Quel projet pour l’AS Monaco ?

En officialisant les arrivées de Joao Moutinho et James Rodriguez, l'AS Monaco tient ses premiers engagements de grandeur, du moins ceux qu'on lui prêtait. L'ascension similaire du PSG n'empêche pas de s'interroger sur l'avenir du club de la principauté, et nous offre un point de comparaison intéressant.

Là où Paris avait commencé par recruter des éléments, certes de talent, mais en devenir, l’ASM frappe fort d’entrée en s’offrant les services de joueurs à la notoriété déjà plus affirmée. Alors qu’on annonce déjà l’arrivée imminente de Falcao, peu de place donc pour une éventuelle intégration par petites touches de nouveaux renforts au sein d’un effectif en place. La table rase semble être le mot d’ordre. Reste que les contextes respectifs des deux clubs sont foncièrement différents et ce sur plusieurs points.

Tout d’abord, Paris a entamé sa mue à la mi-saison, dans une période hivernale peu propice aux chamboulements de masse du point de vue de l’effectif, ce timing compromettant quasiment tout véritable très gros transfert vers le club de la capitale. La première véritable pierre apportée à l’édifice aura en fait été Carlo Ancelotti plus qu’un joueur en particulier, sans pour autant fait offense à Javier Pastore.
Ce point est déterminant car il est aussi un des éléments clés dans la progression de l’AS Monaco. Le club du rocher à déjà entamé son chantier en amont, en faisant venir – et en conservant – Claudio Ranieri. Si l’on occulte pour l’instant l’aspect purement financier, la présence du technicien italien est propre à attirer des joueurs d’envergure, à l’instar de son compatriote et homologue parisien, sans qui Thiago Silva et Zlatan Ibrahimovic n’auraient sans doute jamais mis les pieds au PSG.

Il ne faut ensuite pas oublier qu’un club se détermine aussi et avant tout par ses dirigeants. Si ce n’est leur énorme puissance financière, rien ne rapproche QSI de Dmitry Rybolovlev.
Les qataris ont aussi donné une approche politique à leur projet, notamment en conservant des liens avec le passé du PSG ou en s’exprimant sur la nécessité à leurs yeux de conserver une identité française par l’intermédiaire de quelques joueurs. Les intérêts en jeu vont bien au delà du football et la démarche entreprise doit être représentative de l’image que souhaite se donner le Qatar en France.
Le milliardaire russe est lui l’unique tête pensante du projet monégasque, et qui plus est un industriel au parcours quelque peu fantasque. Une certaine notion d’ego est donc à prendre en compte dans le cas de l’ASM et, même si l’opération mise en place pour faire remonter le club en Ligue 1 semble intelligente et mesurée, on ne peut véritablement présumer des ambitions du propriétaire des lieux.

Le plus dommageable dans le projet monégasque serait qu’il renie, si ce n’est déjà fait, son passé de club formateur. La supposée “mine de talents” de la région parisienne n’a jamais vraiment profité au PSG – a t-il su la faire fructifier ? – alors que Monaco ne compte plus les joueurs de renom sortis de ses rangs. Au delà du clinquant, si l’ASM ne recrute pas en France, n’y paie pas d’impôts et n’y forme plus de joueurs, son retour dans l’élite n’apportera peut être pas autant à la Ligue 1 qu’on veut bien se le dire.

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