour s’octroyer un « re-match », une victoire 4-0 des Allemands qui marqua sa retraite sportive. Une triste fin de carrière pour Aragones, qui est passé à une poignée de secondes de sa première C1 et de celle de son club de cœur. Devenu un symbole de l’Atletico, il est resté indésirable au Real tout au long de sa seconde carrière, celle d’entraineur.

- Mista, l’homme de l’année 2004

Les supporters olympiens doivent encore avoir les poils qui se hérissent à la simple évocation de son nom. Bourreau des Phocéens en finale de C3 (2-0) en 2004 (lire : OM : l’épopée inachevée de 2004), Miguel Ángel Ferrer Martínez dit « Mista » (34 ans, 1995-99) provoqua ce jour-là un penalty avant d’inscrire lui-même le second but. Logiquement non-retenu par le Real au vu de la concurrence acharnée de l’époque (Raul, Morientes, Suker, Mijatovic, Eto’o) et malgré 19 buts en 43 matchs avec la réserve, cet avant-centre au physique proche de Peter Crouch a joué les intermittents à Valence avec 48 buts en 190 matchs entre 2001 et 2006.

Mais c’est surtout lors de cette année 2004 qu’il a donné des regrets au Real. Moribonds en championnat (4ème) cette année-là, les Madrilènes ont perdu dès la 5ème journée (2-0) à Mestalla sur une ouverture du score de… Mista bien sûr. Un match qui a lancé sa superbe saison, marquée par 22 buts, ses deux seules sélections avec la Roja, mais surtout un titre en Liga, ainsi qu’une Supercoupe d’Europe et la Coupe de l’UEFA remportées.

- Filipe Luis, mauvais timing

Filipe Luis (27 ans, 2005-06) fait aujourd’hui le bonheur de Madrid. Enfin, du voisin de l’Atletico. Malgré une belle saison pour la Castilla (37 matchs), le Real a préféré recruter l’intermittent du spectacle Royston Drenthe pour 14M€ pour doubler le poste d’arrière gauche avec le jeune Marcelo et a laissé filer son jeune latéral au Dépor. Devenu international brésilien en 2010 après avoir suppléé… Marcelo pour cause de blessure, il a quitté la Corogne après deux belles années et remporté la Ligue Europa à deux reprises et une Supercoupe d’Europe avec les Colchoneros. Aujourd’hui titulaire indiscutable dans le onze de Simeone, il doit donner quelques regrets à la maison blanche…

Mais aussi :

Juan Daniel Forlín (25 ans, Real B : 2007-08), longtemps considéré comme le futur de la charnière centrale argentine, appelé en sous l’ère Maradona, champion d’ouverture 2008 avec Boca et pièce maitresse de l’Espanyol Barcelone depuis 2010. Victor Torres Mestre (42ans), champion de France 1999 avec Bordeaux et passé par la Castilla entre 1991 et 93 en compagnie de « Juanmi » (42 ans), titulaire dix années durant dans des cages de Liga (Saragosse, La Corogne, Murcie) et essayé avec la Roja en 2000. Javier Paredes (30 ans, 2003-05), pilier défensif de Saragosse depuis 6 ans. Daniel Opare (22ans, 2007-10), latéral droit et valeur montante de Standard de Liège et de la sélection Ghanéenne. Adam Szalai (25 ans, 2007-10), titulaire à la pointe de Mayence et de la Hongrie et auteur de 16 buts cette saison (lire : A la découverte des buteurs de Bundesliga). Sergio Sánchez Ortega (26 ans, 2006-07), défenseur de Malaga passé par le FC Séville et buteur cette saison face au Real. « Riki » Iván Sánchez-Rico Soto (32 ans, 2002-04), attaquant-symbole du « Dépor » actuel (47 buts en 202 matchs depuis 2006)… Ainsi qu’Anthony Colinet, surprenant pensionnaire de la Fabrica en 1998-99 et figure de proue du… Gazélec Ajaccio, avec lequel il a connu le CFA et la National avant de découvrir la L2 cette saison, à 36 ans.

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